sciences industrielles (PT) · Chapitre 8 · Exercice de TD
La panne de charpente : d'aplomb, déversée, ou déversée avec lierne
Résistance des matériaux : sollicitations composées · B. Flexion composée et flexion déviée · niveau 2
Énoncé
Les pannes d'une toiture à deux versants inclinés de sont des poutres en bois massif de section , posées sur deux arbalétriers distants de (appuis simples). Chaque panne reçoit une charge verticale uniformément répartie (couverture, neige, poids propre). Deux poses sont possibles : la panne d'aplomb, grand côté vertical, calée sur une échantignole ; la panne déversée, grand côté perpendiculaire au versant, posée à plat sur l'arbalétrier. On note l'axe de la section parallèle à , celui parallèle à .
Cahier des charges (valeur fournie pour ce bois) : contrainte normale en tout point.
1) Écrire le torseur de cohésion le long de la panne et repérer la section la plus sollicitée. Vérifier la panne d'aplomb ; que dire de la contrainte due à l'effort tranchant ?
2) Panne déversée : décomposer la charge sur les axes principaux de la section, calculer les deux moments de flexion et la contrainte maximale. Où est le point le plus sollicité ? Conclure.
3) Où est la fibre neutre de la section la plus sollicitée ? Comparer à la direction de la charge.
4) Jusqu'à quelle inclinaison de versant la panne déversée convient-elle ?
5) On relie toutes les pannes du versant au faîtage par une lierne à mi-portée, qui les empêche de se déplacer dans le plan du versant en ce point. Dans ce plan, chaque panne devient une poutre continue sur trois appuis, hyperstatique ; on donne son moment maximal, atteint sur l'appui central : , avec et la composante de la charge dans ce plan. Vérifier la panne déversée avec lierne et dresser le tableau des trois solutions.
Corrigé
La stratégie. La charge est verticale, mais les axes principaux de la panne déversée ne le sont pas : on projette la charge sur ces axes, on traite deux flexions planes, et l'on superpose aux coins de la section, là où les deux contributions sont simultanément extrêmes.
1) La panne d'aplomb. On coupe la panne à l'abscisse et l'on isole la partie : elle reçoit la charge sur sa longueur et la réaction de l'appui de droite, . Le torseur de cohésion, dans le plan de la charge, a pour composantes un effort tranchant , au signe près, et un moment de flexion , maximal à mi-portée, où s'annule : Panne d'aplomb : flexion plane autour de , , : conforme, marge . L'effort tranchant, maximal sur appui où le moment est nul, donne : négligeable (rapport de l'ordre de ).
2) La panne déversée : deux flexions. L'axe fait l'angle avec la verticale. La charge se décompose en , perpendiculaire au versant, et , parallèle au versant, vers le bas de la pente. Chacune produit, à mi-portée, une flexion plane : Les modules de flexion sont très différents : et , deux fois moins. Chaque flexion tend une face et comprime l'autre ; les deux contributions sont maximales ensemble aux coins de la section. Au coin inférieur aval, la fibre est tendue par les deux flexions ; au coin supérieur amont, elle est comprimée par les deux : Non conforme, de . Le facteur d'aggravation vaut : la petite composante attaque le sens faible, deux fois moins résistant, et produit presque la moitié de la contrainte.
3) La fibre neutre n'est pas perpendiculaire à la charge. Avec (signes du schéma : tend la face , la face , aval), la condition donne une droite passant par : Pour une section carrée, la fibre neutre serait perpendiculaire à la charge, à de ; ici, elle est à , rabattue vers le grand axe : c'est la signature de la flexion déviée. Les deux coins critiques sont les points de la section les plus éloignés de cette droite.
4) L'inclinaison limite. La panne déversée convient tant que , soit : . Cas limite : à , c'est la panne d'aplomb ; pour les petites pentes, la contrainte croît comme , au premier ordre.
5) La lierne. La lierne ne change rien dans le plan perpendiculaire au versant : à mi-portée. Dans le plan du versant, la panne devient continue sur deux travées de , et le moment maximal donné, sur l'appui central, vaut , quatre fois moins que sans lierne. Les deux moments sont maximaux dans la même section, à mi-portée : Conforme, marge , avec la pose simple à plat.
| Solution | (MPa) | Exigence |
|---|---|---|
| panne d'aplomb (échantignoles) | conforme, marge | |
| panne déversée | non conforme, | |
| panne déversée avec lierne | conforme, marge |
Un seul tirant pour tout le versant : c'est la solution des charpentiers. Le moment de la poutre continue, hyperstatique, s'utilise sans s'établir.
Ce que l'exercice installe. En flexion déviée, on projette la charge sur les axes principaux de la section, on calcule deux flexions planes et l'on superpose aux points les plus éloignés de la fibre neutre — les coins, pour un rectangle. La fibre neutre n'est perpendiculaire à la charge que si les deux moments quadratiques sont égaux ; sinon, elle se rabat vers le grand axe, et la petite composante de la charge, qui attaque le sens faible, pèse bien plus que sa part. Un cahier des charges se respecte alors par la géométrie de pose ou par un appui intermédiaire.
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