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sciences industrielles (PT) · Chapitre 9 · Exercice de TD

La fourche de chariot élévateur : où est la palette ?

Déplacements et raideur des structures · A. La déformée d'une poutre fléchie · niveau 2

Énoncé

Un bras de fourche de chariot élévateur est une barre d'acier de section rectangulaire, largeur , épaisseur , de longueur utile ; il est modélisé par une poutre encastrée au talon (point , fixé au tablier) et libre à la pointe ; . Il porte la moitié d'une palette de , soit répartis uniformément sur la longueur de la palette, ; la palette commence à la distance du talon ; . Cahier des charges : la pointe chargée ne descend pas de plus de (au-delà, en reprise de charge, elle accroche la lisse du rayonnage) ; la contrainte normale reste inférieure à (donnée, coefficients dynamiques compris). Le poids propre du bras est négligé.

1) On place la palette contre le talon (). Couper le bras en une section d'abscisse ; écrire le moment fléchissant sur les deux tronçons et . Que dire du second tronçon ?

2) Intégrer l'équation de la déformée sur le premier tronçon, avec les conditions d'encastrement. En déduire le déplacement et la rotation de la section d'abscisse , puis, par la condition de raccordement, le déplacement de la pointe. Conclure sur les deux exigences.

3) Les plaques des constructeurs donnent la capacité d'une fourche pour une charge concentrée au « centre de charge », ici à du talon. Montrer que ce modèle donne le même moment au talon que la charge répartie, puis calculer la flèche de pointe qu'il prévoit. Le modèle simplifié est-il du côté de la sécurité ? Pourquoi ?

4) Le cariste a laissé la palette à du talon. Calculer la flèche de pointe (on pourra décomposer la charge en deux charges réparties qui partent du talon) et la contrainte maximale. Quelle épaisseur de bras rétablit l'exigence de flèche ?

Corrigé

La stratégie. Coupure, moment par tronçons en isolant la partie aval (elle ne contient pas l'encastrement, dont on ne connaît pas l'action), double intégration de , constantes fixées par l'encastrement (, ), puis raccordement entre tronçons : et sont continus, la poutre ne se rompt ni ne se plie en angle vif.

1) Le moment par tronçons. La rigidité de flexion vaut et la charge linéique . Tronçon : la partie aval porte la charge , de résultante verticale descendante appliquée au milieu de , à de la section ; son moment en vaut , d'où Il est positif : la fibre supérieure est tendue, le bras se courbe vers le bas. Tronçon : la partie aval ne porte rien, : ce tronçon reste droit. Il ne se déforme pas, mais il se déplace : il prolonge la tangente en , et c'est par là que la rotation de la section s'ajoute à la flèche.

2) Intégration et raccordement. Sur , . Une première intégration donne ; l'encastrement impose , donc . Une seconde : , et impose . En : On reconnaît les deux résultats de la console sous charge répartie. Sur , : est affine, et la continuité de et de en donne . À la pointe : Contrainte : le moment est maximal au talon, , et . Les deux exigences sont tenues, la flèche avec de marge seulement, la contrainte avec . Homogénéité : est en , des mètres ; est sans dimension, un angle.

3) Le modèle concentré. La force à donne au talon : le même moment, puisque la résultante de la charge répartie passe au même point. Mais sur , , et au-delà ; la console sous force en bout, puis le tronçon droit, donnent soit 18 % de moins que la vraie flèche : le modèle simplifié n'est pas du côté de la sécurité. La raison : la flèche cumule la courbure sur toute la longueur, pondérée par la distance à la pointe. Le modèle concentré annule le moment au-delà de , alors que la palette réelle courbe encore le bras jusqu'à . Le centre de charge sert à vérifier la résistance (le moment au talon), pas le déplacement.

4) La palette mal placée. La charge occupe avec (puisque ). Par superposition, c'est une charge sur moins une charge sur ; la seconde est une console de longueur , prolongée par un tronçon droit. Donc Le moment au talon vaut , d'où : la résistance tient encore ( de marge), la flèche non (). Un décalage de de la longueur coûte de flèche, parce que la flèche croît comme la puissance quatrième des longueurs. La flèche étant en , il faut : avec , et , pour de masse en plus.

ExigencePalette au talonModèle concentréPalette à
flèche tenu (optimiste) non tenu tenu
tenu tenu tenu tenu

Ce que l'exercice installe. La méthode complète de la déformée : moment par tronçons sur la partie aval, double intégration, conditions d'encastrement, raccordement qui fait d'un tronçon non chargé un prolongement rectiligne. Et deux leçons de dimensionnement : un chargement équivalent pour le moment ne l'est pas pour la flèche ; la flèche, en puissance quatrième des longueurs, est bien plus sensible à la position de la charge que la contrainte.

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