sciences industrielles (PT) · Chapitre 9 · Application directe du cours
La presse à col de cygne : le bâti se dimensionne en rigidité
Déplacements et raideur des structures · niveau 2
Énoncé
Une presse hydraulique de () a un bâti mécanosoudé en C. L'axe du coulisseau est à de la face intérieure de la colonne ; la hauteur utile de la colonne, entre les axes des deux bras, vaut . Les bras sont supposés indéformables. Acier, . Cahier des charges : ; désalignement angulaire entre le coulisseau et la table sous charge nominale (durée de vie des outils de découpe) ; masse minimale. Trois sections en I de la colonne sont envisagées ; leurs caractéristiques et la contrainte maximale, établie par l'étude en flexion composée, sont données ( : distance du centre de gravité à la face intérieure) :
| Section | (cm) | (mm) | (cm) | (MPa) |
|---|---|---|---|---|
| 300 mm, semelles et , âme 20 | ||||
| 300 mm, semelles (intérieure) et | ||||
| 400 mm, semelles (intérieure) et |
}
(1) Écrire le moment fléchissant dans la colonne. (2) En déduire, par la déformée de la colonne, le désalignement angulaire, et conclure pour les deux sections de . (3) Calculer l'ouverture verticale du C au droit du coulisseau. (4) Quel moment quadratique faut-il ? Vérifier la section de et conclure par un tableau.
Corrigé
(1) Le moment. On coupe la colonne par un plan horizontal et l'on isole la partie haute (bras supérieur, coulisseau) : elle reçoit l'effort du vérin, appliqué à la distance du centre de gravité de la section. D'où un effort normal de traction et un moment fléchissant de valeur absolue , constant sur la hauteur de la colonne (l'effort tranchant est nul). Pour la section symétrique, et .
(2) Le désalignement. Le moment constant donne une courbure constante : la colonne se courbe en arc, sa face intérieure tendue. Les bras étant indéformables, l'angle entre le bras supérieur (qui porte le coulisseau) et le bras inférieur (qui porte la table) est la rotation relative des deux extrémités de la colonne :
L'exigence de n'est pas tenue, alors que la contrainte l'est (). La section dissymétrique, meilleure en contrainte (), ne change presque rien : son baisse de et son bras de , d'où encore . La dissymétrie équilibre les contraintes de traction et de compression ; elle n'apporte pas de raideur.
(3) L'ouverture. Le bras supérieur, indéformable, tourne de par rapport au bras inférieur ; son point situé sur l'axe du coulisseau, à la distance de la colonne, s'écarte verticalement de (torseur des petits déplacements), auquel s'ajoute l'allongement de la colonne tendue, : pour la section symétrique. La rotation l'emporte d'un facteur dix sur l'allongement.
(4) La section qu'il faut. exige pour : il faut une section plus haute (le moment quadratique croît comme le carré de la distance des semelles). Section de : , (tenu), , ouverture , pour une masse linéique de contre , soit .
| Exigence | 300 symétrique | 300 dissymétrique | 400 dissymétrique |
|---|---|---|---|
| tenu | tenu | tenu | |
| non tenu | non tenu | tenu | |
| masse linéique (kg/m) |
Conclusion. La section retenue travaille à pour admissibles : la résistance est surabondante, la rigidité gouverne. C'est la règle des bâtis de machines : on les dimensionne en déplacement, puis on vérifie la résistance.
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