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sciences industrielles (PT) · Chapitre 9 · Exercice de TD

Problème : la broche de centre d'usinage, l'entraxe optimal des paliers

Déplacements et raideur des structures · F. Choisir un modèle et un matériau · niveau 3 (difficile)

Énoncé

La broche d'un centre d'usinage est un arbre creux en acier (), de diamètres et (l'alésage loge le tirant de serrage de l'outil). Elle est guidée par des roulements avant, au point , et arrière, au point , distants de l'entraxe , à choisir ; le nez de broche est en porte-à-faux de en avant de . Les roulements, préchargés, se comportent comme des ressorts radiaux de raideurs et (données du catalogue) ; le carter est supposé rigide. L'effort de coupe radial est ramené en , en finition. Cahier des charges : raideur statique au nez ; à la pointe de l'outil, flèche sous . L'outil est une fraise en carbure de diamètre , assimilée à un cylindre plein (), en porte-à-faux de au-delà du nez.

1) Le modèle. Pourquoi un modèle d'arbre indéformable sur paliers rigides ne dit rien de la raideur ? Justifier le modèle poutre de l'arbre et le modèle de ressorts des roulements. Évaluer la raideur au nez que donnerait un arbre indéformable sur les deux ressorts, pour .

2) L'arbre seul. Les paliers étant rigides, établir par coupure, intégration et conditions aux limites la flèche et la rotation du nez sous .

3) Les paliers seuls. L'arbre étant indéformable, calculer les réactions des paliers, l'écrasement des ressorts, puis le déplacement du nez par le torseur des petits déplacements de l'arbre.

4) Superposition et optimum. Justifier la superposition et écrire la souplesse au nez . Montrer qu'elle admet un minimum ; calculer l'entraxe optimal, la raideur correspondante et la part de chaque élément. Conclure.

5) Améliorer. Que peut-on modifier ? Reprendre l'étude avec des roulements avant appariés en tandem préchargés, : entraxe optimal, raideur, et plage d'entraxes qui tient l'exigence.

6) La pointe de l'outil, et la conclusion. Exprimer la souplesse à la pointe de l'outil par transport du petit déplacement du nez, puis ajouter la flexion de l'outil. Calculer la flèche pour , et la sortie d'outil maximale. Conclure par un tableau.

Corrigé

La stratégie. La broche est isostatique (deux appuis) : les réactions viennent de la statique, sans aucune méthode hyperstatique. Deux sources de souplesse, l'arbre qui fléchit et les roulements qui s'écrasent, se calculent séparément, chacune en supposant l'autre rigide, puis s'additionnent ; la souplesse totale dépend de l'entraxe, et sa dérivée donne l'optimum. Enfin, on transporte le déplacement jusqu'à la pointe de l'outil.

1) Le modèle. Un arbre indéformable sur paliers rigides ne bouge pas : raideur infinie, aucune information. La performance demandée est un déplacement : le modèle doit être déformable là où sont les souplesses. L'arbre : longueur pour de diamètre, élancement supérieur à 5 : le modèle poutre de Navier-Bernoulli convient (la déformation d'effort tranchant ajoute quelques pour cent, négligés), en élasticité linéaire et petits déplacements. Les roulements : l'écrasement des contacts entre billes et bagues donne un déplacement radial proportionnel à l'effort, autour de la précharge : un ressort de raideur donnée par le catalogue. Le carter est supposé rigide (hypothèse à vérifier ailleurs). Arbre indéformable sur ressorts, à (calcul de la question 3) : , le double de la vraie valeur, qu'on va trouver : un modèle qui oublie une souplesse surestime la raideur.

2) L'arbre seul. On place en , en , le nez en ; est dirigée vers . La statique donne vers le haut et vers le bas. Moments (partie aval) : sur , ; sur , . Tronçon : , d'où ; donne , donne , et la pente sur l'appui avant vaut . Tronçon , avec : ; le raccordement impose et la pente ; deux intégrations donnent . Au nez () : Le premier terme, , est la console de longueur ; le second, , vient de la rotation de la section (pente ) multipliée par le bras . Il croît avec l'entraxe. Ici et (vérifié par intégration numérique, à près en relatif).

3) Les paliers seuls. Le ressort avant s'écrase de (l'arbre descend en ), le ressort arrière de (l'arbre monte en ). L'arbre indéformable tourne donc de , nez vers le bas. Torseur des petits déplacements de l'arbre : , soit, en valeur absolue, Les deux termes décroissent avec l'entraxe : un grand entraxe réduit les réactions et le bras de levier de la rotation.

4) Superposition et optimum. L'arbre et les roulements restent élastiques linéaires et les déplacements sont petits (quelques micromètres) : les réactions se calculent sur la géométrie initiale et les deux déplacements s'additionnent. La souplesse au nez vaut Le premier terme croît linéairement, les deux autres décroissent vers et : admet un minimum, où La résolution numérique donne , soit , et , une raideur de (non tenu). Parts : arbre , roulement avant , arrière . L'optimum est plat : à , à . Aucun entraxe ne tient l'exigence : il faut changer un composant.

5) Améliorer. Agrandir l'arbre réduirait la première souplesse, mais le diamètre est borné par la vitesse admissible des roulements (on le dit, sans le calculer) ; allonger ou raccourcir l'entraxe ne sert à rien, l'optimum est plat. Il reste à raidir le roulement qui pèse : deux roulements avant appariés en tandem, préchargés, . Le nouvel optimum vaut () et (tenu), et l'exigence est tenue pour : une plage large, qui laisse la place au moteur intégré entre les roulements. L'optimum glisse vers les petits entraxes quand les roulements se raidissent : la part de l'arbre y grandit ().

6) La pointe de l'outil. Le nez se déplace de et sa section tourne de , soit pour et . Le porte-outil étant supposé rigide, le torseur des petits déplacements transporte ces deux grandeurs à la pointe, et l'outil fléchit en console : Pour : sous (non tenu), dont dans l'outil. L'exigence de impose ; à , (tenu). Les goujures de la fraise réduisent encore : le résultat est optimiste, ce qui renforce la conclusion.

Configurationraideur au nez flèche pointe
, non tenu—
, tenu—
outil sorti de — non tenu
outil sorti de — tenu

Le résultat obtenu — l'entraxe optimal des paliers d'une broche. Par superposition (petites perturbations, élasticité linéaire), la souplesse au nez d'une broche en porte-à-faux sur deux roulements de raideurs et vaut ; le premier terme croît avec l'entraxe, les deux autres décroissent : l'entraxe optimal annule et vaut, pour des broches courantes, à fois le porte-à-faux ; l'optimum est plat, et la souplesse de l'outil s'ajoute par transport du petit déplacement du nez.

Ce que le problème installe. Le choix d'un modèle déformable dicté par la performance ; la déformée par tronçons avec conditions aux limites et de raccordement ; le torseur des petits déplacements d'un solide supposé indéformable ; la superposition de souplesses en série ; une optimisation par une dérivée ordinaire ; et la vérification jusqu'au point de travail, où l'élément le plus souple, ici l'outil, décide.

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