sciences industrielles (PTSI) · Chapitre 12 · Exercice de TD
Flasque de moteur centré : système de références et localisation des trous
Spécification Géométrique des Produits (GPS) et Cotation Fonctionnelle · A. Concepts fondamentaux de la norme ISO-GPS et tolérancement · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Le flasque d'un moteur électrique est monté sur un carter par un appui plan (sa grande face d'appui) et un centrage court (cylindre de , long de ), puis fixé par quatre vis passant dans quatre trous lisses. Les axes théoriques des trous sont perpendiculaires à la face d'appui, sur un cercle de centré sur le centrage, à , , et . Le dessin porte : référence A sur la face d'appui, référence B sur le centrage, et pour les quatre trous une tolérance de localisation par rapport à A puis B. Une machine à mesurer donne les écarts du centre de chaque trou à sa position théorique, dans le repère du système de références, en millimètres :
| trou | 1 () | 2 () | 3 () | 4 () |
|---|---|---|---|---|
Le carter et ses taraudages sont supposés parfaits ; compte tenu du jeu entre les vis et les trous lisses, la fonction de montage admet que l'axe de chaque trou s'écarte de sa position théorique d'au plus (donnée de l'énoncé).
1) Quelle liaison réalisent l'appui plan et le centrage court ? Justifier que A soit la référence primaire et B la secondaire. Quel degré de liberté le système de références A puis B laisse-t-il libre, et pourquoi est-ce cohérent avec la liaison ? Que changerait un centrage long ?
2) Décoder la tolérance de localisation : forme, orientation et position de chaque zone ; relation entre les quatre zones.
3) L'écart de localisation d'un trou vaut (diamètre de la plus petite zone centrée sur la position théorique qui contient le centre). Conclure pour chaque trou. Une rotation du groupe des quatre zones autour de B pourrait-elle rendre la pièce conforme ?
4) Quelle tolérance de localisation la fonction de montage autorise-t-elle ? Commenter la valeur retenue et le sort du trou 3.
5) Un ancien dessin cotait chaque trou « en et en », zone carrée. Ce dessin garantit-il la fonction ? Quelle zone carrée la garantirait ? Comparer sa surface à celle de la zone circulaire déduite de la fonction.
Corrigé
La stratégie. Le système de références se lit sur la liaison ; on décode la zone, on vérifie les mesures (en distinguant ce qu'une rotation libre corrige), puis on remonte à la fonction pour juger la valeur et la forme de la zone.
1) Liaison et références. L'appui plan supprime trois degrés de liberté (translation normale, deux rotations) ; le centrage court ( de long pour de diamètre) n'oriente pas l'axe : il supprime les deux translations dans le plan, comme une linéaire annulaire. Ensemble, ils forment une liaison pivot ; les vis bloquent ensuite la rotation. Le plan, qui oriente la pièce, est la liaison prépondérante : référence primaire A ; le centrage positionne l'axe, perpendiculaire à A : référence secondaire B. Le système A puis B laisse libre la rotation autour de l'axe de B, exactement le degré de liberté que la liaison laisse et que les vis fixent. Avec un centrage long, qui orienterait l'axe, B deviendrait primaire et l'appui plan, réduit à une butée, secondaire : l'ordre des références traduit la hiérarchie de la liaison.
2) Décodage. Pour chaque trou, l'élément tolérancé est l'axe extrait du trou ; la zone est un cylindre de diamètre , perpendiculaire à A, centré sur la position théorique exacte (cercle de centré sur B, angles à , cotes encadrées sans tolérance). Les quatre zones forment un groupe aux positions relatives fixes, qui peut tourner d'un bloc autour de B.
3) Conformité. Écarts de localisation : trou 1, ; trou 2, ; trou 3, ; trou 4, . Trous 1, 2 et 4 conformes ; trou 3 non conforme ( pour ). Une rotation du groupe d'un petit angle autour de B déplace chaque position théorique de tangentiellement, jamais radialement. Or l'écart du trou 3 est presque entièrement radial : vers le centre, pour tangentiellement. Aucune rotation ne le ramène sous : la pièce est non conforme.
4) Ce que la fonction autorise. Un écart d'au plus dans toutes les directions : la zone fonctionnelle est un cylindre de diamètre . La zone circulaire n'est pas une convention : c'est la traduction exacte d'un jeu radial. Le bureau d'études a retenu , plus sévère, ce qui garde de marge sur le rayon (défauts du carter, incertitude de mesure). Le trou 3 ( d'écart pour admis) satisferait la fonction mais est refusé : c'est le prix de la marge. Spécifier plus serré que le besoin coûte toujours, et se justifie.
5) Zone carrée contre zone circulaire. Le carré « » a son coin à du centre : il accepte en diagonale, au-delà des de la fonction, et refuse selon , que la fonction accepte ; il accepterait le trou 3. Pour garantir la fonction, le carré doit être inscrit dans le cercle de rayon : demi-côté . Rapport des surfaces : . La zone circulaire offre 57 % de surface de plus pour la même fonction garantie.
Les quatre écarts sont portés dans un même repère agrandi : le trou 3 sort du cercle de la spécification, reste dans celui de la fonction et dans le carré.
Ce que l'exercice installe. L'ordre des références traduit la liaison : la surface prépondérante est primaire ; un degré de liberté laissé par la liaison reste libre dans le système de références. Une localisation se vérifie par , et une rotation libre ne corrige que la composante tangentielle. La zone circulaire est la traduction exacte d'un jeu radial : elle offre fois la surface du carré qui garantit la même fonction.
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