thermodynamique 2 : diffusion et rayonnement (PC) · Chapitre 4 · Exercice de TD
Gelée blanche par nuit claire : rayonnement contre convection
Rayonnement thermique · C. Équilibre radiatif et applications · niveau 2
Énoncé
On s'intéresse au toit d'une voiture garée dehors une nuit d'automne : une tôle mince et horizontale, à température uniforme , dont la face supérieure a une émissivité dans l'infrarouge. On suppose sa face inférieure isolée (aucun échange avec l'habitacle). L'air est à . La convection est décrite par la loi de Newton : la tôle reçoit de l'air le flux surfacique , avec par air calme et par vent modéré. L'atmosphère, qui contient de la vapeur d'eau et du dioxyde de carbone, rayonne vers le sol dans l'infrarouge : on assimile le ciel à un corps noir à par ciel clair, et à par ciel couvert (base des nuages). La tôle absorbe la fraction du rayonnement du ciel (loi de Kirchhoff, admise) ; elle perd donc, par rayonnement, le flux surfacique net .
1) Montrer que, pour voisine de , avec . Calculer ce coefficient d'échange radiatif à et le comparer aux valeurs de ; même calcul pour un corps noir à . Conclure.
2) Calculer le flux radiatif net perdu par la tôle lorsqu'elle est à la température de l'air, par ciel clair puis par ciel couvert. Pourquoi la tôle peut-elle descendre au-dessous de la température de l'air ?
3) Écrire le bilan de la tôle en régime stationnaire. Calculer sa température d'équilibre par ciel clair et air calme (résoudre numériquement, puis comparer avec la linéarisation autour de ), par ciel clair et vent, par ciel couvert et air calme. Le givre se forme si la tôle descend sous : conclure. Pour quelle valeur de la tôle est-elle exactement à par ciel clair ?
4) Discuter les hypothèses : face inférieure isolée, régime stationnaire, absence de changement d'état.
Corrigé
La stratégie. La tôle perd de l'énergie par rayonnement vers un ciel plus froid qu'elle, et en reçoit de l'air par convection dès qu'elle est plus froide que lui ; elle s'équilibre entre les deux. Le coefficient radiatif permet de comparer les deux échanges avec la même unité.
1) Le coefficient radiatif. Avec et : , d'où . À : ; pour un corps noir à , . À température ordinaire, le rayonnement échange autant que la convection naturelle () ; il ne devient négligeable que devant une convection forcée vigoureuse. (Ce croît comme : aux températures d'un four, le rayonnement l'emporte.)
2) La perte à la température de l'air. Ciel clair : ; ciel couvert : . À la convection est nulle, mais pas le rayonnement : la tôle perd de l'énergie vers un ciel plus froid que l'air (une partie de l'infrarouge s'échappe vers l'espace, et l'atmosphère rayonne surtout depuis ses couches élevées et froides). Elle se refroidit donc sous l'air, jusqu'à ce que la convection, qui lui apporte , compense.
3) Les équilibres. Régime stationnaire : . Linéarisé autour de : , où est la perte calculée en 2), d'où
- Ciel clair, air calme : , soit ; la résolution numérique de l'équation exacte donne : givre.
- Ciel clair, vent () : , : pas de givre.
- Ciel couvert, air calme : , : pas de givre.
La linéarisation se trompe de pour un écart de : elle suffit. La tôle est à par ciel clair pour : il suffit d'une légère brise pour empêcher le givre. C'est le dicton des jardiniers : les nuits de gelée sont claires et calmes. Le givre se forme sur les toits, les pare-brise et l'herbe alors que l'air reste au-dessus de zéro.
4) Les hypothèses. Face inférieure isolée : en réalité l'habitacle, plus chaud, réchauffe la tôle par sa face inférieure ; l'écart à l'air serait plus faible (c'est pourquoi le givre apparaît d'abord sur le pare-brise et l'herbe, mal reliés à une source chaude). Régime stationnaire : une tôle mince, de faible capacité thermique, suit les conditions en quelques minutes. Changement d'état : en dessous du point de rosée de l'air, la vapeur d'eau se condense sur la tôle (rosée, puis givre) ; cette condensation libère de l'énergie (enthalpie de changement d'état) et freine le refroidissement : le modèle surestime un peu le froid.
Ce que l'exercice installe. Le bilan radiatif d'une surface couplé à la loi de Newton. Le coefficient radiatif , de l'ordre de à température ordinaire, comparable à la convection naturelle. Une surface qui « voit » un ciel plus froid que l'air descend sous la température de l'air, d'autant plus que l'air est calme et le ciel clair. La linéarisation donne l'écart en une ligne.
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