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thermodynamique 2 : diffusion et rayonnement (PC) · Chapitre 4 · Exercice de TD

Problème : le climat de la Terre dans un modèle à une couche, d'où viennent les 33 K

Rayonnement thermique · C. Équilibre radiatif et applications · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Les satellites de bilan radiatif mesurent, au sommet de l'atmosphère, le flux solaire incident et le flux infrarouge que la Terre renvoie vers l'espace. On cherche à comprendre, avec le modèle le plus simple possible, pourquoi la surface est à alors que le bilan sans atmosphère prévoit .

Données. Soleil : température de surface , rayon , distance à la Terre ; constante solaire mesurée . Albédo de la Terre (fraction du flux solaire intercepté renvoyée vers l'espace par les nuages, l'air et le sol) : . Température moyenne de la surface : . La table de de l'exercice sur la lampe. Valeurs mesurées (moyennes sur le globe) : flux infrarouge sortant au sommet de l'atmosphère ; rayonnement infrarouge de l'atmosphère reçu par le sol ; énergie emportée du sol par convection et évaporation . Dans la basse atmosphère, la température décroît de par kilomètre d'altitude. Le forçage radiatif d'un doublement de la concentration en dioxyde de carbone, défini comme la baisse du flux infrarouge sortant au sommet de l'atmosphère qu'il provoque à températures inchangées, est estimé à ; la hausse de la température de surface qui en résulte à long terme (la « sensibilité climatique ») est estimée à environ.

Modèle à une couche. Le sol est un corps noir dans l'infrarouge, à ; il absorbe tout le rayonnement solaire qui l'atteint (l'albédo tient compte de ce qui est renvoyé). L'atmosphère est une couche unique, isotherme, à , transparente au rayonnement solaire ; elle absorbe la fraction du rayonnement infrarouge du sol et laisse passer le reste ; on admet qu'elle émet alors vers le haut et autant vers le bas. On néglige la convection. Les flux sont des moyennes sur la surface du globe.

Ici est le flux solaire absorbé, en moyenne sur le globe.

1) Deux rayonnements qui ne se mélangent pas. Calculer la longueur d'onde du maximum d'émission du Soleil et de la surface terrestre. À l'aide de la table, calculer la fraction de l'émission solaire et celle de l'émission du sol situées au-dessous de . Pourquoi peut-on parler d'une atmosphère « transparente au rayonnement solaire et absorbante dans l'infrarouge » ?

2) La Terre sans atmosphère. Recalculer la constante solaire à partir des données sur le Soleil, et justifier sa décroissance en . Calculer et la température d'équilibre de la Terre sans atmosphère. Quel flux infrarouge sortant ce modèle prévoit-il au sommet de l'atmosphère ? Comparer aux mesures.

3) Une couche opaque (). Écrire les bilans du système entier vu de l'espace, de la couche et du sol, et vérifier que l'un d'eux est redondant. En déduire et , littéralement puis numériquement. Quelle puissance surfacique le sol reçoit-il au total ? Comparer à la valeur réelle.

4) Une couche semi-transparente. Reprendre les trois bilans avec quelconque. Montrer que quel que soit , et que Examiner les cas et . Déterminer la valeur de qui rend compte des observés, puis . Décomposer le flux sortant au sommet de l'atmosphère en sa part venue directement du sol et sa part émise par la couche.

5) Doubler le dioxyde de carbone. Doubler la concentration de dioxyde de carbone augmente de . Montrer qu'à températures inchangées le flux sortant baisse de et en déduire à partir du forçage. Calculer la hausse de la température du sol une fois le nouvel équilibre atteint (exactement, puis au premier ordre). Comparer à la sensibilité climatique estimée et commenter. Quelle baisse de l'albédo produirait le même forçage ?

6) Les limites du modèle, et le résultat. À quelle altitude l'air réel est-il à la température trouvée ? Comparer le rayonnement que le modèle envoie vers le sol à la valeur mesurée, et discuter les hypothèses (couche isotherme, absence de convection, nuages, absorption indépendante de la longueur d'onde). Énoncer le résultat établi.

Corrigé

La stratégie. Séparer d'abord les deux rayonnements (Wien et la table), ce qui justifie les deux propriétés de la couche. Puis écrire des bilans de puissance surfacique, système par système, en régime stationnaire : chaque bilan donne une équation, et la conservation de l'énergie rend l'un d'eux redondant.

1) Deux rayonnements. Wien : Soleil ; sol à : . Table, pour : Soleil, , : 98,9 % de l'émission solaire est au-dessous de ; sol, , : 0,17 % seulement. Les deux spectres sont pratiquement disjoints de part et d'autre de ; on peut donc attribuer à l'atmosphère un comportement différent dans chaque domaine : peu absorbante dans le visible (l'air est transparent, on voit le Soleil), très absorbante dans l'infrarouge thermique (la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone y ont de larges bandes d'absorption).

2) Sans atmosphère. La puissance émise par le Soleil, , traverse sans perte (le vide n'absorbe rien) toute sphère centrée sur lui ; à la distance , elle se répartit sur , d'où la décroissance en et en accord avec la valeur mesurée, . Flux absorbé moyen : (le facteur 4 rapporte la section à la surface ). Équilibre : Le flux sortant prévu est , ce que mesurent les satellites () : vu de l'espace, la Terre est bien un corps noir à . Mais la surface est à () : d'écart.

3) Une couche opaque. Avec , le sol n'envoie rien directement vers l'espace.

  • Système entier, vu de l'espace : il reçoit et émet (la couche, vers le haut) : .
  • Couche : elle absorbe et émet (haut et bas) : .
  • Sol : il reçoit et émet : , conséquence des deux premiers (le système entier est la somme de la couche et du sol).

D'où et (). Le sol reçoit du Soleil et de l'atmosphère : , deux fois plus qu'en l'absence d'atmosphère. L'atmosphère ne « renvoie » pas le rayonnement du sol : elle l'absorbe et émet le sien, pour moitié vers le sol. Le modèle surestime la température de surface de : une atmosphère totalement opaque est trop absorbante.

4) Une couche semi-transparente. Les trois bilans deviennent :

  • Système entier : ;
  • Couche : , donc , quel que soit (non nul) ;
  • Sol : .

En reportant dans le bilan du sol : , d'où Le bilan du système entier redonne la même chose : . Cas limites : , (pas d'atmosphère absorbante) ; , (couche opaque). Entre les deux, croît avec sans que le flux solaire absorbé change. Ajustement : , d'où , et . Avec , le flux sortant se décompose en venus directement du sol, à travers la « fenêtre » de transparence de l'atmosphère (vers 8 à 12 ), et émis par la couche : au total, comme il se doit.

5) Doubler le dioxyde de carbone. À et fixées, le flux sortant varie de la couche, plus froide que le sol, remplace une partie du rayonnement du sol par le sien, plus faible. Avec un forçage de : . La Terre reçoit alors plus qu'elle n'émet ; elle se réchauffe jusqu'au nouvel équilibre , soit . Au premier ordre, en différentiant : C'est l'ordre de grandeur de la réponse sans rétroaction ; la sensibilité estimée () est environ 2,5 fois plus grande, parce que le réchauffement modifie lui-même et : une atmosphère plus chaude contient plus de vapeur d'eau (qui absorbe l'infrarouge), la fonte de la neige et de la glace abaisse l'albédo, les nuages changent. Le même forçage serait produit par une baisse d'albédo telle que , soit : un peu plus d'un centième d'albédo.

6) Limites. Couche isotherme : l'air réel est à vers d'altitude, d'où l'infrarouge s'échappe en moyenne vers l'espace. Mais l'atmosphère réelle n'est pas isotherme : elle rayonne vers l'espace depuis le haut, froid, et vers le sol depuis le bas, chaud ; le modèle envoie vers le sol, on en mesure . Convection : le sol perd par convection et évaporation, que le modèle ignore ; les deux erreurs se compensent en partie dans , paramètre effectif. Nuages : ils réfléchissent le Soleil et absorbent l'infrarouge. Absorption : elle dépend fortement de (bandes de la vapeur d'eau et du dioxyde de carbone, fenêtre de 8 à 12 ). Ces limites n'enlèvent rien au mécanisme : un écran absorbant l'infrarouge, plus froid que le sol, abaisse le flux sortant et oblige la surface à se réchauffer pour le rétablir.

Le résultat établi — l'effet de serre dans le modèle à une couche. Une atmosphère transparente au rayonnement solaire et opaque à l'infrarouge, isotherme et sans convection, se trouve à la température d'équilibre radiatif et porte la surface à ; si elle n'absorbe que la fraction de l'infrarouge, et : la surface se réchauffe quand croît, sans que le flux solaire absorbé change. Pour la Terre : , pour une couche opaque, pour ; un doublement du dioxyde de carbone, sans rétroaction.

Ce que le problème installe. L'effet de serre est un bilan d'énergie : trois systèmes (la Terre vue de l'espace, la couche, le sol), trois bilans dont un redondant. Le facteur vient de ce que la couche émet dans les deux sens. Le flux sortant au sommet est imposé par le Soleil ; une atmosphère plus absorbante oblige la surface à être plus chaude pour l'évacuer. Un modèle simple, ajusté à la réalité (), donne le bon ordre de grandeur de la réponse au dioxyde de carbone sans rétroaction, et ses limites disent où chercher le reste.

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