thermodynamique et machines thermiques (PT) · Chapitre 2 · Exercice de TD
La sonde dans un four programmé : un retard, une équation différentielle, et une entropie créée qui s'évanouit avec la lenteur
Expression différentielle des principes ; potentiel chimique · B. Les deux principes sous forme différentielle · niveau 2
Énoncé
Dans un four d'analyse thermique, la température est mesurée par un thermocouple gainé, la « sonde », de capacité thermique (constante) et de température uniforme . Elle reçoit du four (gaz et parois à la température ) un transfert thermique donné par la loi de Newton : pendant , , où est une constante. On a mesuré la constante de temps de la sonde, . La sonde ne reçoit aucun travail. Le four est programmé de à .
1) Écrire le premier principe pour la sonde pendant et en déduire l'équation différentielle vérifiée par . Écrire le second principe pendant : quelle température faut-il prendre dans ? En déduire le taux de création d'entropie en fonction de et , et vérifier qu'il est positif.
2) Échelon. La sonde, à , est introduite dans le four déjà à . Donner . Calculer la variation d'entropie de la sonde, l'entropie échangée et l'entropie créée jusqu'à l'équilibre. Montrer, par une étude de fonction, que l'entropie créée est positive quels que soient . Dépend-elle de ?
3) Rampe. La sonde étant à l'équilibre à , le four monte de : jusqu'à . Résoudre l'équation différentielle. Montrer qu'après quelques la sonde suit le four avec un retard constant ; le calculer. Quelle conséquence pour une mesure ?
4) Montrer qu'en régime établi , puis que l'entropie créée sur toute la rampe vaut . La calculer (une intégration numérique de l'équation complète donne ) et la comparer à celle de l'échelon, pour les mêmes états initial et final.
5) Cas limites. Que deviennent le retard et l'entropie créée pour ? Pour ? En déduire une définition opératoire d'une transformation quasi statique.
Corrigé
La stratégie. Un pas , deux principes : le premier donne l'équation différentielle de , le second donne pas à pas. L'entropie étant une fonction d'état, sa variation entre et est la même pour l'échelon et pour la rampe ; c'est le partage entre « échangée » et « créée » qui dépend du chemin.
1) Les deux principes sur un pas. La sonde est une phase condensée sans travail reçu : , soit Le second principe s'écrit . Le transfert vient du four : à la frontière tracée en tirets, dans le gaz, la température est ; l'écart se concentre dans la mince couche de gaz qui entoure la sonde, de capacité thermique négligeable, que l'on range dans le système. Donc , et Le taux de création est nul seulement si : un transfert thermique sous un écart fini de température est irréversible, et l'irréversibilité est du second ordre dans l'écart.
2) L'échelon. Avec constante, : l'équilibre est atteint à près après . Bilans entre l'état initial et l'équilibre final : Signe. Avec , où . Or et , négative pour , positive pour : a un minimum nul en , donc pour tout , en chauffe comme en refroidissement. Influence de : aucune. Une sonde plus réactive atteint l'équilibre plus vite mais crée exactement autant d'entropie : l'irréversibilité de l'échelon tient à l'écart de température imposé d'un coup, pas à la vitesse de l'échange.
3) La rampe et le retard. L'équation a pour solution particulière affine (on vérifie : ). Avec la condition : Après quelques , l'exponentielle s'éteint : . La sonde suit le four avec un retard constant ou, ce qui revient au même, avec un décalage dans le temps de . La rampe dure , soit : le transitoire est négligeable. Conséquence. Une sonde placée dans un échantillon indique une température en retard de sur celle du four ; le retard étant proportionnel à , les appareils d'analyse thermique sont étalonnés pour chaque vitesse de chauffe, et l'on compare des mesures faites à la même vitesse.
4) L'entropie créée par la rampe. En régime établi, , et puisque : Au début de la rampe, . On intègre en changeant de variable, : L'intégration numérique de l'équation complète (transitoire compris) donne : l'approximation du régime établi est excellente. Pour les mêmes états initial et final, l'échelon crée , 85 fois plus. La variation d'entropie de la sonde est la même, : sur la rampe, elle est presque entièrement échangée, chaque élément de chaleur étant reçu sous un écart de seulement.
5) Cas limites : la lenteur rend réversible. Pour , le retard devient et la formule donne (l'intégration numérique donne : la rampe ne dure plus que et le transitoire du début, où le retard s'installe, pèse davantage). Le retard et l'entropie créée sont proportionnels à : le taux de création varie comme , la durée comme . Pour , le retard et tendent vers zéro : la sonde passe par une suite continue d'états d'équilibre avec le four. C'est la définition opératoire de la transformation quasi statique : la limite d'une transformation assez lente devant le temps de relaxation du système (), dont l'entropie créée tend vers zéro avec la vitesse. Une transformation quasi statique n'est pas une transformation réelle, c'est une limite que l'on approche autant qu'on veut… en y mettant le temps.
Ce que l'exercice installe. Le premier principe sur un pas donne l'équation différentielle ; le second principe sur un pas, avec la température de la frontière dans , donne le taux de création , du second ordre dans l'écart. Entre deux mêmes états, est fixée mais dépend du chemin ; elle tend vers zéro avec la lenteur, ce qui donne son sens à la transformation quasi statique.
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