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thermodynamique et machines thermiques (PT) · Chapitre 2 · Exercice de TD

Le ballon de baudruche à l'hélium : ce que , et égalisent, chacun pour son compte

Expression différentielle des principes ; potentiel chimique · D. Identités pour un système de composition variable · niveau 2

Énoncé

Un ballon de fête en latex, sphérique, de rayon , est gonflé d'hélium pur ; la tension du latex y maintient une surpression de : l'hélium est sous . Il flotte dans une pièce fermée de remplie d'air à ; l'air contient naturellement (fraction molaire) d'hélium et de diazote. Tout est à . Les gaz sont parfaits ; dans un mélange idéal de gaz parfaits, on admet et l'entropie fournie , où est la pression partielle. Le latex est beaucoup plus perméable à l'hélium qu'au diazote et au dioxygène (donnée qualitative).

1) Un système isolé est formé de deux sous-systèmes 1 et 2, chacun en équilibre interne, séparés par une paroi qui peut laisser passer de l'énergie, se déplacer ou laisser passer certaines espèces. À partir de l'identité écrite pour chacun, établir En déduire les trois conditions d'équilibre et les trois sens d'échange (on considérera chaque échange seul, les autres grandeurs étant égales de part et d'autre). Pourquoi , et sont-elles intensives ? Application : une fenêtre laisse passer d'une pièce à vers l'extérieur à ; quelle entropie crée-t-elle par seconde ?

2) À l'équilibre mécanique, la pression de l'hélium dépasse celle de l'air. Cela contredit-il la question 1 ?

3) Calculer . Dans quel sens va l'hélium ? Et le diazote ? Le ballon contient pourtant un gaz à pression totale plus élevée : pourquoi l'air y entre-t-il ? Pourquoi le ballon se dégonfle-t-il malgré tout ? Que change un ballon métallisé, presque imperméable ?

4) On attend l'état final : le ballon est vide et l'hélium réparti dans la pièce. Calculer la quantité d'hélium, sa pression partielle et sa fraction molaire finales, puis l'entropie créée.

Corrigé

La stratégie. L'identité, écrite pour chaque sous-système, donne et ; l'isolement impose que ce que l'un gagne, l'autre le perde ; la somme est l'entropie créée, positive. Chaque terme dit qui pousse quoi.

1) Trois forces motrices. Pour chaque sous-système , l'identité se réécrit Le système total est isolé et de volume fixe : , , pour chaque espèce. Il n'échange rien, donc , ce qui donne l'expression annoncée, positive par le second principe. Chaque échange seul :

  • chaleur (paroi fixe, imperméable) : , donc si : l'énergie va vers la température la plus basse ; équilibre : ;
  • volume (paroi mobile, à ) : : le sous-système de plus forte pression gagne du volume ; équilibre : ;
  • matière (paroi perméable à l'espèce , à ) : : l'espèce quitte le sous-système où son potentiel chimique est le plus élevé ; équilibre : .

Intensivité. , , sont des dérivées d'une grandeur extensive par rapport à une grandeur extensive : si l'on double le système, numérateur et dénominateur doublent ensemble, la dérivée est inchangée. Ce sont elles, intensives, qui peuvent s'égaliser entre deux parties ; les extensives se partagent.

La fenêtre. En régime permanent, la vitre ne stocke rien : elle reçoit de la pièce (à ) et le rend à l'extérieur (à ). Le premier terme donne, par seconde,

2) La membrane tendue. La condition suppose une paroi mobile libre, sans masse et sans tension. Le latex tendu est un troisième sous-système qui stocke de l'énergie élastique : l'équilibre mécanique d'un élément de membrane impose une surpression intérieure, ici . Rien de contradictoire : il suffirait d'ajouter dans le bilan l'énergie de la membrane. Seules les conditions sur et sur les , qui ne passent pas par la membrane comme force, restent inchangées.

3) Chacun son potentiel chimique. Pour l'hélium, est le même dedans et dehors (même ) : L'hélium sort. Pour le diazote, au départ : , le diazote entre ; même quand le ballon en contient , l'écart reste de en faveur de l'entrée. Chaque espèce égalise son propre potentiel chimique, donc sa propre pression partielle : la pression totale ne commande pas les échanges de matière à travers une paroi perméable (elle commande le mouvement de la paroi). Le ballon se dégonfle parce que les flux ne sont pas égaux : l'hélium, petit atome, traverse le latex bien plus vite que l'air n'entre ; en un jour ou deux le ballon tombe. La thermodynamique donne le sens de chaque échange, pas sa vitesse, qui dépend de la perméabilité de la paroi. Un ballon métallisé, presque imperméable, garde son hélium des semaines : même , flux bien plus faible.

4) L'état final et l'entropie créée. Volume du ballon : ; quantité d'hélium : (). Réparti dans : soixante-quinze fois la teneur naturelle, qui devient négligeable. La pièce est isolée et ne change pas (gaz parfaits, énergie conservée) : , somme des variations de chaque espèce, à fixée, d'après l'entropie fournie : .

  • Hélium : .
  • Air : il occupait et occupe finalement toute la pièce ; et ses pressions partielles diminuent dans le rapport : , ce qui vaut presque exactement .

Au total (l'énergie élastique du latex, , n'ajoute que ). Ne compter que l'hélium oublierait du résultat : l'air, lui aussi, s'est dilaté dans le volume libéré.

Ce que l'exercice installe. L'identité à composition variable, écrite pour deux parties d'un système isolé, donne en une ligne les trois conditions d'équilibre (, , égaux) et les trois sens d'échange : la chaleur vers le froid, le volume vers la forte pression, la matière vers le faible potentiel chimique. Chaque espèce égalise son , c'est-à-dire sa pression partielle, pas la pression totale. , , sont intensives parce que ce sont des dérivées d'une extensive par une extensive. La thermodynamique donne le sens, la paroi la vitesse.

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