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thermodynamique et machines thermiques (PT) · Chapitre 3 · Exercice de TD

Problème : la relation de Clapeyron, la cocotte-minute, l'eau qui bout en altitude et la glace sous pression

Diagrammes d'état des fluides réels purs · A. Corps pur sous plusieurs phases · niveau 3 (difficile)

Énoncé

En montagne, l'eau bout avant et les pâtes cuisent mal ; dans une cocotte-minute, elle bout après, et la cuisson s'accélère. La pente de la courbe commande ces deux effets ; on l'établit à partir de l'égalité des potentiels chimiques, on la vérifie sur la table, on en tire une loi approchée et on l'applique.

Extrait de la table de saturation de l'eau :

()
(bar)

et, plus loin du point de référence :

()
(bar)

À : , et . À : , et . Pressions atmosphériques : Chamonix (), ; sommet du mont Blanc (), (valeurs de l'atmosphère type) ; sommet de l'Everest (), , mesurée sur place par une expédition scientifique en 1981. Cocotte-minute : une soupape de masse ferme un orifice de de diamètre. Cuisson (donnée) : la vitesse des transformations qui cuisent les aliments double quand la température augmente de . Glace et eau à : , , enthalpie massique de fusion .

1) La relation. Sur la courbe d'équilibre liquide-vapeur, . En écrivant que cette égalité reste vraie entre deux points voisins de la courbe, et à l'aide de l'identité , établir l'expression de la pente en fonction de l'enthalpie de vaporisation, de et des volumes des deux phases ; la récrire en grandeurs massiques. Quel est son signe ?

2) La vérifier. Calculer la pente à et à , et la comparer à celle que donne la table par différence finie centrée.

3) L'approcher. On néglige devant et l'on traite la vapeur en gaz parfait. Simplifier la relation ; chiffrer l'erreur commise à et à , et la relier au facteur de compressibilité de la vapeur saturante. En supposant de plus indépendante de , intégrer à partir du point de référence , . Comparer la loi obtenue à la table de à ; dans quel domaine est-elle utilisable ?

4) L'altitude. À quelle température l'eau bout-elle à Chamonix, au sommet du mont Blanc et à celui de l'Everest ? Combien de fois plus de temps faut-il pour cuire des pâtes au sommet de l'Everest ?

5) La cocotte-minute. Quelle surpression la soupape maintient-elle ? À quelle température l'eau bout-elle dans la cocotte, à niveau de la mer ? Combien de fois la cuisson est-elle plus rapide qu'à ?

6) La glace. La démonstration de la question 1 vaut pour tout équilibre entre deux phases d'un corps pur. Calculer la pente de la courbe de fusion de la glace à , la comparer à celle de la vaporisation à et expliquer l'écart. De combien la température de fusion de la glace baisse-t-elle par bar de surpression ? Énoncer le résultat du problème.

Corrigé

1) La relation de Clapeyron. Soit un point de la courbe de vaporisation, et un point voisin de la même courbe. L'égalité vaut aux deux points, donc les variations sont égales : . Avec l'identité appliquée à chaque phase (le corps pur est seul dans sa phase) : L'entropie de changement d'état est reliée à l'enthalpie de changement d'état (identité le long du palier) : . En divisant numérateur et dénominateur par : Homogénéité : . Signe : la vaporisation absorbe de l'énergie () et la vapeur occupe plus de volume que le liquide : la pente est positive, croît avec . La relation n'est pas une connaissance à retenir : elle s'établit en trois lignes.

2) Vérification. À : et la table donne, entre et , . À : , contre . Accord à près : comme l'égalité , la relation est inscrite dans la table. Près de , la pression de vapeur gagne par kelvin ; près de , par kelvin, mais seulement .

3) La loi approchée. Avec et : soit à () et à (). Les deux approximations remplacent par : l'erreur relative vaut à peu près , soit à () et à (). C'est le gaz parfait qui cède le premier, quand la vapeur saturante devient dense. Avec constante, on sépare les variables, , et l'on intègre depuis : est une fonction affine de . Comparaison à la table :

()
loi approchée (bar)
table (bar)
écart

La loi vaut à quelques pour cent près sur quelques dizaines de kelvins autour du point de référence : varie ( à , à ) et la vapeur s'écarte du gaz parfait à haute température.

4) L'altitude. On inverse la loi : . À Chamonix, : , d'où , (la table donne aussi ). Au sommet du mont Blanc, : (table : ). Au sommet de l'Everest, : (table : ) ; l'écart grandit à mesure qu'on s'éloigne de , comme prévu. La cuisson y est plus lente d'un facteur : des pâtes de dix minutes demandent plus d'une heure.

5) La cocotte-minute. La soupape se soulève quand la force de pression nette équilibre son poids : . Au niveau de la mer, , et la loi donne , ( dans la table). La cuisson est accélérée d'un facteur : un plat de cuit en un quart d'heure. Tant qu'il reste de l'eau, la soupape fixe la température.

6) La glace. Le raisonnement de la question 1 n'utilise que l'égalité des potentiels chimiques de deux phases et l'identité : il donne, pour la fusion, . Ici : la glace est moins dense que l'eau liquide, et C'est la valeur admise en première année pour la courbe de fusion de l'eau, retrouvée ici. En valeur absolue, elle est fois plus grande que celle de la vaporisation à : les deux phases condensées ont presque le même volume, et le dénominateur est minuscule. Une surpression de abaisse la température de fusion de ; il faut pour l'abaisser de . La pente est négative parce que la phase qui absorbe de l'énergie en se formant (le liquide) est aussi la plus dense : c'est l'anomalie de l'eau, partagée par peu de corps (gallium, bismuth, silicium).

Le résultat obtenu — la relation de Clapeyron. Le long de la courbe d'équilibre entre deux phases et d'un corps pur, l'égalité des potentiels chimiques et l'identité imposent pour la vaporisation loin du point critique (volume du liquide négligeable, vapeur parfaite, constante), elle s'intègre en , valable sur quelques dizaines de kelvins ; la pente est positive et modérée pour la vaporisation, énorme et négative pour la fusion de la glace. Pour l'eau : à , à .

Ce que le problème installe. Les deux capacités du programme sur les changements d'état, l'égalité des potentiels chimiques le long de la courbe d'équilibre et le lien , suffisent à établir une loi qui commande la cuisine, l'altitude et la glace. La relation se vérifie sur la table, s'approche en contrôlant chaque hypothèse ( : à ; gaz parfait : à ; constante : quelques dizaines de kelvins), et s'applique par lecture inverse ( à partir de ). Le signe et la valeur de la pente se lisent sur les volumes des deux phases.

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