thermodynamique et machines thermiques (PT) · Chapitre 4 · Exercice de TD
Le Pitot d'un avion léger : vitesse indiquée et vitesse vraie
Écoulement stationnaire et énergétique (Bernoulli) · E. Applications de la relation de Bernoulli · niveau 2
Énoncé
Un avion léger vole en palier, en ligne droite et à vitesse constante, à d'altitude ; dans le référentiel de l'avion, l'écoulement de l'air autour de lui est stationnaire, et l'air loin en amont arrive à la vitesse de l'avion. Une sonde de Pitot double, parallèle à cet écoulement, porte une prise de pression d'arrêt A, percée face au vent à son extrémité, et des prises statiques B, percées sur son flanc, où l'écoulement est pratiquement celui de l'air non perturbé (admis). Les deux prises sont reliées à l'anémomètre, qui mesure . L'anémomètre est étalonné avec la masse volumique de l'air au niveau de la mer, : il affiche la vitesse indiquée , ici . À (atmosphère type), la masse volumique de l'air est et la célérité du son . On traite l'air comme un fluide parfait incompressible au voisinage de la sonde et on néglige les différences d'altitude entre les prises. Données de l'avion : masse , surface alaire ; la portance s'écrit , où le coefficient ne peut dépasser (au-delà, l'aile décroche). Pour un écoulement d'air à un nombre de Mach modéré, la mesure vaut (donné).
1) Par la relation de Bernoulli, montrer que . Calculer pour la vitesse indiquée et la dénivellation d'un manomètre à eau qui la mesurerait.
2) Calculer la vitesse vraie de l'avion et son écart relatif à la vitesse indiquée. Laquelle sert à estimer la durée d'un vol ?
3) En vol en palier, la portance équilibre le poids. Montrer que la vitesse indiquée à laquelle l'avion décroche ne dépend pas de l'altitude ; la calculer, ainsi que la vitesse vraie de décrochage à . Pourquoi les pilotes pilotent-ils « en vitesse indiquée » ?
4) Validité. Calculer le nombre de Mach de l'avion léger et l'erreur relative commise sur en négligeant la compressibilité. Un avion de ligne vole à : quelle erreur relative ferait-il sur sa vitesse en appliquant la formule incompressible ? Conclure.
Corrigé
La stratégie. Au point d'arrêt, l'air est immobile par rapport à la sonde : toute sa pression dynamique s'y change en pression. La sonde mesure donc , pas , et la vitesse ne s'en déduit qu'avec la masse volumique.
1) La sonde. Le filet d'air qui aboutit en A part de l'amont lointain (pression de l'air ambiant, vitesse ) et s'arrête en A ; la relation de Bernoulli, altitudes égales, donne , la pression d'arrêt. Le filet qui longe la sonde jusqu'en B y retrouve la vitesse et la pression (admis) : . D'où Pour : , soit de la pression atmosphérique. Dans un manomètre à eau, (l'anémomètre réel est une capsule déformable, plus compacte).
2) La vitesse vraie. L'anémomètre mesure : la vitesse vraie est de plus que la vitesse indiquée. Plus l'air est rare, plus il faut aller vite pour la même pression dynamique. La durée d'un vol (sans vent) se calcule avec la vitesse vraie : prennent , et non .
3) Le décrochage. En palier, ; l'aile décroche quand atteint , c'est-à-dire quand la pression dynamique tombe à indépendamment de l'altitude. Or c'est exactement ce que mesure l'anémomètre : la vitesse indiquée de décrochage, , est la même au niveau de la mer et à , où la vitesse vraie de décrochage vaut . Les efforts aérodynamiques dépendent de , que l'anémomètre affiche : le pilote garde un seul chiffre en tête, quelle que soit l'altitude.
4) La compressibilité. : la correction vaut sur , donc sur la vitesse (qui varie comme la racine carrée de la mesure) ; le modèle incompressible est excellent. Au critère usuel , l'erreur sur la pression reste inférieure à . À , la mesure excède de ; la formule incompressible donnerait une vitesse trop grande de , soit près de sur un avion de ligne (une loi plus complète, hors de ce cours, donne sur la pression). Les avions de ligne corrigent cette erreur par le calcul ; la relation de Bernoulli de ce cours vaut pour un écoulement qu'on peut traiter comme incompressible, ce qu'on vérifie par le nombre de Mach.
Ce que l'exercice installe. Au point d'arrêt d'un obstacle, la pression dynamique se change en pression : une sonde de Pitot mesure , et il faut connaître pour en tirer ( d'écart à ). L'écoulement est stationnaire dans le référentiel de l'avion, qu'on choisit pour cela. Une grandeur mesurée peut être plus utile que celle qu'on croit vouloir : la portance dépend, elle aussi, de . Une formule a un domaine de validité () qu'on vérifie chiffres à l'appui.
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