thermodynamique et machines thermiques (PT) · Chapitre 4 · Exercice de TD
Le refoulement d'une station de pompage : où part la puissance de la pompe
Écoulement stationnaire et énergétique (Bernoulli) · F. Pertes de charge et bilan d'énergie · niveau 2
Énoncé
Une station puise d'eau à dans un puits et la refoule dans un réservoir dont la surface libre est au-dessus de celle du puits ; les deux surfaces sont à la pression atmosphérique et leurs vitesses sont négligeables. La conduite, en acier, a un diamètre intérieur et une longueur . Coefficient de perte de charge régulière : . Coefficients de pertes singulières : crépine et clapet de pied (à l'aspiration) ; quatre coudes, chacun ; vanne ouverte ; clapet anti-retour ; débouché dans le réservoir . Rendement de la pompe , du moteur électrique . Les pertes de charge sont définies dans la présentation ; on admet la relation .
1) Calculer la vitesse de l'eau dans la conduite et le nombre de Reynolds. Quel est le régime d'écoulement ?
2) Calculer, en hauteur, la perte de charge régulière et la somme des pertes singulières. En appliquant la relation de Bernoulli généralisée entre la surface du puits et celle du réservoir, calculer la hauteur manométrique que doit fournir la pompe.
3) Calculer la puissance reçue par l'eau, la puissance électrique absorbée et l'énergie électrique consommée par mètre cube refoulé. Quelle part de la puissance reçue par l'eau sert à compenser les pertes de charge ?
4) On veut refouler un débit double dans la même conduite (coefficients et rendements inchangés). Calculer la nouvelle hauteur manométrique et le rapport des puissances électriques. Commenter.
5) On remplace la conduite par une conduite de (mêmes coefficients). Montrer que la perte régulière varie comme à débit fixé et calculer la nouvelle hauteur manométrique. Calculer le gain de puissance électrique et l'énergie économisée sur de fonctionnement par an, puis son coût au prix de euro le . Que doit-on comparer pour choisir le diamètre ?
6) Que devient l'énergie perdue en pertes de charge ? Estimer l'échauffement de l'eau entre le puits et le réservoir, en supposant la conduite calorifugée.
Corrigé
La stratégie. Tout s'écrit en hauteurs : la pompe doit apporter l'élévation géométrique plus la somme des pertes, chacune proportionnelle à . La puissance s'en déduit par , puis les rendements.
1) Le régime. ; : écoulement turbulent, comme dans presque toutes les conduites d'eau ; le coefficient est la valeur usuelle pour de l'acier en service à ce nombre de Reynolds.
2) Les pertes et la hauteur manométrique. La hauteur cinétique vaut . Perte régulière : Pertes singulières : , d'où . Entre la surface du puits (1) et celle du réservoir (2), et (vitesses négligeables) ; la relation donne L'énergie cinétique de l'eau dans la conduite n'apparaît pas à part : elle est perdue au débouché, dans le réservoir, et c'est le sens du coefficient de la sortie.
3) Les puissances. Puissance reçue par l'eau : ; puissance électrique : . En une heure, la station refoule et consomme : , l'ordre de grandeur des réseaux d'eau potable. Les pertes de charge, sur , prennent de la puissance reçue par l'eau.
4) Le débit double. Toutes les pertes varient comme , donc comme : elles sont multipliées par , . La puissance, proportionnelle à , est multipliée par ( électriques), et l'énergie par mètre cube passe à . Doubler le débit dans une conduite existante coûte cher : c'est la raison des réservoirs de tête, qui permettent de pomper longtemps à débit modéré. (En pratique, une pompe donnée ne fournit pas n'importe quel couple débit-hauteur ; on la choisit pour ce point de fonctionnement.)
5) Le diamètre. À débit fixé, , donc et (les pertes singulières, elles, varient comme ). Avec : , , , , . Puissance électrique : , soit de moins ; sur , économisés par an, environ euros. Le choix du diamètre est un arbitrage d'ingénieur : le surcoût d'achat et de pose d'une conduite plus grosse, payé une fois, contre l'énergie économisée chaque année pendant des décennies ; la forte puissance de fait que quelques centimètres de plus suffisent souvent.
Ligne de charge (à l'échelle) : saut de la pompe, pente régulière, petites marches aux singularités. La ligne piézométrique est plus bas, confondue avec elle à cette échelle.
6) L'énergie perdue. Les pertes de charge sont le travail des forces de viscosité, qui ne disparaît pas : il devient de l'énergie interne de l'eau. Par kilogramme, l'eau perd d'énergie mécanique ; dans une conduite calorifugée, sa température monte de : imperceptible, et pourtant c'est là que partent de la puissance reçue par l'eau, de la puissance électrique. Une énergie mécanique « perdue » est une énergie dégradée, presque impossible à récupérer.
Ce que l'exercice installe. La pompe paie l'élévation, l'énergie cinétique perdue au débouché et les pertes de charge, toutes écrites en hauteurs et additionnées. Les pertes croissent comme le carré du débit et, à débit fixé, comme l'inverse de la puissance cinquième du diamètre : le dimensionnement d'une conduite est un choix économique. La puissance hydraulique se divise par les rendements des machines. L'énergie dissipée devient de l'énergie interne, en un échauffement minuscule.
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