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thermodynamique et statique des fluides (PCSI) · Chapitre 8 · Exercice de TD

Le ballon-sonde : dilatable ou pressurisé

Statique des fluides dans un référentiel galiléen · F. La poussée d'Archimède · niveau 2

Énoncé

L'air est un gaz parfait de masse molaire ; au sol, et . On donne , , et, pour l'atmosphère isotherme à , la hauteur caractéristique .

1) L'origine de la poussée. La masse volumique de l'air varie avec l'altitude. Reprendre l'argument du cours (remplacer le corps par le fluide qui l'entoure) et montrer que la poussée d'Archimède reste égale à l'opposé du poids de l'air déplacé, . Pour un ballon de de diamètre au sol, de combien varie-t-elle entre son bas et son haut ?

2) Le ballon météorologique. Une enveloppe de latex, très extensible, est gonflée à l'hélium () jusqu'à un diamètre , au sol. Enveloppe et radiosonde ont une masse totale . On admet que l'hélium est en permanence à la pression et à la température de l'air environnant (la tension de l'enveloppe est négligée). Calculer la quantité d'hélium, la masse d'air déplacé au sol et la force ascensionnelle nette.

3) Montrer que cette force ne dépend pas de l'altitude, quel que soit le profil de température de l'atmosphère. Qu'est-ce qui, alors, limite la vitesse de montée ? L'altitude atteinte ?

4) L'enveloppe éclate quand son diamètre atteint .

a) Dans le modèle isotherme (), à quelle pression et à quelle altitude ?

b) En réalité, l'air est bien plus froid en altitude. Exprimer le volume du ballon en fonction de et ; en déduire la pression d'éclatement si l'air y est à . Deux effets du froid s'opposent sur l'altitude d'éclatement : lesquels ?

c) Au-dessus de , on donne le profil de l'atmosphère type : , et avec (la température croît dans la stratosphère). Établir au-dessus de , et déterminer l'altitude d'éclatement ; vérifier que la température y vaut bien environ . Conclure. (Les ballons météorologiques éclatent typiquement entre et .)

5) Le ballon pressurisé. Une enveloppe inextensible, fermée, de volume fixé , a une masse totale (enveloppe, nacelle, gaz) . Dans le modèle isotherme, déterminer son altitude d'équilibre . Montrer que cet équilibre est stable, et établir l'équation des petits mouvements verticaux autour de (on néglige la traînée et la masse d'air entraînée) ; calculer leur période. Pourquoi dit-on que ces ballons dérivent « à masse volumique constante » ?

Corrigé

La stratégie. On commence par justifier le théorème d'Archimède dans un fluide inhomogène, par l'argument du fluide fictif. Puis le système est le ballon (enveloppe, nacelle et gaz) : il subit son poids et la poussée, et l'on étudie comment chacun varie avec l'altitude, à quantité de gaz fixée pour le ballon dilatable, à volume fixé pour le ballon pressurisé.

1) L'origine de la poussée. Remplaçons par la pensée le ballon par de l'air identique à celui qui l'entoure, avec sa masse volumique variable. Cet air fictif est au repos, comme le reste de l'atmosphère : il est en équilibre sous son poids et les forces de pression exercées par l'air extérieur sur sa surface. Ces forces ne dépendent que de la forme de la surface et du champ de pression : ce sont les mêmes que sur le ballon. Leur résultante vaut donc l'opposé du poids de l'air déplacé, quelle que soit la façon dont varie. L'argument n'utilisait que l'équilibre du fluide. Sur la hauteur du ballon, : en pratique, est uniforme à l'échelle du ballon.

2) Le ballon au sol. . Hélium à et : soit d'hélium. L'air déplacé occupe le même volume à la même pression et à la même température : il contient le même nombre de moles, de masse . Force ascensionnelle nette : le poids de .

3) Une force indépendante de l'altitude. À toute altitude, l'hélium est à la pression et à la température de l'air : , et l'air déplacé, à ces mêmes et , contient moles. La poussée vaut , le poids : qui ne contient ni , ni , ni . La force est la même à toute altitude, quel que soit le profil : en montant, le ballon gonfle exactement de quoi compenser la raréfaction de l'air. Ce qui limite la vitesse de montée, c'est la traînée de l'air, qui croît avec la vitesse : le ballon atteint une vitesse limite (de l'ordre de en pratique). Rien n'arrête la montée, sinon l'éclatement de l'enveloppe.

4) L'éclatement. a) Le volume est multiplié par . À température constante, : , atteint à

b) En général, , donc . L'éclatement a lieu quand Premier effet : dans l'air froid, l'hélium est moins dilaté ; il faut une pression plus basse pour atteindre le volume d'éclatement, ce qui pousse l'éclatement plus haut. Second effet : dans un air froid, plus dense, la pression décroît plus vite avec l'altitude (hauteur caractéristique plus petite), ce qui fait atteindre une pression donnée plus bas. Seul le calcul tranche.

c) L'équation , avec affine en , se sépare comme dans la troposphère : La pression décroît en suivant une puissance de la température, ici avec un exposant négatif puisque croît. L'éclatement se produit quand , équation qu'on résout par essais (ou numériquement) : à , , , déjà sous la pression d'éclatement ( à cette température) ; à , est encore au-dessus (). La solution est cohérente avec l'hypothèse de la question b). L'éclatement survient plus bas que dans le modèle isotherme () : le second effet l'emporte, parce que toute la colonne d'air sous le ballon est froide, ce qui abaisse la pression à toutes les altitudes, alors que le premier effet ne joue que sur un facteur . La valeur obtenue tombe dans la fourchette observée.

5) Le ballon pressurisé. Le volume est fixé, la poussée vaut : elle diminue quand le ballon monte. Dans le modèle isotherme, avec . L'équilibre exige : Stabilité. Si le ballon monte au-dessus de , l'air y est moins dense, la poussée devient inférieure au poids : il redescend. S'il descend, la poussée l'emporte : il remonte. L'équilibre est stable. Petits mouvements. Avec , le principe fondamental de la dynamique s'écrit l'équation d'un oscillateur harmonique de pulsation et de période La période ne dépend ni de la masse ni du volume du ballon, seulement de la hauteur caractéristique de l'atmosphère. (La traînée, négligée ici, amortit ces oscillations.) Le ballon se stabilise sur la surface où et y reste, dérivant avec le vent à masse volumique constante : ces ballons servent à suivre les mouvements de l'air sur des semaines.

Ce que l'exercice installe. Le théorème d'Archimède vient de l'équilibre du fluide fictif, et vaut pour une masse volumique variable. Pour un ballon dilatable, poussée et volume varient ensemble : la force nette est constante, et c'est l'éclatement qui fixe l'altitude, avec deux effets opposés du froid départagés par le calcul. Pour un ballon pressurisé, la poussée décroît avec l'altitude : équilibre stable, petites oscillations de période . Linéariser autour d'un équilibre pour en tirer une pulsation, c'est la méthode qu'on reprendra pour tout oscillateur.

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