thermodynamique (MP) · Chapitre 1 · Exercice de TD
La ventilation double flux : un échangeur qui ne crée presque pas d'entropie
Systèmes ouverts en régime stationnaire · F. Applications aux machines · niveau 2
Énoncé
Une ventilation mécanique double flux renouvelle l'air d'une maison : elle extrait d'air intérieur à et insuffle le même débit massique d'air neuf pris dehors à . Les deux flux se croisent dans un échangeur à plaques calorifugé, sans se mélanger ; les pressions y varient peu (on néglige leur effet sur ) ; l'humidité de l'air est ignorée sauf à la question 4. L'efficacité de l'échangeur est définie par
1) Calculer le débit massique. Pour , calculer les températures de l'air soufflé et de l'air rejeté, et la puissance récupérée. La comparer à la puissance qu'emporterait une ventilation simple flux (air neuf entré à sans échangeur). Estimer l'énergie économisée sur un hiver de degrés-jours (somme, sur les jours de chauffage, des écarts en kelvins).
2) On suit ensemble, à travers l'échangeur, une masse d'air neuf et une masse d'air extrait. Montrer que l'entropie massique créée vaut . La calculer pour , puis . Que se passe-t-il quand ? Comment réaliser cette limite ?
3) Dans un échangeur à co-courant, les deux flux circulent dans le même sens. Montrer qu'à débits égaux, , et calculer dans ce cas limite.
4) Cas limite : par dehors, avec , à quelle température sort l'air rejeté ? Que devient la vapeur d'eau qu'il contient ? Quelle conséquence pour l'appareil ?
Corrigé
La stratégie. Chaque flux est un système ouvert à une entrée et une sortie, sans pièce mobile : . L'échangeur étant calorifugé, ce que perd l'un, l'autre le reçoit. Le deuxième principe s'écrit sur le système fermé formé par deux masses égales qui traversent ensemble l'échangeur.
1) Le bilan d'énergie. pour chaque flux. L'air neuf reçoit , l'air extrait , et : à débits égaux, les deux flux changent de température de la même quantité. Avec : et . Puissance récupérée : sur les qu'une ventilation simple flux fait chauffer en permanence. Sur l'hiver, multipliés par donnent de pertes en simple flux, dont environ récupérés ; les deux ventilateurs, quelques dizaines de watts, consomment une vingtaine de fois moins.
2) L'entropie créée. Le système fermé « d'air neuf d'air extrait » entre et sort de l'échangeur ensemble ; les transferts thermiques entre ses deux parties lui sont intérieurs, et l'échangeur est calorifugé : il n'échange aucune entropie, et le second principe donne . Le régime étant stationnaire, le contenu de l'échangeur ne change pas, et (même raisonnement que pour un seul fluide). D'où, à pression constante, : , soit : presque rien. ( et ) : . Quand , et , le produit des températures tend vers et ; un développement donne . La limite est un échangeur à contre-courant infiniment long : à chaque endroit, l'air extrait n'est plus chaud que l'air neuf qu'il croise que d'un écart qui tend vers zéro (ici partout) ; un transfert thermique sous écart de température nul est réversible.
3) Le co-courant. À débits égaux, le bilan d'énergie écrit entre l'entrée et une section quelconque donne en toute section. Le transfert va toujours du chaud vers le froid, donc partout, d'où : , quelle que soit la surface d'échange. À la limite, les deux flux sortent à et , deux fois plus qu'à contre-courant () pour une récupération réduite de . La figure trace les profils de température dans un même échangeur monté dans les deux sens : à contre-courant, deux droites parallèles écartées de ; à co-courant, les deux températures se rejoignent vite à , et le reste de l'échangeur ne sert plus à rien.
4) Par grand froid. Avec : et . L'air intérieur, chargé de la vapeur d'eau de la respiration, des douches et de la cuisine, se refroidit au-dessous de son point de rosée puis de : l'eau condense et gèle dans les canaux de l'échangeur, qui se bouchent. Les appareils réels ont une protection antigel (préchauffage électrique de l'air neuf, ou réduction du débit insufflé), qui dégrade un peu le bilan. C'est ici que le modèle « air sec, gaz parfait » cesse de suffire.
Ce que l'exercice installe. Un échangeur calorifugé : deux systèmes ouverts sans travail ( pour chacun), liés par . Le deuxième principe, écrit sur le système fermé qui suit les deux fluides, donne et borne l'efficacité : à contre-courant, quand (échange sous écart de température nul) ; à co-courant, . Un cas limite (le gel) marque la frontière du modèle.
100 % gratuit
La suite du chapitre est sur Adloun
- 15 autres exercices corrigés dans ce chapitre, et 12 à chercher avec le tuteur
- Les 2 QCM du chapitre, le premier sans compte
- Le podcast et la vidéo du chapitre et la correction filmée du TD : 2 minutes sans compte
- Le tuteur, qui guide pas à pas sans donner la réponse
Sans compte : le cours, le premier QCM et 2 minutes de podcast et de vidéo. Exercices et tuteur : inscription gratuite en 30 secondes, sans carte bancaire.