Problème : la méthode des mélanges (valeur en eau, capacité thermique du cuivre, enthalpie de fusion)
Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · thermodynamique (MPSI), chapitre 5 — Premier principe et bilans d'énergie · C. Calorimétrie et transitions de phase
Énoncé
Un calorimètre (vase, agitateur, thermomètre) est utilisé à la pression atmosphérique ; son couvercle n'est pas étanche, et l'on néglige ses fuites thermiques pendant la durée d'une mesure. On note sa valeur en eau : la masse d'eau qui aurait la même capacité thermique que lui. Les températures sont lues à près.
1) On considère le système {calorimètre + tout ce qu'on y met}. Justifier soigneusement que, entre l'état initial (juste après l'introduction des corps) et l'état final d'équilibre, la somme des variations d'enthalpie des différentes parties est nulle : . Quelles hypothèses de l'exercice 2 sont ici satisfaites ?
2) Le calorimètre contient d'eau à , en équilibre avec lui. On ajoute d'eau à ; l'équilibre s'établit à . Pourquoi n'est-elle pas ? Calculer .
3) On vide le calorimètre, on y remet d'eau à , en équilibre avec lui, et l'on y plonge un bloc de cuivre de sorti d'un bain d'eau bouillante à . L'équilibre s'établit à . Calculer la capacité thermique massique du cuivre. La loi empirique de Dulong et Petit (1819), qu'on donne ici sans qu'elle soit à connaître, affirme que la capacité thermique molaire des solides métalliques vaut à peu près à température ambiante : la tester, avec .
4) On recommence avec d'eau à , en équilibre avec le calorimètre, et l'on y plonge de glace à , bien essuyée. L'équilibre s'établit à . Vérifier que toute la glace a fondu, puis calculer . Quelle valeur aurait-on obtenue en oubliant ?
5) Sensibilité. Dans la mesure de la question 3, quelle incertitude relative sur entraîne une erreur de lecture de sur ? Quel est le terme du calcul qui la rend si grande, et comment choisir les masses pour la réduire ?
6) Pourquoi essuie-t-on la glace à la question 4 ? Chiffrer l'erreur commise si d'eau liquide reste collé aux pesés. Énoncer pour finir le principe de la méthode des mélanges.
Corrigé
1) Pourquoi . Système : {calorimètre + eau + corps introduits}, fermé (rien n'entre ni ne sort une fois le couvercle posé). État initial : chaque partie à sa température, juste après l'introduction ; état final : équilibre thermique, température commune. Contraintes extérieures : la pression atmosphérique, constante — la transformation est monobare ; le couvercle non étanche laisse le contenu à la pression atmosphérique dans l'état initial et dans l'état final — équilibre mécanique aux deux extrémités ; fuites négligées — ; aucun autre travail que celui des forces de pression (le travail de l'agitateur est négligeable). Ce sont exactement les hypothèses de la démonstration de l'exercice 2, qui donne . Par extensivité de , , où chaque se calcule sur un chemin commode (, ou pour une transition). La quasi-staticité n'est pas requise.
2) La valeur en eau. Le calorimètre, à avec l'eau froide, se réchauffe avec elle. Le bilan : Sans calorimètre (), deux masses égales finiraient à la moyenne, . On trouve : quelque chose d'autre a été réchauffé, et c'est le calorimètre lui-même — il se comporte comme une masse d'eau froide supplémentaire. Le bilan donne Mesure par différence, sans connaître la composition du calorimètre.
3) La capacité thermique du cuivre. Le bloc cède ce que l'eau et le calorimètre reçoivent : Homogénéité : des sur des , soit des . Ordre de grandeur : onze fois moins que l'eau, ce qui explique qu'un bloc de à ne réchauffe un verre d'eau que de six degrés.
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