Adloun

thermodynamique statistique (MP) · Chapitre 3 · Exercice de TD

Ce qui fait le : un degré quadratique, et l'énergie de pesanteur qui n'en est pas un

Capacités thermiques classiques des gaz et des solides · A. Le théorème d'équipartition de l'énergie · niveau 2

Énoncé

Une particule à l'équilibre avec un thermostat à la température possède un degré de liberté décrit par une variable continue , d'énergie . La probabilité que la variable soit comprise entre et est proportionnelle au facteur de Boltzmann . On note . On donne

1) Pour (, ), écrire comme un rapport de deux intégrales, puis le calculer par le changement de variable . Pourquoi le résultat ne dépend-il pas de ? Interpréter physiquement pour un ressort plus ou moins raide.

2) On considère plus généralement avec . On pose . Montrer par un changement de variable que , puis que . Que vaut l'énergie moyenne d'une particule dans un puits en « V » () ? dans un puits quartique (, courbe en pointillé sur la figure) ? Qu'a donc de particulier le cas ?

3) Une molécule de diazote () se trouve dans une colonne d'atmosphère isotherme à , de hauteur illimitée, dans le champ de pesanteur uniforme ; son altitude est comptée depuis le sol. Calculer l'énergie potentielle moyenne et l'altitude moyenne . L'énergie de pesanteur est-elle un degré quadratique ?

4) Le cours donne l'énergie interne moyenne d'une molécule diatomique à température ordinaire, . En déduire l'énergie moyenne totale (interne et de pesanteur) d'une molécule de la colonne, puis la capacité thermique molaire de la colonne entière, chauffée sans changer sa masse. La comparer à et et interpréter : sous quelle pression se trouve la base de la colonne pendant le chauffage ? Calculer enfin le rapport de l'énergie de pesanteur de la colonne à son énergie interne.

Corrigé

La stratégie. Une moyenne de Boltzmann sur une variable continue est un rapport de deux intégrales ; un changement de variable qui absorbe et montre de quoi dépend le résultat. Le cas général se traite sans calculer aucune intégrale, par la dérivation par rapport à qu'emploie le cours.

1) Le carré donne . Par définition de la moyenne, Avec , on a et ; le facteur apparaît au numérateur et au dénominateur et se simplifie : Le résultat ne dépend pas de parce que ne fait que changer l'échelle de : la distribution de la variable réduite , donc celle de l'énergie , est la même pour toutes les valeurs de . Pour un ressort, un ressort quatre fois plus raide a des élongations typiques deux fois plus petites (), mais une énergie moyenne identique : la raideur règle l'amplitude, la température règle l'énergie.

2) Le cas général : . Dans , on pose : et , d'où . Le numérateur de la moyenne s'obtient en dérivant sous l'intégrale : donc Pour on retrouve . Dans un puits en « V » (), ; dans un puits quartique (), . Le résultat reste indépendant de (même argument d'échelle), mais la valeur est propre au carré : le théorème d'équipartition ne s'applique qu'aux degrés quadratiques. C'est pourquoi le cours insiste sur ce mot, et pourquoi on suppose l'oscillateur harmonique : une liaison anharmonique, dont le potentiel s'écarte de la parabole aux grandes amplitudes, ne donne plus exactement pour son terme potentiel.

3) La pesanteur donne . Ici avec : l'énergie est linéaire en , ce n'est pas un degré quadratique. Avec : c'est le cas restreint à (la symétrie de ne change pas le rapport). L'altitude moyenne est la hauteur d'échelle de l'atmosphère isotherme : Une molécule d'air passe en moyenne sa vie à 7,6 km d'altitude dans ce modèle : c'est l'ordre de grandeur de l'épaisseur de la troposphère.

4) La colonne a la capacité . Par molécule, l'énergie moyenne totale vaut ; par mole, . Chauffée sans changer sa masse, la colonne a donc la capacité thermique molaire

Le sens physique est celui d'un chauffage isobare : la pression au sol est le poids de la colonne par unité de surface, fixé puisque la masse ne change pas. En se dilatant, la colonne soulève son propre centre de masse : le travail de la pression contre l'extérieur, présent dans , devient ici de l'énergie potentielle de pesanteur, et l'on vérifie que l'énergie de pesanteur ( par mole) est exactement le terme qui sépare de . Le rapport de l'énergie de pesanteur à l'énergie interne vaut Les météorologistes l'emploient sous cette forme : chauffer une colonne d'air coûte par kilogramme, et non , et 40 % de l'énergie interne de l'air s'y ajoute sous forme d'énergie potentielle. Cas limite : dans une boîte fermée de hauteur petite devant 7,6 km, l'énergie de pesanteur varie peu avec et l'on retrouve .

Ce que l'exercice installe. Une moyenne de Boltzmann sur une variable continue se calcule par un changement de variable qui absorbe ; il montre que ne dépend pas de , et que la valeur est propre aux degrés quadratiques. Avant d'appliquer l'équipartition, on vérifie la forme de l'énergie : une énergie de pesanteur, linéaire, donne , ce qui fait d'une colonne d'atmosphère un système de capacité .

100 % gratuit

La suite du chapitre est sur Adloun

Exercice suivant et tuteur

Sans compte : le cours, le premier QCM et 2 minutes de podcast et de vidéo. Exercices et tuteur : inscription gratuite en 30 secondes, sans carte bancaire.

Le cours du chapitre · Tous les exercices du chapitre

Exercice suivant et tuteur →