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thermodynamique statistique (MP) · Chapitre 3 · Exercice de TD

Le bruit thermique des instruments : mesurer avec un miroir, une raideur avec un levier

Capacités thermiques classiques des gaz et des solides · A. Le théorème d'équipartition de l'énergie · niveau 2

Énoncé

A. Le miroir de Kappler. En 1931, E. Kappler suspend un très petit miroir à un fil de quartz très fin, dans une enceinte à . Quand le miroir tourne d'un angle autour du fil, celui-ci exerce un couple de rappel , de constante de torsion . Un faisceau lumineux, réfléchi par le miroir, forme un spot sur une échelle placée à . On enregistre longtemps la position du spot ; son écart à la position d'équilibre a pour moyenne quadratique .

1) Pourquoi le miroir n'est-il jamais immobile ? Écrire son énergie de torsion et appliquer le théorème d'équipartition à la variable . Le terme cinétique de rotation est-il lui aussi un degré quadratique ?

2) Relier à pour de petits angles (penser à la loi de la réflexion), puis déduire de la mesure , la valeur efficace , et la valeur de obtenue par Kappler. En déduire (la constante était connue par les gaz). Comparer aux valeurs actuelles.

3) Le résultat dépend-il de la masse du miroir, de son moment d'inertie, de la pression du gaz résiduel qui l'amortit ? Qu'attend-on si l'on pompe l'enceinte ?

B. Le microscope à force atomique. La pointe d'un microscope à force atomique est portée par un levier (une poutre de silicium de quelques centaines de micromètres) qui fléchit comme un ressort de raideur ; l'énergie de flexion est , où est la déflexion de son extrémité. Le levier, au repos, est à .

4) Calculer la déflexion efficace d'un levier souple de raideur , puis de . Comparer au diamètre d'un atome.

5) La raideur d'un levier, donnée par le fabricant à un facteur 2 près, s'étalonne en mesurant son bruit thermique au repos ; en pratique on écrit , le facteur (donné) tenant compte de la forme du levier et de la façon dont on mesure sa déflexion. On mesure . Calculer .

6) Un levier raide, destiné au mode « contact intermittent », a une raideur de . Calculer son bruit thermique et le comparer au bruit propre de la détection optique, de l'ordre de sur la bande de mesure (donné). Conclure sur le domaine d'emploi de la méthode.

Corrigé

La stratégie. Un objet macroscopique en équilibre avec un gaz ou un solide à la température est une « particule » comme une autre : son degré de liberté de rotation ou de flexion, s'il est quadratique, reçoit en moyenne. On en tire ou , c'est-à-dire un bruit, et, inversement, ou une raideur à partir du bruit mesuré.

1) Équipartition pour un angle. Les molécules du gaz frappent le miroir au hasard ; les chocs ne se compensent pas exactement à chaque instant, et le miroir, en équilibre thermique avec le gaz, fluctue autour de sa position d'équilibre. C'est le mouvement brownien de rotation. L'énergie de torsion est quadratique en , variable continue ; le degré est actif (les niveaux d'un oscillateur de période de plusieurs secondes sont espacés de , infiniment moins que ). Donc Le terme cinétique est quadratique en : il reçoit lui aussi , mais on ne mesure ici que la position.

2) La constante de Boltzmann. Quand le miroir tourne de , le rayon réfléchi tourne de (loi de la réflexion) ; pour de petits angles, . Donc Le spot s'agite de quelques millimètres sur l'échelle () : c'est parfaitement lisible. Puis Les valeurs actuelles sont et : l'écart est de , remarquable pour une expérience qui « voit » l'agitation moléculaire à l'œil nu sur une échelle. C'est une mesure de par l'équipartition, indépendante de celle de Perrin, qui passe par le poids de Boltzmann dans une suspension.

3) Ni masse, ni inertie, ni amortissement. ne contient que la raideur et la température : l'équipartition est une propriété de l'équilibre, indépendante de la dynamique. La pression ne change que l'allure du mouvement : marche irrégulière dans l'air, oscillations presque libres d'amplitude lentement variable dans un gaz raréfié ; la moyenne quadratique est la même, ce que Kappler a vérifié en pompant son enceinte.

4) Le bruit d'un levier souple. Le même raisonnement donne , donc avec : C'est de l'ordre du diamètre d'un atome : un levier au repos ne peut pas être plus calme que . Pour réduire ce bruit, il faut refroidir ou raidir le levier, au prix de la sensibilité aux forces faibles.

5) Étalonner une raideur par son bruit. Avec la formule pratique donnée, Sans le facteur de forme, on aurait : l'équipartition seule donne l'ordre de grandeur, sans masse étalon ni force connue.

6) Le levier raide. Pour , , deux fois moins que le bruit propre de la détection. Le bruit thermique est noyé : la méthode est réservée aux leviers souples, et les leviers raides s'étalonnent autrement. La figure trace en coordonnées logarithmiques (pente ) avec les trois leviers de l'exercice.

Ce que l'exercice installe. L'équipartition s'applique à tout degré quadratique en équilibre thermique, y compris celui d'un objet macroscopique : , . Le bruit thermique d'un instrument au repos vaut , indépendamment de la masse et de l'amortissement ; mesuré, il donne (Kappler) ou une raideur (étalonnage des leviers).

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