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traitement du signal et logique (MPI) · Chapitre 3 · Exercice de TD

Allumer une lampe de deux, trois, endroits : le va-et-vient est un OU exclusif

Portes logiques · B. L'interrupteur commandé · niveau 2

Énoncé

Une lampe de couloir se commande de deux endroits. À chaque endroit, un relais joue le rôle d'un interrupteur commandé par une tension : sa bobine reçoit la commande ( au premier endroit, au second) et son contact est un aiguillage, dont la borne commune est reliée à la borne repos si la commande vaut et à la borne travail si elle vaut . Deux fils, les navettes, relient les deux aiguillages : la navette 1 joint les deux bornes repos, la navette 2 les deux bornes travail.

(Le permutateur de la question 4 : les deux navettes passent droit si sa commande vaut , croisées si elle vaut .)

1) Dresser la table de vérité de la lampe ( : allumée). Quelle porte reconnaît-on ? Et si l'on croise les navettes ?

2) Écrire le circuit qui relie le secteur à la lampe comme une association de contacts : chaque aiguillage est un contact repos (fermé si sa commande vaut ) et un contact travail (fermé si elle vaut ). Combien de contacts ? Retrouver la table.

3) On exige que basculer n'importe lequel des deux interrupteurs change l'état de la lampe. Montrer que, parmi les seize fonctions de deux variables, seules deux conviennent. Lesquelles ?

4) Pour un troisième endroit, on insère au milieu des navettes un permutateur commandé par . Établir la table de la lampe (huit lignes) et l'exprimer. Comment commander une lampe de endroits ? Que « calcule » la lampe ?

5) On alimente les deux bornes d'un seul aiguillage, commandé par , par les niveaux logiques (borne repos) et (borne travail). Quelle fonction de et trouve-t-on sur la borne commune ? Quel composant du cours reconnaît-on ?

6) Ordres de grandeur. Un relais commute en une dizaine de millisecondes, un transistor intégré en une dizaine de picosecondes. Comparer. (Les premiers calculateurs, comme celui de Konrad Zuse en 1941, étaient à relais et battaient quelques hertz ; Claude Shannon avait montré en 1938 que l'algèbre de Boole décrit les circuits de relais.)

Corrigé

La stratégie. On traduit la spécification en mots (« la lampe s'allume si les deux aiguillages choisissent la même navette ») en table de vérité, puis on écrit chaque chemin conducteur comme une série de contacts, et l'ensemble comme leur parallèle.

1) La table. L'aiguillage envoie le courant sur la navette 1 si , sur la navette 2 si ; l'aiguillage le recueille sur la navette 1 si , sur la navette 2 si . Le circuit est fermé si et seulement si les deux aiguillages sont sur la même navette, c'est-à-dire si :

La colonne est celle de la porte XNOR : , le comparateur d'égalité. Si l'on croise les navettes (repos de vers travail de ), la lampe s'allume quand les aiguillages sont dans des positions différentes : , la porte XOR. Le choix du câblage ne fixe que l'état de la lampe au repos.

2) Quatre contacts. Deux chemins conduisent : par la navette 1, le contact repos de en série avec le contact repos de , qui conduit si ; par la navette 2, les deux contacts travail en série, qui conduisent si . Les deux chemins sont en parallèle : Quatre contacts suffisent, et l'on retrouve la forme normale disjonctive complète de la table : un produit par ligne où (lignes et ).

3) Pourquoi forcément XOR ou XNOR. Notons . Basculer doit changer la lampe : ; basculer aussi : ; enfin, depuis , basculer donne . La table est entièrement fixée par : pour , c'est (XNOR) ; pour , c'est (XOR). Deux fonctions sur seize : le va-et-vient n'est pas une astuce d'électricien, c'est la seule réponse à la spécification.

4) Trois endroits, puis . Le permutateur croise les navettes quand : le courant parti sur la navette d'indice fixé par change de navette si ; la lampe s'allume si la navette d'arrivée est celle que choisit . En notant la navette 1 et la navette 2, la navette d'arrivée est , et la lampe s'allume si , c'est-à-dire si :

La lampe est allumée quand le nombre de commandes à est pair, et basculer n'importe laquelle change sa parité. Pour endroits, on met deux aiguillages aux extrémités et permutateurs en chaîne entre eux ; chaque permutateur basculé échange les navettes, et La lampe lit la parité du nombre d'interrupteurs basculés : c'est un OU exclusif à entrées, réalisé avec contacts seulement (chaque aiguillage compte un contact repos et un contact travail, chaque permutateur deux aiguillages, soit quatre contacts).

5) L'aiguillage, multiplexeur. La borne commune est reliée à la borne repos, au niveau , si , et à la borne travail, au niveau , si : elle vaut . Un aiguillage dont les deux bornes reçoivent et délivre : c'est le multiplexeur 2 vers 1 du cours, rencontré ici comme une simple association d'interrupteurs ; avec et , il calcule le OU exclusif.

6) Un facteur un milliard. : les tables de vérité d'un calculateur à relais de 1941 et d'un processeur actuel sont les mêmes ; seule la durée d'une commutation a été divisée par un milliard. C'est l'intérêt de la description par tables : elle ne dépend pas de la technologie de l'interrupteur.

Ce que l'exercice installe. Une spécification en mots se traduit en table, et la table nomme la porte : « basculer un interrupteur change toujours la lampe » ne laisse que XOR et XNOR. Un chemin conducteur est une série de contacts, l'ensemble des chemins leur parallèle : on lit ainsi la forme normale disjonctive complète sur le schéma. Et le OU exclusif à entrées est un détecteur de parité.

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