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traitement du signal et logique (MPI) · Chapitre 3 · Exercice de TD

Comparer et contrôler un octet : égalité, parité, aléas

Portes logiques · C. Les portes logiques · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Un récepteur de liaison série reçoit des octets : sept bits de données et un bit de parité, choisi par l'émetteur pour que le nombre total de de l'octet soit pair. Le récepteur compare aussi chaque octet reçu à son adresse. On dispose de portes XOR à deux entrées, de temps de propagation , et de portes NOR à plusieurs entrées.

1) Comparateur d'un bit. Écrire les trois sorties « », « », « » d'un comparateur de deux bits et . Quelles portes reconnaît-on ?

2) Égalité de deux octets. Réaliser un circuit dont la sortie vaut si et seulement si l'octet reçu est égal à l'adresse , avec des XOR et une seule autre porte. Combien de niveaux de portes ?

3) Contrôle de parité. Le récepteur calcule . Que signifie ? Combien faut-il de XOR à deux entrées ? Comparer le temps de réponse de la chaîne et de l'arbre représentés. Généraliser à un mot de bits.

4) Efficacité. Chaque bit est faux, indépendamment des autres, avec la probabilité . Calculer la probabilité qu'un octet contienne exactement une erreur, puis exactement deux. Lesquelles le contrôle détecte-t-il ?

5) Aléa. Initialement, tous les bits valent et . À , et passent simultanément à . Quelle est la valeur finale de ? Tracer le chronogramme de pour la chaîne et pour l'arbre. Que doit-on en conclure pour lire ?

Corrigé

La stratégie. Le XOR est un détecteur de différence : on l'emploie bit à bit pour comparer, en cascade pour compter la parité. Le nombre de portes ne dit pas tout : la profondeur du circuit, le plus long chemin d'une entrée à la sortie, fixe son temps de réponse, et l'inégalité des chemins fait naître des impulsions parasites.

1) Le comparateur d'un bit. « » n'est vrai que pour , : . « » : . « » : , la porte XNOR. Les trois sorties s'excluent et l'une vaut toujours ; la somme des deux premières, , est le XOR, qui vaut quand les bits diffèrent.

2) Huit XOR et un NOR. Les octets sont égaux si et seulement si aucun bit ne diffère, c'est-à-dire si tous les sont nuls : Huit XOR et une NOR à huit entrées : deux niveaux, donc un temps de réponse de deux délais de porte, quelle que soit la position du bit qui diffère. On pouvait aussi écrire , un AND de huit XNOR : c'est la même fonction, par De Morgan.

3) Parité : chaîne ou arbre. Le OU exclusif est associatif et commutatif ; vaut si et seulement si le nombre de est impair. L'émetteur a rendu ce nombre pair : signale une erreur de transmission. Chaque XOR à deux entrées réduit de un le nombre de termes : il en faut , dans tous les cas. Mais dans la chaîne, un changement de traverse les sept portes : temps de réponse . Dans l'arbre, chaque entrée traverse portes : . Pour bits, il faut toujours portes, et la profondeur vaut pour la chaîne, pour l'arbre : pour bits, portes dans les deux cas, mais contre . Même nombre de portes, temps dix fois plus court : l'associativité permet de réorganiser le calcul sans le changer.

4) Ce que la parité voit. Pour huit bits indépendants : Une erreur change la parité du nombre de : elle est détectée. Deux erreurs la laissent inchangée : elles sont invisibles, et plus généralement toute erreur portant sur un nombre pair de bits. Comme , la parité laisse passer environ un octet faux sur trois mille. Cas limite : croît comme , et le contrôle perd son intérêt sur une liaison très bruitée.

5) L'aléa. Deux bits changent : la parité ne change pas, final . Dans la chaîne, attaque la dernière porte : son changement atteint la sortie après ; celui de traverse les sept portes et l'atteint à . Entre les deux, la dernière porte « voit » un seul bit changé : passe à de à , puis revient à . C'est une impulsion parasite de , un aléa, et le récepteur qui lirait à signalerait une erreur qui n'existe pas. Dans l'arbre, les deux changements traversent chacun trois portes et arrivent ensemble à la dernière, à sur ses deux entrées : idéalement, la sortie ne bouge pas (en pratique, de petites différences entre portes laissent une impulsion très brève).

Conclusion. La sortie d'un circuit combinatoire n'est sûre qu'après le plus long délai de propagation ( pour la chaîne, pour l'arbre) : on ne la lit qu'à des instants choisis, cadencés par une horloge dont la période dépasse ce délai. C'est l'idée qui fonde la logique séquentielle synchrone.

Ce que l'exercice installe. Le XOR détecte la différence : bit à bit, il compare (égalité des XOR) ; en cascade, il calcule la parité, qui détecte un nombre impair d'erreurs et rien d'autre. À nombre de portes égal, la profondeur fixe le temps de réponse : arbre en , chaîne en . Des chemins de longueurs inégales créent des aléas : une sortie combinatoire se lit après le plus long délai.

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