traitement du signal et logique (MPI) · Chapitre 4 · Exercice de TD
Écrire un bit sur ordre : le verrou et la mémoire de n bits
Logique séquentielle et stabilité · C. Bascule bistable et mémoire · niveau 2
Énoncé
Pour qu'une bascule n'écoute ses entrées qu'au moment voulu, on la fait précéder de deux portes NAND de validation (schéma fourni) : et , où est fourni par un inverseur. et commandent une bascule à deux portes NAND croisées : , . est la donnée à mémoriser, l'entrée de validation. Chaque porte a un temps de propagation (donnée).
1) Dresser la table de en fonction de . Montrer que, pour , la bascule est en position mémoire, et que, pour , . La bascule peut-elle recevoir la combinaison interdite ?
2) au départ ; vaut 1 sur et , vaut 1 sur , , et (temps en microsecondes), 0 ailleurs. Tracer et le commenter. Pourquoi dit-on que ce circuit est un verrou « transparent » ?
3) est présente et stable avant que passe à 1. Compte tenu des temps de propagation, à quels instants , puis changent-ils ? Quelle durée minimale doit avoir l'impulsion de validation pour que le 1 soit mémorisé ? Que risque-t-on si change juste au moment où retombe ?
4) On veut mémoriser un mot de bits. Proposer une organisation à partir du verrou. Combien de portes faut-il pour un mot de 8 bits ? Pour une mémoire de bits (un kilo-octet) ? Que faut-il pour qu'elle garde son contenu ?
Corrigé
La stratégie. On ramène le verrou à la bascule déjà connue : il suffit de lire, pour chaque couple , l'ordre que les portes de validation lui transmettent. Puis on suit les changements porte par porte, chacun retardé de .
1) La table.
| ordre reçu par la bascule | ||||
|---|---|---|---|---|
| maintien | ||||
| maintien | ||||
| mise à 0 : | ||||
| mise à 1 : |
Pour , les deux portes de validation ont une entrée nulle et sortent 1 : , la bascule mémorise, quelle que soit . Pour , et : écrit un 1, écrit un 0 ; donc . La combinaison interdite exigerait et , donc et à la fois : impossible (en régime établi). C'est tout l'intérêt du montage : une seule entrée de donnée, et l'état interdit disparaît.
2) Le chronogramme. De 0 à 2 µs, : garde sa valeur initiale 0, bien que passe à 1 à 1 µs. Pendant , : recopie , il vaut 1 de 2 à 3 µs puis 0 à partir de 3 µs, quand retombe. À 4 µs, retombe alors que : 0 est mémorisé. L'impulsion de sur arrive hors validation : elle est ignorée. Pendant , suit , y compris la brève impulsion de ; à µs, passe à 1 ; à 9 µs, retombe alors que : est mémorisé, et reste à 1 quand retombe à 10 µs.
Pendant la validation, la sortie suit l'entrée comme à travers une vitre : le verrou est transparent ; il mémorise la valeur de présente au moment où retombe. Le revers de cette transparence : tout parasite de pendant que est recopié en sortie.
3) La durée d'écriture. On prend pour origine la montée de , avec et établis. tombe à 0 en ; reste à 1. monte en ; descend en ; ce n'est qu'alors que la boucle maintient par elle-même. Si retombe à l'instant , remonte en ; il faut qu'à cet instant soit établi : , soit C'est la même condition que pour un ordre adressé à la bascule seule : un tour de boucle. Si change au moment où retombe, la bascule reçoit un ordre trop bref, ou deux ordres contraires à quelques nanosecondes d'intervalle : l'état mémorisé est incertain, et la bascule peut rester un moment indécise, comme une paire d'inverseurs partie de son point milieu (métastabilité). D'où les deux contraintes qu'imposent les fiches techniques : doit être stable un peu avant la retombée de , et le rester un peu après (temps d'établissement et de maintien, de quelques ).
4) La mémoire de bits. Un bit par verrou : un mot de bits est fait de verrous côte à côte, chacun avec sa donnée , tous commandés par la même validation ; une impulsion de écrit le mot d'un coup, et les sorties le restituent. Pour 8 bits : portes (quatre NAND et un inverseur par bit). Pour bits : plus de portes, plus de quoi choisir le mot à écrire (une validation par mot, commandée par l'adresse) ; c'est pourquoi les mémoires statiques réduisent chaque bit à la paire d'inverseurs et aux deux interrupteurs de la cellule étudiée plus haut. Une mémoire de bits est faite de bistables ; chacun garde son bit tant qu'il est alimenté, et seulement tant qu'il l'est : la mémoire est volatile.
Ce que l'exercice installe. Réaliser une mémoire à partir d'un bistable : deux portes de validation devant une bascule RS en font un verrou, qui écrit pendant la validation et garde la dernière valeur quand elle retombe ; l'état interdit devient impossible. Un ordre d'écriture doit durer au moins un tour de boucle, , et la donnée doit être stable autour de la retombée de . Une mémoire de bits, ce sont bistables qu'on valide ensemble.
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