Kunst, Medien und Gesellschaft
Cours complet · allemand (seconde), chapitre 9 · seconde générale, langue vivante
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9.1 Einführung
L'espace germanophone — l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse (D-A-CH) — a produit une culture d'une richesse et d'une influence mondiales immenses : une littérature qui va de Goethe à Kafka, une musique (Bach, Mozart, Beethoven) jouée partout, une architecture et un design qui ont changé le monde (le Bauhaus), un cinéma récompensé aux Oscars. C'est aussi un espace où la presse et les médias (Der Spiegel, ARD, ZDF) jouent un rôle central dans la vie démocratique, et un pays marqué par une histoire et une mémoire fortes : la division, le mur de Berlin et la réunification.
Ce chapitre est un chapitre culturel : les explications sont en français, mais les titres d'œuvres, les citations et les repères sont en allemand. L'objectif est double : découvrir des repères réels et datés du monde germanophone (kulturelle Bezugspunkte) et enrichir le lexique des arts, des médias et de la société.
9.2 Literatur: von Goethe bis Kafka
9.2.1 Goethe und Schiller — die Weimarer Klassik
Repère : Johann Wolfgang von Goethe (1749–1832) und Faust
Johann Wolfgang von Goethe, né à Francfort-sur-le-Main, est l'écrivain allemand le plus célèbre. Son drame Faust (Faust I, publié en 1808 ; Faust II, 1832) raconte le pacte que le savant Faust conclut avec le diable Mephistopheles ; c'est l'œuvre majeure de la littérature allemande. Dès 1774, son roman Die Leiden des jungen Werthers l'avait rendu célèbre dans toute l'Europe. Goethe est, avec Schiller, la grande figure de la Weimarer Klassik (le classicisme de Weimar).
Au tout début de la pièce, Faust exprime sa soif de connaître le monde en profondeur, dans un vers resté célèbre :
« … dass ich erkenne, was die Welt / im Innersten zusammenhält. »
Traduction : « … pour que je reconnaisse ce qui, au plus profond, tient le monde ensemble. » (J. W. von Goethe, Faust I, 1808, scène « Nacht ».)
Repère : Friedrich Schiller (1759–1805)
Friedrich Schiller, ami de Goethe, est le grand poète et dramaturge du classicisme allemand. On lui doit des drames comme Die Räuber (1781), Wilhelm Tell (1804) — sur le héros légendaire suisse — et le poème An die Freude (1785). Ce texte, mis en musique par Beethoven dans sa 9ᵉ symphonie (1824), est aujourd'hui l'hymne européen.
9.2.2 Die Brüder Grimm und die Märchen
Repère : Jacob (1785–1863) und Wilhelm (1786–1859) Grimm
Les frères Jacob et Wilhelm Grimm étaient des professeurs et des linguistes. Ils ont recueilli et publié un célèbre recueil de contes populaires, les Kinder- und Hausmärchen (1812), qui contiennent des histoires connues dans le monde entier : Schneewittchen (Blanche-Neige), Aschenputtel (Cendrillon), Hänsel und Gretel, Rotkäppchen (Le Petit Chaperon rouge). Ils ont aussi commencé un grand dictionnaire de la langue allemande, le Deutsches Wörterbuch.
Beaucoup de Märchen commencent et se terminent par des formules fixes, que tout enfant allemand connaît :
« Es war einmal … » (Il était une fois …)
« … und wenn sie nicht gestorben sind, so leben sie noch heute. »
Traduction de la clôture : « … et s'ils ne sont pas morts, ils vivent encore aujourd'hui. »
9.2.3 Das 20. Jahrhundert: Kafka, Mann, Brecht
Repère : Franz Kafka (1883–1924) und Die Verwandlung
Franz Kafka, écrivain de langue allemande né à Prague, est l'un des auteurs les plus influents du XXe siècle. Sa nouvelle Die Verwandlung (1915) raconte comment Gregor Samsa se réveille un matin transformé en un énorme insecte. Son univers étrange et angoissant a donné l'adjectif « kafkaïen » (kafkaesk).
La nouvelle s'ouvre sur l'une des premières phrases les plus célèbres de la littérature :
« Als Gregor Samsa eines Morgens aus unruhigen Träumen erwachte, fand er sich in seinem Bett zu einem ungeheuren Ungeziefer verwandelt. »
Traduction : « Lorsque Gregor Samsa s'éveilla un matin de rêves agités, il se retrouva dans son lit changé en une véritable vermine. » (F. Kafka, Die Verwandlung, 1915.)
Repère : Thomas Mann (1875–1955) und Bertolt Brecht (1898–1956)
Thomas Mann, auteur des romans Buddenbrooks (1901) et Der Zauberberg (1924), reçut le prix Nobel de littérature en 1929. Bertolt Brecht, dramaturge et poète, a inventé le théâtre épique (episches Theater) ; on lui doit Die Dreigroschenoper (L'Opéra de quat'sous, 1928) et Mutter Courage und ihre Kinder (1939). Tous deux durent s'exiler pendant la période nazie.
| Autor | Land / Zeit | Reales Werk (Jahr) |
|---|---|---|
| J. W. von Goethe (1749--1832) | Deutschland | Faust (1808/1832) |
| Friedrich Schiller (1759--1805) | Deutschland | Wilhelm Tell (1804) |
| Brüder Grimm (Jacob & Wilhelm) | Deutschland | Kinder- und Hausmärchen (1812) |
| Franz Kafka (1883--1924) | Prag | Die Verwandlung (1915) |
| Thomas Mann (1875--1955) | Deutschland | Der Zauberberg (1924) ; Nobel 1929 |
| Bertolt Brecht (1898--1956) | Deutschland | Die Dreigroschenoper (1928) |
Vocabulaire de la littérature — attention aux noms (majuscule !).
- der Roman = le roman ; die Novelle / die Erzählung = la nouvelle, le récit.
- das Märchen = le conte (pluriel die Märchen).
- das Gedicht = le poème ; das Theaterstück = la pièce de théâtre.
- der Schriftsteller / die Schriftstellerin = l'écrivain·e ; das Werk = l'œuvre.
9.3 Musik: Bach, Mozart, Beethoven
Repère : Bach, Mozart und Beethoven
Le monde germanophone est le berceau de la musique classique occidentale.
- Johann Sebastian Bach (1685--1750), organiste et compositeur de l'époque baroque, auteur des Brandenburgische Konzerte (1721) et de la Matthäus-Passion (1727).
- Wolfgang Amadeus Mozart (1756--1791), né à Salzbourg (Autriche), enfant prodige, auteur de l'opéra Die Zauberflöte (1791).
- Ludwig van Beethoven (1770--1827), né à Bonn, qui composa malgré la surdité ; sa 9. Sinfonie (1824) contient l'Ode an die Freude.
Deux repères pour ne pas se tromper. Mozart était autrichien (né à Salzbourg) : la musique classique est un patrimoine commun à toute l'aire D-A-CH, pas seulement à l'Allemagne. Et le mot der Komponist / die Komponistin désigne le·la compositeur·rice.
9.4 Architektur, Design und Kino
Repère : Das Bauhaus (Weimar/Dessau, 1919)
Le Bauhaus est l'école d'art, d'architecture et de design la plus influente du XXe siècle. Fondée à Weimar en 1919 par l'architecte Walter Gropius, elle s'installe ensuite à Dessau (1925) puis à Berlin, avant d'être fermée par les nazis en 1933. Sa devise — « Form folgt Funktion » (la forme suit la fonction) — a marqué le design moderne du monde entier (meubles, typographie, objets du quotidien). Les bâtiments du Bauhaus à Weimar et Dessau sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Repère : Deutsches Kino: Das Leben der Anderen und Good Bye, Lenin!
Le cinéma allemand est ancien (dès les années 1920) et toujours vivant. Deux films récents, souvent étudiés en classe, évoquent l'histoire allemande :
- Good Bye, Lenin! (2003, réal. Wolfgang Becker) : une comédie où un fils cache à sa mère malade la chute du mur et la fin de la RDA.
- Das Leben der Anderen (2006, réal. Florian Henckel von Donnersmarck) : un drame sur la surveillance par la Stasi en RDA ; il a reçu l'Oscar du meilleur film étranger en 2007.
Le vocabulaire du cinéma et de la musique.
- der Film = le film ; das Kino = le cinéma.
- der Regisseur / die Regisseurin = le·la réalisateur·rice.
- das Lied = la chanson ; der Sänger / die Sängerin = le·la chanteur·se.
- die Bühne = la scène ; die Vorstellung = la représentation.
9.5 Die Medien und die Presse
Le mot die Medien désigne l'ensemble des moyens d'information : presse écrite (die Presse), radio (das Radio), télévision (das Fernsehen) et sites d'information en ligne. La Presse désigne plus précisément les journaux (die Zeitungen) et les magazines (die Zeitschriften). Dans une démocratie, une presse libre (frei) et indépendante (unabhängig) informe les citoyens et surveille l'action des gouvernants : c'est un contre-pouvoir. La liberté de la presse (die Pressefreiheit) est garantie par la Loi fondamentale (das Grundgesetz, 1949, article 5).
Repère : Große deutschsprachige Medien
- Der Spiegel — magazine d'actualité fondé à Hambourg en 1947, connu pour son journalisme d'investigation.
- Die Zeit — hebdomadaire de Hambourg fondé en 1946.
- Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) — grand quotidien national fondé en 1949.
- ARD (1950) et ZDF (1963) — les deux chaînes de la télévision publique allemande (öffentlich-rechtliches Fernsehen).
- ORF (Autriche) et SRF (Suisse) — les services publics des deux autres pays de l'espace D-A-CH.
Les réseaux sociaux (die sozialen Netzwerke) sont des plateformes en ligne où les utilisateurs partagent textes, images et vidéos : Instagram, TikTok, YouTube, X. Ils ont transformé l'accès à l'information : chacun peut publier, mais on y trouve aussi de la désinformation (Fake News / Falschmeldungen), d'où l'importance de vérifier ses sources (die Quellen prüfen).
Méthode : Einen Zeitungsartikel verstehen — die W-Fragen
Pour comprendre un article de presse en allemand, on cherche à répondre aux questions de base (die W-Fragen) :
- Wer? — Qui ? (les personnes concernées)
- Was? — Quoi ? (l'événement, le fait)
- Wann? — Quand ? (la date)
- Wo? — Où ? (le lieu)
- Warum? — Pourquoi ? (les causes)
- Wie? — Comment ? (les circonstances)
Le titre (die Überschrift) et le chapeau (der Vorspann) donnent souvent l'essentiel ; l'auteur de l'article est der Journalist / die Journalistin.
Medienkompetenz (éducation aux médias). Distinguer :
- un fait (eine Tatsache) — vérifiable, objectif ;
- une opinion (eine Meinung) — un point de vue personnel (rubrique Kommentar / Leitartikel) ;
- une infox (eine Falschmeldung, Fake News) — une information non vérifiée ou fausse.
Avant de partager une information, on la recoupe avec plusieurs sources fiables (zuverlässige Quellen).
9.6 Gesellschaft, Geschichte und Erinnerung
Après la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne fut divisée (geteilt) en deux États : la RFA (Bundesrepublik Deutschland, l'Ouest, 1949) et la RDA (Deutsche Demokratische Republik, l'Est, 1949, sous influence soviétique). La réunification (die Wiedervereinigung) est le processus qui, en 1990, réunit les deux Allemagnes en un seul pays démocratique.
Repère : Die Berliner Mauer (1961–1989)
Le mur de Berlin (die Berliner Mauer) fut construit par la RDA le 13 août 1961 pour empêcher ses habitants de fuir vers l'Ouest. Il séparait la ville en deux et devint le symbole de la guerre froide (der Kalte Krieg) et du « rideau de fer ». Il tomba le 9 novembre 1989 (der Fall der Mauer), sous la pression des manifestations pacifiques (friedliche Revolution) à Leipzig et ailleurs. La réunification officielle eut lieu le 3 octobre 1990, aujourd'hui fête nationale (der Tag der Deutschen Einheit).
Le soir de l'ouverture des frontières, le maire de Berlin-Ouest Walter Momper salua la foule par une phrase restée célèbre :
« Berlin, nun freue dich! »
Traduction : « Berlin, réjouis-toi maintenant ! » (Walter Momper, 10 novembre 1989.) La date du 9 novembre est un jour très particulier de l'histoire allemande : elle rappelle aussi des événements douloureux, ce qui en fait un jour de mémoire (Erinnerung).
Erinnerungskultur (la culture de la mémoire). L'Allemagne accorde une grande place au travail de mémoire sur son histoire du XXe siècle. On parle de Vergangenheitsbewältigung (le fait de « surmonter le passé »). Des lieux de mémoire comme le Holocaust-Mahnmal à Berlin (2005) ou les Stolpersteine (petites plaques de laiton dans les trottoirs) rappellent les victimes du nazisme.
9.7 Thematischer Wortschatz
| Kunst und Kultur | Medien und Presse | Gesellschaft und Geschichte |
|---|---|---|
| der Roman — le roman | die Zeitung — le journal | die Mauer — le mur |
| das Werk — l'œuvre | die Überschrift — le titre | die Teilung — la division |
| der Schriftsteller — l'écrivain | der Journalist — le journaliste | die Wiedervereinigung — la réunification |
| das Gemälde — le tableau | die Nachrichten — les informations | die Freiheit — la liberté |
| das Meisterwerk — le chef-d'œuvre | verbreiten — diffuser | die Grenze — la frontière |
| der Regisseur — le réalisateur | die Falschmeldung — l'infox | die Erinnerung — la mémoire |
| das Publikum — le public | die Quelle — la source | die Demokratie — la démocratie |