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Fiktionen und Realitäten

Cours complet · allemand (terminale), chapitre 8 · terminale, langue vivante

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8.1 Introduction

L'axe « Fictions et réalités » interroge le pouvoir de l'imaginaire :

Peu d'aires culturelles ont autant nourri l'imaginaire mondial que l'aire germanophone : les contes des frères Grimm, la Loreley et les légendes du Rhin, le pacte de Faust, l'univers « kafkaïen », le cinéma expressionniste — jusqu'aux fictions récentes qui affrontent la mémoire de la RDA. Ce chapitre parcourt cette galerie, avec un fil rouge : en allemand, la frontière entre Schein (l'apparence) et Sein (l'être) est une question nationale.

Important

Lexique clé de l'axe (à croiser avec la fiche du chap. 5) : das Märchen, die Sage, der Mythos, die Täuschung, die Vorstellungskraft, die Verfilmung, die Handlung, der Erzähler, der Schein, das Sein, erfinden, widerspiegeln, verkörpern, verwandeln, die Grenze zwischen Fiktion und Wirklichkeit.

8.2 Les contes des frères Grimm

Repère : Kinder- und Hausmärchen (1812)

Jacob et Wilhelm Grimm publient en 1812 le premier volume des Kinder- und Hausmärchen (« Contes de l'enfance et du foyer ») : Schneewittchen (Blanche-Neige), Aschenputtel (Cendrillon), Hänsel und Gretel, Rotkäppchen (Le Petit Chaperon rouge), Rumpelstilzchen… Les frères ne sont pas des « auteurs » au sens moderne : philologues, ils collectent des récits oraux — souvent auprès de conteuses comme Dorothea Viehmann — puis les réécrivent d'édition en édition (la septième et dernière date de 1857), lissant la langue et durcissant la morale. Le recueil, inscrit au registre « Mémoire du monde » de l'UNESCO en 2005, est l'un des livres allemands les plus traduits au monde.

Repère : Le conte, miroir social

Derrière la magie, les Märchen reflètent la réalité dure de leur temps : la famine (les parents de Hänsel et Gretel abandonnent leurs enfants faute de pain), la mortalité maternelle et les remariages (l'omniprésente Stiefmutter, la marâtre), la peur de la forêt — espace bien réel de l'Allemagne préindustrielle. Le conte dit le réel par le détour du merveilleux : c'est la thèse centrale de l'axe. La postérité mondiale — adaptations de Disney depuis Snow White (1937) — a adouci ces récits ; la Deutsche Märchenstraße, route touristique créée en 1975 de Hanau (ville natale des Grimm) à Brême, montre comment la fiction devient patrimoine et ressource économique.

Exemple 8.1Le formulaire du Märchen

Les contes ont une grammaire reconnaissable, utile en analyse de texte : l'ouverture Es war einmal … (« Il était une fois »), le prétérit de narration (cf. chap. 1 de Première), les chiffres symboliques (trois vœux, sept nains), les formules rimées (Spieglein, Spieglein an der Wand, wer ist die Schönste im ganzen Land?) et la clôture Und wenn sie nicht gestorben sind, dann leben sie noch heute.

8.3 Légendes du Rhin et la Loreley

Repère : La Loreley : une légende inventée

Cas d'école pour l'axe : la Loreley n'est pas une légende ancienne. Le rocher (132 m au-dessus du Rhin, près de Sankt Goarshausen) existe et son écho était fameux — mais la femme fatale est une invention littéraire : Clemens Brentano crée le personnage dans une ballade de son roman Godwi (1801) ; Heinrich Heine en fait en 1824 le poème Die Lorelei (Ich weiß nicht, was soll es bedeuten …), mis en musique par Friedrich Silcher en 1837 et devenu quasi chant populaire. Une fiction de 1801 est ainsi devenue « légende immémoriale » : la réalité a adopté la fiction. Détail piquant : sous le régime nazi, qui interdisait le poète juif Heine, le poème était trop populaire pour être supprimé — certaines anthologies le publiaient avec la mention Dichter unbekannt (« auteur inconnu »).

Repère : Le Rhin romantique et les Nibelungen

Le romantisme allemand (vers 1795--1848) fait du Rhin son paysage-emblème : châteaux en ruine, vignes, brumes — la vallée du Haut-Rhin moyen est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2002. S'y superpose la matière des Nibelungen : l'épopée médiévale du Nibelungenlied (vers 1200) — Siegfried, le trésor englouti dans le Rhin, Kriemhild et la vengeance — réactivée par l'opéra de Richard Wagner (Der Ring des Nibelungen, créé intégralement à Bayreuth en 1876) puis par le cinéma de Fritz Lang (Die Nibelungen, 1924). Mythe, musique, cinéma : la même fiction migre de support en support, chaque époque y projetant ses rêves — et parfois ses idéologies.

8.4 Faust et le pacte avec le réel

Repère : Du personnage historique au mythe

Un Johann Georg Faust a réellement vécu (vers 1480--1541) : alchimiste et astrologue itinérant, à la réputation sulfureuse. Dès 1587, un livre populaire anonyme (Historia von D. Johann Fausten) en fait un savant qui vend son âme au diable. Goethe y travaille toute sa vie : Faust. Der Tragödie erster Teil paraît en 1808 — le savant insatisfait (Habe nun, ach! Philosophie, Juristerei und Medizin … durchaus studiert) conclut le pacte avec Méphistophélès ; Faust II paraît en 1832, l'année de la mort de Goethe. L'œuvre est considérée comme le texte central du canon allemand.

Exemple 8.2Le faustien, grille de lecture du présent

Le « pacte faustien » est devenu une grille d'analyse du réel : vendre son âme — sa vie privée, sa santé, la planète — contre la connaissance, la puissance ou le confort. Le mot gretchenhaft et la Gretchenfrage (« Nun sag, wie hast du's mit der Religion? » — la question qui fâche, posée par Gretchen à Faust) sont passés dans la langue : Die Gretchenfrage der KI lautet: Wer trägt die Verantwortung? Ce pont entre fiction et responsabilité scientifique annonce directement le chapitre 9.

8.5 Kafka et le cinéma expressionniste

Repère : Die Verwandlung (1915)

Franz Kafka (1883--1924), écrivain pragois de langue allemande, publie en 1915 Die Verwandlung (La Métamorphose), dont l'incipit est l'un des plus célèbres de la littérature mondiale : un représentant de commerce se réveille transformé en insecte monstrueux (ungeheueres Ungeziefer). Le fantastique tient en une phrase — tout le reste est d'un réalisme minutieux : les horaires de train, le chef de bureau, le loyer, la famille. C'est cette inversion (l'impossible traité comme banal) qui définit le kafkaesk — adjectif passé dans toutes les langues pour dire l'absurde bureaucratique bien réel. Kafka, quasi inconnu de son vivant, avait demandé à son ami Max Brod de brûler ses manuscrits ; Brod désobéit et publia Der Process (1925) et Das Schloss (1926).

Repère : L'écran expressionniste : le réel déformé

Le cinéma allemand des années 1920 invente une image qui ne copie pas le réel mais l'exprime en le déformant :

  • Das Cabinet des Dr. Caligari (Robert Wiene, 1920) : décors peints, perspectives tordues — le monde vu par la folie ;
  • Nosferatu — eine Symphonie des Grauens (F. W. Murnau, 1922) : adaptation non autorisée de Dracula, ombres portées devenues icônes ;
  • Metropolis (Fritz Lang, 1927) : la ville-machine, les ouvriers en bas, les maîtres en haut — une fiction futuriste qui parle des conflits sociaux de Weimar ; inscrit au registre « Mémoire du monde » de l'UNESCO en 2001, premier film à l'être.

L'expressionnisme prouve la thèse de l'axe par l'image : la déformation assumée peut être plus vraie que la reproduction fidèle.

8.6 La fiction face à l'histoire : Das Leben der Anderen

Repère : Un film, un débat

Das Leben der Anderen (Florian Henckel von Donnersmarck, 2006 ; Oscar du meilleur film étranger 2007) : à Berlin-Est en 1984, le capitaine de la Stasi Gerd Wiesler (Ulrich Mühe) espionne un dramaturge et sa compagne — et, gagné par ce qu'il écoute, se met à les protéger. Immense succès, le film a relancé le débat sur la fiction historique : d'anciennes victimes et des historiens (notamment autour du mémorial de la prison de Hohenschönhausen, où le réalisateur avait pourtant tourné) ont objecté qu'aucun cas avéré d'officier de la Stasi « converti » de la sorte n'est documenté. La fiction dit-elle alors une vérité morale supérieure — ou embellit-elle dangereusement la réalité d'un appareil qui comptait 91 000 employés et environ 189 000 informateurs (IM) ? Question d'essai idéale.

Repère : Good Bye, Lenin! et l'Ostalgie

Autre stratégie : la comédie. Dans Good Bye, Lenin! (Wolfgang Becker, 2003), un fils reconstitue la RDA dans l'appartement de sa mère, cardiaque, pour lui cacher la chute du Mur — jusqu'à fabriquer de faux journaux télévisés. La fiction dans la fiction : le film montre comment un État avait lui-même mis en scène une réalité (die Aktuelle Kamera, les produits d'État comme les cornichons du Spreewald), et interroge l'Ostalgie — nostalgie sélective de l'Est, qui retient les cornichons et oublie la Stasi. Les deux films forment un diptyque parfait pour la mise en relation de documents (cf. chap. 6).

8.7 Textes et voix

Exemple 8.3Heine, Die Lorelei (1824), première strophe

Ich weiß nicht, was soll es bedeuten,
Dass ich so traurig bin;
Ein Märchen aus uralten Zeiten,
Das kommt mir nicht aus dem Sinn.

Pistes d'analyse : le poète présente lui-même la Loreley comme ein Märchen aus uralten Zeiten — alors que le « conte immémorial » a 23 ans quand il écrit ; l'ironie de Heine (le romantisme qui se sait fiction) ; la musicalité (rimes croisées, rythme de chanson) qui explique le destin populaire du texte.

Exemple 8.4Kafka, Die Verwandlung (1915), incipit

Als Gregor Samsa eines Morgens aus unruhigen Träumen erwachte, fand er sich in seinem Bett zu einem ungeheueren Ungeziefer verwandelt.

Pistes d'analyse : la subordonnée temporelle banale (Als … erwachte) qui retarde le choc final — la Satzklammer allemande au service du fantastique (cf. chap. 3 : le verbe final verwandelt porte toute la révélation) ; aucun commentaire du narrateur : l'impossible est constaté, non expliqué ; le réveil, moment-frontière entre rêve et réalité — exactement la ligne que l'axe interroge.

Exemple 8.5Dialogue d'écoute : Das Leben der Anderen

Wiesler, formant de jeunes officiers, explique froidement les méthodes d'interrogatoire ; plus tard, seul avec les écoutes du dramaturge, il note : „Entnimmt Geschenke. Liest Brecht.“ — puis il lit Brecht lui-même. Piste de médiation : expliquer à un lecteur français pourquoi ce détail (un officier de la Stasi lisant Brecht, poète officiel de la RDA mais lu ici comme littérature intime) condense la thèse du film — l'art fait effraction dans la vie de l'espion.

8.8 Projet final

Méthode : Projet : « Ein Märchen, zwei Wirklichkeiten » — réécriture et soutenance

  • Choix et étude (en binôme) : choisissez un conte des Grimm ; lisez-en le texte original (édition de 1857) et relevez trois éléments de réalité sociale cachés sous le merveilleux.
  • Réécriture : transposez le conte dans l'Allemagne d'aujourd'hui (une page en allemand, prétérit de narration, formules du Märchen détournées) : que devient la forêt ? la marâtre ? le miroir magique ? (un réseau social, par exemple…)
  • Analyse comparée : un paragraphe en allemand expliquant ce que votre transposition révèle : Unsere Version verdeutlicht, dass … (verbes de l'analyse, cf. chap. 5).
  • Soutenance orale (4--5 min) : lecture expressive d'un extrait (prosodie, cf. chap. 4) puis justification des choix ; questions de la classe en allemand.
  • Évaluation : grille B2 (chap. 6) + fidélité créative au genre du Märchen.

8.9 Exercices

Exercice : Lexique de l'axe

Complétez avec le mot qui convient : Märchen, Sage, Verfilmung, Täuschung, Erzähler, Handlung, Schein, verkörpern.

  • Die Lorelei gilt als      — dabei wurde die Figur erst 1801 erfunden.
  • Schneewittchen ist ein      aus der Sammlung der Brüder Grimm.
  • Die      von Die Verwandlung spielt fast nur in einer Wohnung.
  • In Good Bye, Lenin! lebt die Mutter in einer liebevollen     .
  • Ulrich Mühe      in Das Leben der Anderen den Stasi-Offizier Wiesler.
  • Bei Kafka gibt es keinen kommentierenden     : Die Fakten stehen einfach da.
  • Die      von Metropolis durch Fritz Lang wurde 1927 uraufgeführt. (Attention : ici au sens de « mise à l'écran » d'un scénario original, le mot désigne le film lui-même.)
  • Der Gegensatz zwischen      und Sein ist das Leitmotiv des Kapitels.
Solution
  • Sage
  • Märchen
  • Handlung
  • Täuschung
  • verkörpert
  • Erzähler
  • Verfilmung
  • Schein

Exercice : Chronologie de l'axe

Datez et ordonnez : Faust I de Goethe ; premier volume des Kinder- und Hausmärchen ; Die Lorelei de Heine ; Die Verwandlung de Kafka ; Nosferatu ; Metropolis ; Good Bye, Lenin! ; Das Leben der Anderen ; inscription de la vallée du Haut-Rhin moyen à l'UNESCO ; ballade de Brentano créant la Loreley.

Solution
  • 1801 — Brentano invente la Loreley dans Godwi.
  • 1808 — Goethe, Faust. Der Tragödie erster Teil.
  • 1812 — Grimm, Kinder- und Hausmärchen (vol. 1).
  • 1824 — Heine, Die Lorelei.
  • 1915 — Kafka, Die Verwandlung.
  • 1922 — Murnau, Nosferatu.
  • 1927 — Lang, Metropolis.
  • 2002 — vallée du Haut-Rhin moyen au patrimoine mondial de l'UNESCO.
  • 2003 — Becker, Good Bye, Lenin!
  • 2006 — von Donnersmarck, Das Leben der Anderen (Oscar 2007).

Exercice : Compréhension fine d'une citation

À propos de la Loreley, un critique écrit : „Die Deutschen haben sich eine uralte Sage gewünscht — also hat die Literatur ihnen eine geliefert.“

a) Expliquez ce que ce jugement a de paradoxal. b) Reconstituez les trois étapes (1801, 1824, 1837) par lesquelles la fiction est devenue « légende ». c) Quel épisode du chapitre montre que cette « légende » a même résisté à la censure de son auteur ?

Solution

a) Le paradoxe : on attend d'une légende qu'elle précède la littérature (la littérature recueillerait un récit ancien) ; ici c'est l'inverse — le désir collectif d'un passé légendaire a été satisfait sur commande par une invention littéraire moderne. La fiction ne reflète pas la réalité : elle la fabrique.

b) 1801 : Brentano crée le personnage dans une ballade de Godwi ; 1824 : Heine écrit Die Lorelei en la présentant déjà comme Märchen aus uralten Zeiten ; 1837 : la mise en musique de Silcher transforme le poème en chant quasi populaire — l'origine littéraire s'efface.

c) Sous le régime nazi, l'œuvre du poète juif Heine était interdite, mais le chant était devenu si « populaire » que certaines anthologies le conservèrent avec la mention Dichter unbekannt : la fiction avait si bien pris le statut de folklore qu'elle a survécu à l'effacement de son auteur — preuve ultime de sa « légendarisation ».

Exercice : Analyse en allemand : l'incipit de Kafka

Lesen Sie den ersten Satz von Die Verwandlung (siehe « Textes et voix ») und analysieren Sie auf Deutsch (80--100 Wörter): Wie verbindet Kafka das Unmögliche mit dem Alltäglichen? Achten Sie auf die Satzstruktur (chap. 3) und verwenden Sie mindestens zwei Verben der Analyse (chap. 5).

Solution

Musterantwort:

Kafka verbindet das Unmögliche mit dem Alltäglichen schon in der Satzstruktur: Der Satz beginnt mit einer banalen Zeitangabe („Als Gregor Samsa eines Morgens … erwachte“), wie in einem realistischen Roman. Das entscheidende Wort „verwandelt“ steht erst am Satzende — die Satzklammer hebt die Verwandlung bis zum letzten Moment auf. Diese Struktur veranschaulicht Kafkas Methode: Das Ungeheuerliche wird grammatisch wie eine normale Tatsache dargestellt. Kein Erzähler kommentiert oder erklärt das Ereignis; der Text stellt damit die Grenze zwischen Traum und Wirklichkeit in Frage, ohne sie je zu beantworten. Genau diese Kälte macht das Kafkaeske aus.

(Verbes de l'analyse : veranschaulichen, darstellen ; FVG : in Frage stellen ; toute analyse équivalente exploitant la position finale du verbe est recevable.)

Exercice : Médiation vers le français

Un ami cinéphile français prépare un ciné-club sur « fiction et dictature ». Vous avez lu ce passage :

„ ‚Das Leben der Anderen` rührte Millionen Zuschauer — und ärgerte viele Historiker. Ein Stasi-Offizier, der seine Opfer schützt? Einen solchen Fall, sagen Forscher, habe es nie gegeben. Der Regisseur verteidigt sich: Ein Spielfilm sei kein Dokumentarfilm; er zeige nicht, was war, sondern was hätte sein können. Opferverbände warnen dennoch: Wer die Stasi zu menschlich zeichnet, verharmlost ein System mit fast 200 000 inoffiziellen Mitarbeitern.“

Rendez compte du débat en français (5 à 7 lignes) pour votre ami, en explicitant ce qu'était la Stasi et ce que signifie inoffizielle Mitarbeiter.

Solution

Médiation possible :

Le film La Vie des autres (2006) a ému des millions de spectateurs, mais il irrite une partie des historiens. Son intrigue — un officier de la Stasi, la police secrète de la RDA, qui finit par protéger les artistes qu'il espionne — ne correspondrait à aucun cas réel documenté. Le réalisateur assume : un film de fiction ne montre pas ce qui fut, mais ce qui aurait pu être. Les associations de victimes mettent toutefois en garde : humaniser la Stasi, c'est risquer de banaliser un appareil de surveillance qui s'appuyait sur près de 200 000 « collaborateurs officieux » (inoffizielle Mitarbeiter) — des citoyens ordinaires, voisins ou collègues, qui informaient en secret sur leur entourage. Le conditionnel s'impose donc : le film « dirait » une vérité morale, pas une vérité historique.

Points de méthode : explicitation de « Stasi » et des IM ; le Konjunktiv du texte (habe es nie gegeben, sei kein Dokumentarfilm) rendu par le conditionnel français ; les trois positions (public, réalisateur, victimes) restituées de façon équilibrée.

Exercice : Essai argumenté

„Fiktionen sagen manchmal mehr über die Wirklichkeit als Fakten.“ Nehmen Sie Stellung zu dieser These (etwa 300 Wörter) und stützen Sie sich auf mindestens drei Werke aus diesem Kapitel.

Rédigez le plan détaillé puis l'essai complet.

Solution

Plan rédigé (l'essai complet suit ce canevas) :

  • Introduction : accroche — un film hollywoodien (Oscar 2007) a fait plus pour la mémoire mondiale de la Stasi que des kilomètres d'archives ouvertes depuis 1992. Problématique : Können erfundene Geschichten die Wirklichkeit besser zeigen als Fakten?
  • Concession — les faits d'abord : Zwar … — la fiction peut trahir : Das Leben der Anderen invente un officier « converti » sans exemple historique attesté ; l'Ostalgie de Good Bye, Lenin! risque d'adoucir la RDA ; une légende « immémoriale » comme la Loreley peut même effacer son auteur réel (Heine, censuré en Dichter unbekannt).
  • Thèse — mais la fiction atteint une vérité que les faits n'atteignent pas : (a) les Märchen des Grimm transmettent la réalité sociale (famine, marâtres, forêt) mieux qu'une statistique — parce qu'on s'en souvient ; (b) Kafka dit l'absurde bureaucratique moderne en une métamorphose impossible : kafkaesk est devenu le mot le plus précis pour des situations bien réelles ; (c) Metropolis exprime les conflits sociaux de Weimar par la déformation expressionniste — Die Übertreibung bringt die Wahrheit zum Ausdruck (FVG).
  • Conclusion : les fictions ne remplacent pas les faits, elles les rendent habitables et mémorables ; la condition est de toujours savoir qu'on lit une fiction. Ouverture : à l'ère des fake news, apprendre à distinguer erzählte Wahrheit et gefälschte Tatsachen est devenu une compétence civique (cf. chap. 1, presse et rumeur).

Tout essai structuré mobilisant trois œuvres exactes du chapitre, avec concession réelle et environ 300 mots, est recevable.

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