Le résumé analytique comparatif : lire un dossier, le restituer en anglais
Cours · anglais LV A et LV B (prépas ECG et ECT), chapitre 2 · prépas ECG et ECT, 1re et 2e années · le début du chapitre, la suite sur Adloun
Le premier exercice de l'épreuve ELVi est aussi le plus mal compris. Beaucoup de candidats y voient un résumé « ordinaire », document par document, comme on en fait au lycée ; d'autres en font un petit commentaire, où ils disent ce qu'ils pensent des textes. Les deux se trompent. Le résumé analytique comparatif demande une chose précise : mettre en relation plusieurs documents autour d'une question commune, et rendre compte, en anglais et en un nombre de mots imposé, de ce sur quoi ils s'accordent, de ce sur quoi ils divergent, et des nuances qui les séparent.
C'est un exercice de compréhension, puisqu'il faut avoir saisi la logique de chaque document, et un exercice d'expression, puisqu'il faut la reformuler dans un anglais précis et sobre. Ce chapitre suit l'ordre du travail le jour de l'épreuve : lire le dossier, dégager la problématique, construire la confrontation, rédiger, compter. Un dossier d'entraînement, écrit pour ce livre, sert de fil conducteur.
- ELVi (BCE), partie « compréhension » : le résumé analytique comparatif vaut 30 points sur 100, en LV A comme en LV B.
- LV A : 350 mots, à 10 % près, soit entre 315 et 385 mots.
- LV B : 250 mots, à 10 % près, soit entre 225 et 275 mots.
- Ecricome ne comporte pas de résumé ; mais savoir confronter des points de vue sert l'essai des deux concours (chapitre 3) et, plus largement, toute lecture de presse.
Le dossier, sa composition et les modalités pratiques (titre, nombre de mots à indiquer) sont fixés par la consigne de chaque session : lisez-la en premier. Ce livre s'entraîne sur des dossiers de deux ou trois textes.
2.1 Ce qu'est un résumé analytique comparatif
Un texte rédigé dans la langue étudiée, d'une longueur imposée, qui
- dégage la question commune aux documents du dossier ;
- restitue la position de chaque document et la logique qui la soutient (analytique) ;
- organise cette restitution autour des points de rencontre et de divergence entre les documents, et non document par document (comparatif) ;
- ne contient aucune opinion du candidat, aucune connaissance extérieure au dossier, aucune citation recopiée.
Les trois mots de l'intitulé disent chacun une exigence. Résumé : on réduit, on garde l'essentiel, on supprime les exemples secondaires. Analytique : on ne se contente pas des conclusions des auteurs, on montre comment ils y arrivent (un constat, une cause, une conséquence, une solution). Comparatif : le plan du résumé est celui des questions que les documents se disputent, pas celui des documents.
Le résumé dit ce que les documents disent ; il ne dit pas s'ils ont raison. Une phrase comme Document B rightly points out that… contient un jugement (rightly) : elle appartient à l'essai, pas au résumé. De même, on n'ajoute pas un exemple que l'on connaît, même s'il illustre parfaitement l'idée d'un auteur : le jury évalue ce que vous avez compris du dossier, pas ce que vous savez par ailleurs.
Figure 1. Deux façons d'organiser le même contenu. À gauche, trois résumés mis bout à bout : chaque document est bien compris, mais rien n'est comparé, et le mot comparatif de la consigne est ignoré. À droite, le plan suit les questions que les documents se disputent ; dans chaque partie, les trois documents sont convoqués. À retenir : si l'on peut découper votre résumé en blocs « A », « B », « C », il est juxtaposé.
Juxtaposé : Document A says that remote work increases productivity. Document B says that remote work isolates employees.
Comparé : While Document A credits remote work with higher productivity, Document B is more concerned with its human cost, namely the isolation of employees.
Ce qui change : un seul énoncé met les deux positions en tension (while) ; le verbe credit with dit la position de A plus exactement que say ; is more concerned with montre que B ne contredit pas A sur la productivité, mais déplace la question. Le résumé comparatif ne se contente pas de « pour » et « contre » : il dit sur quoi porte le désaccord.
2.2 Lire le dossier
On ne résume bien que ce que l'on a lu deux fois : une première fois pour saisir le sujet et le ton de chaque document, une seconde fois, crayon en main, pour en reconstituer la logique. Le temps passé à lire n'est pas du temps perdu : c'est lui qui évite le contresens, que rien ne rattrape ensuite.
Méthode : Lire un dossier en vingt-cinq minutes
- Le paratexte d'abord (2 minutes) : titre, source, date, genre (tribune, éditorial, rapport, témoignage, discours), statut de l'auteur. Une tribune défend une thèse ; un rapport pèse des options ; un témoignage part d'une expérience. Le genre annonce souvent la position.
- Une lecture d'ensemble (8 minutes) : de quoi parlent les documents ? Écrire en marge, pour chacun, une phrase en anglais qui dit sa thèse.
- Une lecture analytique (12 minutes) : souligner les articulations (however, therefore, yet, rather than), numéroter les arguments, distinguer l'argument de l'exemple, noter les concessions (ce que l'auteur reconnaît à l'adversaire).
- La question commune (3 minutes) : formuler la question à laquelle tous les documents répondent, chacun à sa manière (section suivante).
Trois documents écrits pour ce livre, qui serviront de fil conducteur.
Document A (tribune dans un quotidien national). Every trial of the four-day week tells the same story. Firms that cut working hours without cutting pay report fewer sick days, fewer resignations and, more often than not, the same output as before. The lesson is not that people should work less for its own sake, but that much of the modern working week is wasted on meetings, emails and presenteeism. Remove the padding, and the work that matters still gets done. Governments should encourage the shift with tax incentives, as they once encouraged the weekend.
Document B (extrait du rapport d'une fédération patronale). Shorter weeks may suit software firms and consultancies, where output is hard to measure and tasks can be reorganised. They are another matter for hospitals, care homes, factories or restaurants, where a shift that is not worked is simply a service that is not delivered. For these employers, a four-day week at full pay means hiring more staff in a tight labour market, or raising prices. Any policy should therefore remain voluntary and sector-specific: what works in an office cannot be decreed for the whole economy.
Document C (déclaration d'une responsable syndicale). For many of our members, the question is not how many days they work but how intense those days are. Squeezing five days of work into four can mean longer shifts, more stress and childcare headaches. A genuine reduction in working time is welcome; a compressed week dressed up as progress is not. What workers want above all is a say in how their time is organised.
Genre et position : un rapport patronal, prudent plutôt qu'hostile. Thèse : la semaine de quatre jours ne peut être ni générale ni imposée. Arguments : (1) elle convient aux métiers dont la production est difficile à mesurer ; (2) dans les services continus, une journée non travaillée est un service non rendu ; (3) à salaire égal, elle oblige à embaucher dans un marché tendu, ou à augmenter les prix. Concession : may suit software firms — B n'est pas « contre », il limite le champ. Conclusion : une mesure volontaire et sectorielle.
Ce dernier point compte : un candidat pressé classerait B parmi les adversaires de la réforme. Une lecture attentive montre que B en conteste la généralisation, non le principe. Toute la finesse du résumé est là.
Ne confondez pas l'exemple et l'argument. Dans le document B, « hôpitaux, maisons de retraite, usines, restaurants » sont des exemples ; l'argument est que, dans un service continu, le temps non travaillé ne se rattrape pas. Le résumé garde l'argument et peut sacrifier la liste : in round-the-clock services suffit souvent.