Adloun

L'essai argumenté : analyser un sujet, construire une démonstration

Cours · anglais LV A et LV B (prépas ECG et ECT), chapitre 3 · prépas ECG et ECT, 1re et 2e années · le début du chapitre, la suite sur Adloun

L'essai est la partie la plus lourde des épreuves écrites : la moitié de la note à l'ELVi, et l'un des trois exercices d'Ecricome, où la forme compte plus que le fond. C'est aussi la seule où le candidat parle en son nom. On n'y attend pas une opinion, cependant, mais une démonstration : une réponse nette à une question précise, construite par étapes, appuyée sur des exemples exacts, dans un anglais clair et varié.

Ce chapitre suit l'ordre du travail : lire et analyser le sujet, le problématiser, choisir un plan, écrire l'introduction et la conclusion, bâtir chaque paragraphe, soigner le registre, choisir les exemples. Un sujet sert de fil conducteur : Should rich countries bring their factories home?

ImportantCe que ce chapitre sert dans les épreuves
  • ELVi (BCE), partie « expression » : l'essai vaut 50 points sur 100. LV A : 500 mots à 10 % près (450 à 550) ; LV B : 350 mots à 10 % près (315 à 385).
  • Ecricome : un essai sur un sujet choisi parmi deux, dont l'un porte sur la civilisation ; la page du concours indique 300 mots (à 50 près) dans sa présentation et 250 mots (à 10 % près) dans son barème : vérifiez la consigne de l'année. Barème : 8 points pour le fond, 12 pour la forme.
  • Les méthodes servent aussi le résumé (chapitre 2) pour la langue, et l'oral (chapitre 6) pour l'art de défendre une position.

3.1 Ce que le jury attend d'un essai

Définition 3.1L'essai argumenté

Un texte rédigé dans la langue étudiée, d'une longueur imposée, qui répond à une question en défendant une thèse annoncée dès l'introduction, démontrée par des arguments ordonnés, chacun appuyé sur un exemple précis et analysé, et qui tient compte des objections. Il se juge sur deux plans : le fond (pertinence, logique, exactitude des exemples) et la forme (correction, richesse et précision de la langue, clarté de l'organisation).

Les sujets prennent quatre formes, qui n'appellent pas tout à fait le même travail.

Exemple 3.2Quatre formes de sujet

La question fermée : Should rich countries bring their factories home? Elle appelle oui ou non, mais une bonne copie répond « oui, à telle condition » ou « non, sauf dans tel cas ».

La question ouverte : To what extent is globalisation in retreat? To what extent, how far demandent une mesure : la réponse est un degré, pas un camp.

La citation : ``Data is the new oil.'' Discuss. Il faut d'abord expliquer ce que la formule veut dire (et ce qu'elle suppose), puis en éprouver la justesse.

L'affirmation : Social media has done more harm than good to democracy. Comme la citation, elle se discute : on la reformule en question avant de répondre.

iRemarqueDouze points de forme sur vingt

À Ecricome, la forme pèse plus que le fond. Cela ne veut pas dire que les idées comptent peu, mais qu'un essai juste et pauvrement écrit perd plus qu'un essai un peu convenu et bien écrit. Le meilleur investissement, en LV B surtout, est donc un anglais correct et précis : temps justes, articles justes, une dizaine de structures C1 maîtrisées plutôt qu'une trentaine approximatives.

3.2 Analyser le sujet

La plupart des essais médiocres le sont dès la première minute : le candidat a reconnu un thème (globalisation) et récite ce qu'il sait sur ce thème, au lieu de répondre à la question posée. L'analyse du sujet empêche ce glissement.

Méthode : Analyser un sujet en dix minutes

  • Souligner chaque mot, y compris les petits : should (souhaitable ? possible ?), still (cela a été vrai), only, more… than.
  • Définir les termes clés, en anglais, pour soi : de quels pays, de quelles usines, de quelle période parle-t-on ?
  • Repérer les présupposés : ce que le sujet tient pour acquis (ici, que les usines sont parties, et qu'il est au pouvoir des États de les faire revenir).
  • Fixer les limites : géographiques, temporelles, sectorielles. Un essai de 350 mots ne traite pas « le monde depuis 1945 ».
  • Chercher la tension : où le sujet hésite-t-il ? C'est d'elle que naît la problématique.

Figure 1. Six étapes, du sujet au plan. À gauche, les questions à se poser ; à droite, leur application au sujet du chapitre. L'étape décisive est la troisième : c'est en mettant au jour ce que le sujet suppose que l'on trouve la tension (« revenir » ne veut pas dire « recréer les mêmes emplois »). À retenir : la thèse se fixe avant le plan, et le plan la démontre ; on ne cherche pas un plan pour découvrir ensuite ce qu'on pense.

3.3 Problématiser

Définition 3.3La problématique

La reformulation du sujet en une question qui fait apparaître sa difficulté : deux exigences en tension, un écart entre une apparence et une réalité, un « oui » qui appelle un « mais ». Elle se place à la fin de l'introduction, juste avant l'annonce de la thèse ou du plan.

Méthode : Trois tournures pour problématiser

  • Le déplacement : The question is not so much whether… as whether… — on montre que la vraie question est ailleurs.
  • Le paradoxe : How can… while…? — on met deux faits en tension.
  • La mesure : To what extent…, and at what cost? — on transforme un oui ou non en degré.
Exemple 3.4De B2 à C1 : la même problématique

B2 : Is it a good idea to bring factories back home or not?

C1 : The question, then, is less whether rich countries should produce more at home than what they should produce, and at what price.

Ce qui change : la question B2 répète le sujet ; la question C1 le déplace (less whether… than what…) et annonce déjà la thèse (une relocalisation sélective). Le connecteur then la relie à ce qui précède : la problématique découle de l'introduction, elle n'y tombe pas.

3.4 Choisir un plan

Le plan n'est pas un moule que l'on remplit : c'est le chemin le plus court vers la thèse. Il en existe quelques types, dont aucun n'est obligatoire.

Figure 2. Quatre plans, quatre usages. Le plan dialectique convient aux questions fermées et aux citations ; le plan concessif est le plus économique pour un essai court ; le plan analytique répond aux questions en « pourquoi » et « comment » ; le plan comparatif aux sujets qui opposent deux options. Comment s'en servir : choisissez le plan d'après le sujet, puis vérifiez que chaque partie fait avancer la thèse — une partie qui ne fait que décrire est une partie perdue.

Exercices du chapitre

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