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Comprendre : compréhension écrite et orale

Cours complet · anglais (seconde), chapitre 6 · seconde générale, langue vivante

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6.1 Introduction

Comprendre une langue étrangère, ce n'est pas traduire chaque mot les uns après les autres. C'est construire du sens à partir de ce que l'on comprend déjà, en s'aidant du contexte, de la logique du texte et de sa connaissance du monde. Un lecteur ou un auditeur efficace n'attend pas de tout comprendre : il repère l'essentiel, devine le reste et accepte de laisser de côté quelques mots inconnus. C'est vrai en français comme en anglais.

Ce chapitre présente des méthodes concrètes pour aborder deux des cinq activités langagières du programme : la compréhension de l'écrit (lire un article, un extrait littéraire, un mail, une publicité) et la compréhension de l'oral (écouter un enregistrement, une vidéo, un dialogue). Les explications sont en français ; les exemples et mini-textes sont en anglais, comme ceux que vous rencontrerez en classe et au fil du livre.

Important

La règle d'or de la compréhension : ne jamais bloquer sur un mot inconnu. On peut très bien comprendre le sens général d'un texte ou d'un enregistrement sans connaître tous les mots. Le réflexe du bon lecteur n'est pas « je cherche dans le dictionnaire », mais « qu'est-ce que je comprends déjà, et que puis-je en déduire ? ».

6.2 Comprendre un texte écrit

Lire dans une langue étrangère demande une stratégie. On ne lit pas une publicité comme un extrait de roman, et on n'attaque pas un long article en lisant chaque phrase avec la même attention. La méthode consiste à faire plusieurs lectures, de plus en plus précises.

Définition 6.1Survol (skimming)

Le survol, en anglais skimming, consiste à parcourir rapidement un texte pour en saisir l'idée générale et le type de document, sans le lire en entier. On regarde le titre, les sous-titres, la source, les images, le premier et le dernier paragraphe, ainsi que les mots qui reviennent souvent. Objectif : savoir de quoi parle le texte et quel genre de texte c'est.

Définition 6.2Repérage (scanning)

Le repérage, en anglais scanning, consiste à parcourir un texte pour y trouver une information précise (un nom, une date, un chiffre, un lieu), sans tout lire. On laisse « glisser » son regard sur la page jusqu'à ce que l'information cherchée saute aux yeux, comme lorsqu'on cherche un mot dans un dictionnaire ou un horaire de train.

Important

Skimming et scanning sont complémentaires. On survole d'abord (skimming) pour comprendre le sujet global, puis on repère (scanning) les détails dont on a besoin. Ce sont deux vitesses de lecture, pas deux lectures complètes.

6.2.1 Repérer qui, quoi, où, quand

Pour comprendre l'essentiel d'un document, on cherche à répondre aux questions de base, connues en anglais sous le nom des 5 W. Ce sont les mêmes questions qu'utilisent les journalistes.

QuestionSensCe qu'on cherche
Who?Qui ?Les personnes, les personnages, l'auteur
What?Quoi ?L'événement, l'action, le sujet principal
Where?Où ?Le lieu, le pays, le décor
When?Quand ?La date, l'époque, le moment
Why?Pourquoi ?La cause, la raison, le but
Les « 5 W » : les cinq questions clés pour repérer l'information essentielle d'un document écrit ou oral.

Méthode : Lire un texte pas à pas

Face à un texte inconnu, suivez cette démarche en trois temps :

  • Avant de lire (anticiper) : observez le titre, la source, les images, la mise en page. Demandez-vous : quel type de texte est-ce ? de quoi va-t-il parler ? Que sais-je déjà sur ce sujet ?
  • Première lecture (survol / skimming) : lisez rapidement, sans vous arrêter sur les mots inconnus. But : comprendre l'idée générale et répondre aux 5 W (qui, quoi, où, quand).
  • Deuxième lecture (repérage / scanning + inférence) : relisez plus lentement les passages utiles pour trouver les détails et deviner le sens des mots inconnus grâce au contexte. Soulignez les mots de liaison qui organisent le texte.
Exemple 6.3Survoler un article de presse

Voici le début d'un court article. Sans le lire mot à mot, survolons-le.

Teenagers and sleep: schools start too early
A new study from the University of Oxford shows that most teenagers do not get enough sleep during the week. Researchers followed 500 students aged 14 to 18 for one year. They found that pupils who started school after 9 a.m. were less tired and got better marks. Scientists now advise schools to begin the day later.

Survol (skimming) — Le titre et le premier paragraphe suffisent pour répondre aux 5 W :

  • Who? teenagers / students (des adolescents) and researchers from Oxford.
  • What? a study about sleep and school start times.
  • Where? the University of Oxford (UK).
  • When? récemment (« a new study ») ; l'étude a duré un an (« for one year »).
  • Why? to show that a later start makes teenagers less tired and improves their results.

On a compris l'essentiel de l'article sans connaître chaque mot.

6.3 Deviner le sens des mots inconnus

C'est la compétence la plus utile : comprendre un mot que l'on n'a jamais vu, sans dictionnaire, grâce aux indices qui l'entourent.

Définition 6.4Inférence

L'inférence est le fait de deviner le sens d'un mot inconnu à partir de son contexte : les mots voisins, la logique de la phrase, la construction du mot lui-même. On raisonne comme un détective : on rassemble les indices pour formuler une hypothèse plausible.

Pour inférer le sens d'un mot inconnu, plusieurs indices sont exploitables :

Exemple 6.5Inférer grâce au contexte

The old man was so exhausted after the long walk that he fell asleep in his chair immediately.

On ne connaît peut-être pas exhausted. Raisonnons :

  • Le mot suit so et précède that he fell asleep → il décrit un état (adjectif).
  • La cause est the long walk (une longue marche) ; la conséquence est fell asleep (il s'endormit).
  • Un état causé par une longue marche et qui fait s'endormir → épuisé, très fatigué.

Inférence réussie : exhausted = épuisé. Aucun dictionnaire n'a été nécessaire.

Exemple 6.6Inférer grâce à la formation du mot

The instructions were completely unreadable, so nobody could follow them.

Décomposons : un- (négation) + read (lire) + -able (que l'on peut). Donc unreadable = « que l'on ne peut pas lire » → illisible. Le reste de la phrase (nobody could follow them) confirme cette hypothèse.

6.4 S'appuyer sur les mots de liaison

Les mots de liaison (linking words ou connectors) sont des panneaux de signalisation : ils indiquent comment les idées s'enchaînent (ajout, opposition, cause, conséquence). Les repérer aide à suivre le raisonnement de l'auteur, même quand le vocabulaire est difficile.

RelationMots de liaison (EN)Sens (FR)
Additionand, also, moreover, in addition, besideset, de plus, en outre
Oppositionbut, however, although, whereas, on the other handmais, cependant, bien que, tandis que
Causebecause, since, as, due toparce que, puisque, à cause de
Conséquenceso, therefore, thus, as a resultdonc, par conséquent
Tempsfirst, then, after, finally, meanwhiled'abord, puis, ensuite, enfin
Exemplefor example, for instance, such aspar exemple, tel que
Les principaux mots de liaison et la relation logique qu'ils signalent dans un texte.
Important

Un mot de liaison comme however (cependant) ou but (mais) annonce un changement de direction : ce qui suit contredit ou nuance ce qui précède. Repérer ces mots, c'est repérer les moments où l'auteur oppose deux idées — souvent le cœur de son message.

6.5 Comprendre différents types de textes

On ne lit pas tous les textes de la même façon. Chaque type de document a ses codes, que l'on peut anticiper.

Type de texteIndices à repérerBut du texte
Article de presseTitre, chapeau, source, date, 5 WInformer sur un fait
Extrait littérairePersonnages, lieu, temps du récit, dialoguesRaconter, faire ressentir
Mail / lettreEn-tête (Dear...), formule finale, destinataireCommuniquer, demander
PublicitéSlogan, marque, image, verbes à l'impératifConvaincre, faire acheter
Quatre grands types de textes et les indices qui aident à les identifier et à les comprendre.
Exemple 6.7Reconnaître un mail

Hi Sophie,
Thanks for your message! I'd love to come to your birthday party on Saturday. Could you tell me what time it starts? See you soon,
Tom

Les indices sautent aux yeux : ouverture informelle Hi Sophie, remerciement, une demande (Could you tell me...?), une formule finale amicale (See you soon) et une signature. C'est un mail amical entre deux jeunes. On n'a pas besoin de tout lire pour identifier le type et le but du texte : accepter une invitation et poser une question.

6.6 Comprendre un document oral

Comprendre à l'oral est souvent plus difficile qu'à l'écrit : on ne peut pas revenir en arrière, et le débit peut être rapide. Mais les mêmes principes s'appliquent : anticiper, repérer l'essentiel, accepter de ne pas tout comprendre.

Méthode : Écouter un enregistrement pas à pas

On écoute en général un document deux ou trois fois. À chaque écoute, un objectif différent :

  • Avant l'écoute (anticiper) : lisez le titre, la consigne, regardez l'image ou la vignette. Demandez-vous : quel est le sujet ? quel vocabulaire vais-je probablement entendre ?
  • Première écoute (le cadre général) : concentrez-vous sur les 5 W et la situation : qui parle ? à qui ? où ? de quoi ? Repérez le ton (joyeux, inquiet, en colère) grâce à l'intonation.
  • Deuxième écoute (les détails) : cherchez les informations précises (chiffres, noms, dates). Prenez des notes en abrégé, sans phrases complètes.
  • Après l'écoute : relisez vos notes et reconstituez le sens global. Devinez ce qui vous a échappé grâce à ce que vous avez compris.

6.6.1 Repérer les mots accentués

À l'oral, tous les mots n'ont pas le même poids. Les mots accentués (fortement prononcés) sont ceux qui portent le sens : ce sont surtout les mots lexicaux (noms, verbes, adjectifs, adverbes). Les petits mots grammaticaux (articles, prépositions, auxiliaires) sont, eux, prononcés faiblement et rapidement.

Important

En anglais, on « entend » l'essentiel en se concentrant sur les mots accentués. Dans la phrase I've been WAITING for the BUS for HALF an HOUR, les syllabes en majuscules sont accentuées : waiting, bus, half, hour suffisent à comprendre l'idée (« attendre le bus depuis une demi-heure »). Ne cherchez pas à saisir chaque petit mot : visez les mots porteurs de sens.

Exemple 6.8S'appuyer sur l'intonation

La même phrase peut avoir deux sens selon l'intonation :

  • You're coming. (intonation descendante) → une affirmation : « Tu viens. »
  • You're coming? (intonation montante) → une question : « Tu viens ? »

L'oreille perçoit la mélodie de la voix avant même de comprendre tous les mots. Une intonation montante en fin de phrase signale souvent une question ou une surprise.

6.6.2 Prendre des notes en abrégé

Pendant l'écoute, on ne peut pas tout écrire. On note seulement les mots clés et on utilise des abréviations et des symboles.

Astuce de prise de notesExemple
Noter les mots clés, pas les phrases2 girls, London, holiday
Utiliser des symboles (et), (donc, vers), (différent), (est)
Abréger les mots longsgovt (government), info, yr (year)
Noter les chiffres en chiffres500 students, 9 a.m., £20
Quelques techniques de prise de notes rapide pendant l'écoute d'un document oral.

6.6.3 S'habituer aux différents accents

L'anglais se parle avec de nombreux accents. Au lycée, on rencontre surtout deux grandes variétés, qu'il faut apprendre à reconnaître sans se laisser déstabiliser.

Anglais britannique (RP)Anglais américain
Le « r » finalsouvent non prononcé (car, here)prononcé (car, here)
Exemple de mottomato = /təˈmɑːtəʊ/tomato = /təˈmeɪtoʊ/
Vocabulairelift, flat, holidayelevator, apartment, vacation
Quelques différences audibles entre l'accent britannique et l'accent américain (voir aussi le chapitre 4).
Important

Pour s'habituer aux accents, il n'y a pas de secret : écouter régulièrement de l'anglais authentique (chansons, séries en VO sous-titrée, podcasts, vidéos courtes). Plus l'oreille est exposée, moins un accent inconnu fait peur. L'objectif du lycée n'est pas d'imiter un accent parfait, mais de comprendre des locuteurs variés.

6.7 Bilan

Comprendre l'écrit et l'oral en anglais repose sur une même attitude : chercher le sens global avant les détails, et s'appuyer sur les indices plutôt que sur la traduction mot à mot. À l'écrit, on survole d'abord le texte (skimming) pour en saisir le sujet et le type, puis on repère les informations précises (scanning) et on devine (inférence) le sens des mots inconnus grâce au contexte, à la formation des mots et aux mots de liaison. À l'oral, on anticipe à partir du titre et de la situation, on se concentre sur les mots accentués porteurs de sens, on s'appuie sur l'intonation, on prend des notes en abrégé et on s'habitue progressivement aux différents accents (britannique, américain).

Dans les deux cas, la clé est la même : accepter de ne pas tout comprendre. Un bon lecteur et un bon auditeur ne sont pas ceux qui connaissent tous les mots, mais ceux qui savent construire du sens à partir de ce qu'ils comprennent. Ces méthodes se travaillent : plus on lit et plus on écoute de l'anglais authentique, plus elles deviennent des réflexes.

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