Titrages colorimétriques
Cours complet · chimie (première), chapitre 5 · première, spécialité physique-chimie
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Quelle est la concentration en fer d'un médicament, en vitamine C d'un jus de fruit, en eau oxygénée d'un antiseptique ? Le titrage répond en faisant réagir l'espèce à doser avec un réactif de concentration connue, versé à la burette jusqu'à l'équivalence — repérée ici par un changement de couleur. Tout le chapitre précédent (limitant, stœchiométrie) trouve ici son application reine.
5.1 Le principe et le montage
Titrer une espèce (le réactif titré, dans l'erlenmeyer, quantité inconnue), c'est la faire réagir progressivement avec un réactif titrant (à la burette, concentration connue) selon une réaction support qui doit être :
- totale (tout réactif versé réagit — le bilan est exact) ;
- rapide (l'état final est atteint entre deux gouttes) ;
- unique (aucune réaction parasite ne fausse le compte).
Le montage du titrage direct : la burette délivre la solution titrante goutte à goutte dans la solution titrée, maintenue sous agitation. On note le volume versé à l'instant du changement de couleur.
5.2 Le changement de réactif limitant
Versons progressivement le titrant ; à chaque instant, la réaction support (totale, rapide) consomme ce qui peut l'être. Qui est limitant ?
- Avant l'équivalence : le titrant est limitant — chaque goutte versée est entièrement consommée par le titré encore présent ; le titré diminue, les produits s'accumulent.
- À l'équivalence : les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques — le titré vient d'être exactement épuisé.
- Après l'équivalence : le titré est limitant (il n'y en a plus !) — le titrant versé ne réagit plus et s'accumule dans l'erlenmeyer.
L'équivalence est le changement de réactif limitant.
L'évolution des quantités au fil du versement : le titré (bleu) décroît linéairement et s'annule à ; le titrant (magenta) ne s'accumule qu'après ; le produit (vert) cesse de croître. Deux régimes de part et d'autre du changement de limitant.
5.3 La relation à l'équivalence
Pour une réaction support , l'équivalence correspond aux proportions stœchiométriques des quantités introduites :
d'où la quantité (puis la concentration) de l'espèce titrée, connaissant et le volume équivalent .
Méthode : Exploiter un titrage
- Écrire l'équation de la réaction support (souvent une réaction redox : chapitre 3) ;
- écrire la relation d'équivalence avec les bons coefficients ;
- calculer , puis .
5.4 Le repérage colorimétrique
Quand une espèce du titrage est colorée, l'équivalence se voit :
- titrant coloré (cas du permanganate violet) : avant , chaque goutte se décolore instantanément (le titrant est consommé) ; dès l'équivalence dépassée, la première goutte en excès persiste — la solution prend une teinte rose-violacé durable. L'équivalence est la première goutte qui ne se décolore plus.
- titré coloré (cas du diiode brun) : la couleur s'affaiblit au fil du versement et disparaît à l'équivalence.
On titre mL d'une solution acidifiée de par du permanganate à . Réaction support (chapitre 3) :
La teinte rose persiste pour mL. Relation d'équivalence ( pour le titré, pour le titrant) :
Le facteur — un ion permanganate consomme cinq ions fer — est le piège classique : la relation d'équivalence le rend inratable.
La goutte fait environ mL : c'est l'incertitude minimale sur . Bonnes pratiques : un premier titrage rapide pour localiser grossièrement , puis un titrage fin (goutte à goutte près de l'équivalence) ; lecture de la burette à hauteur d'œil ; fond blanc sous l'erlenmeyer pour voir le virage.