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L'ouverture des économies

Cours · économie (ECT, 1re et 2e années), chapitre 11 · prépa ECT, 1re et 2e années · le début du chapitre, la suite sur Adloun

En 2025, le monde a exporté pour plus de 26 000 milliards de dollars de marchandises et près de 10 000 milliards de dollars de services. Une voiture assemblée en France contient des pièces venues d'une dizaine de pays ; un smartphone conçu en Californie est assemblé en Asie avec des composants coréens, japonais et européens. Pourquoi les pays ont-ils fait le choix de s'ouvrir aux échanges, alors qu'ils pourraient produire eux-mêmes ce qu'ils consomment ? Ce chapitre mesure l'ouverture, décrit les évolutions du commerce mondial et européen, présente les théories qui fondent le libre-échange, puis montre pourquoi ce commerce a besoin de règles.

ImportantLa question du programme

« Pourquoi les économies font-elles le choix de s'ouvrir ? » Trois capacités sont attendues : analyser les principales évolutions contemporaines du commerce européen et mondial ; expliquer le choix de l'ouverture aux échanges de biens et de services ; justifier la régulation du commerce international.

11.1 Mesurer l'intégration commerciale des nations

Définition 11.1Ouverture et intégration commerciale

Une économie est ouverte lorsqu'elle échange des biens, des services et des capitaux avec le reste du monde. Son intégration commerciale désigne le degré de dépendance de sa production et de sa consommation à l'égard de ces échanges. On la mesure par des indicateurs construits à partir des exportations (), des importations () et du PIB.

Repère : Les indicateurs de l'intégration commerciale

  • Taux d'ouverture : . Il mesure le poids moyen des échanges dans l'économie.
  • Taux d'exportation : ; pour un produit ou une branche, .
  • Taux de pénétration du marché intérieur : , la part de la demande satisfaite par des importations.
  • Taux de couverture : . Supérieur à 100, il signale un excédent.
  • Solde commercial : , en valeur.
  • Part de marché mondiale : exportations du pays rapportées aux exportations mondiales.
Exemple 11.2L'ouverture de la France en 2025

Selon l'Insee (Insee Première n° 2105, mai 2026), en 2025, le PIB de la France atteint 2 991,1 milliards d'euros, les exportations de biens et services 1 009,4 milliards et les importations 1 023,8 milliards. Le taux d'ouverture vaut , le taux de couverture , et le solde des échanges extérieurs est déficitaire de 14,4 milliards d'euros, soit environ 0,5 % du PIB.

AttentionUn petit pays est plus ouvert qu'un grand

Le taux d'ouverture dépend de la taille du pays : un petit pays ne peut pas produire toute la gamme des biens qu'il consomme et commerce davantage, une partie de ses échanges internes étant des échanges extérieurs pour un pays plus petit. Comparer le taux d'ouverture de la Belgique et des États-Unis ne dit donc pas que la Belgique est « plus libre-échangiste ». On compare des pays de taille voisine, ou l'évolution d'un même pays dans le temps.

Méthode : Calculer et interpréter un indicateur de commerce extérieur

  • Écrire la formule et vérifier les unités (valeurs en euros courants, même année).
  • Calculer, arrondir de façon raisonnable (une décimale pour un taux).
  • Rédiger une phrase de lecture : « En 2025, selon l'Insee, les exportations de la France couvrent 98,6 % de ses importations. »
  • Interpréter avec prudence : un déficit n'est pas en soi une « perte » ; il peut refléter une forte demande intérieure, une facture énergétique élevée ou un investissement financé par l'étranger.

11.2 La structure du commerce mondial et européen

11.2.1 Un commerce qui croît plus vite que la production

Depuis la Seconde Guerre mondiale, le commerce mondial augmente en tendance plus vite que la production mondiale : la part de la production qui franchit une frontière s'élève. Le mouvement a été particulièrement rapide de 1990 à 2008, avec l'entrée de la Chine et des anciens pays socialistes dans les échanges et l'essor des chaînes de valeur mondiales ; il s'est ralenti ensuite.

Exemple 11.3Le commerce mondial en 2025

Selon l'OMC (Global Trade Outlook and Statistics, mars 2026), la valeur des exportations mondiales de marchandises a atteint 26 260 milliards de dollars en 2025 () et celle des services commerciaux 9 560 milliards (). Les échanges de biens et services, mesurés en balance des paiements, ont atteint 34 650 milliards de dollars. En volume, le commerce de biens et services a progressé d'environ 4,7 % en 2025, contre 2,9 % pour le PIB mondial.

{ Les dix premiers exportateurs de marchandises en 2025, en milliards de dollars et en part des exportations mondiales (OMC, Global Trade Outlook and Statistics, mars 2026, tableau A1). Les échanges entre pays de l'Union européenne sont comptés comme des exportations.}

Repère : Les grands traits de la structure du commerce mondial

  • Géographique : trois pôles dominent, l'Asie (Chine, Japon, Corée, Asie du Sud-Est), l'Europe et l'Amérique du Nord. La Chine est le premier exportateur de marchandises depuis 2009 ; les États-Unis sont le premier importateur.
  • Par produits : les produits manufacturés forment l'essentiel du commerce de marchandises ; la part des services augmente (environ un quart des échanges de biens et services en 2025). En 2025, la France est le 10e exportateur de marchandises (2,6 % du total mondial) et le 7e exportateur de services commerciaux (4,4 %), selon l'OMC.
  • Par nature des échanges : une part croissante porte sur des biens intermédiaires (pièces, composants) qui circulent au sein des chaînes de valeur.

11.2.2 Échanges inter-branches et intra-branches

Définition 11.4Échange inter-branche et intra-branche

L'échange inter-branche porte sur des produits de branches différentes : un pays exporte du vin et importe des ordinateurs. L'échange intra-branche (ou croisé) porte sur des produits de la même branche : la France exporte des automobiles vers l'Allemagne et en importe.

Méthode : L'indice de Grubel et Lloyd

Pour un produit , l'intensité de l'échange intra-branche se mesure par

L'indice vaut 0 quand le pays ne fait qu'exporter ou qu'importer le produit (échange purement inter-branche) et 1 quand exportations et importations sont égales (échange purement intra-branche). Il a été proposé par Herbert Grubel et Peter Lloyd (Intra-Industry Trade, 1975).

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