Oscillations libres : circuits LC et RLC
Cours complet · électricité (MP2I), chapitre 4 · CPGE MP2I (1re année)
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Un condensateur chargé relié à une bobine échange périodiquement son énergie avec elle : c'est l'oscillateur électrique. Idéal (circuit LC), il oscille indéfiniment ; avec une résistance (circuit RLC), les oscillations s'amortissent. Ce chapitre, du second ordre, est l'exact pendant électrique de l'oscillateur mécanique (livre Mécanique, chapitre 4) : mêmes équations, mêmes notions de pulsation propre et de facteur de qualité , mêmes trois régimes.
4.1 L'oscillateur harmonique : le circuit LC
Un condensateur (initialement chargé) relié à une bobine vérifie, d'après la loi des mailles () avec et :
La solution est sinusoïdale : , de période .
L'énergie totale se conserve :
Elle oscille en permanence entre le condensateur () et la bobine (), comme l'énergie cinétique et potentielle d'un pendule.
4.2 Le circuit RLC série
On ajoute une résistance . En régime libre (condensateur chargé, puis abandonné), la loi des mailles donne, sous forme canonique :
- : régime apériodique (retour à l'équilibre sans osciller) ;
- : régime critique (retour le plus rapide) ;
- : régime pseudo-périodique (oscillations amorties, pseudo- pulsation ).
L'énergie décroît : (effet Joule). Le nombre d'oscillations visibles est . L'analogie avec l'oscillateur mécanique (livre Mécanique) est exacte :
Capacité numérique : Les trois régimes du RLC
On intègre numériquement la forme canonique pour trois valeurs de .
import numpy as np
from scipy.integrate import odeint
import matplotlib.pyplot as plt
w0 = 1.0
def champ(Y, t, Q):
x, v = Y
return [v, -(w0 / Q) * v - w0**2 * x] # forme canonique RLC
t = np.linspace(0.0, 25.0, 1500)
for Q in (0.3, 0.5, 5.0): # aperiodique / critique / pseudo-periodique
sol = odeint(champ, [1.0, 0.0], t, args=(Q,))
plt.plot(t, sol[:, 0], label="Q = %.1f" % Q)
plt.xlabel("t"); plt.ylabel("u_C (norme)"); plt.legend(); plt.show()
Pour on voit des oscillations amorties ; pour , le retour à zéro est sans oscillation.
<i class="fa-solid fa-dumbbell mr-2" style="color:#2E7559"></i>4.3 Exercices résolus
Un circuit LC a et . Calculer et la fréquence propre.
Démonstration
. Fréquence .
Donner la période propre du circuit précédent.
Démonstration
.
On ajoute au circuit précédent. Calculer et préciser le régime.
Démonstration
. Comme , le régime est pseudo-périodique (environ oscillations avant amortissement).
Pour et , quelle valeur de amène le régime critique ?
Démonstration
Régime critique : , soit , . Avec : . Au-delà, le régime devient apériodique.
Pour le circuit de l'exercice 3 (, ), calculer la pseudo-pulsation et la pseudo-période.
Démonstration
, très proche de (faible amortissement). Pseudo-période .
Dans un circuit LC, où l'énergie est-elle stockée quand est maximale ? quand est maximal ?
Démonstration
Quand est maximale, : toute l'énergie est dans le condensateur (). Quand est maximal, : toute l'énergie est dans la bobine (). L'énergie oscille entre les deux, à somme constante.
Donner le système mécanique analogue d'un circuit RLC série, et la correspondance des grandeurs.
Démonstration
C'est l'oscillateur masse-ressort amorti : (charge position), (inertie), (frottement), (raideur). Mêmes , et régimes.
Estimer le nombre d'oscillations visibles dans un circuit RLC de avant que l'amplitude ne soit divisée par environ .
Démonstration
L'enveloppe décroît en avec . En une pseudo-période , l'amplitude est multipliée par . Après périodes, facteur . L'ordre de grandeur du nombre d'oscillations « visibles » est (cohérent : compte les oscillations avant amortissement notable).
4.4 Synthèse du chapitre
- Circuit LC : , , ; énergie conservée (échange C L).
- Circuit RLC : , ; régimes apériodique (), critique (), pseudo-périodique (, ).
- Dissipation ; oscillations.
- Analogie mécanique : , , , .
4.5 Exercices d'entraînement
- () Fréquence propre d'un circuit LC avec , .
- () Quelle capacité pour accorder un circuit LC à avec ?
- () Établir l'équation différentielle du circuit RLC série en régime libre.
- () Pour , , quelle résistance donne ?
- () Classer les régimes pour ; ; .
- () Montrer que .
- () Décrire l'évolution de l'énergie au cours d'une pseudo-période.
- () Pourquoi un circuit LC réel finit-il toujours par s'arrêter ?
- () À l'aide de l'encadré numérique, déterminer la valeur de qui sépare visuellement régime oscillant et non oscillant.
- () Décrément logarithmique : définir et le relier à .
- () Comparer le temps de retour à l'équilibre des régimes critique et apériodique.
- () Établir l'expression de la pseudo-pulsation à partir des racines complexes de l'équation caractéristique.
4.6 Problèmes contextualisés
L'oscillateur électrique est au cœur de la radio, des détecteurs de métaux, des portiques antivol, des instruments à aiguille et des montres à quartz.
Un récepteur sélectionne une station grâce à un circuit LC accordé sur sa fréquence. On dispose d'une bobine et d'un condensateur variable.
- Donner la fréquence propre en fonction de et .
- Quelle capacité accorde le circuit sur une station AM à ?
- Pourquoi un fort facteur de qualité est-il souhaitable ici ?
Démonstration
1. .
2. . On accorde les stations en faisant varier .
3. Un grand donne une résonance étroite : le circuit ne répond qu'aux fréquences très proches de , ce qui sélectionne une station sans capter les voisines.
Un détecteur de métaux contient un oscillateur LC (). Quand un objet métallique s'approche de la bobine, il modifie son inductance .
- Si diminue de à l'approche du métal, comment varie ?
- Estimer le décalage de fréquence .
- Comment le rend-on audible (battements) ?
Démonstration
1. : si diminue, augmente.
2. , soit .
3. On compare à une fréquence de référence : leur différence (quelques centaines de ) produit un battement audible, qui change de hauteur en présence de métal.
Les étiquettes antivol des magasins contiennent un petit circuit LC accordé à . Le portique émet un champ balayant cette fréquence.
- Que se passe-t-il quand l'étiquette (résonnante) entre dans le champ à ?
- Pourquoi le passage en caisse « désactive »-t-il l'étiquette (en la détruisant ou la désaccordant) ?
- Pourquoi choisir une fréquence précise plutôt qu'un large spectre ?
Démonstration
1. À la résonance, l'étiquette absorbe et réémet fortement l'énergie à : le portique détecte cette signature et déclenche l'alarme.
2. En détruisant le condensateur (ou en le court-circuitant), on change (ou annule) : l'étiquette n'est plus résonnante à , donc plus détectée.
3. Une résonance étroite (grand ) à une fréquence précise distingue l'étiquette du bruit ambiant et réduit les fausses alarmes.
L'aiguille d'un galvanomètre (ou d'une balance) se comporte comme un oscillateur amorti de facteur de qualité réglable.
- Pour , comment l'aiguille rejoint-elle sa position ? Inconvénient pour la lecture ?
- Pour ? Inconvénient ?
- Quel réglage de donne le retour le plus rapide sans oscillation ?
Démonstration
1. (pseudo-périodique) : l'aiguille oscille autour de la valeur avant de s'y fixer lecture lente (il faut attendre l'amortissement).
2. (apériodique) : retour sans oscillation mais lent (l'aiguille « traîne »).
3. Le régime critique () : retour le plus rapide sans dépassement. Les bons instruments sont réglés au voisinage de ce régime.
Un quartz de montre est un résonateur de fréquence et de facteur de qualité très élevé, (contre pour un bon RLC).
- Pourquoi () est-elle commode pour fabriquer le « tic » d'une seconde ?
- Qu'apporte un facteur de qualité aussi grand ?
- Relier au nombre d'oscillations avant amortissement notable.
Démonstration
1. : un simple diviseur par répété fois transforme l'oscillation en une impulsion par seconde (le « tic »).
2. Un grand signifie des oscillations très peu amorties et une résonance extrêmement étroite : la fréquence est très stable, donc la montre précise.
3. Le nombre d'oscillations avant amortissement notable est : le quartz « sonne » longtemps et régulièrement, gage de précision.
On relève l'amplitude des oscillations amorties d'un RLC : elle est divisée par au bout de pseudo-périodes. Le décrément logarithmique est (faible amortissement).
- Calculer à partir de la mesure.
- En déduire le facteur de qualité .
- Pourquoi cette méthode est-elle pratique expérimentalement ?
Démonstration
1. Sur périodes, est divisée par : , donc .
2. .
3. Il suffit de mesurer un rapport d'amplitudes sur l'oscillogramme (sans connaître , , ) : c'est une mesure directe et robuste de .
Un circuit LC (, ) a son condensateur chargé à .
- Calculer l'énergie totale du circuit.
- Quand le condensateur est entièrement déchargé, où est cette énergie ? En déduire le courant maximal .
- Quel système mécanique cela évoque-t-il ?
Démonstration
1. ().
2. Toute l'énergie est alors dans la bobine : .
3. Un pendule : l'énergie passe de potentielle (condensateur, position) à cinétique (bobine, vitesse) et inversement, à somme constante.