Le thème
Cours · espagnol LV A et LV B (prépas ECG et ECT), chapitre 4 · prépas ECG et ECT, 1re et 2e années · le début du chapitre, la suite sur Adloun
Le thème est l'exercice où la proximité du français et de l'espagnol coûte le plus cher. Un anglophone qui traduit « il est fatigué » doit chercher ses mots ; un francophone, lui, écrit trop vite *es cansado, parce que le verbe « être » lui semble évident. Le thème ne mesure donc pas seulement ce qu'on sait : il mesure ce qu'on sait repérer. Les fautes qui coûtent ne sont pas les mots inconnus — on les contourne — mais les structures que le français impose et que l'espagnol refuse.
Ce chapitre présente les trois sortes de thème, une méthode de travail, et les pièges majeurs, classés du plus fréquent au plus subtil : ser et estar, le choix des temps du passé, le subjonctif, por et para, le a devant un complément de personne, l'apocope, l'enclise des pronoms, les accents. Il ne refait pas la grammaire : les chapitres 7 à 9 la reprennent en détail ; il montre où elle coûte des points en thème, et comment l'éviter.
Le thème est la partie traduction des deux concours :
- à l'ELVi (BCE), un texte français de 200 mots en LV A et 150 mots en LV B (à 10 % près), pour 20 points sur 100 ;
- à Ecricome, un texte d'environ 160 mots (à 20 près), littéraire en LV1 et journalistique en LV2.
Le barème d'Ecricome classe les fautes : non-sens et contresens, faux-sens grave, faux-sens, impropriété ; l'orthographe est plafonnée à 2 points ; l'omission est toujours la faute la plus grave. Ce chapitre sert donc tous les candidats, en LV A comme en LV B.
4.1 Trois sortes de thème
Une série de phrases françaises isolées, chacune construite autour d'une difficulté (un temps, un mode, une préposition). C'est un exercice d'entraînement plus que de concours : il isole la règle pour qu'on la reconnaisse ensuite dans un texte suivi. Ce livre l'emploie dans les exercices de niveau 1 et 2.
Un extrait d'article, d'éditorial ou de chronique : phrases informatives, lexique économique, politique et social, chiffres, citations rapportées. Il teste la précision du lexique (la patronal, el paro, la subida, el ayuntamiento) et la correction des structures (temps, subjonctif, prépositions). Le registre attendu est neutre et soutenu.
Un extrait de roman ou de nouvelle : récit au passé simple et à l'imparfait, descriptions, dialogues, lexique concret (les objets, les gestes, la maison). Il teste le système des temps du récit, le vocabulaire du quotidien, et la capacité à garder un rythme et un ton. C'est le format d'Ecricome en LV1.
Un texte littéraire est plein de mots qu'on n'apprend pas en lisant la presse économique : los postigos (les volets), el umbral (le seuil), el fregadero (l'évier), la acera (le trottoir), asentir (acquiescer), encogerse de hombros (hausser les épaules), dar un portazo (claquer la porte). Le carnet de vocabulaire du chapitre 1 doit en contenir une rubrique : la maison, le corps, les gestes, la ville, la campagne.
4.2 La méthode du thème
Figure 1. Cinq temps, quarante minutes. Le partage correspond au temps conseillé au chapitre 1 pour le thème de l'ELVi (40 à 45 minutes). À retenir : on ne relit pas « tout » d'un coup — l'œil glisse ; on relit six fois, en ne cherchant chaque fois qu'un seul type de faute. La grille est courte parce qu'elle contient les fautes qui coûtent le plus, pas toutes les fautes possibles.
Méthode : Traduire une phrase difficile
- Comprendre la phrase française : qui fait quoi, quand, avec quelle nuance (certitude, hypothèse, regret) ?
- Repérer la structure que l'espagnol ne calque pas : « c'est… que », « depuis », « il y a », « venir de », « on », « en » et « y ».
- Choisir le verbe avant le reste : temps, mode, construction (soñar con, tardar en, consistir en). Tout le reste en dépend.
- Contourner un mot inconnu par une périphrase exacte plutôt que par un mot inventé : « un volet » peut devenir las maderas de la ventana ; *el volete n'existe pas.
Ni omission, ni ajout, ni double traduction. Une phrase omise est la faute la plus lourde ; un mot ajouté pour « faire joli » est une infidélité ; deux traductions proposées au choix (la subida / el aumento) sont comptées comme fausses, puisque le correcteur ne choisit pas à votre place. On traduit tout, une seule fois.
4.3 Être : ser ou estar
C'est la première source de fautes en thème, parce que le français n'a qu'un verbe là où l'espagnol en a deux. La règle utile n'est pas « permanent ou temporaire », trop vague (on dit está muerto, et rien n'est plus permanent) : c'est ce qui suit le verbe qui décide.
Figure 2. Ser ou estar : on regarde ce qui suit. Orange : ser ; bleu : estar. Un nom impose ser ; un gérondif, estar ; un lieu, un participe et un adjectif demandent de choisir. Comment s'en servir : en relecture, entourez chaque « être » du texte français et suivez l'arbre. Le cas le plus coûteux est le participe : la puerta fue cerrada (quelqu'un l'a fermée) ne dit pas la puerta estaba cerrada (elle était fermée). Le chapitre 7 détaille ces emplois.
Certains adjectifs changent de sens avec le verbe, ce qui fait d'une faute de verbe un faux-sens : ser listo (« être intelligent ») et estar listo (« être prêt ») ; ser rico (« être riche ») et estar rico (« être délicieux ») ; ser malo (« être mauvais ») et estar malo (« être malade ») ; ser aburrido (« être ennuyeux ») et estar aburrido (« s'ennuyer ») ; ser vivo (« être vif ») et estar vivo (« être vivant »).
« Le projet est prêt depuis lundi » : el proyecto está listo desde el lunes. Avec es listo, on dirait que le projet est intelligent.
Exercices du chapitre
- Les temps du passé corrigé
- Le subjonctif corrigé
- Por ou para corrigé
- Corriger un thème d'élève corrigé
- Un thème journalistique de LV B corrigé
- Un thème littéraire en format réduit corrigé