La phrase complexe : subordonnées, relatives, connecteurs
Cours · espagnol LV A et LV B (prépas ECG et ECT), chapitre 9 · prépas ECG et ECT, 1re et 2e années · le début du chapitre, la suite sur Adloun
Une phrase simple se traduit presque seule ; c'est la phrase complexe qui départage les candidats. Le français et l'espagnol subordonnent de la même façon, avec des conjonctions et des relatifs qui se ressemblent, mais trois choses changent d'une langue à l'autre : le mode du verbe subordonné (l'espagnol emploie le subjonctif là où le français met un futur ou un indicatif), les outils (cuyo, lo que, la mise en relief avec ser), et les tournures qui n'ont pas d'équivalent direct : « on », « devenir », « dont ».
Ce chapitre suit, comme le précédent, le trajet de la faute typique à la règle. Il se termine par les connecteurs logiques, qui sont l'armature de l'essai et du résumé : une copie qui articule bien gagne des points même quand sa langue reste simple.
- Le thème (ELVi : 200 mots en LV A, 150 en LV B ; Ecricome : 160 mots) : « quand » suivi d'un futur, « bien que », « on », « c'est… qui », « dont » et « devenir » reviennent dans presque tous les textes journalistiques. Chacun est un piège connu des correcteurs.
- La version (Ecricome, 200 mots) : aunque suivi du subjonctif, de ahí que, cuyo, le se impersonnel demandent une lecture exacte avant d'être rendus en français.
- Le résumé analytique comparatif (ELVi : 350 mots en LV A, 250 en LV B) et l'essai : la comparaison et l'argumentation reposent sur les connecteurs (section 7). Chez Ecricome, la forme vaut 12 points sur 20 dans l'essai.
La LV B doit maîtriser le mode des subordonnées et les relatifs courants ; la LV A y ajoute la variété (el cual, si bien, de ahí que, les verbes introducteurs du discours rapporté).
9.1 Les subordonnées : indicatif ou subjonctif ?
Le principe est simple, et il explique presque tous les cas : l'espagnol met à l'indicatif un fait qu'il pose comme réel (passé, présent, habituel) et au subjonctif un fait qu'il envisage sans l'affirmer (à venir, souhaité, hypothétique, ou admis sans être pris en compte). Le français suit une autre logique, fondée sur la conjonction : d'où les calques.
Après cuando et les autres conjonctions de temps (en cuanto, tan pronto como, mientras, hasta que, después de que), le verbe se met :
- à l'indicatif si le fait est passé ou habituel : Cuando era joven, vivía en Sevilla ; Cuando llega el verano, la ciudad se vacía ;
- au subjonctif s'il est à venir : Cuando llegues, llámame (quand tu arriveras, appelle-moi) ; En cuanto sepa algo, te lo diré.
Antes de que est toujours suivi du subjonctif : antes de que sea tarde. Si le sujet est le même dans les deux propositions, on emploie l'infinitif : Antes de salir, cierra la ventana ; Después de votar, se fue.
Jamais de futur après cuando. « Quand tu auras fini » se dit cuando hayas terminado, « quand les prix baisseront », cuando bajen los precios. Le futur ne suit cuándo (avec accent) que dans une question : ¿Cuándo llegarás? C'est la faute de mode la plus fréquente des copies de thème, et elle est toujours sanctionnée.
- aunque + indicatif : le fait est réel, et on l'affirme. Aunque llueve, salimos : il pleut, et nous sortons quand même (« bien qu'il pleuve »).
- aunque + subjonctif présent : le fait est envisagé, ou admis sans qu'on en tienne compte. Aunque llueva mañana, saldremos (même s'il pleut demain) ; Aunque sea verdad, no cambia nada (même si c'est vrai, admettons-le).
- aunque + subjonctif imparfait : le fait est irréel. Aunque tuviera dinero, no lo compraría (même si j'avais de l'argent).
Les mêmes règles valent pour a pesar de que. Por mucho que et por más que (« avoir beau ») prennent le plus souvent le subjonctif : Por mucho que insista, no cederé (il aura beau insister). Si bien, plus soutenu, prend l'indicatif : Si bien la economía crece, el empleo no mejora (s'il est vrai que l'économie croît…).
| Français | Espagnol |
|---|---|
| Bien qu'il soit riche, il vit modestement. | Aunque es rico, vive modestamente. |
| Même s'il pleut demain, nous sortirons. | Aunque llueva mañana, saldremos. |
| Même si c'était vrai, cela ne changerait rien. | Aunque fuera verdad, no cambiaría nada. |
| Il a beau protester, personne ne l'écoute. | Por mucho que proteste, nadie le hace caso. |
« Bien que » est toujours suivi du subjonctif en français, même pour un fait avéré : il est riche, c'est un fait. L'espagnol, lui, met l'indicatif. À l'inverse, « même si » prend l'indicatif en français, mais le subjonctif en espagnol quand le fait est à venir. Le mode ne se traduit pas : il se déduit du statut du fait.
- But : para que (a fin de que, plus soutenu) + subjonctif quand les sujets diffèrent : Te lo explico para que lo entiendas ; au passé, subjonctif imparfait : Te lo expliqué para que lo entendieras. Même sujet : para + infinitif (Estudia para aprobar). De modo que, de manera que expriment un but avec le subjonctif, une conséquence avec l'indicatif.
- Cause : porque + indicatif, après la principale ; como en tête de phrase (Como no llegaba, me fui : comme il n'arrivait pas, je suis parti) ; ya que, puesto que, dado que pour une cause connue. Une cause niée prend le subjonctif : No lo hizo porque quisiera, sino porque no tenía elección.
- Condition : si n'est jamais suivi du subjonctif présent ni du futur : Si llueve, no saldremos ; Si lloviera, no saldríamos. En caso de que, siempre que, con tal de que (pourvu que) prennent le subjonctif. Le système des hypothèses est détaillé au chapitre 7.
Figure 1. Indicatif ou subjonctif dans la subordonnée. À gauche, un fait réel, passé ou habituel, que l'on affirme ; à droite, un fait à venir, souhaité, hypothétique ou nié. Seules quelques conjonctions imposent toujours le subjonctif (para que, antes de que, con tal de que). Comment s'en servir : devant chaque subordonnée d'un thème, se demander « le fait a-t-il eu lieu, ou a-t-il lieu régulièrement ? » ; si la réponse est non, le subjonctif s'impose presque toujours.
9.2 Les relatives
- que : le relatif par défaut, sujet ou complément direct, pour une personne comme pour une chose : el informe que publicó el ministerio, la mujer que vino.
- quien, quienes : une personne, après une préposition (la persona con quien hablé) ou entre virgules (Mi hermana, quien vive en Lima, vendrá). Jamais comme sujet d'une relative sans virgule : on dit la mujer que vino, non la mujer quien vino.
- el que, la que, los que, las que et el cual, la cual, los cuales, las cuales : après une préposition (la empresa para la que trabajo, el motivo por el cual dimitió). El cual est plus soutenu, et préféré après une préposition longue (durante la cual, según el cual).
- lo que, lo cual : l'antécédent est toute une proposition : Subieron los impuestos, lo que (lo cual) provocó protestas (ce qui provoqua des protestations).
- cuyo, cuya, cuyos, cuyas : « dont » de possession. Il s'accorde avec le nom possédé et ne prend jamais d'article : el país cuya economía crece, el autor cuyos libros leí.
- donde pour le lieu (la ciudad donde nací, ou en la que nací) ; pour le temps, en que : el año en que cerró la fábrica, et non el año donde.
Exercices du chapitre
- Traduire « on » : huit phrases corrigé
- Mise en relief et « dont » corrigé
- Passer au discours indirect corrigé
- Une version courte corrigé
- Un thème journalistique au format de la LV B corrigé
- Un résumé comparatif en format réduit corrigé