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Prononciation, accentuation et orthographe

Cours complet · espagnol (seconde), chapitre 4 · seconde générale, langue vivante

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4.1 Introduction : une langue qui se lit comme elle s'écrit

Bonne nouvelle pour qui débute en espagnol : la prononciation y est très régulière. Contrairement à l'anglais, où une même lettre peut se lire de dix façons, l'espagnol suit des correspondances presque constantes entre les lettres (la graphie) et les sons. Une fois quelques règles apprises, on peut lire à voix haute un mot inconnu et le prononcer correctement, ou entendre un mot et deviner presque toujours comment il s'écrit.

Ce chapitre présente d'abord les cinq voyelles de l'espagnol, puis les consonnes qui réservent des surprises à un francophone. Il aborde ensuite le cœur du chapitre : l'accent tonique (la syllabe que l'on prononce plus fort) et l'accent écrit, la fameuse tilde (le petit trait comme sur á), avec ses règles précises. Il se termine par la ponctuation espagnole, qui ouvre et ferme les questions et les exclamations.

Les explications sont en français ; les exemples sont en espagnol. L'espagnol décrit ici est le castillan (espagnol d'Espagne), avec la mention des principales variantes d'Amérique latine. Quand nous transcrivons un son, nous employons une approximation simple entre crochets : ce n'est pas de la phonétique savante, seulement une aide pour « entendre » le mot.

Important

Deux mises en garde de vocabulaire, car les mots se ressemblent et se confondent facilement :

  • l'accent tonique (el acento) est la syllabe prononcée avec le plus de force. Tout mot de plusieurs syllabes en a un, même sans signe écrit.
  • l'accent écrit ou tilde (la tilde) est le petit trait oblique que l'on ajoute parfois sur une voyelle : á, é, í, ó, ú. Il ne se met que dans certains cas précis, étudiés plus loin.

Attention : en espagnol, le mot tilde désigne l'accent écrit sur les voyelles ; le trait ondulé du ñ s'appelle, lui, la virgulilla ou simplement « le ñ ».

4.2 Les cinq voyelles

Définition 4.1Les cinq voyelles pures de l'espagnol

L'espagnol n'a que cinq voyelles, toujours prononcées de la même manière : a, e, i, o, u. Elles sont pures (un seul timbre, jamais de glissement), stables (elles se prononcent pareil, qu'elles soient accentuées ou non) et nettes (toujours prononcées franchement).

  • a [a], comme dans le français patte : casa (maison), mapa (carte).
  • e [é], toujours fermé, jamais muet : mesa (table), café.
  • i [i], comme lit : sí (oui), vivir (vivre).
  • o [o] : sol (soleil), como (comme).
  • u [ou] français, jamais le u de lune : luna (lune) se dit [louna], mucho [moutcho].
Important

Trois différences capitales avec le français :

  • Pas de voyelles nasales. Le français on, an, in n'existe pas. Dans pan (pain) ou bien, on prononce nettement le n : [pan], [bien], et non [pã].
  • Pas de e muet. Toute lettre e se prononce [é]. Noche (nuit) a deux syllabes bien sonores : [no-tché].
  • Le u espagnol se dit [ou]. Universidad se dit [ouniversidad], jamais avec le u pointu du français.
Exemple 4.2Les voyelles à l'œuvre

Lisez à voix haute, en détachant chaque voyelle : universidad [ou-ni-ver-si-dad], museo [mou-sé-o], ciudad [ciou-dad], Europa [é-ou-ro-pa]. Aucune voyelle n'est avalée : c'est ce qui donne à l'espagnol sa clarté.

4.2.1 Voyelles fortes et faibles, diphtongues

Définition 4.3Voyelles fortes, voyelles faibles

On distingue deux groupes :

  • les voyelles fortes (ou ouvertes) : a, e, o ;
  • les voyelles faibles (ou fermées) : i, u.

Quand deux voyelles se suivent, une faible non accentuée se soude à sa voisine et forme une seule syllabe : c'est une diphtongue. Ainsi bien, agua (eau), Europa, ciudad ont, à l'endroit des deux voyelles, une seule syllabe. Cette notion sert plus loin à compter les syllabes pour placer l'accent.

4.3 Les consonnes remarquables

La plupart des consonnes espagnoles ressemblent aux françaises. Quelques-unes, en revanche, sont de vrais pièges pour un francophone. Voici les principales.

4.3.1 b et v : un seul et même son

Important

En espagnol, b et v se prononcent exactement pareil, comme un [b] français un peu adouci. Vaca (vache) et baca (galerie de toit) sont de parfaits homophones. On ne fait jamais le son [v] du français vent. D'où une difficulté d'orthographe pour les hispanophones eux-mêmes : haber ou a ver ? tuvo ou tubo ? Ils s'écrivent différemment mais se disent de la même façon.

4.3.2 c, z et le son [z] anglais : ceceo et seseo

Définition 4.4La lettre c et la lettre z

La prononciation de c dépend de la voyelle qui suit :

  • c + a, o, u son [k] : casa, color, Cuba.
  • c + e, i son [th] (voir ci-dessous) : cielo (ciel), cena (dîner).

La lettre z se prononce toujours comme ce c + e/i : zapato (chaussure), zumo (jus), luz (lumière).

Important

Ce son [th] varie selon les régions, et c'est l'une des grandes différences de l'espagnol dans le monde :

  • En Espagne (sauf l'Andalousie), c + e/i et z se prononcent [th], un son proche du th anglais de think, langue entre les dents. On appelle ce trait le ceceo (ou plus exactement la distinción). Ainsi cinco (cinq) se dit à peu près [thin-ko].
  • En Amérique latine, ainsi qu'aux Canaries et dans une partie de l'Andalousie, ce son devient un simple [s] : c'est le seseo. Là-bas cinco se dit [sin-ko], et casa (maison) et caza (chasse) sont homophones.

Les deux prononciations sont parfaitement correctes. Choisissez-en une et tenez-vous-y.

4.3.3 qu- pour le son [k]

Définition 4.5Le digramme qu-

Pour écrire le son [k] devant e ou i, l'espagnol emploie qu-, et le u y est toujours muet : queso (fromage) [ké-so], aquí (ici) [a-ki], parque (parc), quince (quinze). On ne dira donc jamais [kou]. Résumé du son [k] : c devant a/o/u, qu devant e/i.

4.3.4 g et j : la jota

Définition 4.6La lettre g et la lettre j

Comme pour c, tout dépend de la voyelle suivante :

  • g + a, o, u [g] dur, comme gare : gato (chat), gota (goutte), gustar (plaire).
  • g + e, i son de la jota : gente (gens), gigante (géant).

La lettre j se prononce toujours comme cette jota, quelle que soit la voyelle : jamón (jambon), jefe (chef), joven (jeune), junio (juin), reloj (montre).

Important

La jota [j] est un son qui n'existe pas en français : un raclement rauque venu du fond de la gorge, proche du ch allemand de Bach ou du j arabe. Jamón, Juan, Don Quijote, jardín : entraînez-vous à « racler » légèrement. En Amérique latine, la jota est souvent plus douce, proche d'un [h] soufflé anglais.

4.3.5 gu- et gü- : garder le son [g] dur

Définition 4.7gu- et le tréma gü-

Pour obtenir le son [g] dur devant e ou i, on écrit gu-, et le u est alors muet : guerra (guerre) [gué-rra], guitarra (guitare) [gui-tarra], águila (aigle).

Mais si l'on veut réellement entendre le u [ou] dans ce groupe, on ajoute un tréma sur le u : gü. Alors le u se prononce : pingüino (manchot) [pin-goui-no], vergüenza (honte) [ver-gouén-tha], bilingüe (bilingue), paragüero (porte-parapluies).

4.3.6 ll et y : le yeísmo

Définition 4.8Le digramme ll et la lettre y

Le ll (double L, considéré autrefois comme une lettre à part entière) se prononce à peu près comme le y de yaourt : llave (clé) [ya-vé], calle (rue), llamar (appeler), lluvia (pluie). La lettre y se prononce de la même façon devant une voyelle : yo (moi), ayer (hier), playa (plage).

Important

Dans la plupart du monde hispanophone, ll et y se prononcent aujourd'hui de manière identique : c'est le yeísmo. Ainsi se cayó (il est tombé) et se calló (il s'est tu) se disent pareil. Dans le Río de la Plata (Argentine, Uruguay), ce son devient un [j] chuintant, proche du ch français de chat : calle s'y dit à peu près [ka-ché]. Enfin, seule devant consonne ou en fin de mot, la lettre y se prononce [i] : y (et), hoy (aujourd'hui), muy (très), rey (roi).

4.3.7 r simple et rr roulé

Définition 4.9Le r simple et le rr roulé

Le r espagnol est toujours roulé (« battu » du bout de la langue contre le palais), jamais grasseyé comme le r français. Il existe deux intensités :

  • le r simple, un seul battement, entre deux voyelles ou en fin de syllabe : pero (mais), cara (visage), comer (manger), tres (trois) ;
  • le rr roulé, plusieurs battements vibrés, écrit rr entre voyelles, ou r en début de mot et après n, l, s : perro (chien), carro (chariot), rojo (rouge), Roma, alrededor (autour).
Important

La différence entre r simple et rr roulé est distinctive : elle change le mot ! Comparez :

  • pero (mais) perro (chien) ;
  • caro (cher) carro (chariot) ;
  • pera (poire) perra (chienne).

Il faut donc bien rouler le rr. Notez qu'en début de mot, un r simple à l'écrit se prononce toujours roulé : rico (riche), radio.

4.3.8 h toujours muet

Important

La lettre h ne se prononce jamais en espagnol : elle est totalement muette. Hola (bonjour) se dit [o-la], hombre (homme) [om-bré], ahora (maintenant) [a-o-ra], hospital [os-pi-tal], hay (il y a) [aï]. On l'écrit par tradition, mais on ne l'entend pas. Seule exception : le groupe ch, qui forme un son unique [tch], comme dans mucho (beaucoup) [moutcho], noche (nuit), coche (voiture).

4.3.9 ñ

Définition 4.10La lettre ñ

Le ñ (eñe) est une lettre à part entière de l'alphabet espagnol. Il se prononce comme le gn français de montagne : niño (enfant) [ni-gno], España (Espagne), año (année), señor (monsieur), mañana (demain / matin). Attention à ne pas confondre año (année) et ano (anus) : le petit trait ondulé change tout !

4.3.10 x

Définition 4.11La lettre x

Le x se prononce le plus souvent [ks] : examen [ek-sa-men], taxi, éxito (succès). Devant consonne, il se réduit souvent à [s] : extranjero (étranger) [es-tran-khéro]. Cas particulier : dans quelques noms propres mexicains, hérités d'une ancienne orthographe, x se prononce comme la jota [j] : México [mé-ji-ko], Oaxaca, Texas.

4.3.11 Tableau récapitulatif des sons

Lettre(s)Son (approx.)Exemples et remarques
b, v[b]vaca, beber — même son, jamais [v]
c + a/o/u[k]casa, color, Cuba
c + e/i, z[th] ou [s]cena, luz — [th] en Espagne, [s] en Amérique
qu + e/i[k]queso, aquí — le u est muet
ch[tch]mucho, noche
g + a/o/u[g] durgato, gustar
g + e/i, j[j] jotagente, jamón — raclement de gorge
gu + e/i[g] durguerra, guitarra — le u est muet
gü + e/i[gou]pingüino, vergüenza — le u s'entend
h(muet)hola, hombre — jamais prononcé
j[j] jotajefe, reloj
ll, y + voyelle[y]llave, yo — yeísmo (voir texte)
ñ[gn]niño, España
r (simple)[r] battupero, cara
rr, r- initial[rr] rouléperro, rojo
x[ks] / [s] / [j]taxi, extranjero, México
Les consonnes et digrammes remarquables de l'espagnol.

4.4 L'accent tonique

Définition 4.12L'accent tonique

Dans un mot de plusieurs syllabes, l'une est prononcée avec plus de force : c'est la syllabe tonique (sílaba tónica) ; les autres sont atones. En espagnol, l'accent tonique est fort et très marqué. Selon la place de cette syllabe, on classe les mots en quatre familles. On compte les syllabes en partant de la fin du mot.

Définition 4.13Les quatre familles de mots selon l'accent
  • Agudas (oxytons) : l'accent tombe sur la dernière syllabe. Ex. : ca-fé, re-loj, ciu-dad, co-mer, Ma-drid.
  • Llanas ou graves (paroxytons) : l'accent tombe sur l'avant-dernière syllabe. C'est le cas le plus fréquent. Ex. : ca-sa, *me-sa, jo-ven, li-bro, i-ma**-gen*.
  • Esdrújulas (proparoxytons) : l'accent tombe sur l'antépénultième (avant-avant-dernière) syllabe. Ex. : má-qui-na, *pá-ja-ro (oiseau), te-lé-fo-no, músi**-ca*.
  • Sobresdrújulas : l'accent tombe avant l'antépénultième. Rares, ce sont surtout des verbes avec pronoms enclitiques. Ex. : dí-ga-me-lo (dites-le-moi), *cuén**-ta-me-la*.
Important

Retenez l'ordre en partant de la fin : aguda = dernière, llana = avant-dernière, esdrújula = avant-avant-dernière. Une astuce mnémotechnique : le mot esdrújula est... lui-même esdrújulo (accentué sur drú) ; le mot aguda est llano ; chaque terme illustre parfois sa catégorie, parfois non — mieux vaut compter les syllabes.

4.5 L'accent écrit : la tilde

Voici le cœur du chapitre. En espagnol, l'accent écrit (la tilde) n'est pas décoratif : il obéit à des règles strictes et se met seulement dans certains cas. Il n'existe qu'un seul accent écrit, l'accent aigu á é í ó ú ; il n'y a ni accent grave ni accent circonflexe.

Définition 4.14À quoi sert la tilde

La tilde a deux rôles :

  • indiquer que la syllabe tonique n'est pas à sa place « par défaut » (règles ci-dessous) ;
  • distinguer deux mots qui s'écrivent et se prononcent pareil (la tilde diacritique).

La tilde se pose toujours sur une voyelle, et sur la voyelle de la syllabe tonique.

4.5.1 Les règles d'accentuation

Définition 4.15Les trois règles de la tilde selon la terminaison

On regarde par quelle lettre finit le mot pour savoir s'il faut une tilde.

  • Mots agudos (accent sur la dernière syllabe) : tilde si le mot finit par voyelle, n ou s.
    Avec tilde : café, sofá, jamón, inglés, está, corazón.
    Sans tilde : reloj, ciudad, comer, Madrid, feliz (finissent par une autre consonne).
  • Mots llanos/graves (accent sur l'avant-dernière) : tilde si le mot ne finit pas par voyelle, n ni s (règle inverse).
    Avec tilde : árbol (arbre), lápiz (crayon), fácil, azúcar (sucre), difícil.
    Sans tilde : casa, mesa, joven, lunes, examen (finissent par voyelle, n ou s).
  • Mots esdrújulos et sobresdrújulos : tilde toujours, sans exception.
    máquina, pájaro, teléfono, música, rápido, dígamelo.
Important

La logique des deux premières règles est symétrique : puisque la terminaison voyelle / n / s correspond au cas le plus courant, la tilde signale l'exception.

  • Un mot agudo est « inattendu » (on attend plutôt un mot llano) : on le marque quand il finit par voyelle/n/s.
  • Un mot llano qui finit par une autre consonne est « inattendu » : on le marque aussi.
  • Un mot esdrújulo est toujours inattendu : on le marque toujours.

Comparez joven (llano, sans tilde) et son pluriel jóvenes (devenu esdrújulo tilde). Ou inglés (agudo, tilde) et son pluriel ingleses (devenu llano en -s plus de tilde).

Exemple 4.16Appliquer les règles pas à pas

Faut-il une tilde sur arbol (arbre) ? On l'entend accentué sur ar : ár-bol, c'est un mot llano. Il finit par l, donc ni voyelle, ni n, ni s : la règle des llanos impose la tilde árbol.

Et cancion (chanson) ? Accentué sur la dernière : can-ción, mot agudo, qui finit par n : la règle des agudos impose la tilde canción.

Et examen (examen) ? Accentué sur xa : e-xa-men, mot llano finissant par n : pas de tilde examen. Mais son pluriel exámenes devient esdrújulo tilde obligatoire.

4.5.2 La tilde sur les diphtongues et le hiato

Définition 4.17La tilde qui « casse » une diphtongue

Quand une voyelle faible (i, u) accentuée est en contact avec une voyelle forte (a, e, o), on met une tilde sur la faible pour indiquer qu'elle forme une syllabe séparée (un hiato) et non une diphtongue. Cette tilde s'écrit même si les règles précédentes ne l'exigeraient pas.

  • día (jour) : le í se détache deux syllabes [dí-a] ;
  • país (pays) [pa-ís], río (rivière) [rí-o], María, tío (oncle), policía, frío (froid) ;
  • comparez hacia (vers), diphtongue [a-cia], et hacía (il faisait), hiato [a-cí-a].

4.5.3 La tilde diacritique : distinguer les homophones

Définition 4.18La tilde diacritique

Certains petits mots s'écrivent avec les mêmes lettres mais ont deux sens et deux fonctions. On les distingue par une tilde diacritique : elle ne change pas la prononciation, elle sert seulement à ne pas confondre les deux mots à l'écrit. En général, le mot accentué (avec tilde) est le plus « fort » : pronom, adverbe, verbe.

Avec tildeSensSans tildeSens
síoui / soisisi (condition)
tútu (pronom)tuton, ta (possessif)
élil, luielle (article)
mímoi (pronom)mimon, ma
séje sais / soissese (pronom)
téthétete (pronom)
másplusmasmais (littéraire)
déqu'il donnedede (préposition)
aúnencoreaunmême (= incluso)
Les principales paires distinguées par la tilde diacritique.
Exemple 4.19La tilde diacritique en contexte
  • Sí, mi amigo vendrá si tiene tiempo. (Oui, mon ami viendra s'il a le temps.)
  • Tú tienes tu libro. (Toi, tu as ton livre.)
  • Él vive en el centro. (Lui, il vit dans le centre.)
  • Sé que se ha ido. (Je sais qu'il est parti.)
  • Quiero más azúcar, mas no hay. (Je veux plus de sucre, mais il n'y en a pas.)
  • A mí me gusta mi ciudad. (Moi, j'aime ma ville.)

4.5.4 La tilde sur les interrogatifs et exclamatifs

Définition 4.20Interrogatifs et exclamatifs accentués

Les mots qué, quién, cómo, dónde, cuándo, cuánto, cuál, por qué portent une tilde lorsqu'ils introduisent une question (directe ou indirecte) ou une exclamation. Les mêmes mots sans tilde (que, quien, como, donde, cuando, cuanto, cual, porque) sont des relatifs ou des conjonctions.

  • Question : ¿Qué quieres? (Que veux-tu ?) ; ¿Dónde vives? (Où habites-tu ?) ; No sé cómo se llama. (Je ne sais pas comment il s'appelle.)
  • Relatif / conjonction : El libro que leo (le livre que je lis) ; la casa donde vivo (la maison où je vis) ; No viene porque está enfermo. (Il ne vient pas parce qu'il est malade.)
Important

Ne confondez pas por qué (en deux mots, avec tilde) = « pourquoi », qui pose la question, et porque (en un mot, sans tilde) = « parce que », qui donne la raison.
¿Por qué no vienes? Porque estoy cansado. (Pourquoi ne viens-tu pas ? Parce que je suis fatigué.)
Il existe aussi le nom el porqué (la raison, le pourquoi) et la locution por que (rare), mais au niveau Seconde, retenez surtout l'opposition por qué / porque.

4.6 La ponctuation espagnole

Définition 4.21Les signes ouvrants ¿ et ¡

Trait unique de l'espagnol : les questions et les exclamations s'ouvrent et se ferment par un signe. On place un point d'interrogation inversé ¿ au début de la question et un point d'interrogation normal ? à la fin ; de même ¡ … ! pour l'exclamation. Les deux signes sont obligatoires.

  • ¿Cómo te llamas? (Comment t'appelles-tu ?)
  • ¡Qué bonito! (Comme c'est joli !)
  • ¡Feliz cumpleaños! (Joyeux anniversaire !)
Important

Le signe ouvrant se place là où commence vraiment la question ou l'exclamation, pas forcément au début de la phrase :
Oye, ¿tú vienes a la fiesta? (Dis, tu viens à la fête ?)
Si no te importa, ¿me pasas el pan? (Si ça ne te dérange pas, tu me passes le pain ?)
Une phrase peut même être à la fois interrogative et exclamative : ¡¿Qué has dicho?! (Qu'est-ce que tu as dit ?!). Ces signes ouvrants ¿ et ¡ n'existent qu'en espagnol : ne les oubliez jamais à l'écrit.

4.7 Bilan : la régularité graphie–son

Important

Retenez les grands principes de l'orthographe espagnole :

  • Cinq voyelles pures, toujours prononcées pareil ; pas de nasales, pas de e muet.
  • Une graphie très régulière : on lit presque toujours un mot comme il s'écrit.
  • Quelques pièges de francophone : b=v, la jota [j] de g+e/i et j, le h muet, le rr roulé, le ñ, le u muet dans qu- et gu-.
  • Des variantes régionales normales : seseo (Amérique) contre ceceo/distinción (Espagne), yeísmo.
  • L'accent tonique suit des positions par défaut (agudas, llanas, esdrújulas) ; la tilde ne s'écrit que pour marquer l'exception, distinguer un homophone, ou signaler un interrogatif.
  • La ponctuation ouvre et ferme questions et exclamations : ¿? et ¡!.

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