Les outils d'analyse littéraire
Cours complet · français (seconde), chapitre 5 · seconde générale, français
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5.1 Introduction
Étudier un texte littéraire, ce n'est pas seulement le comprendre ou l'apprécier : c'est aussi expliquer comment il produit ses effets. Pour cela, on dispose d'une véritable « boîte à outils », commune à la poésie, au roman, au théâtre et à la littérature d'idées. Ces outils permettent de nommer précisément ce que fait l'écrivain : les figures de style (les écarts par rapport à l'expression ordinaire), les registres (les tonalités qui suscitent une émotion), l'énonciation (qui parle, à qui, d'où) et la versification (l'organisation du vers en poésie). Maîtriser ce vocabulaire d'analyse, c'est se donner les moyens de justifier une interprétation par des observations vérifiables sur le texte : c'est le cœur de la démarche du commentaire littéraire. Ce chapitre présente ces notions une à une, avec des exemples réels tirés des grands auteurs, pour qu'elles deviennent des réflexes de lecture.
5.2 Les figures de style
Une figure de style (ou figure de rhétorique) est un procédé d'écriture qui s'écarte de l'expression habituelle pour produire un effet particulier : rendre une image plus frappante, insister sur une idée, créer un rythme, provoquer une émotion. On classe les principales figures en grandes familles selon le mécanisme qu'elles mettent en jeu.
5.2.1 Les figures d'analogie
Les figures d'analogie établissent un rapprochement, une ressemblance entre deux réalités.
| Figure | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Comparaison | Rapprochement de deux termes à l'aide d'un outil de comparaison (comme, tel, semblable à, ressembler à). | « La musique souvent me prend comme une mer ! » (Baudelaire, Les Fleurs du mal) |
| Métaphore | Rapprochement de deux termes sans outil de comparaison ; l'un est nommé à la place de l'autre. | « Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige » (Baudelaire, « Harmonie du soir ») |
| Personnification | Attribution de comportements ou de sentiments humains à une chose, une idée ou un animal. | « La Nature est un temple où de vivants piliers / Laissent parfois sortir de confuses paroles » (Baudelaire, « Correspondances ») |
| Allégorie | Représentation concrète, souvent personnifiée, d'une idée abstraite (la Mort, la Justice, le Temps). | « Le Temps mange la vie » (Baudelaire, « L'Ennemi ») |
Comparons deux façons de dire la même image :
« Cet homme est fort comme un lion » : c'est une comparaison, car l'outil « comme » relie explicitement le comparé (l'homme) et le comparant (le lion).
« Cet homme est un lion » : c'est une métaphore, car l'identification se fait directement, sans outil. La métaphore est plus condensée et plus suggestive : le lecteur doit reconstruire lui-même le point commun (le courage, la puissance).
5.2.2 Les figures de substitution
Ces figures remplacent un mot attendu par un autre, lié au premier par un rapport de sens.
| Figure | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Métonymie | Remplacement d'un terme par un autre uni au premier par un lien logique (le contenant pour le contenu, la partie pour le tout, l'auteur pour l'œuvre). | « Boire un verre » (le contenant pour le contenu) ; « lire un Zola » (l'auteur pour l'œuvre). |
| Périphrase | Remplacement d'un mot par un groupe de mots qui le désigne indirectement. | « L'astre du jour » pour le soleil ; « la Ville Lumière » pour Paris. |
| Euphémisme | Atténuation d'une réalité déplaisante ou brutale par une expression adoucie. | « Il nous a quittés » pour « il est mort ». |
5.2.3 Les figures d'opposition
Ces figures rapprochent des termes ou des idées contraires.
| Figure | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Antithèse | Rapprochement, dans une même phrase, de deux mots ou idées de sens opposé. | « Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie » (Louise Labé, sonnet VIII) |
| Oxymore | Alliance de deux mots de sens contradictoire dans un même groupe. | « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille, Le Cid) |
| Chiasme | Construction en croix : deux groupes se répondent selon le schéma AB / BA. | « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger » (Molière, L'Avare) |
Ne pas confondre antithèse et oxymore. L'antithèse oppose deux termes dans une phrase, mais ces termes restent grammaticalement séparés (« je vis, je meurs »). L'oxymore, lui, réunit les deux contraires dans un même groupe de mots, ce qui crée un choc logique (« une obscure clarté », « un silence assourdissant »).
5.2.4 Les figures d'insistance et d'atténuation
Ces figures amplifient ou, au contraire, minimisent ce qui est dit.
| Figure | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Anaphore | Répétition d'un même mot ou groupe de mots en tête de vers, de phrases ou de propositions successives. | « Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! » (discours du général de Gaulle, 1944) |
| Gradation | Succession de termes d'intensité croissante (ou décroissante). | « C'est un roc ! ... c'est un pic ! ... c'est un cap ! / Que dis-je, c'est un cap ? ... c'est une péninsule ! » (Rostand, Cyrano de Bergerac) |
| Hyperbole | Exagération qui met en relief une idée. | « Je meurs de faim » ; « verser des torrents de larmes ». |
| Litote | Atténuation qui laisse entendre plus qu'on ne dit, souvent par la négation du contraire. | « Va, je ne te hais point » (Corneille, Le Cid) : Chimène signifie qu'elle aime Rodrigue. |
5.2.5 Les figures de construction et de sonorités
Ces figures jouent sur l'agencement des mots ou sur les sons.
| Figure | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Allitération | Répétition d'un même son consonne. | « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine, Andromaque) : répétition du son [s]. |
| Assonance | Répétition d'un même son voyelle. | « Les sanglots longs / Des violons / De l'automne » (Verlaine, « Chanson d'automne ») : le son nasal « on » (longs, violons). |
| Parallélisme | Reprise d'une même construction grammaticale dans deux groupes successifs. | « Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la ville » (Verlaine, Romances sans paroles) |
Méthode : Identifier une figure de style
Devant un passage qui semble « travaillé », on procède par questions :
- Y a-t-il un rapprochement entre deux réalités ? Avec outil (comme) comparaison ; sans outil métaphore.
- Un mot est-il remplacé par un autre (contenant pour contenu, expression détournée) ? métonymie, périphrase, euphémisme.
- Y a-t-il une opposition de sens ? Dans la phrase antithèse ; dans un même groupe oxymore ; en croix chiasme.
- Y a-t-il une répétition ou une exagération ? anaphore, gradation, hyperbole ; ou au contraire une atténuation litote, euphémisme.
- Enfin, toujours interpréter : nommer la figure ne suffit pas, il faut dire l'effet produit (image frappante, insistance, ironie, émotion).
Pour retrouver rapidement une figure, il est utile de garder en tête la carte d'ensemble des quatre grandes familles, chacune définie par son mécanisme (rapprocher, opposer, amplifier ou atténuer, remplacer).
5.3 Les registres (ou tonalités)
Le registre (on dit aussi la tonalité) désigne l'ensemble des moyens par lesquels un texte cherche à produire une émotion ou une impression particulière sur le lecteur (ou le spectateur) : la tristesse, le rire, l'admiration, l'indignation... Un même texte peut mêler plusieurs registres.
| Registre | Caractéristiques | Effet recherché |
|---|---|---|
| Lyrique | Expression des sentiments personnels (amour, mélancolie, nostalgie) ; première personne, exclamations, images. | Faire partager une émotion intime. |
| Tragique | Personnage confronté à un destin, à la mort, à la fatalité, sans issue. | Susciter la terreur et la pitié. |
| Comique | Situations, mots ou caractères qui provoquent le rire (quiproquos, exagérations, répétitions). | Faire rire ou sourire. |
| Pathétique | Souffrance, malheur d'un personnage présentés pour émouvoir vivement. | Émouvoir, inspirer la compassion. |
| Épique | Amplification d'une action ou d'un héros (hyperboles, pluriels, merveilleux). | Susciter l'admiration, grandir les faits. |
| Satirique / polémique | Critique moqueuse (satire) ou attaque virulente (polémique) d'une personne, d'un travers, d'une institution. | Dénoncer, faire réagir, ridiculiser. |
| Ironique | On dit le contraire de ce que l'on pense pour railler (antiphrase). | Critiquer avec distance, faire sourire aux dépens de la cible. |
Dans « Demain, dès l'aube », Victor Hugo évoque la douleur d'un père endeuillé :
« Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. »
La première personne (« je »), l'adresse directe à l'être aimé (« tu ») et la confidence intime relèvent du registre lyrique, mêlé de pathétique : le poème est en réalité adressé à sa fille morte, Léopoldine.
Dans Candide, Voltaire raconte les horreurs de la guerre en la qualifiant de « boucherie héroïque ». L'alliance du mot « boucherie » (massacre) et de l'adjectif « héroïque » (glorieux) dit le contraire de la valeur qu'on prête d'ordinaire à la guerre : c'est une antiphrase, procédé caractéristique du registre ironique, ici au service d'une visée polémique.
5.4 L'énonciation et les points de vue
5.4.1 La situation d'énonciation
L'énonciation est l'acte de produire un énoncé dans une situation donnée. Analyser l'énonciation, c'est répondre aux questions : Qui parle (l'énonciateur) ? À qui (le destinataire) ? Où et quand ? Les marques de l'énonciation sont les indices qui renvoient à cette situation : pronoms personnels (je, tu, nous, vous), indicateurs de temps et de lieu (ici, maintenant, hier), marques de jugement (vocabulaire mélioratif ou péjoratif, exclamations, modalités).
On distingue l'énoncé ancré dans la situation d'énonciation (présence du « je » et du « tu », du présent, marqué par la subjectivité : lettre, dialogue, poème lyrique) et l'énoncé coupé de la situation d'énonciation (récit à la troisième personne, temps du passé, effacement de l'énonciateur : récit historique, roman réaliste).
Le linguiste Roman Jakobson a proposé un modèle qui décompose tout acte de communication en six facteurs. À chacun correspond une fonction du langage, selon l'élément sur lequel le message met l'accent : c'est un cadre commode pour analyser l'énonciation d'un texte.
5.4.2 Les points de vue (la focalisation)
Dans un récit, il faut distinguer celui qui raconte (le narrateur) et le point de vue adopté, c'est-à-dire l'angle par lequel les faits sont perçus et rapportés. On parle aussi de focalisation.
| Point de vue | Définition | Indice / effet |
|---|---|---|
| Focalisation zéro (narrateur omniscient) | Le narrateur sait tout : les pensées de tous les personnages, le passé, l'avenir. | Vision d'ensemble, maîtrise totale du récit. |
| Focalisation interne | Le récit épouse le regard et les pensées d'un seul personnage ; on ne sait que ce qu'il sait. | Identification au personnage, effet de subjectivité. |
| Focalisation externe | Le narrateur rapporte seulement ce qui est visible de l'extérieur, sans accès aux pensées. | Impression d'objectivité, de mystère. |
Ne pas confondre le narrateur et l'auteur. L'auteur est la personne réelle qui écrit le livre ; le narrateur est la voix fictive qui raconte l'histoire à l'intérieur du récit. Dans un roman à la première personne, le « je » du narrateur n'est pas forcément l'auteur.
5.5 La versification
La versification est l'ensemble des règles qui organisent le vers, unité de base de la poésie traditionnelle.
5.5.1 Le vers et sa mesure
Un vers est une ligne de poème dont la longueur se mesure en syllabes. Pour compter les syllabes, on tient compte de règles particulières :
- le « e » caduc (ou « e » muet) en fin de mot se prononce et compte comme une syllabe s'il est suivi d'une consonne ; il ne compte pas devant une voyelle ni en fin de vers ;
- la diérèse sépare en deux syllabes des voyelles voisines qu'on prononcerait d'ordinaire d'un seul son (li-on) ; la synérèse les prononce au contraire en une seule (lion).
| Mètre | Syllabes | Exemple |
|---|---|---|
| Alexandrin | 12 | « Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue » (Racine, Phèdre) |
| Décasyllabe | 10 | « Sous le pont Mirabeau coule la Seine » (Apollinaire, « Le Pont Mirabeau ») |
| Octosyllabe | 8 | « Mais où sont les neiges d'antan ? » (Villon, « Ballade des dames du temps jadis ») |
Méthode : Compter les syllabes d'un vers
Prenons l'alexandrin de Racine (Phèdre) :
« Je / le / vis, / je / rou/gis, / je / pâ/lis / à / sa / vue »
On décompte 12 syllabes. On remarque :
- le « e » de « je » compte à chaque fois (suivi d'une consonne) ;
- le « e » final de « vue » ne compte pas (il est en fin de vers) ;
- « rou-gis », « pâ-lis » se découpent normalement.
Douze syllabes : c'est bien un alexandrin. La coupe centrale (la césure) après « rougis » sépare le vers en deux hémistiches de six syllabes.
5.5.2 La rime
La rime est la répétition, à la fin de deux vers ou plus, du même son vocalique final (et des sons qui le suivent). On la caractérise de trois façons :
- par sa disposition : rimes suivies ou plates (AABB), croisées (ABAB), embrassées (ABBA) ;
- par sa richesse : rime pauvre (un seul son commun), suffisante (deux sons), riche (trois sons ou plus) ;
- par son genre : rime féminine (se terminant par un « e » muet) ou masculine (toute autre terminaison).
Rimes croisées (ABAB) chez Baudelaire (« L'Albatros ») :
« Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage (A)
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, (B)
Qui suivent, indolents compagnons de voyage, (A)
Le navire glissant sur les gouffres amers. (B) »
Rimes embrassées (ABBA), schéma fréquent dans les quatrains du sonnet :
un vers en A, deux vers en B, puis le retour au son A referme la strophe comme entre deux bras.
5.5.3 La strophe et le sonnet
Une strophe est un groupe de vers séparé des autres par un blanc typographique. On la nomme d'après son nombre de vers :
- distique : 2 vers ;
- tercet : 3 vers ;
- quatrain : 4 vers ;
- quintil : 5 vers ; sizain : 6 vers.
Le sonnet est une forme fixe de 14 vers répartis en deux quatrains suivis de deux tercets. Hérité de l'Italie (Pétrarque), introduit en France au XVIe siècle, il devient une forme majeure de la poésie française, encore pratiquée par Baudelaire au XIXe siècle. Le dernier vers, souvent frappant, s'appelle la chute ou la pointe.
« Mon rêve familier », de Verlaine (Poèmes saturniens), est un sonnet : deux quatrains puis deux tercets d'alexandrins. Il s'ouvre sur le vers :
« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant / D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime »
La structure du sonnet (14 alexandrins, quatrains et tercets) sert ici l'évocation d'un rêve amoureux et mélancolique, de registre lyrique.
5.6 Bilan
Les outils présentés dans ce chapitre forment le vocabulaire de base de l'analyse littéraire. Les figures de style nomment les écarts d'écriture (analogie, substitution, opposition, insistance, sonorités) ; les registres identifient les tonalités et les émotions visées ; l'énonciation et les points de vue précisent qui parle et selon quel angle ; la versification décrit l'organisation du vers, des rimes et des strophes. Ces notions ne valent pas pour elles-mêmes : leur intérêt est de permettre, dans un commentaire, de passer de l'observation précise à l'interprétation. On ne se contente jamais de nommer un procédé : on explique toujours l'effet qu'il produit et le sens qu'il construit. Ces outils seront constamment réinvestis dans les quatre objets d'étude : la poésie, la littérature d'idées, le roman et le théâtre.
5.7 Exercices
Exercice : Reconnaître les figures d'analogie
Indiquez, pour chaque phrase, s'il s'agit d'une comparaison, d'une métaphore ou d'une personnification, et justifiez.
- « Le vent hurlait dans la nuit. »
- « Ses yeux sont deux étoiles. »
- « Elle courait vite comme une gazelle. »
Solution
- Personnification : le verbe « hurler » (cri humain ou animal) est attribué au vent.
- Métaphore : les yeux sont identifiés à des étoiles sans outil de comparaison.
- Comparaison : l'outil « comme » relie explicitement « elle » et « une gazelle ».
Exercice : Opposition : antithèse ou oxymore ?
Pour chaque énoncé, nommez la figure d'opposition et expliquez la différence.
- « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles. » (Corneille)
- « Je vis, je meurs. » (Louise Labé)
Solution
- Oxymore : « obscure » et « clarté » sont deux mots de sens contraire réunis dans un même groupe nominal, ce qui crée un choc logique.
- Antithèse : « vis » et « meurs » s'opposent, mais dans deux propositions grammaticalement distinctes de la même phrase.
Exercice : Les registres
Associez chaque intention à son registre : (a) faire rire par un quiproquo ; (b) émouvoir par le malheur d'un personnage ; (c) exprimer un chagrin intime à la première personne ; (d) dénoncer un travers en s'en moquant.
Solution
(a) registre comique ; (b) registre pathétique ; (c) registre lyrique ; (d) registre satirique (moquerie critique).
Exercice : Le point de vue
Identifiez la focalisation dans chaque situation.
- Le narrateur décrit un homme qui entre dans une pièce, sans jamais dire ce qu'il pense ni qui il est.
- Le récit rapporte les souvenirs, les émotions et les doutes d'un seul personnage.
- Le narrateur connaît le passé, l'avenir et les pensées de tous les personnages.
Solution
- Focalisation externe : on ne voit que l'extérieur, effet d'objectivité et de mystère.
- Focalisation interne : on épouse le regard d'un seul personnage.
- Focalisation zéro (narrateur omniscient) : le narrateur sait tout.
Exercice : Compter les syllabes
Comptez le nombre de syllabes de ce vers de Baudelaire et donnez le nom du mètre :
« La musique souvent me prend comme une mer ! »
Solution
Découpage : « La / mu/si/que / sou/vent / me / prend / comm(e) / u/ne / mer ». Le « e » de « musique » compte (il précède la consonne de « souvent ») ; le « e » de « comme » s'élide devant « une » (voyelle) et ne compte pas ; le « e » de « une » compte devant « mer » (consonne). On obtient au total 12 syllabes : c'est un alexandrin. (Baudelaire, « La Musique », poème qui alterne alexandrins et pentasyllabes.)
Exercice : Rimes et strophes
Un poème est composé de deux groupes de quatre vers, puis de deux groupes de trois vers, en alexandrins.
- Comment se nomme chaque groupe de quatre vers ? de trois vers ?
- Quelle est la forme fixe ainsi obtenue ?
- Dans un quatrain, les vers riment selon le schéma ABBA : de quelle disposition s'agit-il ?
Solution
- Un groupe de quatre vers est un quatrain ; un groupe de trois vers est un tercet.
- Deux quatrains suivis de deux tercets (soit 14 vers) forment un sonnet.
- Le schéma ABBA correspond à des rimes embrassées.