Le roman et le récit du XVIIIe au XXIe siècle
Cours complet · français (seconde), chapitre 8 · seconde générale, français
Travailler ce chapitre sur Adloun
8.1 Introduction
Le roman est aujourd'hui le genre littéraire le plus lu, mais il n'en a pas toujours été ainsi : longtemps considéré comme un divertissement mineur, sans les lettres de noblesse de la poésie ou de la tragédie, il s'impose peu à peu comme la grande forme d'exploration de l'homme et de la société. Du XVIIIe au XXIe siècle, il ne cesse de se transformer : roman épistolaire et roman-mémoires au siècle des Lumières, vaste fresque sociale au XIXe siècle avec le réalisme et le naturalisme, remise en question de ses propres règles au XXe siècle. Étudier le roman, c'est apprendre à observer comment un texte donne l'illusion de la vie : comment se construit un personnage, comment un narrateur raconte, selon quel point de vue, dans quel ordre et à quel rythme. Ce chapitre présente d'abord l'histoire du genre, puis les grands outils d'analyse du récit romanesque.
8.2 Une histoire du genre romanesque
Le roman est un récit de fiction en prose, généralement long, qui met en scène des personnages dans une action se déroulant dans le temps. À la différence de la nouvelle, plus brève, le roman développe une intrigue étendue et approfondit la psychologie des personnages. On parle plus largement de récit pour désigner tout texte qui rapporte une suite d'événements réels ou imaginaires (roman, nouvelle, conte, mémoires).
8.2.1 Le roman au XVIIIe siècle : lettres, mémoires et sensibilité
Au siècle des Lumières, le roman conquiert un large public tout en restant tenu pour un genre peu sérieux. Deux formes dominent. Le roman-mémoires se présente comme le récit qu'un personnage fait de sa propre vie : l'abbé Prévost, dans Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut (1731), fait raconter par des Grieux lui-même sa passion destructrice pour Manon. Le roman épistolaire, composé de lettres échangées entre les personnages, connaît un immense succès : Jean-Jacques Rousseau émeut l'Europe avec Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761), et Choderlos de Laclos peint le cynisme des libertins dans Les Liaisons dangereuses (1782).
Un roman épistolaire est un roman constitué de lettres que les personnages s'écrivent. Le récit progresse à travers ces échanges, sans narrateur extérieur : chaque personnage exprime directement son point de vue, ce qui donne une impression de vérité et permet de confronter des visions opposées d'un même événement.
8.2.2 Le grand roman du XIXe siècle
Le XIXe siècle est l'âge d'or du roman, qui devient le genre majeur de la littérature. Après les premières générations romantiques, deux grands mouvements s'affirment : le réalisme puis le naturalisme (voir la dernière section). Les romanciers ambitionnent de représenter la société tout entière — la province et Paris, les riches et les misérables, l'argent, l'amour et l'ambition.
Repère : Le roman réaliste au XIXe siècle
Le réalisme est un mouvement littéraire qui se développe en France au milieu du XIXe siècle. Les romanciers réalistes veulent peindre la société de leur temps avec exactitude, en s'appuyant sur l'observation du réel plutôt que sur l'imagination ou l'idéalisation. Figures majeures : Honoré de Balzac, dont l'ensemble de romans réunis sous le titre La Comédie humaine vise à décrire tous les milieux de la société française ; Stendhal (Le Rouge et le Noir, 1830), qui suit l'ascension et la chute du jeune Julien Sorel ; Gustave Flaubert (Madame Bovary, 1857), attentif à la banalité du quotidien et au style.
8.2.3 Le renouvellement du roman aux XXe et XXIe siècles
Au XXe siècle, les romanciers interrogent les règles héritées du siècle précédent. Marcel Proust, dans À la recherche du temps perdu (à partir de 1913), explore la mémoire et les mouvements intérieurs de la conscience. Louis-Ferdinand Céline bouleverse la langue romanesque en faisant entrer le français parlé dans le récit avec Voyage au bout de la nuit (1932). Dans les années 1950-1960, les auteurs du nouveau roman (Alain Robbe-Grillet, Nathalie Sarraute, Michel Butor) contestent l'intrigue traditionnelle et le personnage bien construit. Le roman contemporain, très divers, cultive volontiers le récit de soi : Annie Ernaux, prix Nobel de littérature en 2022, mêle dans des livres comme La Place (1984) souvenir personnel et regard sur la société.
Trois grands moments à retenir pour situer un roman :
- XVIIIe siècle : roman épistolaire et roman-mémoires (Prévost, Rousseau, Laclos) ;
- XIXe siècle : réalisme (Balzac, Stendhal, Flaubert) puis naturalisme (Zola, Maupassant) ;
- XXe-XXIe siècles : renouvellement (Proust, Céline, nouveau roman, récits contemporains).
8.3 Le personnage de roman
Le personnage est l'élément central du roman : c'est à travers lui que le lecteur entre dans l'histoire, s'attache, s'indigne ou s'interroge. Le romancier lui donne un nom, un corps, une histoire, un caractère, et le fait évoluer au fil du récit.
Le portrait est la description d'un personnage. Le portrait physique présente son apparence (visage, corps, vêtements) ; le portrait moral présente son caractère, ses qualités et ses défauts. Les deux se complètent souvent, l'apparence physique servant à suggérer le tempérament du personnage.
Dans Le Père Goriot (1835), Balzac présente le personnage inquiétant de Vautrin, pensionnaire de la maison Vauquer. Le narrateur détaille son apparence — des favoris teints, des mains épaisses et velues, une force physique remarquable — pour laisser deviner un caractère énergique, rusé et potentiellement dangereux. Le portrait physique n'est pas gratuit : il oriente le jugement du lecteur avant même que le personnage n'agisse. C'est un procédé caractéristique du réalisme balzacien, qui lie l'apparence, le milieu social et le caractère.
Le héros d'un roman est le personnage principal, autour de qui s'organise l'action ; il n'est pas nécessairement admirable. On parle d'anti-héros lorsque ce personnage principal est dépourvu des qualités traditionnelles du héros (courage, grandeur, réussite) : il peut être médiocre, lâche, passif ou ordinaire. Un personnage-type est un personnage qui représente toute une catégorie sociale ou humaine (l'avare, l'ambitieux, la jeune femme rêvant d'une autre vie), au-delà de son individualité.
Un personnage n'est pas toujours figé : il peut évoluer au cours du récit. Julien Sorel, dans Le Rouge et le Noir, passe de l'ambition dévorante à une forme d'apaisement ; Emma Bovary s'enfonce peu à peu dans le rêve et l'endettement. Suivre cette évolution est l'une des clés de la lecture d'un roman.
L'héroïne de Flaubert, Emma Bovary, est une jeune femme de la campagne normande qui, nourrie de lectures romanesques, rêve d'une vie passionnée et brillante. Déçue par son mariage avec un médecin ordinaire, elle cherche l'évasion dans des amours et des dépenses qui la mènent à la ruine et au suicide. Emma est un personnage individuel, mais elle est devenue le type d'un état d'esprit que l'on a appelé le « bovarysme » : l'insatisfaction de qui refuse le réel au nom d'idéaux nourris par la fiction. Un personnage-type dépasse ainsi son histoire particulière pour représenter une manière d'être commune.
8.4 La construction du récit
Raconter, ce n'est pas seulement inventer une histoire : c'est choisir qui parle, ce que l'on montre au lecteur et dans quel ordre. Ces choix de narration font toute la différence entre deux récits portant sur les mêmes événements.
8.4.1 Le schéma narratif
Avant d'étudier comment un récit est raconté, on peut en dégager la structure. La plupart des récits suivent une même ossature en cinq étapes, appelée schéma narratif (ou schéma quinaire) : un équilibre de départ est rompu par un événement, ce qui déclenche une série d'actions, jusqu'à ce qu'un nouvel équilibre s'établisse.
Le schéma narratif décompose l'intrigue en cinq étapes : la situation initiale (l'équilibre de départ) ; l'élément perturbateur (l'événement qui rompt cet équilibre et lance l'action) ; les péripéties (les actions et rebondissements qui s'enchaînent) ; l'élément de résolution (l'événement qui met fin aux péripéties) ; la situation finale (le nouvel équilibre). On peut représenter la montée puis la retombée de l'intérêt par une courbe de tension dramatique.
8.4.2 Le schéma actantiel
Les personnages d'un récit ne valent pas seulement par leur individualité : ils occupent aussi des rôles dans l'action. Le linguiste A. J. Greimas a proposé un modèle, le schéma actantiel, qui répartit ces rôles (les « actants ») autour de la quête menée par le héros.
Le schéma actantiel (Greimas) décrit les forces qui agissent dans un récit à travers six actants : le sujet (celui qui mène la quête) recherche un objet (ce qu'il désire : un être, un bien, un idéal) ; le destinateur est ce qui pousse le sujet à agir, le destinataire celui qui profitera de la quête ; l'adjuvant aide le sujet, tandis que l'opposant lui fait obstacle. Un même personnage peut occuper plusieurs rôles, et un rôle être tenu par une idée ou un sentiment (l'amour, l'ambition).
8.4.3 Le narrateur
L'auteur est la personne réelle qui écrit le livre (Flaubert, Zola). Le narrateur est la voix fictive qui, à l'intérieur du récit, raconte l'histoire. Il ne faut jamais les confondre : même quand le narrateur dit « je », il reste un être de papier, distinct de l'auteur.
On distingue deux grands cas :
- le narrateur interne (récit à la première personne, « je ») : le narrateur est lui-même un personnage de l'histoire, qu'il raconte de son propre point de vue. C'est le cas du chevalier des Grieux racontant sa vie dans Manon Lescaut.
- le narrateur externe (récit à la troisième personne, « il / elle ») : le narrateur ne participe pas à l'action, il raconte de l'extérieur la vie des personnages. C'est le cas le plus fréquent dans les romans de Balzac ou de Zola.
8.4.4 Le point de vue (la focalisation)
La focalisation, ou point de vue, désigne la position d'où les événements sont racontés : par les yeux de qui, et avec quel degré de savoir, l'histoire est-elle présentée au lecteur ? On distingue trois focalisations principales.
- Focalisation zéro (point de vue omniscient) : le narrateur sait tout, connaît le passé, les pensées et l'avenir de tous les personnages, et peut passer de l'un à l'autre. C'est le point de vue du narrateur « qui voit tout », fréquent chez Balzac.
- Focalisation interne : le récit adopte le point de vue d'un seul personnage ; le lecteur ne sait que ce que ce personnage voit, sait et ressent. Cela crée de la proximité, mais aussi des limites (le personnage peut se tromper).
- Focalisation externe : le narrateur décrit les personnages de l'extérieur, comme le ferait une caméra, sans accéder à leurs pensées. Le lecteur observe des gestes et des paroles, mais doit deviner les intentions.
Le schéma ci-dessous compare ce que « voit » le narrateur dans chacune de ces trois focalisations.
Méthode : Identifier le point de vue dans un extrait
Pour reconnaître la focalisation d'un passage :
- Repérer la personne du récit (« je » ou « il / elle ») et le narrateur (interne ou externe).
- Se demander ce que le narrateur sait : a-t-il accès aux pensées des personnages ? d'un seul ? de tous ? d'aucun ?
- Si l'on entre dans les pensées de plusieurs personnages et que rien n'échappe au narrateur : focalisation zéro.
- Si l'on ne connaît que les perceptions et pensées d'un seul personnage : focalisation interne.
- Si l'on ne perçoit que l'extérieur (gestes, paroles) sans aucune pensée : focalisation externe.
Attention : un même roman peut changer de focalisation d'un chapitre à l'autre.
8.4.5 La temporalité du récit
Le temps du récit n'est pas le temps réel : le romancier accélère, ralentit, saute des années ou s'arrête sur un instant. On distingue plusieurs rythmes (ou vitesses) du récit.
- La scène : le récit fait durer les événements aussi longtemps qu'ils dureraient dans la réalité (souvent un dialogue). Le rythme est lent.
- Le sommaire : le récit résume en quelques lignes une longue période (« Trois années passèrent »). Le rythme est rapide.
- L'ellipse : le récit passe sous silence une période, qui n'est pas racontée du tout. Le lecteur comprend qu'un laps de temps s'est écoulé.
- La pause : l'action s'interrompt pour une description ou un commentaire ; le temps de l'histoire est suspendu.
Le récit peut aussi jouer sur l'ordre des événements : le plus souvent chronologique, il peut comporter un retour en arrière (analepse), lorsque le narrateur revient sur un événement passé, ou une anticipation (prolepse), lorsqu'il annonce un événement futur.
8.4.6 L'incipit et la clôture
L'incipit désigne le début d'un roman (le mot vient du latin incipit, « il commence »). Il remplit plusieurs fonctions : il informe le lecteur (qui ? où ? quand ?), il crée une atmosphère et il donne envie de poursuivre la lecture. La fin du roman est appelée clôture (ou dénouement) : elle referme l'intrigue, mais peut rester ouverte pour laisser le lecteur s'interroger.
Le roman d'Albert Camus L'Étranger (1942) s'ouvre sur une phrase restée célèbre : « Aujourd'hui, maman est morte. » Cet incipit très bref surprend par sa simplicité et par l'indifférence apparente du narrateur, Meursault, qui raconte à la première personne. Dès la première ligne, le lecteur perçoit l'étrangeté du personnage : un homme détaché, presque insensible, qui deviendra le cœur du roman. L'incipit installe ainsi à la fois une voix, un ton et une énigme.
8.4.7 Le rôle de la description
La description interrompt l'action pour représenter un lieu, un objet ou un personnage. Loin d'être un simple ornement, elle a des fonctions précises : elle plante le décor et rend le monde crédible ; elle révèle le caractère d'un personnage ou sa condition sociale ; elle crée une atmosphère (inquiétante, paisible). Chez les réalistes, la description minutieuse des lieux et des objets est un moyen de faire vrai et d'ancrer les personnages dans un milieu social déterminé.
8.5 Réalisme et naturalisme
Au XIXe siècle, deux mouvements liés donnent au roman l'ambition de représenter fidèlement la société : le réalisme, puis le naturalisme qui en radicalise le projet.
Repère : Le naturalisme
Le naturalisme est un mouvement littéraire de la fin du XIXe siècle, prolongement du réalisme, dont le chef de file est Émile Zola. Les naturalistes veulent appliquer au roman une méthode d'inspiration scientifique : observer et documenter le réel (les milieux, les métiers, les conditions de vie), puis montrer comment l'être humain est déterminé par son hérédité et son milieu social. Zola illustre ce projet dans le vaste ensemble des Rougon-Macquart, « histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire », qui comprend notamment L'Assommoir (1877) et Germinal (1885). Guy de Maupassant, proche du mouvement, en est un autre grand nom.
Pour écrire Germinal (1885), roman sur une grève de mineurs, Émile Zola s'est rendu dans le bassin houiller du Nord, est descendu dans une mine et a pris de nombreuses notes sur le travail, les salaires et les conditions de vie des ouvriers. Cette enquête préalable illustre la méthode naturaliste : partir d'une documentation précise sur un milieu pour en donner une représentation à la fois exacte et frappante. Le roman montre comment la misère et le milieu pèsent sur le destin des personnages, conformément au projet de Zola.
Ne pas confondre réalisme et naturalisme :
- le réalisme (Balzac, Stendhal, Flaubert) veut peindre la société avec exactitude, par l'observation ;
- le naturalisme (Zola, Maupassant) prolonge ce projet en y ajoutant une ambition « scientifique » : montrer l'homme déterminé par son hérédité et son milieu, à partir d'une enquête documentée.
Le naturalisme est donc une forme plus systématique et plus radicale du réalisme.
8.6 Bilan
Du XVIIIe au XXIe siècle, le roman s'est imposé comme le genre le plus souple et le plus ambitieux de la littérature. Après les lettres et les mémoires du siècle des Lumières, le XIXe siècle en a fait la grande peinture de la société, avec le réalisme de Balzac, Stendhal et Flaubert, puis le naturalisme de Zola et Maupassant ; le XXe siècle en a interrogé les règles, de Proust au nouveau roman. Analyser un roman, c'est étudier son personnage (portrait, type, évolution) et la construction du récit : qui raconte (le narrateur), selon quel point de vue (la focalisation), dans quel ordre et à quel rythme (scène, sommaire, ellipse, pause), du premier mot (l'incipit) au dénouement. Ces outils, réutilisés dans tous les objets d'étude, permettent de passer de la simple lecture au commentaire d'un texte narratif.
8.7 Exercices
Exercice : Vocabulaire du récit
Associez chaque terme à sa définition : incipit, ellipse, focalisation interne, anti-héros.
- Passage de temps que le récit ne raconte pas.
- Début d'un roman.
- Personnage principal dépourvu des qualités traditionnelles du héros.
- Point de vue limité à ce que sait et ressent un seul personnage.
Solution
1 = ellipse ; 2 = incipit ; 3 = anti-héros ; 4 = focalisation interne.
Exercice : Réalisme ou naturalisme ?
Pour chacune des affirmations suivantes, indiquez si elle décrit plutôt le réalisme ou le naturalisme, et justifiez en une phrase.
- L'auteur descend dans une mine et enquête sur les salaires avant d'écrire son roman.
- L'auteur veut avant tout peindre avec exactitude la société de son temps.
- L'auteur cherche à montrer que le personnage est déterminé par son hérédité et son milieu.
Solution
- Naturalisme : l'enquête documentée d'inspiration scientifique est la méthode de Zola.
- Réalisme : peindre fidèlement la société par l'observation est le projet réaliste (Balzac, Flaubert).
- Naturalisme : l'idée que l'homme est déterminé par l'hérédité et le milieu est propre au naturalisme. Le naturalisme prolonge et radicalise le réalisme.
Exercice : Identifier le point de vue
Pour chaque situation, indiquez la focalisation (zéro, interne ou externe) :
- Le narrateur connaît les pensées secrètes de tous les personnages et annonce leur avenir.
- Le lecteur ne perçoit que les gestes et les paroles des personnages, sans jamais accéder à leurs pensées.
- Tout le passage est raconté à travers ce que voit, sait et ressent un unique personnage, qui peut d'ailleurs se tromper.
Solution
- Focalisation zéro (narrateur omniscient).
- Focalisation externe (le narrateur reste à l'extérieur, comme une caméra).
- Focalisation interne (point de vue limité à un seul personnage).
Exercice : Les rythmes du récit
Indiquez le rythme du récit (scène, sommaire, ellipse ou pause) illustré par chaque phrase.
- « Pendant dix ans, il voyagea de ville en ville, exerçant mille métiers. »
- Le narrateur interrompt l'action pour décrire longuement, sur une page entière, la façade d'une maison.
- Un long dialogue reproduit mot à mot une conversation entre deux personnages.
- Le chapitre se termine sur un mariage ; le suivant s'ouvre sur la naissance du troisième enfant du couple, sans que rien n'ait été dit des années intermédiaires.
Solution
- Sommaire (une longue période résumée en une phrase).
- Pause (l'action s'arrête pour une description).
- Scène (le récit épouse la durée réelle de la conversation).
- Ellipse (une période entière est passée sous silence).
Exercice : Auteur et narrateur
Un roman est écrit par Marcel Proust ; il est raconté à la première personne par un personnage qui dit « je » et vit dans le récit. Qui est l'auteur ? Qui est le narrateur ? Le narrateur est-il interne ou externe ? Expliquez pourquoi il ne faut pas les confondre.
Solution
L'auteur est Marcel Proust, la personne réelle qui écrit le livre. Le narrateur est le personnage fictif qui dit « je » et raconte l'histoire de l'intérieur : c'est un narrateur interne. Il ne faut pas les confondre car le narrateur, même lorsqu'il dit « je », reste un être de fiction créé par l'auteur ; ce qu'il pense ou vit n'est pas nécessairement ce que pense ou vit l'écrivain lui-même.