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L'Asie : géopolitique d'une région multipolaire

Cours complet · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 2e année), chapitre 10 · prépa ECG, 2e année

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L'Asie est la seule région du monde où voisinent cinq puissances nucléaires, deux États de plus d'un milliard d'habitants, la deuxième économie de la planète et le premier réseau d'alliances militaires des États-Unis. Elle n'a pourtant ni capitale, ni organisation continentale, ni monnaie commune, ni même de limite occidentale sur laquelle les géographes s'accordent.

C'est cette combinaison — une concentration de puissance sans centre de gravité — que le programme désigne du mot de multipolarité. Elle n'est pas un équilibre : elle est un jeu de rapports de force noués sur le temps long, dont presque aucune ligne n'a été refermée par un traité de paix.

Trois questions organisent ce chapitre. De quels héritages les pôles asiatiques tiennent-ils leur position ? Où passent les lignes que les États ne se reconnaissent pas les uns aux autres ? Quelles architectures de sécurité se sont construites par-dessus ? L'insertion économique de l'Asie fait l'objet du chapitre suivant, la comparaison des deux géants du dernier. Ici, on regarde qui pèse, contre qui, et sur quoi.

10.1 Un ensemble sans centre

Définition 10.1Multipolarité

Configuration où plusieurs pôles disposent chacun d'assez de ressources pour n'être contraints par aucun autre, sans qu'aucun puisse imposer sa loi à l'ensemble. Elle se distingue de l'unipolarité, où un seul domine, et de la bipolarité, où deux blocs encadrent les autres.

Définition 10.2Aire régionale

Ensemble d'États que rapprochent une contiguïté, des circulations denses et une histoire partagée, et dont les problèmes de sécurité sont plus liés entre eux qu'à ceux du reste du monde. Une aire régionale n'a ni frontière juridique ni institution : c'est un outil d'analyse, pas un acteur.

Figure 1. Les cinq sous-ensembles de l'Asie. La carte dit d'abord une chose négative : aucune de ces limites n'est une frontière. Elle en dit ensuite une positive : les sous-ensembles ne sont pas de même nature. L'Asie orientale est organisée autour d'un État qui pèse plus que tous ses voisins réunis ; l'Asie du Sud-Est est un chapelet d'États moyens dotés d'une organisation commune ; l'Asie du Sud est dominée par un géant que ses voisins équilibrent en s'appuyant sur d'autres ; l'Asie centrale est née d'une dislocation, en ; l'Asie russe est un espace presque vide adossé à une puissance dont le centre est en Europe.

Repère : L'Asie en ordres de grandeur

Population : de l'ordre de milliards d'habitants, soit environ % de l'humanité (Nations unies, estimation pour ). Produit : de l'ordre de % du produit mondial en parité de pouvoir d'achat, selon la délimitation retenue (FMI, années ). États : une cinquantaine, là encore selon la délimitation. Puissances nucléaires présentes : cinq — Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord, Russie — plus la garantie américaine étendue au Japon et à la Corée du Sud.

Attention

« L'Asie » n'a pas de définition unique, et le candidat doit dire laquelle il retient. Le découpage le plus large part de l'Oural et du Bosphore et englobe le Proche et le Moyen-Orient, que le programme traite dans un autre module. Le plus étroit ne garde que l'Asie orientale et l'Asie du Sud-Est. Celui retenu ici est intermédiaire : de l'Afghanistan au Japon, Asie centrale et Asie russe comprises. Un croquis qui ne dit pas où il s'arrête ne peut pas être noté.

Auteur : Halford Mackinder (1861-1947) — le pivot continental

Géographe britannique, The Geographical Pivot of History (). La thèse. L'histoire mondiale est commandée par l'opposition entre une masse continentale eurasiatique — le Heartland, inaccessible depuis la mer — et les puissances maritimes qui l'encerclent. Le concept le plus utile. Une position géographique impose des contraintes durables aux stratégies, quels que soient les régimes. La critique à connaître. La thèse est écrite avant l'aviation, le missile et le conteneur : le cœur continental n'est plus inaccessible. La filiation passe par Spykman, qui la retourne.

Auteur : Nicholas Spykman (1893-1943) — le rimland asiatique

Universitaire américain d'origine néerlandaise, The Geography of the Peace (). La thèse. Ce n'est pas le cœur continental qui commande, mais la bordure — le rimland, couronne de littoraux peuplés allant de l'Europe à la Chine. Le concept le plus utile. La bordure comme lieu du conflit : c'est là que se rencontrent puissance terrestre et puissance maritime, et là que se trouvent presque tous les foyers asiatiques. Ce qui l'a confirmé. La ligne des alliances américaines suit exactement le rimland : Japon, Corée du Sud, Philippines, Thaïlande, Australie. La filiation : l'endiguement, puis le vocabulaire de l'« Indo-Pacifique ». Lu avec Mackinder, Spykman fait voir que la Chine est à la fois dans le pivot et sur la bordure, d'où une politique simultanément continentale et navale.

10.2 Des pôles bâtis par l'histoire

Aucun pôle asiatique ne tient sa position d'un accident de géographie. Tous la tiennent d'un enchaînement d'événements datés, qu'il faut savoir replacer avant de comparer des capacités.

Figure 2. Neuf jalons de la recomposition asiatique, placés à l'échelle du temps. Le rythme se lit directement. Un : les trois premiers jalons sont des affirmations politiques — un régime, une conférence, une organisation — sans contenu économique. Deux : le plus grand vide de la frise, entre et , est la décennie où la Chine se transforme sans que la carte politique bouge. Trois : les trois derniers jalons sont des architectures, et non des révolutions — l'Asie se recompose désormais par des arrangements qui se superposent.

Repère : Ce que la frise ne peut pas porter

: capitulation du Japon, fin de son empire colonial. : indépendance et partition de l'Inde britannique. : armistice de Panmunjom, jamais transformé en traité de paix. : sécession du Bangladesh, et transfert du siège chinois aux Nations unies de Taipei à Pékin. : chute de Saïgon. : rétrocession de Hong Kong. : sentence arbitrale sur la mer de Chine méridionale. : coup d'État en Birmanie. Ces dates sont écartées parce que, à cette échelle, leur repère se confondrait avec le voisin : la règle du placement contraint le choix des jalons, pas seulement leur position.

Important

Trois héritages structurent les rapports de puissance en Asie. Un, la décolonisation y a produit des États dont plusieurs frontières ont été tracées par des tiers et jamais ratifiées par les deux voisins concernés. Deux, la guerre froide y a laissé trois lignes de front figées — la Corée, le détroit de Taïwan, l'Himalaya — que la fin de l'URSS n'a pas effacées, à la différence de l'Europe. Trois, l'ouverture économique chinoise, à partir de , a modifié le rapport de forces plus profondément qu'aucune guerre de la période.

Exemple 10.3Le Japon, puissance que le programme ne cite pas

Le programme demande de souligner « l'importance et le rôle de certains pays non cités, dont le Japon ». Deuxième économie mondiale de à , le Japon a été dépassé par la Chine cette année-là, puis par l'Allemagne en au taux de change courant. L'article de sa Constitution de lui interdit le recours à la guerre, et ses forces portent le nom de « forces d'autodéfense ». Il n'en est pas moins le pivot du dispositif américain en Asie orientale, il a porté sa dépense militaire vers % de son produit au milieu des années , et il est l'un des quatre membres du QUAD.

Auteur : Barry Buzan (né en 1946) — le complexe régional de sécurité

Universitaire britannique, Regions and Powers (, avec Ole Wæver). La thèse. La sécurité ne se pense ni à l'échelle mondiale ni à celle de l'État seul, mais à celle de complexes régionaux : des groupes d'États dont les perceptions de menace sont si liées qu'on ne peut analyser l'un sans les autres. Le concept le plus utile. La distinction entre le complexe et la puissance extérieure qui y pénètre : en Asie, les États-Unis n'appartiennent pas au complexe, ils y sont présents. L'application. L'Asie de l'Est et l'Asie du Sud, longtemps distinctes, se soudent en un seul complexe sous l'effet de la montée chinoise. La filiation : toute la littérature sur l'« Indo-Pacifique ».

Auteur : Kishore Mahbubani (né en 1948) — le siècle asiatique

Diplomate singapourien, The New Asian Hemisphere (), Has China Won? (). La thèse. Le retour de l'Asie n'est pas une nouveauté mais une restauration : jusqu'au début du XIXe siècle, la Chine et l'Inde produisaient l'essentiel de la richesse mondiale, et les deux siècles de domination occidentale sont l'anomalie à expliquer. Le concept le plus utile. La réussite économique des sociétés asiatiques n'entraîne pas leur adhésion aux formes politiques occidentales. La critique à connaître. L'auteur est un acteur autant qu'un analyste, et sa thèse minimise les conflits internes à l'Asie — précisément ceux dont ce chapitre traite.

10.3 Des lignes que personne ne reconnaît ensemble

Définition 10.4Ligne de contrôle

Ligne séparant les zones effectivement administrées par deux États sans qu'aucun traité ne l'ait consacrée comme frontière. Elle résulte d'un armistice ou d'un rapport de forces stabilisé. Sa particularité est décisive : la franchir n'est pas une invasion au sens du droit, ce qui rend l'incident plus probable et l'escalade moins maîtrisable.

Définition 10.5Revendication territoriale

Prétention publique d'un État sur un espace administré par un autre, ou par personne. Elle se distingue du différend frontalier, qui porte sur le tracé d'une limite acceptée dans son principe. Une carte de géopolitique ne montre pas des frontières : elle montre des revendications, et sa légende doit dire qui revendique quoi.

Figure 3. La mer de Chine méridionale : six prétendants, aucune frontière. La carte porte trois informations distinctes. Un : les aplats donnent les six États riverains qui revendiquent tout ou partie de l'espace — la Chine et Taïwan présentent la même revendication, héritée du même gouvernement d'avant . Deux : les neuf traits rouges figurent la ligne dite « en neuf traits », dont le tracé reproduit ici est schématique, la Chine n'en ayant jamais publié les coordonnées. Trois : les points marquent les archipels disputés. C'est la légende qui fait de ce dessin une carte de géopolitique.

Attention

Quatre erreurs reviennent sur la ligne en neuf traits. Un : ce n'est pas une frontière maritime, et la Chine ne l'a jamais présentée comme telle — elle parle de « droits historiques », notion que la convention des Nations unies sur le droit de la mer ne connaît pas. Deux : elle n'est pas définie par des coordonnées publiées, donc littéralement intraçable avec exactitude. Trois : elle est revendiquée aussi par Taïwan, qui l'a héritée de la même carte de . Quatre : la sentence arbitrale du juillet , rendue à La Haye dans l'affaire opposant les Philippines à la Chine, a jugé qu'elle n'avait aucun fondement juridique ; la Chine n'a pas participé à la procédure et ne la reconnaît pas. Une sentence non exécutée change le vocabulaire du différend, pas sa carte.

Exemple 10.6Trois différends, trois régimes

Les Paracels sont occupés par la Chine seule depuis , à l'issue d'un affrontement avec le Sud-Viêt Nam ; le Viêt Nam et Taïwan les revendiquent. Un occupant, deux contestataires. Les Spratleys sont un semis de récifs occupés simultanément par cinq acteurs — Chine, Taïwan, Viêt Nam, Philippines, Malaisie — et revendiqués en tout ou partie par six. Occupation enchevêtrée. Le récif de Scarborough n'était occupé par personne jusqu'à ce que la Chine en prenne le contrôle en , sans combat, à l'issue d'une confrontation avec les Philippines. Trois situations que le mot « conflit » confondrait.

Figure 4. Dix foyers de tension, du Pamir aux Kouriles. Le fait le plus important tient dans la légende : aucun de ces dix foyers n'oppose deux États sur une frontière que les deux reconnaissent. Ce sont des lignes d'armistice (Corée), des lignes de contrôle (Cachemire, Himalaya), des occupations contestées (Kouriles, Paracels), des revendications sans tracé publié (mer de Chine méridionale), un statut international non tranché (Taïwan) ou des frontières héritées d'une dislocation (Ferghana). L'Asie ne manque pas de traités : elle manque de traités de paix.

Exemple 10.7La péninsule coréenne, une guerre jamais close

Les combats ont cessé le juillet par un armistice, signé par le commandement des Nations unies, la Chine et la Corée du Nord — la Corée du Sud ne l'a pas signé. Aucun traité de paix n'a suivi. La ligne de démarcation, longue d'environ kilomètres, est bordée d'une zone démilitarisée de quatre kilomètres de large. Les deux États se reconnaissent aux Nations unies, où ils sont entrés ensemble en , tout en revendiquant chacun la péninsule entière dans sa Constitution. La Corée du Nord a procédé à son premier essai nucléaire en .

Auteur : Bill Hayton (né en 1968) — la mer de Chine méridionale

Journaliste et chercheur britannique, The South China Sea: The Struggle for Power in Asia (). La thèse. Les revendications concurrentes ne sont pas la survivance d'un ordre ancien : ce sont des constructions récentes, forgées au XXe siècle par des États en formation cherchant à se donner une profondeur historique. Le concept le plus utile. L'invention de la tradition appliquée à la cartographie : une carte ancienne exhumée n'établit pas un titre, elle établit qu'on en cherche un. Ce qui l'appuie. La ligne en onze traits de , réduite à neuf en sans explication publique, n'a jamais reçu de définition en coordonnées. La critique. Le même scepticisme appliqué à toutes les parties lui vaut d'être contesté par chacune.

Méthode : Traiter un sujet sur un différend territorial asiatique

  • Dire ce qui est occupé et ce qui est revendiqué : deux faits différents, donc deux figurés différents sur la carte.
  • Nommer tous les revendiquants. Oublier Taïwan en mer de Chine méridionale transforme un différend multilatéral en face-à-face.
  • Dater la ligne. , , , , : une ligne de contrôle porte la date du rapport de forces qui l'a figée.
  • Distinguer le droit et le fait. Une sentence non exécutée, une reconnaissance refusée, un traité de paix absent : le droit compte, mais il ne suffit pas à décrire la carte.
  • Ne pas transformer un foyer en guerre annoncée : plusieurs de ces lignes tiennent depuis soixante-dix ans.

10.4 Des architectures de sécurité qui se chevauchent

Définition 10.8Système en étoile

Dispositif d'alliances où une puissance centrale conclut des traités bilatéraux distincts avec plusieurs partenaires, sans que ceux-ci soient liés entre eux. C'est la forme prise par les alliances américaines en Asie après , par opposition à l'alliance multilatérale choisie en Europe avec l'Alliance atlantique.

Figure 5. Qui participe à quoi : une grille, non des ensembles emboîtés. Trois ellipses emboîtées affirmeraient une inclusion qui n'existe pas ; la grille n'affirme que ce qu'elle montre, case par case. Un : l'Inde est le seul État de la grille à figurer à la fois dans le QUAD, aux côtés des États-Unis, et dans l'Organisation de coopération de Shanghai, aux côtés de la Chine et de la Russie. Deux : deux membres de l'ASEAN — les Philippines et la Thaïlande — sont aussi liés aux États-Unis par un traité de défense. Aucune colonne ne contient une autre.

Attention

L'erreur la plus fréquente consiste à dessiner la géopolitique asiatique comme deux blocs, les États-Unis et leurs alliés d'un côté, la Chine et la Russie de l'autre. La figure suffit à la démentir. L'Inde est dans les deux dispositifs ; le Viêt Nam, qui a combattu la Chine en , n'est l'allié de personne ; l'Indonésie revendique le non-alignement depuis Bandung ; la Corée du Sud, alliée des États-Unis, a la Chine pour premier partenaire commercial. Un schéma faux est plus dommageable qu'un schéma absent : il s'apprend.

Exemple 10.9Trois arrangements, trois natures

Le QUAD n'est pas une alliance : c'est un dialogue, sans traité, sans clause de défense mutuelle et sans secrétariat, réuni au niveau des chefs d'État depuis . AUKUS, annoncé en septembre , est un partenariat capacitaire portant d'abord sur la propulsion nucléaire de sous-marins australiens. L'Organisation de coopération de Shanghai, née en de la coopération frontalière sino-russe en Asie centrale, est une organisation dotée d'un secrétariat ; elle réunit dix membres, dont l'Inde et le Pakistan depuis , sans clause de défense mutuelle non plus.

Figure 6. Six efforts militaires à la même échelle. Un : la première puissance militaire présente en Asie est un État qui n'y est pas — les États-Unis dépensent de l'ordre de trois fois ce que dépense la Chine, et environ deux fois ce que dépensent ensemble la Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud. Deux : les écarts à l'intérieur de l'Asie sont eux-mêmes très grands, le budget chinois valant de l'ordre de trois fois et demie le budget indien. La multipolarité n'est donc pas une égalité entre pôles : c'est l'absence d'un pôle capable de contraindre tous les autres.

Attention

Une dépense n'est pas une capacité. Le chiffre chinois est une estimation produite par un institut extérieur, Pékin ne publiant pas de budget au format international. À dollar égal, un État où la solde coûte moins cher achète davantage de forces : c'est l'argument, discuté, d'une comparaison en parité de pouvoir d'achat.

Auteur : François Godement (né en 1949) — lire la stratégie chinoise

Historien et sinologue français, fondateur d'Asia Centre, Que veut la Chine ? (), Les mots de Xi Jinping (). La thèse. La politique extérieure chinoise se comprend mieux par la lecture attentive de ses propres textes que par la projection de nos catégories : le vocabulaire officiel y est un instrument de gouvernement, et ses inflexions annoncent les tournants. Le concept le plus utile. La distinction entre les objectifs affichés, les moyens engagés et les résultats obtenus — trois plans que les commentaires confondent. Ce qu'il apporte ici. Les architectures régionales chinoises visent moins à constituer un bloc qu'à multiplier les enceintes où les États-Unis ne siègent pas.

iRemarque

Une conséquence pratique de tout ce qui précède : en Asie, la sécurité et l'économie ne se superposent pas. La plupart des alliés militaires des États-Unis ont la Chine pour premier partenaire commercial ; la plupart des partenaires commerciaux de la Chine achètent leur sécurité ailleurs. Cette dissociation explique pourquoi les États asiatiques refusent presque tous de choisir — et elle relie ce chapitre au suivant, dont les flux traversent les lignes qu'on vient de décrire.

Important

Un, l'Asie est multipolaire non parce que ses pôles s'équilibrent, mais parce qu'aucun n'a les moyens de contraindre les autres, et parce que la première puissance militaire qui y est présente lui est extérieure. Deux, presque toutes ses lignes de séparation sont des lignes de contrôle ou de revendication, non des frontières reconnues : héritage d'une décolonisation et d'une guerre froide non suivies de traités de paix. Trois, ses architectures de sécurité se superposent au lieu de s'exclure, et aucun État, l'Inde en tête, ne se laisse ranger dans un camp.

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