La difficile entrée dans l'âge démocratique : la Deuxième République et le Second Empire (1848-1870)
Cours complet · histoire (première), chapitre 3 · première, histoire-géographie
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En février 1848, la monarchie de Juillet s'effondre à Paris en quelques jours. Pour la deuxième fois depuis 1792, la France se dote d'une république. Mais l'espoir démocratique et social qui accompagne la révolution de 1848 est rapidement déçu : la Deuxième République, née dans l'enthousiasme, se brise sur la question sociale, puis se laisse confisquer par un homme, Louis-Napoléon Bonaparte, qui fonde en 1852 le Second Empire.
Ce chapitre couvre une période courte mais décisive (1848-1870) où se joue l'apprentissage heurté de la démocratie. Il pose une question centrale : comment un régime peut-il conjuguer le suffrage universel — conquête majeure de 1848 — et l'autoritarisme ? Le Second Empire invente en effet une forme originale de pouvoir, à la fois plébiscitaire (il s'appuie sur le vote populaire) et autoritaire, avant de se libéraliser lentement à partir de 1860. Deux points de passage éclairent ces ambiguïtés : l'abolition de l'esclavage en 1848 et la transformation de Paris par le baron Haussmann.
3.1 La Deuxième République : l'espoir démocratique et social (1848)
3.1.1 De la révolution de Février à la proclamation de la République
La révolution éclate à Paris les 22, 23 et 24 février 1848, à la suite de l'interdiction d'un banquet réformiste réclamant l'élargissement du droit de vote. Le roi Louis-Philippe, débordé par l'insurrection populaire, abdique et s'enfuit. Le 24 février 1848, la République est proclamée à l'Hôtel de Ville de Paris. Un gouvernement provisoire, réunissant des républicains modérés (Lamartine) et des socialistes (Louis Blanc, l'ouvrier Albert), prend le pouvoir.
Dès les premières semaines, ce gouvernement adopte des mesures qui font de 1848 une rupture démocratique majeure.
- 5 mars 1848 : décret instaurant le suffrage universel masculin. Le corps électoral passe de 250 000 à environ 9 millions d'électeurs (tous les hommes de plus de 21 ans).
- Liberté de la presse et liberté de réunion : floraison de journaux et de clubs politiques.
- 27 avril 1848 : décret d'abolition de l'esclavage dans les colonies.
- Abolition de la peine de mort en matière politique.
Droit de vote reconnu à tous les citoyens hommes, sans condition de fortune ni de cens. Instauré définitivement en France en mars 1848, il exclut encore les femmes (qui ne voteront qu'en 1944). C'est la conquête démocratique fondamentale de la Deuxième République, que même les régimes autoritaires suivants n'oseront pas abolir.
3.1.2 Point de passage : l'abolition de l'esclavage (27 avril 1848)
La Révolution française avait aboli l'esclavage en 1794, mais Bonaparte, alors Premier consul, l'avait rétabli en 1802. Sous la Deuxième République, le combat abolitionniste est porté par Victor Schœlcher (1804-1893), sous-secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies.
Le décret du 27 avril 1848 déclare que « l'esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises ». Il concerne environ 250 000 esclaves, principalement aux Antilles (Guadeloupe, Martinique), à La Réunion et en Guyane. Le texte affirme un principe fort : « nulle terre française ne peut plus porter d'esclaves ».
Une portée démocratique et républicaine. Les anciens esclaves deviennent citoyens et reçoivent le droit de vote (suffrage universel masculin). L'abolition s'accompagne d'une indemnisation des propriétaires d'esclaves. Schœlcher incarne l'idéal humaniste de 1848 : la République associe l'émancipation politique (le suffrage) et l'émancipation des personnes (la fin de l'esclavage). Ce point de passage montre que la Deuxième République n'a pas été qu'un échec : elle a inscrit dans le droit une avancée irréversible.
3.1.3 La question sociale et les journées de Juin
La révolution de 1848 est aussi une révolution sociale. Sous la pression des ouvriers parisiens, le gouvernement provisoire proclame le « droit au travail » : la République reconnaît à chaque citoyen le droit d'obtenir un emploi. Pour lutter contre le chômage, elle crée les ateliers nationaux, chantiers publics qui emploient bientôt plus de 100 000 hommes à Paris.
Mais deux visions de la République s'affrontent :
- la République démocratique, portée par les modérés, qui veut établir les libertés politiques mais s'inquiète du coût et de l'agitation sociale ;
- la République démocratique et sociale (« la sociale »), portée par les ouvriers et les socialistes, qui veut que la République garantisse aussi le pain et le travail.
Les élections d'avril 1848, au suffrage universel, donnent une majorité aux républicains modérés et aux conservateurs : la province, majoritairement rurale et catholique, est plus prudente que le Paris ouvrier. La nouvelle Assemblée constituante décide de fermer les ateliers nationaux, jugés trop coûteux.
Du 23 au 26 juin 1848, les ouvriers parisiens se soulèvent contre la fermeture des ateliers nationaux. L'insurrection est écrasée dans le sang par l'armée dirigée par le général Cavaignac : plusieurs milliers de morts, des milliers d'arrestations et de déportations.
Les journées de Juin marquent une fracture durable entre la bourgeoisie républicaine et le monde ouvrier, et entre la République « modérée » et la République « sociale ». La peur sociale l'emporte : la République se durcit et se tourne vers l'ordre.
3.2 De la République à l'Empire : la confiscation du pouvoir (1848-1852)
3.2.1 La présidence de Louis-Napoléon Bonaparte
La Constitution de novembre 1848 institue un président de la République élu au suffrage universel pour quatre ans. L'élection présidentielle du 10 décembre 1848 est un coup de tonnerre : Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, l'emporte avec près de 75 % des voix, écrasant Cavaignac et Lamartine.
Comment expliquer ce triomphe ? Le nom de Bonaparte évoque à la fois la gloire, l'ordre et la protection du peuple : les paysans votent pour la « légende napoléonienne », les conservateurs y voient un rempart contre le désordre, tandis que les ouvriers se souviennent de la répression de Juin. Louis-Napoléon apparaît comme l'homme du recours.
Très vite, des tensions opposent le président à l'Assemblée législative (élue en mai 1849), dominée par le « parti de l'Ordre » (conservateurs, monarchistes, catholiques). Ce parti mène une politique réactionnaire :
- la loi Falloux (1850) donne à l'Église un rôle accru dans l'enseignement ;
- la loi électorale du 31 mai 1850 exige trois ans de résidence stable pour voter, ce qui exclut environ 3 millions d'électeurs parmi les plus pauvres et les plus mobiles : le suffrage universel est de fait mutilé.
Habilement, Louis-Napoléon se pose alors en défenseur du suffrage universel contre l'Assemblée, préparant son propre coup de force.
3.2.2 Le coup d'État du 2 décembre 1851
La Constitution interdit au président de se représenter. Plutôt que de quitter le pouvoir, Louis-Napoléon organise un coup d'État le 2 décembre 1851 — date symbolique de l'anniversaire du sacre de Napoléon Ier et d'Austerlitz. Il dissout l'Assemblée, fait arrêter les principaux opposants et rétablit le suffrage universel intégral.
La résistance, à Paris comme dans certaines campagnes du Sud et du Centre, est réprimée : des milliers d'arrestations et des déportations (notamment vers l'Algérie et Cayenne). Le coup d'État est ensuite légitimé par un plébiscite : consulté les 20 et 21 décembre 1851, le peuple approuve massivement (plus de 7 millions de « oui »).
Vote par lequel les citoyens répondent par « oui » ou « non » à une question posée par le pouvoir, souvent formulée comme un vote de confiance envers un homme. Le plébiscite mobilise le suffrage universel, mais sans réel débat ni choix : il légitime le pouvoir en place plus qu'il ne le contrôle. C'est l'instrument privilégié du bonapartisme.
3.2.3 Le rétablissement de l'Empire (2 décembre 1852)
Un nouveau plébiscite, en novembre 1852, approuve le rétablissement de la dignité impériale. Le 2 décembre 1852, jour anniversaire du coup d'État et du sacre de 1804, Louis-Napoléon devient Napoléon III, « empereur des Français ». La Deuxième République, née en février 1848, est morte moins de cinq ans plus tard.
De la République à l'Empire en moins de cinq ans.
3.3 Le Second Empire autoritaire (1852-1860)
3.3.1 Un régime qui contrôle et encadre
Dans sa première décennie, le Second Empire est un régime autoritaire. Le pouvoir est concentré entre les mains de l'empereur ; le Corps législatif, élu au suffrage universel, dispose de pouvoirs très réduits et ne peut ni proposer les lois ni contrôler réellement le gouvernement.
Le régime encadre étroitement la vie politique :
- contrôle de la presse : système d'autorisation préalable, censure, avertissements et suspensions ;
- candidatures officielles : lors des élections, l'administration soutient ouvertement le candidat du gouvernement (affiches, pression des préfets), ce qui fausse le jeu du suffrage universel ;
- surveillance des opposants (républicains, mais aussi certains catholiques et monarchistes) ;
- recours régulier au plébiscite pour légitimer le pouvoir.
Pratique par laquelle le gouvernement du Second Empire désigne et soutient un candidat aux élections législatives, en mobilisant les préfets, les maires et l'administration. Le suffrage universel est maintenu, mais orienté : l'électeur est fortement incité à voter pour le candidat « du gouvernement ». C'est un exemple typique de la conjugaison entre suffrage universel et autoritarisme.
3.3.2 L'appui sur l'ordre et la prospérité
Le Second Empire tire sa légitimité de deux piliers : le maintien de l'ordre (après la peur sociale de 1848) et la prospérité économique. Napoléon III se veut l'empereur du progrès et du bien-être matériel : « l'Empire, c'est la paix », affirme-t-il. La croissance économique des années 1850, l'essor du commerce et des grands travaux nourrissent l'adhésion d'une partie de la population, en particulier des paysans et des notables.
Les institutions du Second Empire : un pouvoir concentré sur l'empereur, adossé au suffrage universel mais qui le contrôle.
L'organigramme des institutions montre le paradoxe du régime : le peuple, par le suffrage universel, légitime l'empereur (plébiscites) et élit le Corps législatif, mais celui-ci ne dispose d'aucun pouvoir réel face à Napoléon III, qui nomme lui-même le Sénat et le gouvernement. La souveraineté populaire est invoquée, mais confisquée dans son exercice quotidien.
| Domaine | Empire autoritaire (1852-1860) | Empire libéral (1860-1870) |
|---|---|---|
| Presse | Censure, autorisation préalable | Liberté de la presse (1868) |
| Assemblée | Corps législatif sans pouvoir réel | Empire parlementaire (1870) |
| Réunions | Interdites ou surveillées | Liberté de réunion (1868) |
| Ouvriers | Interdiction de la grève | Droit de grève (1864) |
| Élections | Candidatures officielles | Opposition républicaine renforcée |
3.4 Le Second Empire libéral et la modernisation (1860-1870)
3.4.1 Le tournant libéral
À partir de 1860, affaibli par des difficultés extérieures et soucieux d'élargir sa base, Napoléon III accorde des concessions qui transforment peu à peu le régime. On parle d'Empire libéral.
- 1860 : le Corps législatif obtient le droit de discuter chaque année la politique impériale (droit d'adresse).
- 1864 : reconnaissance du droit de grève (loi Ollivier), avancée majeure pour le monde ouvrier.
- 1868 : liberté de la presse et liberté de réunion rétablies.
- Janvier 1870 : formation d'un ministère dirigé par Émile Ollivier : l'Empire devient parlementaire — le gouvernement est désormais responsable devant le Corps législatif.
- Mai 1870 : un dernier plébiscite approuve largement les réformes libérales (plus de 7 millions de « oui »).
L'opposition, notamment républicaine, se renforce pourtant : dès les élections de 1863 et 1869, les candidats républicains progressent dans les grandes villes. Le régime, en s'ouvrant, laisse aussi respirer ses adversaires. Cette évolution est brutalement interrompue par la guerre contre la Prusse : la défaite de Sedan, le 2 septembre 1870, entraîne la chute de Napoléon III et la proclamation de la Troisième République le 4 septembre 1870 (voir chapitre suivant).
3.4.2 La modernisation économique
Le Second Empire est une période de transformation économique profonde, dans le prolongement de la révolution industrielle :
- essor industriel : développement de la sidérurgie, du charbon, du textile ;
- révolution ferroviaire : le réseau de chemins de fer passe d'environ 3000 à près de 18 000 kilomètres, unifiant le marché national ;
- révolution bancaire : création de grands établissements de crédit — le Crédit foncier (1852), le Crédit lyonnais (1863), la Société générale (1864) — qui financent l'industrie et les travaux ;
- libre-échange : le traité de commerce de 1860 avec le Royaume-Uni (Cobden-Chevalier) abaisse fortement les droits de douane et ouvre la France à la concurrence internationale.
3.4.3 Une société qui se transforme
La croissance économique s'accompagne de mutations sociales profondes. L'exode rural s'amorce : les campagnes commencent à se vider au profit des villes industrielles et de Paris, où la population passe le million d'habitants. La bourgeoisie d'affaires (banquiers, industriels, négociants) s'affirme comme la classe dominante, tandis que se constitue un vaste monde ouvrier concentré dans les faubourgs, aux conditions de vie souvent difficiles.
L'Empire encourage cette modernisation par de grandes manifestations : les Expositions universelles de Paris (1855 et 1867) célèbrent le progrès technique, le commerce et le prestige du régime. Les débuts des grands magasins (Le Bon Marché, 1852) inventent une nouvelle forme de consommation. Napoléon III mène par ailleurs une politique extérieure active (guerre de Crimée, campagne d'Italie aux côtés du Piémont en 1859, expédition du Mexique), qui contribue d'abord à son prestige avant d'affaiblir le régime.
3.4.4 Point de passage : le baron Haussmann transforme Paris
En 1853, Napoléon III confie au préfet de la Seine, le baron Georges Eugène Haussmann, la modernisation de Paris. Pendant près de vingt ans, la capitale est bouleversée par des travaux gigantesques.
Les grands travaux. Haussmann fait percer de larges boulevards rectilignes qui éventrent les vieux quartiers médiévaux insalubres ; il crée de vastes places, des gares, des parcs (bois de Boulogne, de Vincennes, parc des Buttes-Chaumont), l'Opéra Garnier, et surtout un immense réseau d'égouts et d'adduction d'eau. Les immeubles « haussmanniens », à la façade régulière en pierre de taille, donnent à Paris son visage actuel.
Des enjeux multiples.
- Hygiéniste : élargir les rues, apporter l'eau et évacuer les eaux usées pour lutter contre les épidémies (le choléra avait fait des ravages) ; c'est un enjeu de santé publique.
- Économique : les chantiers emploient une main-d'œuvre nombreuse et stimulent l'activité ; ils affirment le prestige du régime.
- Social : les percées chassent les populations pauvres du centre vers la périphérie (est parisien), accentuant la ségrégation sociale de l'espace urbain.
- Politique et militaire : les larges avenues rectilignes facilitent la circulation de la troupe et rendent plus difficile l'érection de barricades — souvenir des révolutions de 1830 et 1848.
Ce point de passage illustre le Second Empire : un régime qui modernise et embellit, mais dont les grands travaux servent aussi l'ordre et le contrôle de la population. Haussmann, critiqué pour le coût et les expropriations, est finalement écarté en 1870.
3.5 Méthode
Méthode : Confronter deux documents
Confronter deux documents, c'est les mettre en relation pour en tirer une analyse, et non les décrire l'un après l'autre. Exemple : une affiche officielle célébrant le suffrage universel (1848) face à une caricature dénonçant le coup d'État de décembre 1851.
Étapes à suivre :
- Identifier chaque document : nature (affiche, caricature, gravure), auteur, date, contexte. Une affiche officielle émane du pouvoir ; une caricature exprime souvent une opinion critique.
- Dégager le point de vue de chacun : que veut montrer le document ? Quel message transmet-il, avec quels procédés (symboles, allégories, légende) ?
- Confronter : les documents se complètent-ils, se contredisent-ils, ou éclairent-ils deux facettes d'un même événement ? Ici, l'un célèbre la conquête démocratique de 1848, l'autre dénonce sa confiscation en 1851.
- Conclure en reliant à une problématique : ces deux documents montrent l'ambiguïté de la période, entre espoir démocratique et dérive autoritaire.
Piège à éviter : ne jamais paraphraser un document isolément. La confrontation exige de croiser les informations et de garder un regard critique sur l'origine de chaque source.
3.6 Frise chronologique récapitulative
Frise 1848-1870 : en bleu la Deuxième République (1848-1852), en rouge le Second Empire (1852-1870).
| Date | Événement |
|---|---|
| 24 février 1848 | Proclamation de la Deuxième République |
| 5 mars 1848 | Décret instaurant le suffrage universel masculin |
| 27 avril 1848 | Abolition de l'esclavage (Victor Schœlcher) |
| 23-26 juin 1848 | Journées de Juin, répression par Cavaignac |
| 10 décembre 1848 | Louis-Napoléon Bonaparte élu président |
| 31 mai 1850 | Loi restreignant le suffrage universel |
| 2 décembre 1851 | Coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte |
| 2 décembre 1852 | Rétablissement de l'Empire : Napoléon III |
| 1860 | Traité de libre-échange ; début de l'Empire libéral |
| 1864 | Reconnaissance du droit de grève |
| 1868 | Libertés de la presse et de réunion |
| Janvier 1870 | Empire parlementaire (ministère Ollivier) |
3.7 Bilan
Entre 1848 et 1870, la France fait l'apprentissage heurté de la démocratie. La Deuxième République a inscrit des acquis irréversibles — le suffrage universel masculin et l'abolition de l'esclavage — mais elle s'est brisée sur la question sociale, dès les journées de Juin, puis a été confisquée par le coup d'État de 1851. Le Second Empire a ensuite inventé une forme originale de pouvoir : un régime autoritaire qui conserve le suffrage universel mais le maîtrise (plébiscites, candidatures officielles), avant de se libéraliser lentement à partir de 1860. Modernisation économique, essor ferroviaire et transformation de Paris ont accompagné cette parenthèse impériale, qui s'achève dans la défaite de 1870.
Propriété : Synthèse du chapitre
- La Deuxième République (1848-1852) instaure le suffrage universel masculin (5 mars 1848, 9 millions d'électeurs) et abolit l'esclavage (27 avril 1848, Schœlcher) : c'est l'espoir démocratique et social.
- La question sociale (droit au travail, ateliers nationaux) provoque une fracture : les journées de Juin 1848, réprimées par Cavaignac, opposent République modérée et République « sociale ».
- Louis-Napoléon Bonaparte, élu président au suffrage universel le 10 décembre 1848, s'empare du pouvoir par le coup d'État du 2 décembre 1851, puis rétablit l'Empire le 2 décembre 1852 (Napoléon III).
- Le Second Empire autoritaire (1852-1860) contrôle la presse, use des candidatures officielles et des plébiscites, en s'appuyant sur l'ordre et la prospérité.
- Le Second Empire libéral (1860-1870) accorde le droit de grève (1864), les libertés de presse et de réunion (1868), puis devient parlementaire (1870).
- La modernisation (chemins de fer, banques, libre-échange de 1860, travaux d'Haussmann à Paris) transforme l'économie et l'espace urbain.
- Le régime illustre une ambiguïté centrale : il conjugue le suffrage universel masculin et l'autoritarisme — un apprentissage heurté de la démocratie.