Nombres complexes
Cours complet · mathématiques MPSI, chapitre 3 · MPSI (classe préparatoire scientifique)
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<i class="fa-solid fa-compass mr-2" style="color:#9A563B"></i>3.1 Introduction et motivation
Les nombres complexes sont nés au XVIe siècle d'un paradoxe : pour résoudre certaines équations du troisième degré dont les solutions sont pourtant bien réelles, les algébristes italiens (Cardan, Tartaglia, Bombelli) durent accepter de calculer, en cours de route, avec des racines carrées de nombres négatifs. Ces quantités « impossibles » se révélèrent si efficaces qu'elles devinrent un objet mathématique à part entière : le corps .
Ce chapitre développe une solide pratique des nombres complexes à travers trois aspects, que de nombreuses figures viendront illustrer :
- l'étude algébrique du corps et la notion d'équation algébrique ;
- l'interprétation géométrique des nombres complexes et leur utilisation en géométrie plane ;
- l'exponentielle complexe et ses applications à la trigonométrie.
L'idée directrice est un va-et-vient permanent : un calcul algébrique se lit sur une figure, et une propriété géométrique se démontre par un calcul.
3.2 Le corps des nombres complexes
3.2.1 Forme algébrique
Il existe un ensemble , contenant , muni d'une addition et d'une multiplication qui prolongent celles de , et contenant un élément vérifiant , tel que tout élément s'écrive de manière unique sous la forme :
Cette écriture est la forme algébrique de . Le réel est la partie réelle de , notée , et le réel est sa partie imaginaire, notée .
La construction de (par exemple comme ensemble de couples de réels) est hors programme : on admet son existence et on apprend à y calculer. Notons que la partie imaginaire est un nombre réel : , et non .
Deux nombres complexes sont égaux si et seulement s'ils ont même partie réelle et même partie imaginaire :
En particulier, est réel si et seulement si , et est imaginaire pur si et seulement si . L'ensemble des imaginaires purs est noté .
3.2.2 Opérations
Pour et en forme algébrique :
Tout nombre complexe non nul admet un inverse :
Muni de ces opérations, est un corps : les règles de calcul usuelles (associativité, commutativité, distributivité) sont les mêmes que dans .
Démonstration
La formule du produit s'obtient en développant et en remplaçant par . Pour l'inverse, on vérifie directement, avec car :
Pour écrire un quotient sous forme algébrique, on multiplie numérateur et dénominateur par la quantité conjuguée du dénominateur :
Il n'existe aucune relation d'ordre sur compatible avec les opérations : écrire entre deux complexes non réels n'a aucun sens. Les inégalités ne porteront que sur des quantités réelles : parties réelle et imaginaire, module.
3.2.3 Extension des identités algébriques
Les démonstrations du chapitre précédent (sommes géométriques, factorisation, binôme) n'utilisent que les règles de calcul d'un corps : elles restent donc valables dans mot pour mot.
Pour tous et tout :
- Somme géométrique : si , (et si ).
- Factorisation : ().
- Binôme de Newton : .
, d'où et plus généralement . Le binôme permet aussi de développer et d'en séparer parties réelle et imaginaire — nous y reviendrons avec la forme trigonométrique.
3.2.4 Le plan complexe
On munit le plan usuel d'un repère orthonormé direct . À tout nombre complexe on associe :
- le point , appelé image de ; réciproquement, est l'affixe du point ;
- le vecteur , dont est l'affixe.
Cette double identification de avec le plan est si naturelle que l'on parle du plan complexe : l'axe des abscisses est l'axe réel, l'axe des ordonnées l'axe imaginaire.
Soient et deux points d'affixes et .
- L'affixe du vecteur est .
- L'affixe de la somme de deux vecteurs est la somme des affixes ; l'affixe de () est fois l'affixe de .
- Le milieu de a pour affixe .
L'addition des nombres complexes se lit donc géométriquement comme l'addition des vecteurs (règle du parallélogramme).
3.3 Conjugaison et module
3.3.1 Conjugaison
Le conjugué de (avec ) est le nombre complexe :
Dans le plan complexe, le point d'affixe est le symétrique du point d'affixe par rapport à l'axe réel.
Pour tous et tout :
Pour tout :
En particulier :
Ces caractérisations sont d'un usage constant : pour montrer qu'une quantité complexe est réelle, il est souvent plus rapide de vérifier qu'elle est égale à son conjugué que de calculer sa forme algébrique.
3.3.2 Module
Le module de (avec ) est le réel positif :
C'est la distance du point d'affixe à l'origine, et la norme du vecteur d'affixe . Pour réel, le module coïncide avec la valeur absolue.
Si et sont les points d'affixes et , alors est la distance . Par conséquent, pour :
- est le cercle de centre et de rayon ;
- est le disque fermé de centre et de rayon ;
- est le disque ouvert correspondant (privé du cercle frontière).
Pour tous et tout :
De plus , et pour :
Démonstration
Avec : . Pour le produit :
et on conclut en prenant la racine carrée (les modules sont positifs). Le quotient s'en déduit en écrivant , et la puissance par récurrence immédiate.
La relation est l'outil de calcul central de cette section : c'est elle qui justifie la « multiplication par la quantité conjuguée » pour mettre un quotient sous forme algébrique, et c'est elle qui sert à démontrer l'inégalité triangulaire ci-dessous.
Pour tout :
avec égalité dans la première si et seulement si est réel, dans la seconde si et seulement si est imaginaire pur.
3.3.3 Inégalité triangulaire
Pour tous :
avec égalité si et seulement si ou s'il existe tel que (on dit que et sont positivement colinéaires). On en déduit la seconde inégalité triangulaire :
Démonstration
Développons le carré du module à l'aide de :
Or , d'où :
et on conclut par croissance de la racine carrée sur les réels positifs. L'égalité a lieu si et seulement si , c'est-à-dire si . Si , c'est acquis ; sinon, en divisant par , cette condition équivaut à , c'est-à-dire avec .
Pour la seconde inégalité : donne ; en échangeant les rôles de et , on obtient l'autre sens.
Géométriquement, l'inégalité triangulaire dit qu'un côté d'un triangle est plus court que la somme des deux autres, le cas d'égalité correspondant à un triangle aplati — d'où son nom.
3.4 Nombres complexes de module 1 et trigonométrie
3.4.1 Le cercle unité et la notation
On note l'ensemble des nombres complexes de module :
Dans le plan complexe, s'identifie au cercle trigonométrique : un point du cercle repéré par l'angle a pour affixe .
Pour tout , on pose :
Pour tout , , et réciproquement tout élément de s'écrit pour un certain . De plus :
Valeurs remarquables : , , , , .
La célèbre identité relie en une ligne les cinq constantes fondamentales , , , et .
Pour tous :
En conséquence, pour tous :
Démonstration
Développons le produit et reconnaissons les formules d'addition :
La formule de l'inverse vient de , et le conjugué de .
Cette propriété justifie la notation exponentielle : la fonction transforme les sommes en produits, exactement comme l'exponentielle réelle. C'est tout son intérêt : les formules de trigonométrie deviennent des règles de calcul sur les puissances.
3.4.2 Formules d'Euler et technique de l'angle moitié
Pour tout :
Démonstration
Il suffit d'ajouter et de soustraire les égalités et .
Pour tous :
Démonstration
On factorise par l'exponentielle de l'angle moitié puis on applique Euler :
Les deux dernières formules s'obtiennent en factorisant par :
et de même pour la différence avec le sinus.
La figure explique la formule : le quadrilatère de sommets , , , est un losange (côtés de longueur ), donc sa diagonale issue de est bissectrice : elle fait l'angle avec l'axe réel, et sa longueur est .
Pour tous :
Démonstration
Prenons les parties réelle et imaginaire de :
Les deux autres formules viennent de même de , dont la partie réelle est et la partie imaginaire .
Inutile d'apprendre ces quatre formules par cœur : il faut savoir les retrouver en quelques lignes par la factorisation de l'angle moitié. C'est une exigence explicite du programme.
3.4.3 Linéarisation
Linéariser une expression de la forme , c'est l'écrire comme combinaison linéaire de et . La méthode :
- remplacer et par les formules d'Euler ;
- développer par la formule du binôme ;
- regrouper les termes conjugués et pour faire réapparaître des ou .
La linéarisation est l'outil clé pour calculer des primitives de polynômes trigonométriques.
d'où .
En développant, les termes en se regroupent :
3.4.4 Sommes trigonométriques
Pour avec et :
(Pour , les sommes valent évidemment et .)
Démonstration
Les deux sommes sont la partie réelle et la partie imaginaire de la somme géométrique , de raison :
où l'on a utilisé deux fois la technique de l'angle moitié. Il reste à séparer partie réelle et partie imaginaire.
3.4.5 Formule de Moivre
Pour tout et tout :
Démonstration
Pour , récurrence immédiate à partir de . Pour avec :
La formule de Moivre, combinée au binôme, permet de retrouver les expressions de et en fonction de et : on développe et on identifie parties réelle et imaginaire. Cette compétence est exigible.
Développons par le binôme :
Par Moivre, ce nombre vaut . En identifiant :
en utilisant (resp. ).
Moivre exige la forme exactement. L'écriture doit d'abord être ramenée à ; de même, n'est pas directement justiciable de Moivre : on écrit .
3.5 Forme trigonométrique
3.5.1 Module et arguments
Tout nombre complexe non nul s'écrit sous la forme :
où est déterminé de manière unique, et est déterminé modulo : c'est un argument de , noté . Ainsi :
Démonstration
Si , le nombre est de module , donc s'écrit : d'où l'existence avec . Réciproquement, si avec , alors , ce qui force ; puis équivaut à .
Le nombre n'a pas d'argument : « » n'a aucun sens. Par ailleurs, parmi tous les arguments de , un seul appartient à : on l'appelle parfois argument principal.
Pour : on calcule , puis on cherche tel que :
En pratique, on reconnaît un angle usuel ou l'on factorise mentalement : , , .
Pour tous et tout :
Démonstration
Si et , alors avec : c'est une forme trigonométrique de , donc est un argument du produit. Les autres formules s'en déduisent.
Le parallèle avec les modules est frappant : le module transforme un produit en produit, l'argument le transforme en somme. Géométriquement, multiplier par revient à composer une rotation d'angle et une homothétie de rapport centrées en — nous y reviendrons en fin de chapitre.
Calculons . Comme :
Le calcul direct par le binôme aurait demandé vingt et un termes !
3.5.2 Transformation de
Soient deux réels non tous deux nuls. Il existe et tels que :
avec et un argument de .
Démonstration
Posons (forme trigonométrique). Alors :
Pour : ici , donc :
On en déduit immédiatement, par exemple, que le maximum de cette expression vaut , atteint pour , et que l'équation se ramène à .
Cette transformation est omniprésente en physique : elle exprime que la superposition de deux signaux sinusoïdaux de même fréquence est encore sinusoïdale, d'amplitude et de phase .
3.6 Équations algébriques
3.6.1 Factorisation par une racine
Soit une fonction polynomiale à coefficients complexes (, ), et soit une racine de , c'est-à-dire . Alors il existe une fonction polynomiale de degré telle que :
Démonstration
Puisque , on peut écrire :
Or chaque différence se factorise : . En mettant en facteur dans toute la somme, on obtient , où est polynomiale de degré (son coefficient dominant est ).
Conséquence immédiate et fondamentale : une équation polynomiale de degré a au plus racines dans , chaque racine trouvée faisant baisser le degré d'une unité. En pratique, ce résultat permet de résoudre une équation de degré dont on a deviné une « racine évidente » : on factorise, puis on résout l'équation de degré restante.
3.6.2 Racines carrées d'un nombre complexe
Tout nombre complexe non nul admet exactement deux racines carrées, opposées l'une de l'autre : il existe tel que les solutions de soient et .
Pour résoudre avec donné sous forme algébrique, on pose et on identifie :
auxquelles on adjoint l'équation des modules , soit . La première et la troisième équations donnent et , donc et au signe près ; l'équation fixe le signe relatif de et .
Cherchons tel que . Le système s'écrit :
Des première et troisième équations : et , donc , . Comme , et sont de même signe :
Vérification : . ✓
3.6.3 Équation du second degré
Soient avec , et soit le discriminant de l'équation .
- Si , soit une racine carrée de : l'équation a deux solutions distinctes
- Si , l'équation a une unique solution (dite double) : .
Dans tous les cas, on a la factorisation (avec si ).
Démonstration
Mise sous forme canonique, légitime dans :
puis identité remarquable : le produit est nul si et seulement si ou .
Cas particulier essentiel : si sont réels et , alors convient et les solutions sont les deux complexes conjugués :
Ainsi, dans , toute équation du second degré a des solutions : c'est la raison d'être historique des nombres complexes.
Si sont les deux racines (éventuellement confondues) de , alors :
Réciproquement, deux nombres complexes de somme et de produit sont exactement les racines de l'équation :
Démonstration
Développons la factorisation et identifions les coefficients avec . La réciproque s'obtient en développant .
Résolvons . Le discriminant vaut :
Cherchons une racine carrée de : , , donnent , (ou l'opposé) : . Les solutions sont :
Contrôle par somme et produit : ✓ et ✓.
3.7 Racines -ièmes
3.7.1 Racines -ièmes de l'unité
Soit . On appelle racine -ième de l'unité tout nombre complexe tel que . Leur ensemble est noté .
Il y a exactement racines -ièmes de l'unité :
Démonstration
Soit () tel que . Alors , d'où par unicité de la forme trigonométrique : , donc (seule racine -ième réelle positive de ), et , c'est-à-dire avec . Deux valeurs de congrues modulo donnent le même nombre complexe : il reste exactement les valeurs , deux à deux distinctes car leurs arguments sont distincts dans .
Les images des racines -ièmes de l'unité sont les sommets d'un polygone régulier à côtés inscrit dans le cercle unité, dont un sommet est le point (figure ci-dessus pour ). Pour : ; pour : .
Pour , on note traditionnellement , de sorte que :
La dernière identité vient de avec .
Pour tout :
Démonstration
C'est une somme géométrique de raison :
Interprétation mécanique : forces unitaires régulièrement réparties autour d'un point s'équilibrent — le centre de gravité des sommets du polygone régulier est l'origine.
3.7.2 Racines -ièmes d'un nombre complexe
Soit () un nombre complexe non nul donné sous forme trigonométrique, et . L'équation admet exactement solutions :
Elles s'obtiennent toutes à partir de l'une d'elles, , en la multipliant par les racines -ièmes de l'unité : avec .
Démonstration
Le nombre vérifie , et . Alors :
ce qui donne exactement les solutions annoncées.
Écrivons . Les racines cubiques sont les pour , soit :
Leurs images forment un triangle équilatéral inscrit dans le cercle de centre et de rayon .
La notation est réservée aux réels positifs : pour complexe non réel positif, il n'existe aucun moyen canonique de choisir « la » racine parmi les — on parle donc toujours des racines -ièmes, jamais de « la » racine.
3.8 Exponentielle complexe
Pour , on définit :
c'est-à-dire, si avec réels : . On note indifféremment ou .
Pour tout :
En particulier, pour tout : l'exponentielle complexe ne s'annule jamais.
Pour tous :
Démonstration
Écrivons et . En regroupant parties réelles et imaginaires :
en utilisant la propriété pour l'exponentielle réelle et pour l'exponentielle imaginaire.
Pour tous :
c'est-à-dire si et seulement s'il existe tel que . L'exponentielle complexe est ainsi périodique de période .
Démonstration
Posons et . Par unicité de la forme trigonométrique (les modules et sont strictement positifs) :
la dernière équivalence par injectivité de l'exponentielle réelle. C'est exactement .
Soit , écrit sous forme trigonométrique (). En posant :
L'équation a donc une infinité de solutions, régulièrement espacées de sur une verticale du plan complexe. (Pour : aucune solution, l'exponentielle ne s'annulant pas.)
Comme , les solutions sont :
Comme : , . On voit qu'« un logarithme d'un nombre négatif » existe dans … mais qu'il n'est pas unique !
3.9 Nombres complexes et géométrie plane
3.9.1 Le quotient
Soient , , trois points deux à deux distincts, d'affixes , , . Alors :
le module du quotient est le rapport des distances, son argument est une mesure de l'angle orienté en entre les vecteurs et .
Démonstration
Les affixes des vecteurs et sont et . Le module du quotient est le quotient des modules, soit ; son argument est la différence des angles polaires des deux vecteurs, c'est-à-dire l'angle orienté de vers .
Avec les notations précédentes :
- , , sont alignés ;
- les droites et sont perpendiculaires (imaginaire pur non nul).
Démonstration
Un complexe non nul est réel si et seulement si son argument est — c'est l'alignement —, imaginaire pur si et seulement si son argument est — c'est l'orthogonalité.
Soient , , . Le quotient vaut :
ni réel ni imaginaire pur : les points ne sont pas alignés et l'angle en n'est pas droit.
3.9.2 Les applications : similitudes directes
Soient et , et soit , vue comme transformation du plan complexe.
- Si : est la translation de vecteur d'affixe .
- Si : admet un unique point fixe (le centre), et s'écrit :
En écrivant , est la composée (commutative) de la rotation de centre et d'angle et de l'homothétie de centre et de rapport .
Une telle transformation est appelée similitude directe : elle multiplie toutes les distances par et conserve les angles orientés.
Démonstration
Si , : on ajoute le vecteur d'affixe . Si , l'équation s'écrit , d'unique solution . Alors :
Le vecteur d'affixe est donc multiplié par : son module est multiplié par (homothétie de centre ) et son argument augmenté de (rotation de centre ). Enfin, pour les distances : .
- : translation de vecteur d'affixe .
- : homothétie de centre et de rapport .
- et , avec : rotation de centre et d'angle .
Soit . Ici est de module et : est la rotation d'angle et de centre :
Soit . Ici : est la similitude directe de centre , de rapport et d'angle — elle double les distances et tourne d'un quart de tour autour de son centre.
3.9.3 Interprétation de la conjugaison
L'application est la réflexion (symétrie axiale) d'axe l'axe réel. Elle conserve les distances () mais renverse les angles orientés.
Les applications () sont les similitudes indirectes ; avec les similitudes directes, elles épuisent toutes les similitudes du plan. L'étude générale des similitudes est hors programme : seules les similitudes directes et la conjugaison sont exigibles.
<i class="fa-solid fa-dumbbell mr-2" style="color:#2E7559"></i>3.10 Exercices résolus
Niveau (Application directe du cours)
Mettre sous forme algébrique les nombres complexes suivants :
Démonstration (Solution)
Pour , on multiplie par la quantité conjuguée du dénominateur :
Pour , par le binôme : .
Pour : et , donc , puis .
Déterminer le module et un argument de :
Démonstration (Solution)
et : argument .
Pour : et , donc :
Enfin : module , argument (un réel strictement négatif a pour argument ).
Résoudre dans l'équation , puis vérifier la somme et le produit des racines.
Démonstration (Solution)
Le discriminant vaut : les racines sont complexes conjuguées :
Vérification : ✓ et ✓.
Niveau (Application avec raisonnement intermédiaire)
Résoudre dans l'équation :
Démonstration (Solution)
Le discriminant vaut :
Cherchons tel que :
D'où , , avec : convient. Les solutions sont :
Contrôle : ✓, ✓.
Résoudre dans l'équation et représenter les solutions.
Démonstration (Solution)
Écrivons . Les racines quatrièmes sont :
Comme , les quatre solutions sont :
les sommets d'un carré de centre . Vérification immédiate : , donc . ✓
Pour , calculer .
Démonstration (Solution)
est la partie réelle d'une somme binomiale :
par la technique de l'angle moitié puis la formule de Moivre. En prenant la partie réelle :
(La même méthode donne .)
Identifier la transformation du plan , puis déterminer l'image du cercle de centre et de rayon .
Démonstration (Solution)
Ici : est la similitude directe de rapport , d'angle et de centre :
Une similitude directe de rapport envoie un cercle de rayon sur un cercle de rayon , centré sur l'image du centre. Or : l'image est donc le cercle de centre et de rayon , c'est-à-dire l'ensemble .
Niveau (Raisonnement subtil ou plusieurs étapes)
Résoudre dans l'équation .
Démonstration (Solution)
Posons : l'équation devient , dont les racines sont et (car ). Il reste à résoudre puis , deux nombres de module :
L'ensemble des solutions est : une infinité de points, tous situés sur l'axe imaginaire.
Soient , , trois points deux à deux distincts d'affixes , , , et . Montrer que le triangle est équilatéral direct (sommets dans le sens trigonométrique) si et seulement si :
Démonstration (Solution)
Le triangle est équilatéral direct si et seulement si est l'image de par la rotation de centre et d'angle :
Or , donc . La condition s'écrit :
Comme , on a , d'où la condition équivalente :
En multipliant par (non nul, avec et ) : . Toutes les transformations étant des équivalences, la caractérisation est établie.
Déterminer l'ensemble des points d'affixe tels que le nombre :
soit (a) réel ; (b) imaginaire pur.
Démonstration (Solution)
Introduisons les points et . Pour (le cas donne , à traiter à part), et sont les affixes des vecteurs et , donc :
(a) est réel non nul si et seulement si , c'est-à-dire si , , sont alignés. En ajoutant le cas ( est réel, et est bien sur la droite) : l'ensemble cherché est la droite privée du point .
(b) est imaginaire pur non nul si et seulement si l'angle en entre et est droit : voit le segment sous un angle droit. L'ensemble est donc le cercle de diamètre privé des points et (en , n'est pas imaginaire pur non nul).
Vérification analytique de (b) : avec :
La condition s'écrit , soit : c'est bien le cercle de centre (milieu de ) et de rayon . ✓
- Forme algébrique : égalité par identification des parties réelle et imaginaire ; aucun ordre sur . Somme géométrique, factorisation de et binôme restent valables dans .
- Conjugué et module : , ; , ; = distance, d'où cercles et disques ; inégalité triangulaire , égalité ssi positivement colinéaires.
- et trigonométrie : , ; formules d'Euler ; angle moitié : , d'où et ; linéarisation par Euler + binôme ; et par somme géométrique ; Moivre : , d'où et .
- Forme trigonométrique () : module unique, argument modulo ; ; avec .
- Équations : racine de factorisation par ; second degré : , racines avec (racines carrées par identification) ; somme , produit .
- Racines -ièmes : , polygone régulier, somme nulle () ; racines de : .
- Exponentielle complexe : , jamais nulle ; ; résolution de : .
- Géométrie : — module = rapport de distances, argument = angle en ; alignement réel, orthogonalité imaginaire pur ; = similitude directe (centre , rapport , angle ) ; = réflexion d'axe réel.