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Calcul différentiel et intégral

Cours complet · mathématiques MPSI, chapitre 4 · MPSI (classe préparatoire scientifique)

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<i class="fa-solid fa-compass mr-2" style="color:#9A563B"></i>4.1 Introduction et motivation

Le point de vue adopté dans ce chapitre est résolument pratique : en prenant appui sur les acquis du lycée, il s'agit de mettre en œuvre les techniques de base de l'analyse. La construction rigoureuse des notions rencontrées (limites, continuité, dérivabilité, intégrale) fera l'objet de chapitres ultérieurs ; quelques résultats seront donc ici admis, et signalés comme tels.

Les objectifs de formation sont les suivants :

4.2 Généralités sur les fonctions

4.2.1 Ensemble de définition et représentation graphique

Définition 4.1Ensemble de définition

Une fonction d'une variable réelle est définie par un ensemble de définition et la donnée, pour chaque , d'une unique valeur , réelle ou complexe. Lorsque est donnée par une formule, est, sauf mention contraire, le plus grand ensemble sur lequel la formule a un sens.

Exemple 4.2

exige et : ainsi .

Définition 4.3Graphe

La représentation graphique (ou graphe) d'une fonction est l'ensemble des points pour , tracé dans un repère du plan.

ImportantTransformations simples du graphe

Si l'on connaît le graphe de , on en déduit ceux des fonctions suivantes (, ) :

FonctionTransformation de
translation verticale de vecteur
translation horizontale de vecteur (vers la gauche si )
contraction horizontale de rapport (dilatation si )
dilatation verticale de rapport
symétrie par rapport à l'axe
symétrie par rapport à l'axe
repli au-dessus de l'axe de la partie négative

4.2.2 Parité, imparité, périodicité

Définition 4.4Parité, imparité, périodicité

Soit définie sur un ensemble symétrique par rapport à .

  • est paire si pour tout : son graphe est symétrique par rapport à l'axe .
  • est impaire si pour tout : son graphe est symétrique par rapport à l'origine .
  • , définie sur , est -périodique () si pour tout : son graphe est invariant par la translation de vecteur .
ImportantRéduction du domaine d'étude

Ces propriétés réduisent le travail : une fonction paire ou impaire s'étudie sur , une fonction -périodique sur un intervalle de longueur ; on complète ensuite le graphe par les symétries ou translations correspondantes. Ainsi , paire et -périodique, s'étudie sur .

4.2.3 Opérations et monotonie

Définition 4.5Somme, produit, composée

Pour définies sur et scalaire, on définit , , et (là où ne s'annule pas) par les opérations sur les valeurs. Si et est définie sur , la composée est définie sur par .

Définition 4.6Monotonie

Soit définie sur un intervalle , à valeurs réelles. est croissante si , strictement croissante si ; définitions analogues pour (strictement) décroissante. Une fonction (strictement) croissante ou décroissante est dite (strictement) monotone.

Proposition 4.7Composée de fonctions monotones

La composée de deux fonctions monotones est monotone : croissante si les deux ont même sens de variation, décroissante sinon. (Règle des signes, en pensant croissant et décroissant .)

Attention

La règle des signes vaut pour la composition, pas pour le produit : est croissante sur , mais son carré n'est pas monotone sur . Le produit de deux fonctions croissantes positives est en revanche croissant.

4.2.4 Fonctions majorées, minorées, bornées

Définition 4.8Fonctions bornées

Soit . est majorée s'il existe tel que pour tout ; minorée s'il existe tel que pour tout ; bornée si elle est majorée et minorée. Géométriquement : le graphe de est situé sous une droite horizontale (majorée), au-dessus (minorée), dans une bande horizontale (bornée).

Proposition 4.9

est bornée si et seulement si est majorée.

Démonstration

Si , alors . Réciproquement, si , alors .

4.3 Dérivation

4.3.1 Dérivée et tangente

Définition 4.10Dérivée (rappel)

Soit définie au voisinage de . On dit que est dérivable en si le taux d'accroissement admet une limite finie quand . Cette limite est la dérivée de en , notée ou . La tangente au graphe de au point d'abscisse est alors la droite d'équation :

iRemarque

La définition et les règles ci-dessous sont rappelées et seront démontrées dans le chapitre consacré à la dérivabilité. À ce stade, l'objectif est de calculer vite et juste.

Proposition 4.11Opérations sur les dérivées

Si et sont dérivables (sur un intervalle, ou au point considéré) et sont des scalaires :

et pour la composée, si a un sens :

En particulier : , , , , .

Exemple 4.12

,     ,     .

4.3.2 Un mot sur les dérivées partielles

Définition 4.13Dérivées partielles (exemples simples)

Pour une fonction de deux variables , la dérivée partielle s'obtient en dérivant par rapport à en considérant comme une constante, et symétriquement pour .

Exemple 4.14

Pour :

Ces calculs, omniprésents en physique (thermodynamique, électromagnétisme), seront théorisés en deuxième année.

4.3.3 Monotonie et tableau de variations

◆Théorème 4.15Caractérisation par le signe de la dérivée (admis à ce stade)

Soit dérivable sur un intervalle , à valeurs réelles.

  • est constante sur sur .
  • est croissante sur sur (décroissante ).
  • Si sur et si ne s'annule qu'en un nombre fini de points, alors est strictement croissante.
Attention

L'hypothèse « intervalle » est essentielle : a une dérivée strictement négative sur , mais n'est pas décroissante sur tout entier (comparer et ) — elle l'est sur chacun des intervalles et .

ImportantPlan d'étude pratique d'une fonction
  • Déterminer l'ensemble de définition, réduire le domaine d'étude (parité, périodicité).
  • Calculer , étudier son signe (factoriser !).
  • Dresser le tableau de variations, avec les limites aux bornes.
  • En déduire extremums, signe, nombre de solutions d'équations … et tracer le graphe.
Exemple 4.16Étude de

est définie et dérivable sur , et , du signe de . D'où le tableau :

(la limite en résulte des croissances comparées, voir plus loin). Le maximum de sur vaut , atteint en . On en déduit par exemple l'inégalité , soit pour tout réel .

ImportantDémontrer une inégalité par étude de fonction

Pour établir sur un intervalle , on étudie la fonction différence : on calcule , on dresse le tableau de variations et on montre que le minimum de sur est positif. C'est l'une des méthodes les plus puissantes de l'analyse.

4.3.4 Fonction réciproque

◆Théorème 4.17Fonction réciproque (admis à ce stade)

Soit continue et strictement monotone sur l'intervalle . Alors réalise une bijection de sur l'intervalle : il existe une fonction , dite réciproque, telle que

Le graphe de est le symétrique de celui de par rapport à la première bissectrice (la droite ). Si de plus est dérivable en avec , alors est dérivable en et :

iRemarque

La formule de dérivation est admise, mais son interprétation géométrique est limpide : la symétrie par rapport à la première bissectrice échange l'horizontale et la verticale, donc transforme une tangente de pente en une tangente de pente . Elle transforme aussi une tangente horizontale en tangente verticale : c'est pourquoi l'hypothèse est nécessaire.

Les graphes de et de sont symétriques par rapport à la première bissectrice : le point du graphe de devient le point du graphe de , et une tangente de pente devient une tangente de pente .

4.3.5 Classe et dérivées d'ordre supérieur

Définition 4.18Classe , dérivées successives

Une fonction est de classe sur un intervalle si elle est dérivable sur et si est continue sur . Si est elle-même dérivable, sa dérivée est la dérivée seconde , et l'on définit par récurrence les dérivées successives .

Exemple 4.19

Pour : . Pour : (chaque dérivation décale la phase de ).

4.4 Fonctions usuelles

4.4.1 Exponentielle et logarithme népérien

Définition 4.20Exponentielle et logarithme (rappels)

La fonction exponentielle , notée , est l'unique fonction dérivable égale à sa dérivée et valant en . Elle est strictement croissante, et vérifie . Sa réciproque est le logarithme népérien , qui vérifie :

Proposition 4.21Deux inégalités fondamentales

Pour tout et tout :

avec égalité uniquement en (resp. ).

Démonstration

Posons : est du signe de , donc décroît sur et croît sur ; son minimum est , d'où avec égalité seulement en . La seconde inégalité s'en déduit en posant : .

iRemarque

Géométriquement : la droite est la tangente en au graphe de l'exponentielle, et le graphe reste au-dessus de cette tangente (convexité, qui sera étudiée plus tard).

4.4.2 Logarithmes de base quelconque

Définition 4.22Logarithme décimal, logarithme binaire

Pour , , le logarithme en base est défini sur par . Les deux cas usuels sont le logarithme décimal (sciences physiques, ordres de grandeur : pH, décibels) et le logarithme binaire (informatique : nombre de bits, complexité des algorithmes dichotomiques).

Exemple 4.23

car ; le nombre de chiffres décimaux d'un entier est .

4.4.3 Fonctions puissances

Définition 4.24Puissances d'exposant réel

Pour , la fonction puissance d'exposant est définie sur par :

Elle est prolongée en par lorsque (et par convention). Seules les puissances entières sont en outre définies sur .

Proposition 4.25Règles de calcul et dérivée

Pour et :

La fonction est strictement croissante sur si , strictement décroissante si .

Attention

Pour , l'écriture n'a de sens que pour entier : est une écriture interdite, même si l'équation a bien la solution . Toujours revenir à en cas de doute.

4.4.4 Croissances comparées

◆Théorème 4.26Croissances comparées

Pour tous et :

Retenir la hiérarchie : en , l'exponentielle l'emporte sur les puissances, qui l'emportent sur les logarithmes.

Exemple 4.27

,   ,    : même ne résiste pas à .

4.4.5 Fonctions circulaires réciproques

Les fonctions , , ne sont pas monotones sur leur domaine : pour les inverser, on les restreint à un intervalle de stricte monotonie.

Définition 4.28Arcsinus, arccosinus, arctangente
  • est continue et strictement croissante de sur : sa réciproque est .
  • est continue et strictement décroissante de sur : sa réciproque est .
  • est continue et strictement croissante de sur : sa réciproque est .

Ainsi, est l'angle de dont le sinus vaut , et de même pour les deux autres.

Exemple 4.29

,   ,   ,   .

Attention

n'est vrai que pour ! Par exemple . En revanche, pour tout .

◆Théorème 4.30Dérivées des fonctions circulaires réciproques

et sont impaires et strictement croissantes ; est strictement décroissante.

Démonstration

Par la formule de dérivation d'une réciproque, pour avec :

De même avec , en utilisant . Le calcul est analogue pour (avec sur , d'où le signe ).

Proposition 4.31Relation entre et

Pour tout :

Démonstration

La fonction est continue sur , dérivable sur , de dérivée : elle est constante sur l'intervalle, égale à .

4.4.6 Fonctions hyperboliques

Définition 4.32Sinus, cosinus et tangente hyperboliques

Pour tout :

est paire, et sont impaires ; et sont les parties paire et impaire de l'exponentielle : .

Proposition 4.33Propriétés fondamentales

Pour tout :

est strictement croissante sur (car ) ; est strictement croissante sur , de minimum ; est strictement croissante et bornée : , avec en .

Démonstration

. Les dérivées sont immédiates à partir de , et donne les deux écritures.

iRemarque

Le nom « hyperbolique » vient de ce que paramètre une branche de l'hyperbole , comme paramètre le cercle . La courbe de est la chaînette : c'est la forme d'un câble suspendu entre deux points. Les fonctions hyperboliques réciproques sont hors programme ; la seule formule exigible est .

4.5 Dérivation des fonctions complexes d'une variable réelle

Définition 4.34Dérivée d'une fonction à valeurs complexes

Soit définie sur un intervalle de . En écrivant avec et à valeurs réelles, on dit que est dérivable si et le sont, et on pose :

Proposition 4.35Opérations

Les règles de dérivation d'une combinaison linéaire (à coefficients complexes), d'un produit et d'un quotient s'étendent sans changement aux fonctions à valeurs complexes.

◆Théorème 4.36Dérivée de

Si est dérivable, alors est dérivable et :

En particulier, pour tout : .

Démonstration (Démonstration dans le cas )

Écrivons et dérivons les parties réelle et imaginaire :

Le cas général s'obtient de la même façon avec .

iRemarque

Cette formule, anodine en apparence, est la clé des équations différentielles et du calcul des primitives de : elle permet de traiter d'un seul coup, via les complexes, ce qui demanderait deux intégrations par parties dans le monde réel.

4.6 Calcul de primitives

4.6.1 Primitives et intégrales

Définition 4.37Primitive

Soit définie sur un intervalle , à valeurs réelles ou complexes. Une primitive de sur est une fonction dérivable sur telle que .

Proposition 4.38Ensemble des primitives

Si est une primitive de sur l'intervalle , alors les primitives de sur sont exactement les fonctions , où est une constante.

Démonstration

Si , alors sur l'intervalle , donc est constante (caractérisation des fonctions constantes). Réciproquement, .

◆Théorème 4.39Lien entre intégrale et primitive (rappelé, admis à ce stade)

Si est continue sur et , la fonction est la primitive de qui s'annule en . Par conséquent, pour toute primitive de et tous :

On pourra noter une primitive générique de .

4.6.2 Primitives usuelles

ImportantTable des primitives usuelles (à connaître parfaitement)

Sur tout intervalle où les formules ont un sens ( désigne une constante) :

[1.5mm]

</td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td></tr><tr style=""><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top">[1.5mm] </td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td></tr><tr style=""><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top">[1.5mm] </td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td></tr><tr style=""><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top">[1.5mm] </td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td></tr><tr style="border-bottom:1.5px solid #2E2C26"><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top">[1.5mm] </td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td></tr></table></div>

ImportantReconnaître la dérivée d'une composée

Les formes suivantes se primitivent à vue, pour dérivable :

Exemple 4.40

4.6.3 Primitives de via l'exponentielle complexe

ImportantMéthode

Pour primitiver ou (avec ), on écrit ces fonctions comme partie réelle ou imaginaire de , dont une primitive est , puis on revient aux parties réelle et imaginaire.

Exemple 4.41

Cherchons une primitive de . Avec :

En prenant la partie réelle :

(Vérification rapide : dériver le membre de droite redonne bien .)

4.6.4 Primitives de

ImportantMéthode : trinôme au dénominateur

Pour primitiver (), on discute selon le discriminant :

  • : deux racines réelles ; on décompose , d'où des logarithmes.
  • : racine double ; a pour primitive .
  • : pas de racine réelle ; on met sous forme canonique et on reconnaît un .
Exemple 4.42Cas

, donc :

Exemple 4.43Cas

, et , donc sur tout intervalle évitant et :

4.6.5 Intégration par parties

◆Théorème 4.44Intégration par parties

Si et sont de classe sur :

Démonstration

C'est la formule intégrée entre et .

Exemple 4.45

iRemarque

Stratégie : on dérive ce qui se simplifie en dérivant (polynômes, , ), on primitive ce qui ne grossit pas (, , ). Pour les applications pratiques, on ne demande pas de rappeler les hypothèses de régularité.

4.6.6 Changement de variable

◆Théorème 4.46Changement de variable

Si est de classe sur et continue sur :

En pratique, on pose , on remplace par , et on change les bornes.

Exemple 4.47Aire du quart de disque

Calculons en posant , , les bornes devenant et :

en linéarisant (chapitre précédent !). On retrouve l'aire du quart de disque unité.

4.7 Équations différentielles linéaires du premier ordre

4.7.1 Position du problème

Définition 4.48EDL du premier ordre

Soient (avec ou ) des fonctions continues sur un intervalle . L'équation

est l'équation différentielle linéaire du premier ordre de fonctions coefficients et . Une solution est une fonction dérivable sur vérifiant l'égalité en tout point. L'équation homogène associée est

4.7.2 Résolution de l'équation homogène

◆Théorème 4.49Solutions de l'équation homogène

Soit une primitive de sur . Les solutions de sur sont exactement les fonctions

En particulier, si est constante, les solutions sont les .

Démonstration

Les fonctions sont solutions : . Réciproquement, si est solution, posons : alors

donc est constante (sur un intervalle !), égale à , et .

Exemple 4.50

Sur , l'équation ( constante) a pour solutions : croissance ou décroissance exponentielle. C'est le modèle de la radioactivité (), des intérêts composés et de la croissance d'une population isolée ().

4.7.3 Structure des solutions et variation de la constante

◆Théorème 4.51Structure de l'ensemble des solutions

Si est une solution particulière de , les solutions de sont exactement les fonctions

c'est-à-dire , .

Démonstration

est solution de si et seulement si , c'est-à-dire si est solution de .

Proposition 4.52Principe de superposition

Si est solution de et de , alors est solution de . On peut donc traiter séparément chaque morceau d'un second membre composite.

ImportantMéthode de la variation de la constante

Pour trouver une solution particulière de , on cherche sous la forme

où est désormais une fonction. En reportant dans , les termes en se détruisent et il reste :

qu'on résout par un calcul de primitive. D'où la solution générale :

Exemple 4.53Résolution complète

Résolvons sur : , soit .

  • Homogène : , donc .
  • Variation de la constante : donne , d'où et .
  • Conclusion : les solutions sur sont , .

(Remarque : ici, on aurait aussi pu deviner directement, ou constater que .)

4.7.4 Problème de Cauchy

◆Théorème 4.54Existence et unicité

Soient et . Le problème de Cauchy

admet une unique solution sur : la condition initiale détermine la constante .

Démonstration

La solution générale s'écrit ; la condition équivaut à , qui détermine de façon unique.

Exemple 4.55Charge d'un condensateur (physique)

Dans un circuit alimenté par une tension constante , la tension aux bornes du condensateur vérifie

Solutions : avec (constante de temps), et donne , d'où

la tension tend exponentiellement vers , et atteint de cette valeur au bout du temps .

4.8 Équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants

4.8.1 Équation homogène

Définition 4.56EDL2 à coefficients constants

Soient et continue sur un intervalle , à valeurs dans . On considère :

L'équation caractéristique associée est l'équation du second degré (chapitre précédent !) :

◆Théorème 4.57Solutions de l'équation homogène

Notons les racines (complexes) de l'équation caractéristique.

  • Si : les solutions à valeurs complexes de sont , .
  • Si (racine double) : les solutions sont .

Si et sont réels et qu'on cherche les solutions réelles, trois cas selon :

CasRacinesSolutions réelles de
réelles
[1mm]

</td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"> double réelle</td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td></tr><tr style="border-bottom:1.5px solid #2E2C26"><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top">[1mm] </td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"> ()</td><td style="text-align:left;padding:8px 12px;color:#34332D;vertical-align:top"></td></tr></table></div>

avec dans chaque cas.

Exemple 4.58
  • : racines et , solutions .
  • : racine double , solutions .
  • () : racines , solutions — l'oscillateur harmonique.

4.8.2 Équation avec second membre

◆Théorème 4.59Structure des solutions et superposition

Si est une solution particulière de , les solutions de sont les où parcourt les solutions de . Le principe de superposition vaut comme au premier ordre : un second membre admet la solution particulière .

ImportantRecherche d'une solution particulière (formes exigibles)

Notons les racines de l'équation caractéristique.

  • Second membre polynôme : chercher polynôme, de même degré que si (degré si et ).
  • Second membre () : chercher

  • Second membre ou : passer en complexes avec , résoudre, puis prendre la partie réelle ou imaginaire. Le cas où est racine de l'équation caractéristique est le phénomène de résonance.
Exemple 4.60Second membre exponentiel

Pour : n'est pas racine de , on cherche : donne . Solutions : .

Pour : est racine simple, on cherche ; le calcul donne , d'où .

Exemple 4.61Oscillateur forcé et résonance

Résolvons : l'homogène a pour solutions , et est racine de : il y a résonance. On cherche pour l'équation complexifiée :

d'où et, en prenant la partie réelle, . L'amplitude croît linéairement avec : c'est la signature de la résonance (pont soumis à une excitation périodique à sa fréquence propre, verre brisé par un son…).

4.8.3 Problème de Cauchy

◆Théorème 4.62Existence et unicité (admis)

Pour tous et , le problème de Cauchy

admet une unique solution sur . (La démonstration est hors programme.) Au second ordre, il faut donc deux conditions initiales — position et vitesse en mécanique — pour déterminer la solution.

Exemple 4.63Oscillateur amorti (mécanique)

Un oscillateur amorti régi par , lâché de la position sans vitesse initiale () : l'équation caractéristique a pour racines , d'où

soit : des oscillations dont l'amplitude décroît exponentiellement.

<i class="fa-solid fa-dumbbell mr-2" style="color:#2E7559"></i>4.9 Exercices résolus

Niveau (Application directe du cours)

Exercice 1 : Étude de fonction et extremum

Étudier les variations de sur , et en déduire une comparaison de et .

Démonstration (Solution)

est dérivable et , du signe de : croît sur , décroît sur , avec un maximum (limites : en , en par croissances comparées).

Comme , le maximum strict donne , soit , donc , c'est-à-dire et enfin :

Exercice 2 : Calculs de dérivées

Dériver les fonctions suivantes (sur leur domaine) :

Démonstration (Solution)

Pour , par dérivation de composées (et ) :

Pour : . Pour , écrire :

Exercice 3 : Primitives à vue

Déterminer une primitive de chacune des fonctions :

Démonstration (Solution)

les deux premières par reconnaissance de et (avec ), la troisième par avec . Pour , poser : , d'où :

Niveau (Application avec raisonnement intermédiaire)

Exercice 4 : Encadrement du logarithme

Montrer que pour tout :

Démonstration (Solution)

Majoration. Posons sur : , négative sur , positive sur . Donc atteint son minimum en , où : .

Minoration. Posons :

même signe que ci-dessus, même conclusion : . (Ces deux inégalités encadrent entre sa corde et sa tangente ; elles servent constamment dans l'étude des suites du type .)

Exercice 5 : Intégration par parties

Calculer et .

Démonstration (Solution)

Pour , deux intégrations par parties successives (on dérive le polynôme) :

Pour , on dérive et on primitive :

Exercice 6 : Changement de variable

Calculer (poser ).

Démonstration (Solution)

Avec , soit et , les bornes deviennent et :

Exercice 7 : EDL1 par variation de la constante

Résoudre sur l'équation .

Démonstration (Solution)

Homogène : une primitive de est (le cosinus est positif sur l'intervalle), donc .

Variation de la constante : reporté dans l'équation donne , soit , d'où et .

Conclusion : les solutions sont

(Vérification de : . ✓)

Niveau (Raisonnement subtil ou plusieurs étapes)

Exercice 8 : Une identité d'arctangentes

Montrer que pour tout : , puis calculer .

Démonstration (Solution)

Posons sur :

donc est constante sur l'intervalle, égale à .

Pour la seconde question, posons . Chaque terme est dans , donc . Par la formule d'addition de la tangente :

et le seul angle de de tangente est . Donc .

Exercice 9 : Primitive de et application

Déterminer les primitives de , puis calculer .

Démonstration (Solution)

Écrivons . Une primitive de est :

dont la partie imaginaire vaut . Donc :

D'où l'intégrale :

(Le calcul réel demanderait deux intégrations par parties et une résolution d'équation — les complexes font tout le travail.)

Exercice 10 : Oscillateur forcé, problème de Cauchy complet

Résoudre le problème de Cauchy :

et commenter le comportement de la solution quand .

Démonstration (Solution)

Homogène : , racines : .

Particulière : le second membre est et est racine de l'équation caractéristique : résonance. On cherche pour : , d'où et

Conditions initiales : , avec et (car ). La solution est :

Commentaire : la solution oscille avec une amplitude qui tend vers l'infini — l'excitation est exactement à la fréquence propre de l'oscillateur, qui accumule de l'énergie à chaque période : c'est la résonance, redoutée des ingénieurs (ponts, bâtiments) et exploitée par les instruments de musique.

Synthèse du chapitre (à retenir)
  • Fonctions : transformations de graphes (, , …) ; parité/périodicité réduction du domaine ; bornée majorée.
  • Dérivation : , , ; sur un intervalle, signe de monotonie ; inégalités par étude de la différence ; réciproque : graphe symétrique par rapport à , .
  • Usuelles : sur ; croissances comparées () ; , ; , , ; , , .
  • Complexes : ; primitives de via .
  • Primitives : table des usuelles + formes , , , ; trinôme selon (logs, , ) ; IPP : ; changement de variable avec changement des bornes.
  • EDL1 : homogène ; solution générale = particulière + homogène ; variation de la constante : ; problème de Cauchy : existence et unicité.
  • EDL2 : équation caractéristique ; trois cas réels (, , ) ; particulière selon le second membre (polynôme, avec décalage en cas de racine, via complexes) ; résonance si racine ; Cauchy : deux conditions initiales.

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