Nombres réels et suites numériques
Cours complet · mathématiques MPSI, chapitre 5 · MPSI (classe préparatoire scientifique)
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<i class="fa-solid fa-compass mr-2" style="color:#9A563B"></i>5.1 Introduction et motivation
L'objectif de ce chapitre est de donner une base solide à l'étude des suites réelles. Le point d'appui de toute la théorie est une propriété de invisible au lycée et pourtant fondamentale : la propriété de la borne supérieure. C'est elle qui distingue de , elle qui garantit qu'une suite croissante et majorée converge, elle qui fournira au chapitre suivant le théorème des valeurs intermédiaires.
Dans l'étude des suites, on distinguera nettement deux registres :
- les aspects qualitatifs : monotonie, convergence, divergence ;
- les aspects quantitatifs : majoration, encadrement, vitesse de convergence ou de divergence.
Savoir qu'une suite converge est une chose ; savoir à quelle vitesse elle approche sa limite en est une autre — c'est cette seconde question qui gouverne l'efficacité des algorithmes numériques.
5.2 Ensembles de nombres usuels
5.2.1 De à
On dispose de la chaîne d'inclusions strictes :
où désigne les entiers naturels, les entiers relatifs, les nombres décimaux, les rationnels et les réels. Les éléments de sont les irrationnels.
Les constructions de ces ensembles — et en particulier celle de — sont hors programme : on admet l'existence de , corps totalement ordonné contenant et vérifiant la propriété de la borne supérieure (section suivante). Chaque inclusion est stricte : (son développement décimal est infini), et comme le montre la proposition suivante.
est irrationnel.
Démonstration
Par l'absurde : supposons avec entiers non nuls et la fraction irréductible. Alors , donc est pair, donc est pair (le carré d'un impair est impair) : . Alors , soit : est pair lui aussi. Les deux étant pairs, la fraction n'était pas irréductible — contradiction.
5.2.2 Approximations décimales d'un réel
Soient et . Le nombre décimal
vérifie : c'est la valeur décimale approchée de à près par défaut, et est la valeur approchée par excès. La suite est croissante et converge vers .
Démonstration
La définition de la partie entière donne ; on divise par . La croissance vient de , et l'encadrement donne la convergence (théorème d'encadrement, vu plus loin).
Pour : , , , , … C'est très exactement ce qu'affiche une calculatrice : une suite de décimaux qui approche à près.
Tout intervalle ouvert non vide (avec ) contient au moins un rationnel et au moins un irrationnel.
Démonstration
Choisissons tel que . Le décimal vérifie : ainsi contient le décimal (donc rationnel) . Pour un irrationnel, on applique ce résultat à l'intervalle : il contient un rationnel , et est irrationnel (s'il était rationnel, le serait aussi).
5.2.3 La droite achevée
On note la droite achevée, obtenue en adjoignant à deux éléments et avec la convention pour tout réel . Elle permet d'unifier les énoncés sur les limites et les bornes (toute partie non vide de a une borne supérieure dans ).
5.3 Propriété de la borne supérieure
5.3.1 Borne supérieure, borne inférieure
Soit une partie non vide de .
- La borne supérieure de , notée , est le plus petit des majorants de , lorsqu'il existe.
- La borne inférieure de , notée , est le plus grand des minorants de , lorsqu'il existe.
si et seulement si :
- est un majorant : ;
- aucun réel plus petit n'en est un : .
Caractérisation analogue pour avec .
Toute partie de non vide et majorée admet une borne supérieure. Toute partie non vide et minorée admet une borne inférieure.
Ne pas confondre borne supérieure et maximum : le maximum est un majorant qui appartient à . Ainsi admet , mais pas de maximum. Lorsque le maximum existe, il est égal à la borne supérieure. C'est précisément parce que le sup existe toujours (pour une partie non vide majorée) qu'il est l'outil central de l'analyse.
- : et , non atteint. (Pour le voir : majore , et pour tout , dès que .)
- : . Cette partie de , non vide et majorée, n'a pas de borne supérieure dans : la propriété de la borne supérieure est bien une spécificité de .
5.3.2 Caractérisation des intervalles
Une partie de est un intervalle si et seulement si :
c'est-à-dire si contient tout réel compris entre deux de ses éléments.
Démonstration (Idée de la démonstration)
Le sens direct est immédiat. Réciproquement, si (non vide, et par exemple bornée) vérifie cette propriété, on pose et : la propriété entraîne , donc est l'un des quatre intervalles d'extrémités et . Les cas non bornés se traitent de même avec .
5.4 Généralités sur les suites réelles
Une suite réelle est une application (éventuellement définie à partir d'un rang ), notée . Trois modes de définition usuels :
- explicite : , par exemple ;
- par récurrence : donné et , par exemple ;
- implicite : est défini comme solution d'une équation dépendant de , par exemple « est l'unique solution de ».
Une suite est :
- majorée (resp. minorée) s'il existe tel que pour tout (resp. ) ; bornée si elle est majorée et minorée ;
- croissante si pour tout , strictement croissante si ; définitions analogues en décroissant ; (strictement) monotone dans les deux cas ;
- stationnaire si elle est constante à partir d'un certain rang.
est bornée si et seulement si est majorée.
Deux réflexes : étudier le signe de , ou, pour une suite à termes strictement positifs, comparer à . Pour une suite explicite , la monotonie de sur suffit (chapitre précédent).
5.5 Limite d'une suite réelle
5.5.1 Définitions
Soit une suite réelle et .
- converge vers si :
On note ou . Une suite qui converge vers un réel est dite convergente, divergente sinon.
- tend vers si : (définition analogue pour ).
Les définitions sont énoncées avec des inégalités larges (), conformément au programme : on vérifie facilement qu'elles sont équivalentes aux versions avec inégalités strictes. La clé de la définition : quelle que soit la précision exigée, tous les termes de la suite finissent par approcher à près.
Si admet une limite (finie ou infinie), celle-ci est unique.
Démonstration (Démonstration dans le cas de deux limites finies)
Supposons et avec , et posons . À partir d'un certain rang, et , d'où par l'inégalité triangulaire :
ce qui est absurde puisque .
Si converge, alors est bornée.
Démonstration
Avec : il existe tel que , donc , pour tout . Alors pour tout : un maximum d'un nombre fini de réels majore la suite.
La réciproque est fausse : est bornée mais divergente (on le démontrera proprement avec les suites extraites).
5.5.2 Opérations sur les limites
Si et (limites finies), alors pour tous scalaires :
Ces règles s'étendent aux limites infinies avec les conventions usuelles (, etc.), sauf pour les formes indéterminées : , , , .
Démonstration (Démonstration pour la somme ())
Soit . À partir d'un rang , ; à partir d'un rang , . Pour :
(Les autres règles se démontrent sur le même modèle ; pour le produit, on utilise que est bornée.)
Si est bornée et , alors .
: produit de la suite bornée par . Noter que elle-même n'a pas de limite — la règle « produit des limites » ne s'applique pas, celle-ci si.
5.5.3 Limites et inégalités
Si à partir d'un certain rang et si les deux suites convergent, alors .
Les inégalités strictes ne passent pas à la limite : pour tout , mais . À la limite, une inégalité stricte devient large.
Si , alors à partir d'un certain rang (et même à partir d'un certain rang).
Démonstration
Avec : à partir d'un rang , , donc .
- Encadrement (« des gendarmes ») : si à partir d'un certain rang et si et (même limite finie), alors .
- Minoration : si à partir d'un certain rang et , alors .
- Majoration : si à partir d'un certain rang et , alors .
Pour montrer que , il suffit d'exhiber une suite de limite nulle telle que :
C'est l'outil le plus utilisé en pratique : il transforme un problème de limite en un problème de majoration — l'aspect quantitatif au service de l'aspect qualitatif.
Montrons que :
Pour : si , ; si , ; si , ; si , diverge sans limite. (Pour : avec , par l'inégalité de Bernoulli, conséquence directe du binôme ; pour , on majore par l'inverse d'une telle suite.)
5.6 Suites monotones
5.6.1 Théorème de la limite monotone
Soit une suite croissante.
- Si est majorée, elle converge, et .
- Si n'est pas majorée, alors .
Énoncé analogue pour une suite décroissante (convergence vers l', ou limite ). En particulier, toute suite monotone admet une limite dans .
Démonstration
Supposons croissante et majorée, et posons (qui existe par la propriété de la borne supérieure !). Soit : par caractérisation du sup, il existe tel que . Par croissance, pour tout : , donc .
Si n'est pas majorée : pour tout , il existe avec , et par croissance pour tout .
C'est le théorème d'existence : il fournit la convergence sans connaître la limite. Tout repose sur la propriété de la borne supérieure — ce théorème est faux dans (la suite des décimaux approchés de est croissante, majorée, à valeurs rationnelles, et sa limite n'est pas dans ).
La suite est croissante (on ajoute des termes positifs) et majorée : pour , , d'où par télescopage . Elle converge donc — Euler montrera que sa limite vaut , mais la convergence s'obtient sans rien savoir de la limite.
5.6.2 Suites adjacentes
Deux suites et sont adjacentes si est croissante, est décroissante, et .
Si et sont adjacentes, elles convergent vers la même limite , et pour tout :
Démonstration
La suite est décroissante (différence d'une décroissante et d'une croissante) et tend vers , donc pour tout : ainsi . La suite , croissante et majorée par , converge vers un réel ; de même , décroissante minorée par , converge vers . Enfin : la limite commune vérifie .
Posons et (pour ). est croissante ; un calcul direct donne
donc décroît, et : les suites sont adjacentes. Leur limite commune est le nombre , et l'encadrement est si serré qu'il permet de démontrer que est irrationnel (exercice 50).
5.7 Suites extraites
Une suite extraite (ou sous-suite) de est une suite de la forme , où est strictement croissante (l'extractrice). Exemples : , , .
Une récurrence immédiate montre que pour toute extractrice : une suite extraite « va au moins aussi vite » que la suite initiale.
Si (limite finie ou infinie), alors toute suite extraite de tend vers .
Démonstration
Soit et tel que pour . Comme dès que , on a pour .
Par contraposée : si deux suites extraites de ont des limites différentes, alors n'a pas de limite. Exemple : vérifie et , donc diverge.
Si et tendent vers la même limite , alors .
Démonstration
Soit . Il existe tel que pour , et tel que pour . Tout entier est soit pair avec , soit impair avec : dans les deux cas .
De toute suite réelle bornée, on peut extraire une suite convergente.
Démonstration (Principe de la démonstration : dichotomie)
Soit à valeurs dans un segment . On coupe le segment en deux moitiés : l'une au moins, notée , contient pour une infinité d'indices . On recommence : on construit ainsi des segments emboîtés , de longueur , contenant chacun une infinité de termes de la suite. Les suites et sont adjacentes, de limite commune . On choisit alors avec (possible puisque chaque segment contient une infinité de termes) : l'encadrement donne .
À chaque étape, on garde une moitié contenant une infinité de termes de la suite : les segments emboîtés, de longueurs divisées par deux, se referment sur la limite de l'extraite construite.
Ce théorème, d'apparence abstraite, est l'un des piliers de l'analyse : il servira à démontrer qu'une fonction continue sur un segment est bornée et atteint ses bornes. Noter qu'il n'affirme rien sur la limite : seulement l'existence d'une extraite convergente.
5.8 Traduction séquentielle de certaines propriétés
5.8.1 Parties denses
Une partie de est dense dans si elle rencontre tout intervalle ouvert non vide.
est dense dans si et seulement si tout réel est limite d'une suite d'éléments de .
Démonstration
Si est dense, soit : pour chaque , l'intervalle contient un élément , et . Réciproquement, soit un intervalle ouvert non vide et son milieu : une suite de convergeant vers a tous ses termes dans à partir d'un certain rang.
, et sont denses dans .
Démonstration
Pour : tout réel est limite de ses valeurs décimales approchées (déjà vu) — ou directement, tout intervalle ouvert contient un décimal. Comme , la densité de s'ensuit. Pour les irrationnels : on a montré que tout intervalle ouvert non vide contient un irrationnel.
5.8.2 Bornes et suites
Soit une partie non vide de .
- Si est majorée, il existe une suite d'éléments de telle que .
- Si n'est pas majorée, il existe une suite d'éléments de tendant vers .
Résultats analogues pour et pour non minorée.
Démonstration
Si est majorée, posons . Pour chaque , la caractérisation du sup avec fournit tel que : par encadrement, . Si n'est pas majorée, pour chaque il existe avec , d'où par minoration.
Cette « traduction séquentielle » est un pont systématique entre le monde ensembliste (sup, densité) et le monde dynamique des suites : elle permet d'importer toute la boîte à outils des limites dans les questions de bornes.
5.9 Suites complexes
Une suite complexe est une application . Elle est bornée si est majorée, et elle converge vers si , c'est-à-dire :
(le module remplace la valeur absolue ; les notions de monotonie, elles, n'ont plus de sens dans ).
si et seulement si et .
Démonstration
Les inégalités du chapitre 3 donnent dans un sens (de même pour la partie imaginaire), et dans l'autre .
L'unicité de la limite, le caractère borné des suites convergentes, les opérations sur les limites (combinaison linéaire, produit, quotient) et la majoration avec s'étendent sans changement aux suites complexes. (Les énoncés faisant intervenir l'ordre — monotonie, encadrement, passage à la limite des inégalités — n'ont en revanche pas d'analogue.)
De toute suite complexe bornée, on peut extraire une suite convergente.
Démonstration
Soit bornée : les suites réelles et sont bornées. Par Bolzano-Weierstrass réel, on extrait convergente ; la suite est encore bornée, on en extrait convergente. La suite , dont les deux parties convergent, converge : c'est une double extraction.
5.10 Suites particulières
5.10.1 Suites arithmétiques et géométriques
- Arithmétique de raison : , d'où et .
- Géométrique de raison : , d'où et, pour , .
Ces formules valent aussi pour des suites complexes ; une suite géométrique complexe converge si et seulement si (limite ) ou .
5.10.2 Suites arithmético-géométriques
Soient et . Pour résoudre la récurrence :
- chercher la solution constante : donne (le « point fixe ») ;
- poser : alors , suite géométrique ;
- conclure : .
En particulier, si , alors quelle que soit la valeur initiale. (Comparer avec l'étude de au chapitre 3 et la variation de la constante au chapitre 4 : c'est la même structure « particulière + homogène ».)
Soit et . Point fixe : ; donc . Aspect quantitatif : l'erreur est divisée par deux à chaque étape — convergence géométrique.
5.10.3 Suites récurrentes linéaires d'ordre 2
Soient des scalaires, , et la récurrence
On lui associe l'équation caractéristique , de racines (dans ).
- Si : les suites solutions sont exactement les .
- Si : les solutions sont les .
Pour une récurrence à coefficients réels et des racines complexes conjuguées , les solutions réelles sont les . Dans tous les cas, est déterminé par et .
L'analogie avec les équations différentielles du chapitre précédent est complète : même équation caractéristique, même structure des solutions, jouant le rôle de .
, , . Équation caractéristique , de racines (le nombre d'or) et . Les conditions initiales donnent la formule de Binet :
Comme , est l'entier le plus proche de , et .
5.10.4 Suites définies par
Un intervalle est stable par si . Si et est stable, alors la suite définie par est bien définie et reste dans (récurrence immédiate).
Si pour tout , si et si est continue en , alors :
la limite est nécessairement un point fixe de .
Démonstration
La suite extraite tend vers ; par continuité de en , . Or : par unicité de la limite, .
- Trouver un intervalle stable contenant (souvent à l'aide du tableau de variations de ).
- Chercher les points fixes de dans (résoudre ) : ce sont les seules limites possibles.
- Étudier la monotonie de ; deux outils complémentaires :
- le signe de sur : si sur , la suite est croissante (et inversement) ;
- la croissance éventuelle de : si est croissante sur stable, alors est monotone, son sens étant donné par la comparaison de et .
- Conclure par le théorème de la limite monotone, puis identifier la limite parmi les points fixes.
(Si est décroissante, est croissante : on étudie alors les deux suites extraites et , qui sont monotones de sens contraires.)
Posons .
- Intervalle stable : est croissante sur , avec et : donc , et la suite reste dans .
- Points fixes : et , soit (l'autre racine est exclue).
- Monotonie : croissante et , donc est croissante (récurrence : ).
- Conclusion : croissante et majorée par , converge ; sa limite est un point fixe de (continue), donc .
Cette représentation en escalier (dite « en toile d'araignée ») visualise la dynamique : on monte verticalement jusqu'au graphe de , puis horizontalement jusqu'à la première bissectrice, et on recommence. Avec croissante on obtient un escalier ; avec décroissante, une spirale qui tourne autour du point fixe.
<i class="fa-solid fa-dumbbell mr-2" style="color:#2E7559"></i>5.11 Exercices résolus
Niveau (Application directe du cours)
Déterminer, si elles existent, les bornes supérieure et inférieure de :
Sont-elles atteintes ?
Démonstration (Solution)
Séparons selon la parité. Les termes pairs sont , avec égalité pour : le maximum des termes pairs est . Les termes impairs sont , tous majorés par également. Donc , atteint en .
Pour la borne inférieure : tous les termes sont (car ), et les termes impairs s'approchent de d'aussi près que l'on veut. Donc , non atteint : n'a pas de minimum.
Déterminer les limites des suites :
Démonstration (Solution)
Pour , on factorise le terme dominant : .
Pour : produit de la suite bornée par , donc .
Pour , on multiplie par la quantité conjuguée :
Pour , on factorise par : , car .
Soit définie par et . Exprimer en fonction de et étudier la limite. Que se passe-t-il si ?
Démonstration (Solution)
Point fixe : donne . La suite vérifie , donc :
Pour : . Pour : la suite est constante égale à . (Le point fixe est répulsif : on ne converge vers lui qu'en y étant déjà, car .)
Niveau (Application avec raisonnement intermédiaire)
Soit . Montrer que converge.
Démonstration (Solution)
Monotonie : en passant de à , la somme perd le terme et gagne :
la suite est strictement croissante.
Majoration : chacun des termes est au plus , donc .
Croissante et majorée, converge par le théorème de la limite monotone. (On montrera plus tard que sa limite est — mais la convergence, elle, est déjà acquise.)
Pour , on pose et . Montrer que et sont adjacentes.
Démonstration (Solution)
est strictement croissante : . Pour :
donc est strictement décroissante. Enfin . Les deux suites sont adjacentes ; leur limite commune est par définition le nombre , et l'on dispose de l'encadrement pour tout .
Montrer que la suite diverge.
Démonstration (Solution)
Considérons les deux extractrices et :
Deux suites extraites ont des limites différentes : n'a pas de limite. (La suite est en fait périodique de période et non constante, ce qui interdit toute convergence — voir exercice 51.)
Soit définie par , et . Exprimer en fonction de .
Démonstration (Solution)
Équation caractéristique : , soit : racines et . Donc , avec :
d'où et :
Contrôle : et . ✓
Niveau (Raisonnement subtil ou plusieurs étapes)
Soit et (méthode de Héron). Montrer que converge vers , puis établir la majoration
et commenter la vitesse de convergence.
Démonstration (Solution)
Posons sur : la suite est bien définie et strictement positive.
Minoration par dès le rang 1 : pour ,
donc pour tout .
Décroissance à partir du rang 1 : pour , , donc dès .
Convergence : décroissante et minorée, converge vers ; comme est continue en , , soit : .
Vitesse : le calcul ci-dessus donne exactement : l'erreur au rang est de l'ordre du carré de l'erreur au rang . Le nombre de décimales exactes double (environ) à chaque itération : convergence quadratique. Avec : , , — cinq décimales exactes en trois itérations ( : les deux diffèrent dès la sixième).
Soit et . Montrer que , puis que pour tout .
Démonstration (Solution)
La suite est strictement positive (récurrence) et strictement croissante (). Si elle convergeait vers , on aurait et, par continuité de en : , soit — absurde. Croissante et non convergente, elle tend vers (théorème de la limite monotone).
Aspect quantitatif : élevons la récurrence au carré :
Par récurrence, , d'où : la suite diverge « au moins comme ». (On peut montrer que c'est le bon ordre de grandeur.)
Soient et deux parties non vides et majorées de , et
Montrer que admet une borne supérieure et que .
Démonstration (Solution)
Posons et . Pour tous , : , donc est non vide et majorée par : existe et .
Inversement, soit . Par caractérisation des bornes supérieures, il existe avec et avec . Alors et : aucun réel strictement inférieur à ne majore . Donc .
(Variante séquentielle : prendre des suites et d'éléments de et ; alors tend vers , qui est donc limite d'éléments de tous majorés par .)
- Nombres : ; ; valeurs décimales approchées ; tout intervalle ouvert non vide rencontre et (densité).
- Borne supérieure : plus petit des majorants ; caractérisation par ; toute partie non vide majorée de admet un sup — la propriété fondatrice de l'analyse ; sup max () ; intervalle pour tous dans .
- Limites : définitions avec inégalités larges ; unicité ; convergente bornée (réciproque fausse) ; opérations et formes indéterminées ; bornée nulle ; les inégalités larges passent à la limite (pas les strictes) ; encadrement / minoration / majoration ; réflexe central : .
- Limite monotone : croissante majorée converge (vers le sup) ; croissante non majorée . Suites adjacentes : convergence vers une limite commune encadrée.
- Suites extraites : strictement croissante, ; si , toute extraite aussi (outil de divergence) ; pairs + impairs vers ; Bolzano-Weierstrass (bornée extraite convergente, par dichotomie).
- Traduction séquentielle : dense tout réel est limite d'une suite de (, , denses) ; est limite d'une suite de .
- Suites complexes : convergence parties réelle et imaginaire convergent ; BW par double extraction ; pas de monotonie.
- Suites particulières : arithmético-géométrique (, ) ; récurrences linéaires d'ordre 2 (équation caractéristique, ou ) ; : intervalle stable, points fixes ( si continue), monotonie par signe de ou croissance de , dessin en escalier.