Limites, continuité, dérivabilité, convexité
Cours complet · mathématiques MPSI, chapitre 6 · MPSI (classe préparatoire scientifique)
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<i class="fa-solid fa-compass mr-2" style="color:#9A563B"></i>6.1 Introduction et motivation
Ce chapitre démontre les théorèmes de base relatifs aux fonctions réelles d'une variable réelle — ceux-là mêmes qui avaient été admis au chapitre 4 pour les besoins du calcul — et développe l'étude des fonctions convexes amorcée en terminale. Dans de nombreuses questions de nature qualitative, on visualise une fonction par son graphe : cet aspect géométrique sera souligné par de nombreuses figures.
Dans tout le chapitre, désigne un intervalle de non vide et non réduit à un point, et les fonctions sont à valeurs réelles (sauf dans les brèves sections consacrées aux fonctions complexes).
Soit . On dit qu'une propriété portant sur est vraie au voisinage de si elle est vraie sur l'intersection de avec : un intervalle ouvert centré en si ; un intervalle si ; un intervalle si .
L'étude des suites récurrentes sera l'occasion d'introduire la vitesse de convergence (lente, géométrique, quadratique) et la méthode de Newton ; celle de la dérivabilité, de présenter la discrétisation à travers la méthode d'Euler.
6.2 Limite d'une fonction en un point
6.2.1 Définitions
Soient un point de ou une extrémité de , et . On dit que admet pour limite en , et on note ou , si :
- cas : ;
- cas : .
Les limites infinies se définissent de même : en signifie . (Toutes les définitions sont énoncées avec des inégalités larges, comme pour les suites.)
- Unicité : si admet une limite en , celle-ci est unique.
- Si est définie en et possède une limite en , alors (en effet, est autorisé dans la définition, donc pour tout ).
- Si possède une limite finie en , alors est bornée au voisinage de .
La limite à droite de en est, lorsqu'elle existe, la limite en de la restriction de à ; on la note ou . Définition analogue à gauche.
La fonction partie entière vérifie et : pas de limite en , mais des limites à gauche et à droite distinctes (le graphe « saute »).
6.2.2 Caractérisation séquentielle
admet pour limite en si et seulement si, pour toute suite d'éléments de telle que , on a .
Démonstration (Démonstration (cas et réels))
Sens direct : soit et associé par la définition de la limite. Comme , on a à partir d'un rang , donc pour .
Réciproque, par contraposée : si ne tend pas vers en , il existe tel que pour tout , on trouve avec et : la suite tend vers sans que tende vers .
Double usage de cette caractérisation : transférer aux fonctions tous les théorèmes sur les suites (opérations, encadrement…), et prouver qu'une limite n'existe pas en exhibant deux suites et avec et de limites différentes. Ainsi n'a pas de limite en : prendre (valeurs ) et (valeurs ).
6.2.3 Opérations et comparaison
Les théorèmes sur les suites se transposent : combinaison linéaire, produit, quotient (avec les mêmes formes indéterminées), et de plus la composition : si et , alors .
- Passage à la limite : si au voisinage de et si les deux limites existent, .
- Encadrement : si au voisinage de et (finie), alors .
- Minoration (resp. majoration) : si au voisinage de et , alors (resp. ).
Soit croissante sur (avec ). Alors admet en une limite à gauche, finie si est majorée (et égale à ), égale à sinon ; et de même en à droite. En particulier, une fonction monotone admet en tout point intérieur une limite à gauche et une limite à droite finies.
6.3 Continuité en un point
Soit . La fonction est continue en si , c'est-à-dire :
On définit de même la continuité à gauche et à droite ; est continue en si et seulement si elle l'est à gauche et à droite.
Si est une extrémité de n'appartenant pas à et si admet une limite finie en , la fonction définie sur par sur et est continue en : c'est le prolongement par continuité de en .
se prolonge par continuité en par (croissances comparées). De même se prolonge en par la valeur : en effet est un taux d'accroissement, de limite .
est continue en si et seulement si pour toute suite d'éléments de convergeant vers , la suite converge vers .
C'est exactement cette caractérisation qui justifie le théorème « limite et point fixe » du chapitre précédent : si et avec continue en , alors , d'où .
Combinaisons linéaires, produits, quotients (dénominateur non nul) et composées de fonctions continues en un point sont continus en ce point. Toutes les fonctions usuelles (polynômes, fractions rationnelles, , , puissances, fonctions trigonométriques et hyperboliques et leurs réciproques) sont continues sur leur domaine.
6.4 Continuité sur un intervalle
6.4.1 Théorème des valeurs intermédiaires
est continue sur si elle est continue en tout point de .
Soit continue sur un intervalle , et . Alors prend toute valeur comprise entre et : pour tout entre et , il existe entre et tel que .
Démonstration (Principe de la démonstration : dichotomie)
Quitte à remplacer par , on se ramène à : , et on cherche un zéro de . On pose et on coupe en deux : si prend une valeur et une valeur aux extrémités de la moitié gauche, on la garde, sinon on garde la moitié droite. On construit ainsi des segments emboîtés avec et : les suites et sont adjacentes, de limite commune . Par continuité et passage à la limite dans les inégalités : et , donc .
La figure montre que le « » du TVI n'a aucune raison d'être unique : une fonction continue peut traverser plusieurs fois le niveau . La dichotomie de la démonstration est aussi un algorithme : elle divise l'incertitude par à chaque étape — environ étapes par décimale gagnée (convergence géométrique de raison ).
L'image d'un intervalle par une fonction continue est un intervalle. Si de plus est strictement monotone et continue sur d'extrémités et , alors est l'intervalle d'extrémités et , de même nature (ouvert/fermé) que .
Tout polynôme réel de degré impair admet au moins une racine réelle : ses limites en sont et (ou l'inverse), donc il prend des valeurs des deux signes, et le TVI conclut.
6.4.2 Théorème des bornes atteintes
Toute fonction continue sur un segment est bornée et atteint ses bornes : il existe tels que et . En conséquence, l'image d'un segment par une fonction continue est un segment : .
Démonstration (Démonstration (pour la borne supérieure))
Notons . Par traduction séquentielle des bornes (chapitre 5), il existe une suite de telle que . La suite est bornée : par Bolzano-Weierstrass, on en extrait . Par continuité de en : ; or (suite extraite), donc : est fini et atteint.
Les deux hypothèses sont essentielles : est continue sur (intervalle non fermé) et non bornée ; sur n'atteint pas sa borne supérieure ; et la fonction sur le segment (non continue) a pour borne supérieure , jamais atteinte. Retenir : continue segment.
6.4.3 Théorème de la bijection
Une fonction continue sur un intervalle, à valeurs réelles et injective, est strictement monotone. (Démonstration non exigible.)
Soit continue et strictement monotone sur un intervalle . Alors réalise une bijection de sur l'intervalle , et sa réciproque est continue sur et strictement monotone, de même sens de variation que . (Démonstration non exigible.)
C'est ce théorème qui fonde rigoureusement les constructions du chapitre 4 : (réciproque de ), , , , et les racines -ièmes .
6.5 Fonctions complexes : limites et continuité
Pour , les définitions de limite et de continuité s'étendent en remplaçant la valeur absolue par le module, et :
Les opérations (combinaison linéaire, produit, quotient) restent valables ; les énoncés liés à l'ordre (TVI, limite monotone, bornes atteintes au sens de l'ordre) n'ont pas d'analogue.
6.6 Dérivabilité : nombre dérivé, fonction dérivée
6.6.1 Définitions et caractérisation
est dérivable en si son taux d'accroissement admet une limite finie en :
On définit de même les dérivabilités à gauche et à droite (limites à gauche/droite du taux).
est dérivable en si et seulement s'il existe un réel et une fonction de limite nulle en tels que, pour tout tel que :
Dans ce cas . Autrement dit : au voisinage de , est approchée par sa fonction affine tangente, avec une erreur négligeable devant .
Démonstration
Si est dérivable en , on pose pour (et ) : par définition . Réciproquement, l'égalité donne .
Si est dérivable en , alors est continue en . La réciproque est fausse : est continue en , dérivable à gauche (de dérivée ) et à droite (de dérivée ), mais pas dérivable en .
Démonstration
Dans le développement limité, .
Géométrique : est la pente de la tangente au graphe au point , position limite des sécantes ; équation : . Cinématique : si est la position d'un mobile à l'instant , le taux d'accroissement est la vitesse moyenne entre et , et est la vitesse instantanée en .
6.6.2 Opérations
Si sont dérivables en (resp. sur ) :
et si est dérivable en : . Enfin, si est bijective, dérivable en avec , et si est continue, alors est dérivable en et :
Démonstration (Démonstration pour le produit et la réciproque)
Produit : on intercale le terme croisé,
en utilisant la continuité de en . Réciproque : pour , posons (continuité de ) ; alors
Tangente au graphe d'une réciproque : le graphe de étant le symétrique de celui de par rapport à la première bissectrice, la tangente en au graphe de est la symétrique de la tangente en au graphe de — d'où la pente , et une tangente verticale lorsque (par exemple en , réciproque de ).
6.7 Extremum local et point critique
admet un maximum local en si au voisinage de (minimum local : inégalité inverse) ; un extremum local est l'un ou l'autre. Un point critique de dérivable est un zéro de .
Si est dérivable en , si est un point intérieur à , et si admet un extremum local en , alors :
Démonstration
Supposons un maximum local. Pour proche de : , d'où en passant à la limite . Pour : le taux est , d'où . Donc .
Deux pièges : la condition n'est pas suffisante ( a un point critique en sans extremum), et l'hypothèse « point intérieur » est essentielle ( sur atteint son maximum en avec ). En pratique : les extremums d'une fonction dérivable sur un segment sont à chercher parmi les points critiques intérieurs et les bornes.
6.8 Théorèmes de Rolle et des accroissements finis
6.8.1 Théorème de Rolle
Soit continue sur , dérivable sur , telle que . Alors il existe tel que :
Démonstration
Par le théorème des bornes atteintes, atteint sur son minimum et son maximum . Si , est constante et tout convient. Sinon, l'une des deux bornes est différente de la valeur commune : elle est donc atteinte en un point intérieur à . En ce point intérieur, extremum (global donc local) d'une fonction dérivable : .
6.8.2 Égalité des accroissements finis
Soit continue sur et dérivable sur . Il existe tel que :
Démonstration
On « redresse » la corde : posons . Alors est continue sur , dérivable sur , et . Le théorème de Rolle fournit avec , c'est-à-dire .
Géométrique : il existe un point du graphe où la tangente est parallèle à la corde joignant les extrémités. Cinématique : sur un trajet, il existe un instant où la vitesse instantanée égale la vitesse moyenne — c'est le principe des radars « tronçon ».
6.8.3 Inégalité des accroissements finis et fonctions lipschitziennes
est -lipschitzienne sur () si :
Une fonction lipschitzienne est continue (et même « uniformément »).
Si est dérivable sur et si sur , alors est -lipschitzienne sur .
Démonstration
Pour dans , l'EAF donne entre et tel que .
pour tous réels (car ) : le sinus est -lipschitzien. De même est -lipschitzienne ().
6.8.4 Application aux suites et vitesse de convergence
Soit un point fixe de , et supposons sur un intervalle stable contenant , avec . Alors pour toute valeur initiale , la suite vérifie :
La convergence est géométrique de raison : chaque itération multiplie l'erreur par au plus . Pour atteindre la précision , il suffit de itérations — un nombre d'itérations proportionnel au nombre de décimales demandé.
Sur des exemples, on observe trois comportements typiques pour :
- convergence lente : (par exemple vers ) — il faut multiplier le nombre d'itérations pour gagner des décimales ;
- convergence géométrique : () — nombre d'itérations proportionnel au nombre de décimales (dichotomie : ) ;
- convergence quadratique : — le nombre de décimales exactes double à chaque itération (méthode de Héron, et plus généralement méthode de Newton).
Pour résoudre , on part de et on remplace, à chaque étape, par sa tangente en : le nouvel itéré est l'abscisse où cette tangente coupe l'axe :
Pour , on retrouve exactement la méthode de Héron : sa convergence quadratique, constatée au chapitre 5, est le comportement typique de Newton au voisinage d'une racine où .
6.8.5 Caractérisation des fonctions monotones
Soit continue sur , dérivable sur l'intérieur de .
- est constante sur ;
- est croissante (décroissante ) ;
- si et si ne s'annule sur aucun intervalle non trivial (par exemple : zéros isolés), alors est strictement croissante.
Démonstration
Tout repose sur l'EAF : pour dans , pour un . Si , cette quantité est : est croissante (et les autres cas s'en déduisent). Réciproquement, si est croissante, tout taux d'accroissement est , donc sa limite aussi. Pour la stricte croissance : si avec , alors , croissante, est constante sur , donc sur tout cet intervalle — exclu par hypothèse.
6.8.6 Théorème de la limite de la dérivée
Soit continue sur , dérivable sur , telle que . Alors est dérivable en , avec , et est continue en . Extension : si , alors (tangente verticale, non dérivable en ).
Démonstration
Pour , l'EAF sur le segment d'extrémités et fournit strictement compris entre et tel que . Quand , on a (encadrement), donc par composition des limites : le taux d'accroissement tend vers .
Soit pour , prolongée par . Elle est continue en (), dérivable sur avec : par le théorème, est dérivable en , , et est continue en — le prolongement est de classe .
La réciproque est fausse : peut être dérivable en sans que ait de limite en (voir l'exercice résolu 7 : ). Le théorème donne une condition suffisante, très utile pour les raccordements.
6.9 Fonctions de classe
Pour , est de classe sur si elle est fois dérivable sur et si est continue sur ; elle est de classe si elle est de classe pour tout . ( = continue.)
Combinaisons linéaires, produits, quotients (dénominateur ne s'annulant pas), composées et réciproques (lorsque ne s'annule pas) de fonctions de classe sont de classe (démonstrations relatives à la composition et à la réciproque non exigibles). Pour le produit, on dispose de la formule de Leibniz :
Démonstration (Idée de la démonstration de Leibniz)
Récurrence sur , identique à celle du binôme de Newton : on dérive la formule au rang , et la relation de Pascal regroupe les termes. L'analogie n'est pas fortuite : la dérivation du produit a la même structure que la multiplication .
Toutes les fonctions usuelles sont sur leur domaine. Calcul par Leibniz, presque tous les termes étant nuls :
6.10 Fonctions complexes : dérivabilité
Pour : est dérivable en si et seulement si et le sont, et alors . Les opérations s'étendent. Attention : Rolle et l'EAF tombent en défaut dans (la fonction vérifie mais ne s'annule jamais). En revanche, l'inégalité des accroissements finis subsiste : si est de classe et sur , alors est -lipschitzienne — l'inégalité résulte d'une majoration d'intégrale, , qui sera justifiée dans le chapitre d'intégration.
6.11 Convexité
6.11.1 Définition et premières propriétés
est convexe sur si :
est concave si est convexe (inégalité renversée).
Quand parcourt , le point parcourt la corde joignant les points du graphe d'abscisses et . La convexité signifie donc : le graphe est situé au-dessous de chacune de ses cordes (entre les deux extrémités).
, , sont convexes sur ; est concave sur ; est concave sur . ( montre qu'une fonction convexe n'est pas nécessairement dérivable.)
Soit convexe sur . Pour tous réels positifs de somme et tous :
Démonstration
Récurrence sur : le cas est la définition. Pour passer de à avec , on regroupe les premiers points : en posant et ,
par la définition puis l'hypothèse de récurrence appliquée aux poids .
est convexe sur si et seulement si, pour tout , la fonction « pente issue de » :
est croissante sur . En conséquence, pour dans :
Soit convexe et dans . Le graphe de est au-dessous de la corde sur , et au-dessus de la droite prolongée à l'extérieur de .
6.11.2 Fonctions convexes dérivables, deux fois dérivables
Soit dérivable sur . Les assertions suivantes sont équivalentes :
- est convexe sur ;
- est croissante sur ;
- le graphe de est situé au-dessus de chacune de ses tangentes :
Si de plus est deux fois dérivable : est convexe si et seulement si sur .
Démonstration (Démonstration (esquisse))
: par croissance des pentes, pour : (passages à la limite des pentes). : pour , l'EAF donne car et croissante (cas analogue). : soit ; en écrivant l'inégalité de tangente en aux points et et en combinant avec les poids et , les termes en se compensent et il reste exactement l'inégalité de convexité. Enfin, croissante (caractérisation de la monotonie).
- est convexe () : la tangente en donne — l'inégalité du chapitre 4, désormais lue géométriquement.
- est concave () : la tangente en donne .
- est concave sur : le graphe est au-dessus de la corde joignant à , d'où , et en dessous de la tangente en : .
<i class="fa-solid fa-dumbbell mr-2" style="color:#2E7559"></i>6.12 Exercices résolus
Niveau (Application directe du cours)
Déterminer les limites suivantes :
Démonstration (Solution)
Pour la première, on multiplie par la quantité conjuguée :
Pour la deuxième : (produit d'une fonction bornée par une fonction de limite nulle), donc la limite vaut .
Pour la troisième, on reconnaît un taux d'accroissement : .
La fonction est-elle dérivable sur ? Est-elle de classe ? De classe ?
Démonstration (Solution)
Sur , , ; sur , , : dans les deux cas . En , le taux d'accroissement tend vers : est dérivable en avec . Ainsi sur , qui est continue : est de classe . En revanche n'est pas dérivable en (point anguleux) : n'est pas de classe .
Montrer que l'équation admet une unique solution dans , située dans .
Démonstration (Solution)
Posons , continue sur . On a et : par le TVI, s'annule en un point de .
Unicité : , nulle seulement aux points isolés : est strictement croissante sur , donc injective — l'équation a au plus une solution. (Hors de , d'ailleurs, interdit toute solution.)
Niveau (Application avec raisonnement intermédiaire)
Soit continue. Montrer que admet (au moins) un point fixe. Le résultat subsiste-t-il sur ?
Démonstration (Solution)
Posons , continue sur . Comme est à valeurs dans : et . Par le TVI, s'annule : il existe avec .
Sur , c'est faux : envoie dans (puisque ), mais son seul point fixe est , qui n'appartient pas à . Le caractère fermé du segment est essentiel.
Soit dérivable sur avec . Montrer qu'il existe tel que :
Démonstration (Solution)
L'astuce est de chercher une fonction auxiliaire dont la dérivée fait apparaître : posons
est dérivable sur , et . Par le théorème de Rolle, il existe tel que :
et comme : . (Plus généralement, multiplier par permet de traiter : c'est l'idée du facteur intégrant des équations différentielles.)
À l'aide de l'égalité des accroissements finis, montrer que pour tout :
et en déduire que .
Démonstration (Solution)
Appliquons l'EAF à sur : il existe tel que
En sommant les inégalités de gauche pour , le membre central se télescope :
donc par minoration — nouvelle preuve, quantitative, de la divergence de la série harmonique : croît comme (l'autre inégalité donne ).
Soit pour , et . Montrer que est dérivable sur mais que n'est pas continue en . Quelle conséquence pour le théorème de la limite de la dérivée ?
Démonstration (Solution)
En : le taux (borné nul), donc est dérivable en et . Pour :
Le premier terme tend vers , mais n'a pas de limite en (suites et : valeurs et ). Donc n'a pas de limite en : est dérivable partout mais pas de classe .
Conséquence : la réciproque du théorème de la limite de la dérivée est fausse — l'absence de limite de en n'empêche pas d'être dérivable en .
Niveau (Raisonnement subtil ou plusieurs étapes)
Soit et . Montrer que converge vers l'unique solution de , avec la majoration pour . Combien d'itérations garantissent une précision de ?
Démonstration (Solution)
L'intervalle est stable : , et : la suite reste dans dès le rang . L'équation admet une unique solution , située dans (exercice 3).
Sur : (car croît sur et ). L'IAF donne, pour :
d'où par récurrence : convergence géométrique de raison .
Nombre d'itérations : on veut , soit : environ 80 itérations — chaque décimale coûte environ itérations. (Comparer à Héron : itérations pour décimales ! La géométrie de près du point fixe — ici — gouverne la vitesse.)
On cherche à résoudre pour (calcul de ).
- Écrire l'itération de Newton pour cette fonction.
- Calculer à partir de et comparer à .
Démonstration (Solution)
- Avec :
on « moyenne » (deux fois) et (une fois) — généralisation directe de la méthode de Héron.
- ; ; ; . Les erreurs successives valent environ , , : chaque itération double (environ) le nombre de décimales exactes — la signature de la convergence quadratique de Newton au voisinage d'une racine simple.
Montrer que pour tous réels strictement positifs :
avec égalité si et seulement si tous les sont égaux.
Démonstration (Solution)
La fonction est concave sur () : l'inégalité de Jensen, renversée pour une fonction concave, avec les poids égaux , donne :
Comme est croissante, on peut « passer à l'exponentielle » sans changer le sens : c'est l'inégalité annoncée. Le cas d'égalité provient de la stricte concavité de : l'égalité dans Jensen force .
(Conséquence en cascade : en appliquant l'inégalité aux , on obtient .)
- Limites de fonctions : définitions avec inégalités larges, à droite/à gauche ; caractérisation séquentielle (transfert des théorèmes sur les suites + outil de non-existence) ; opérations, composition, encadrement, limite monotone.
- Continuité : ; prolongement par continuité ; TVI (démonstration par dichotomie, image d'un intervalle = intervalle) ; bornes atteintes sur un segment (via Bolzano-Weierstrass, image d'un segment = segment) ; continue injective strictement monotone ; théorème de la bijection (réciproque continue, même monotonie).
- Dérivabilité : taux d'accroissement DL : ; dérivable continue (réciproque fausse : ) ; opérations, ; extremum local en un point intérieur point critique (non suffisant, faux au bord).
- Rolle () EAF () IAF ( -lipschitzienne) ; caractérisation des fonctions constantes/monotones (preuve des théorèmes admis au ch. 4) ; théorème de la limite de la dérivée (raccordements , réciproque fausse).
- Suites : si , convergence géométrique ; vitesses lente / géométrique / quadratique (Newton : , les décimales doublent) ; méthode d'Euler = discrétisation de .
- Classe : opérations, formule de Leibniz .
- Fonctions complexes : tout par parties réelle/imaginaire ; Rolle/EAF faux dans , mais l'IAF subsiste ().
- Convexité : graphe sous ses cordes () ; Jensen ; croissance des pentes ; dérivable convexe croissante graphe au-dessus des tangentes ; ; usine à inégalités (, , , moyennes).