Vocabulaire ensembliste et logique
Cours complet · mathématiques (première), chapitre 1 · première, spécialité mathématiques
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Le langage des ensembles et de la logique, mis en place en seconde, est transversal : il intervient dans tous les chapitres, des suites aux probabilités. Ce chapitre consolide ces acquis et introduit les nouveautés de première : le statut des lettres et des égalités, les quantifications (souvent implicites !), leur négation, et le raisonnement par contraposée.
1.1 Ensembles : rappels et notations
Soit un ensemble et , deux parties de .
- : l'élément appartient à ; : est inclus dans (tout élément de est dans ).
- (intersection) : les éléments qui sont dans et dans .
- (réunion) : les éléments qui sont dans ou dans (ou inclusif).
- (ou ) : le complémentaire de dans , formé des éléments de qui ne sont pas dans .
On note toujours , et les intervalles de comme ou . Un couple est ordonné, et le produit cartésien est l'ensemble des couples avec et — le plan repéré s'identifie à .
En probabilités (chapitre 10), l'univers joue le rôle de , les événements sont des parties de , « et » se traduit par , « ou » par , et l'événement contraire par . Le vocabulaire ensembliste est le vocabulaire des probabilités.
1.2 Statut des lettres et des égalités
En première, on doit savoir de quoi on parle quand on écrit une lettre ou une égalité : c'est une nouveauté explicite du programme.
Dans une expression mathématique, une lettre peut être :
- une variable : elle parcourt un ensemble ( dans « la fonction ») ;
- une inconnue : on cherche ses valeurs possibles ( dans « résoudre ») ;
- un paramètre : une constante non précisée dont dépend le problème ( dans « la droite », , , dans « »).
- Une identité est une égalité vraie pour toutes les valeurs des lettres : (quantification universelle implicite : « pour tout réel »).
- Une équation est une égalité dont on cherche pour quelles valeurs de l'inconnue elle est vraie : (vraie seulement pour et ).
Dans « pour tout réel , », la lettre est une variable (identité en ), tandis que , , , sont des paramètres liés par et (chapitre 3). Écrire ensuite « résoudre » change le statut de : c'est désormais une inconnue.
Confondre identité et équation mène à des absurdités : « simplifier » l'équation en divisant par fait perdre la solution , car on a traité l'égalité comme si elle était vraie pour tout (et notamment ), alors que est une inconnue dont est justement une valeur possible.
1.3 Propositions et connecteurs
Soit et deux propositions. « et » est vraie lorsque les deux le sont ; « ou » est vraie lorsque l'une au moins l'est (ou inclusif). Côté ensembles : « et » , « ou » .
Méthode : Le contre-exemple
Pour montrer qu'une proposition universelle (« pour tout … ») est fausse, il suffit d'exhiber un seul contre-exemple. Pour montrer qu'elle est vraie, un exemple ne suffit jamais : il faut une démonstration.
« Pour toute suite croissante, tend vers » est fausse : la suite est croissante mais tend vers (chapitre 2). Ce contre-exemple clôt la discussion.
1.4 Implication, équivalence, conditions nécessaire et suffisante
- « » : chaque fois que est vraie, l'est aussi.
- La réciproque de « » est « » ; elle peut être vraie ou fausse indépendamment.
- « » (équivalence) : les deux implications sont vraies.
Lorsque « » est vraie, on dit que :
- est une condition suffisante pour (il suffit que soit vraie pour que le soit) ;
- est une condition nécessaire pour (il faut que soit vraie pour que puisse l'être).
Pour une fonction dérivable, « admet un extremum local en (intérieur à l'intervalle) » (chapitre 5). La condition est donc nécessaire pour un extremum… mais pas suffisante : pour , on a sans extremum en . La réciproque est fausse.
Dans un énoncé, « il faut que » annonce une condition nécessaire, « il suffit que » une condition suffisante. « Il faut et il suffit » annonce une équivalence.
1.5 Quantifications, souvent implicites
- Universelle : « pour tout de , » — la propriété vaut pour chaque élément.
- Existentielle : « il existe (au moins) un de tel que ».
Les symboles et ne sont pas exigibles : on rédige en français.
Beaucoup d'énoncés cachent leur quantificateur. « Si alors » signifie « pour tout réel , si alors ». De même, l'identité sous-entend « pour tout ». Savoir repérer la quantification implicite est indispensable pour nier ou démontrer correctement une proposition.
Méthode : Nier une proposition quantifiée
La négation échange les deux types de quantification :
- négation de « pour tout , » : « il existe tel que non » ;
- négation de « il existe tel que » : « pour tout , non ».
C'est exactement le principe du contre-exemple : nier un « pour tout », c'est exhiber un « il existe ».
La négation de « tous les termes de la suite sont positifs » est « il existe un rang tel que » — et non « tous les termes sont négatifs » ! De même, la négation de « la fonction s'annule au moins une fois sur » est « pour tout de , ».
1.6 Trois types de raisonnement
Méthode : Raisonnement par disjonction des cas
On découpe l'étude en plusieurs cas qui couvrent toutes les situations, et l'on conclut dans chacun. Exemple type : discuter selon le signe du discriminant (chapitre 3), ou selon la parité d'un entier.
Méthode : Raisonnement par l'absurde
Pour prouver , on suppose « non » et l'on en déduit une contradiction. Exemple type au programme : montrer que la fonction racine carrée n'est pas dérivable en (chapitre 4) — on suppose que le taux de variation a une limite finie et on aboutit à une contradiction.
La contraposée de « » est « (non ) (non ) ». Une implication et sa contraposée sont toujours vraies en même temps : démontrer l'une, c'est démontrer l'autre.
Méthode : Raisonnement par contraposée
Pour démontrer « », il est parfois plus simple de démontrer « (non ) (non ) ». On l'utilise quand la négation des propositions est plus maniable que les propositions elles-mêmes.
Montrons : « si est pair, alors est pair ». Par contraposée, il suffit de montrer : « si est impair, alors est impair ». Or si , alors , qui est impair.
Les deux raisonnements se ressemblent, mais leur structure diffère : la contraposée démontre une implication en la retournant ; l'absurde démontre une proposition quelconque en réfutant sa négation. Dans l'exemple ci-dessus, l'absurde consisterait à supposer « pair et impair » et à en tirer une contradiction — c'est la même idée, mais la contraposée est plus directe.
1.7 Quiz interactif style NotebookLM
Tester vos connaissances en autonomie avant de passer aux exercices !
- Appartenance vs Inclusion. Soit . Quelle affirmation est rigoureusement exacte ?
Corrigé NotebookLM : C. Le symbole relie deux ensembles (), tandis que relie un élément à un ensemble ().
- Statut de l'inconnue. Un élève résout en écrivant « ». Quel est le piège ?
- Aucun, est l'unique solution.
- En divisant par , il a supposé et a éliminé la solution .
- est un paramètre et non une inconnue.
Corrigé NotebookLM : B. L'inconnue peut s'annuler ; la résolution rigoureuse donne deux solutions : .
- Contre-exemple. Comment prouver que la phrase « le produit de deux fonctions croissantes est toujours croissant » est fausse ?
- En calculant la dérivée .
- En exhibant le contre-exemple (croissantes sur , mais décroît sur ).
- Un exemple ne suffit jamais, il faut une preuve abstraite.
Corrigé NotebookLM : B. Un seul contre-exemple suffit à réfuter une proposition universelle ().
- Négation de la quantification universelle. Quelle est la négation de « Pour tout , » ?
- Pour tout , .
- Il existe au moins un entier tel que .
- Il existe au moins un entier tel que .
Corrigé NotebookLM : B. . La négation de est .
- Contraposée. Quelle est la contraposée de « Si est pair, alors est pair » ?
- Si est pair, alors est pair.
- Si est impair, alors est impair.
- Si est impair, alors est impair.
Corrigé NotebookLM : B. La contraposée de est .