Vocabulaire ensembliste et logique
Cours complet · mathématiques (seconde), chapitre 1 · seconde générale
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Les mathématiques ont un langage propre, fait de symboles et de raisonnements. Ce langage est transversal : on le retrouve dans tous les chapitres, en géométrie comme en analyse ou en probabilités. Ce chapitre rassemble et met en forme les notions d'ensemble et de logique que l'on rencontre sans cesse au fil de l'année ; il constitue une « boîte à outils » à laquelle on reviendra régulièrement.
1.1 Ensembles et éléments
Un ensemble est une collection d'objets appelés ses éléments. Si un objet est un élément de l'ensemble , on dit que appartient à et l'on écrit . Dans le cas contraire, on écrit .
On décrit un ensemble de deux façons, toujours entre accolades :
- en extension, en listant ses éléments : ;
- en compréhension, par une propriété caractéristique : .
Avec : on a et , mais et . Les ensembles de nombres usuels , , , (chapitre 2 et suivant) sont des ensembles ; par exemple et .
L'ensemble vide est l'ensemble qui ne contient aucun élément ; on le note (ou ). Lorsqu'un ensemble possède un nombre fini d'éléments, on appelle cardinal de , noté , le nombre de ses éléments.
; . L'ensemble des entiers naturels strictement compris entre et est vide.
Un ensemble ne tient pas compte de l'ordre ni des répétitions : , et désignent le même ensemble, de cardinal .
1.2 Sous-ensembles et inclusion
On dit que est inclus dans , ou que est un sous-ensemble (une partie) de , lorsque tout élément de est aussi un élément de . On écrit alors .
. Pour les ensembles de nombres, on a la chaîne d'inclusions . Un intervalle comme est un sous-ensemble de .
Pour tout ensemble :
- et (l'ensemble vide et lui-même sont toujours des parties de ) ;
- si et , alors (transitivité).
Le symbole relie un élément à un ensemble ; le symbole relie un ensemble à un ensemble. Ainsi, avec : (correct) et (correct), mais « » n'a pas de sens ( n'est pas un ensemble), et « » est faux, car les éléments de sont , et , et non l'ensemble .
1.3 Réunion, intersection, complémentaire
Soit et deux ensembles.
- L'intersection est l'ensemble des éléments appartenant à la fois à et à .
- La réunion est l'ensemble des éléments appartenant à ou à (à l'un au moins des deux).
Lorsque , on dit que et sont disjoints.
Soit un sous-ensemble d'un ensemble . Le complémentaire de dans est l'ensemble des éléments de qui n'appartiennent pas à . On le note ou .
Soit , et . Alors :
Pour deux ensembles finis et :
On retranche pour ne pas compter deux fois les éléments communs.
Dans une classe de élèves, font de l'anglais (), de l'espagnol () et font les deux. Le nombre d'élèves faisant au moins une des deux langues est . Il reste donc élèves qui n'en font aucune.
1.4 Couples et produit cartésien
Un couple est la donnée de deux objets dans un ordre précis : est la première composante, la seconde. Le produit cartésien de deux ensembles et , noté , est l'ensemble de tous les couples où et .
Contrairement à un ensemble, un couple tient compte de l'ordre : en général . Ainsi le couple de coordonnées ne désigne pas le même point que .
Avec et :
Le plan muni d'un repère s'identifie à : un point y est repéré par le couple de ses coordonnées.
Le produit cartésien se visualise en grille : une ligne par élément de , une colonne par élément de — d'où .
1.5 Propositions, connecteurs et négation
Une proposition (ou assertion) est un énoncé mathématique dont on peut dire, sans ambiguïté, qu'il est vrai ou qu'il est faux.
« est un nombre pair » est une proposition (fausse). « » est une proposition (vraie). En revanche « » dépend de la variable : c'est une proposition seulement une fois fixé (vraie pour , fausse sinon).
Soit et deux propositions.
- « et » est vraie lorsque et sont vraies toutes les deux.
- « ou » est vraie lorsque l'une au moins des deux est vraie (le « ou » mathématique est inclusif).
Ces connecteurs correspondent aux opérations sur les ensembles : « et » se traduit par l'intersection , « ou » par la réunion .
La négation d'une proposition , notée « non », est la proposition qui est vraie quand est fausse, et fausse quand est vraie.
La négation de « » est « » ; celle de « » est « ». Pour les connecteurs :
- la négation de « et » est « (non ) ou (non ) » ;
- la négation de « ou » est « (non ) et (non ) ».
Ainsi la négation de « et » est « ou ».
Sur la droite graduée, la négation « éclaire » exactement la partie complémentaire.
1.6 Quantifications : « pour tout » et « il existe »
Beaucoup d'énoncés portent sur plusieurs objets à la fois. On les formule à l'aide de deux tournures.
- Une quantification universelle affirme qu'une propriété est vraie pour tous les éléments considérés : « pour tout entier , est pair ».
- Une quantification existentielle affirme qu'il existe au moins un élément vérifiant une propriété : « il existe un entier tel que ».
Pour « pour tout », il faut vérifier tous les cas, mais un seul contre-exemple suffit à conclure que c'est faux ; pour « il existe », un seul exemple suffit à conclure que c'est vrai.
Les symboles (« pour tout ») et (« il existe ») sont hors programme en Seconde : on rédige ces énoncés en français.
Méthode : Montrer qu'une proposition est fausse : le contre-exemple
Pour prouver qu'une proposition du type « pour tout , la propriété est vraie » est fausse, il suffit d'exhiber un seul exemple qui ne la vérifie pas : c'est un contre-exemple.
La proposition « pour tout réel , » est fausse : pour , on a . Ce seul contre-exemple suffit à conclure.
Entre et , la parabole passe sous la droite : tout réel de fournit un contre-exemple.
1.7 Implication, réciproque, contraposée, équivalence
L'implication « » (lire « implique », ou « si alors ») signifie : chaque fois que est vraie, l'est aussi. On dit que est une condition suffisante pour , et que est une condition nécessaire pour .
« est un multiple de est pair » est une implication vraie.
Soit l'implication « ».
- Sa réciproque est l'implication « ».
- Sa contraposée est l'implication « (non ) (non ) ».
Une implication et sa contraposée sont toujours vraies en même temps. En revanche, la réciproque d'une implication vraie peut être fausse.
Pour « multiple de pair » :
- la réciproque « pair multiple de » est fausse ( est pair mais n'est pas multiple de ) ;
- la contraposée « impair n'est pas multiple de » est vraie (comme l'implication de départ).
L'équivalence « » (lire « équivaut à », ou « si et seulement si ») signifie que les deux implications et sont vraies. et sont alors vraies exactement dans les mêmes cas.
« est pair le chiffre des unités de est ou » est une équivalence : chacune des deux propositions entraîne l'autre.
1.8 Types de raisonnement
Méthode : Raisonnement par disjonction des cas
Pour démontrer une proposition, on peut séparer l'étude en plusieurs cas qui recouvrent toutes les situations possibles, puis conclure dans chacun.
Montrons que, pour tout entier , le produit est pair.
- Si est pair, , alors est pair.
- Si est impair, est pair, donc et est pair.
Dans tous les cas, est pair.
Les deux cas recouvrent toutes les situations possibles : la conclusion vaut donc pour tout entier .
Méthode : Raisonnement par l'absurde
Pour démontrer qu'une proposition est vraie, on suppose qu'elle est fausse et l'on en déduit une contradiction (un énoncé impossible). Cette contradiction prouve que l'hypothèse de départ était intenable : est donc vraie.
Montrons qu'il n'existe pas de plus grand entier naturel. Supposons par l'absurde qu'il en existe un, noté (le plus grand). Alors est aussi un entier naturel, et : on a trouvé un entier plus grand que le « plus grand », ce qui est contradictoire. Un tel ne peut donc pas exister.
C'est la contradiction obtenue qui prouve que l'hypothèse « non » était intenable.