Combinatoire et Dénombrement
Cours complet · mathématiques (terminale), chapitre 7 · terminale, spécialité mathématiques
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Ce chapitre traite du dénombrement, c'est-à-dire de l'art de compter le nombre d'éléments d'un ensemble fini sans pour autant les énumérer tous. Les outils développés ici (permutations, arrangements, combinaisons) sont fondamentaux pour le calcul des probabilités.
7.1 Principes Fondamentaux du Dénombrement
Soit un ensemble fini. On note (ou ) le cardinal de , c'est-à-dire le nombre d'éléments de .
7.1.1 Principe additif
Le principe additif concerne la réunion d'ensembles disjoints.
Si et sont deux sous-ensembles d'un ensemble , disjoints (), alors :
Plus généralement, si sont deux à deux disjoints :
Enfin, si et sont quelconques :
7.1.2 Produit cartésien et principe multiplicatif
- Un couple est la donnée de deux éléments dans un ordre déterminé ; un -uplet est la donnée ordonnée de éléments.
- Le produit cartésien de deux ensembles et , noté , est l'ensemble des couples avec et . On définit de même (ensemble des -uplets).
- On note ( facteurs) l'ensemble des -uplets d'éléments de .
Si et sont finis :
Plus généralement, pour une succession de choix où le premier choix offre possibilités, le deuxième possibilités, ..., et le -ième choix possibilités, le nombre total de configurations est :
Deux images rendent ce principe évident, et il faut savoir passer de l'une à l'autre : le produit cartésien est un rectangle de couples (autant de lignes que d'éléments de , autant de colonnes que d'éléments de ) ; la même situation vue comme une succession de choix devient un arbre, dont on compte les feuilles.
Soit un ensemble à éléments. Un -uplet (ou liste de longueur ) d'éléments de est une suite ordonnée de éléments de , avec répétitions possibles — c'est un élément de . D'après le principe multiplicatif, le nombre de -uplets d'un ensemble à éléments est :
7.1.3 Nombre de parties d'un ensemble
Un ensemble à éléments possède exactement parties (sous-ensembles), y compris l'ensemble vide et lui-même.
Démonstration
Notons . Se donner une partie de revient à décider, pour chaque élément , s'il appartient à (codé ) ou non (codé ). Une partie correspond donc exactement à un -uplet de — un mot de longueur sur l'alphabet . D'après le principe multiplicatif, il y a tels mots, donc parties.
Cette correspondance se visualise par un arbre : à chaque niveau, on décide si l'élément est retenu () ou non (). Chaque chemin de la racine à une feuille désigne une partie. Pour :
Les issues d'une succession de épreuves de Bernoulli (succès/échec) se représentent par les mêmes mots de longueur sur : ce lien sera exploité au chapitre 9 (schéma de Bernoulli).
7.2 Arrangements et Permutations
7.2.1 Arrangements
Un arrangement est un choix ordonné d'éléments distincts.
Soit un ensemble à éléments. Un arrangement de éléments de () est un -uplet d'éléments distincts de . Le nombre d'arrangements de éléments parmi est noté et vaut :
7.2.2 Permutations
Soit un ensemble à éléments. Une permutation de est un arrangement de éléments de (c'est-à-dire un ordre sur tous les éléments de ). Le nombre de permutations d'un ensemble à éléments est noté (lire « factorielle ») et vaut :
Par convention, .
7.3 Combinaisons
Contrairement aux arrangements, l'ordre n'importe pas dans une combinaison (comme pour une main de cartes).
7.3.1 Définition
Soit un ensemble à éléments. Une combinaison de éléments de () est un sous-ensemble de contenant éléments (sans ordre, sans répétition). Le nombre de combinaisons de éléments parmi est noté (lire « parmi ») et vaut :
compte aussi les mots de longueur sur comportant exactement fois le chiffre (on choisit les positions des parmi les positions), et les chemins d'un quadrillage effectuant pas dans une direction parmi pas au total (voir le problème 2).
Listes, arrangements, combinaisons : trois mots que l'on confond aisément. Le tableau exhaustif des choix de deux lettres dans A, B, C, D les sépare une fois pour toutes. On part de toutes les cases, puis chaque contrainte en supprime.
7.3.2 Propriétés des coefficients binomiaux
Pour tous entiers et tels que :
- Symétrie :
- Cas particuliers : , , ,
- Formule de Pascal (pour ) :
Démonstration ((exigible) — formule de Pascal, par une méthode combinatoire)
Comptons les parties à éléments de l'ensemble , qui sont au nombre de , en les classant selon qu'elles contiennent ou non l'élément :
- celles qui contiennent : il reste à choisir éléments parmi , soit parties ;
- celles qui ne contiennent pas : il faut choisir les éléments parmi , soit parties.
Ces deux familles sont disjointes et recouvrent toutes les parties à éléments : le principe additif donne
La démonstration par le calcul (avec les factorielles) fait l'objet de l'exercice 7.
Pour tout entier naturel :
Démonstration ((exigible) — par dénombrement)
Comptons de deux façons les parties d'un ensemble à éléments :
- d'une part, possède parties (théorème de la section précédente) ;
- d'autre part, classons les parties selon leur taille : pour chaque de à , il y a parties à éléments. Ces familles étant deux à deux disjointes, le principe additif donne parties au total.
Les deux comptages portant sur le même ensemble, on conclut .
7.3.3 Le Triangle de Pascal
La formule de Pascal permet de calculer de proche en proche les coefficients binomiaux sous forme triangulaire :
7.4 Méthodes Clés
Méthode : Choisir le bon outil de dénombrement
Pour savoir quelle formule utiliser pour dénombrer les tirages ou configurations :
- L'ordre compte-t-il ?
- Non : Il s'agit de combinaisons .
- Oui : Passer à la question 2.
- Y a-t-il des répétitions ?
- Oui : Il s'agit de -uplets (listes) .
- Non : Il s'agit d'un arrangement () ou d'une permutation ( si ).
Un digicode est composé d'une lettre parmi A, B, C suivie de 4 chiffres distincts ou non.
- Le choix de la lettre : 3 possibilités.
- Le choix des 4 chiffres : C'est une liste ordonnée avec répétitions possibles de 4 chiffres parmi les 10 chiffres (0 à 9). Le nombre de choix est donc .
- Par le principe multiplicatif, le nombre total de codes est : .
7.5 Algorithmique et Programmation
Les trois algorithmes du programme pour ce chapitre : générer les coefficients binomiaux par la relation de Pascal, tirer une permutation au hasard et générer les parties à 2 éléments d'un ensemble.
def ligne_pascal(n):
# Renvoie [C(n,0), C(n,1), ..., C(n,n)] via la relation de Pascal
ligne = [1]
for _ in range(n):
nouvelle = [1]
for i in range(len(ligne) - 1):
nouvelle.append(ligne[i] + ligne[i + 1])
nouvelle.append(1)
ligne = nouvelle
return ligne
# ligne_pascal(4) renvoie [1, 4, 6, 4, 1]
Ligne n du triangle de Pascal
from random import randint
def permutation_aleatoire(liste):
# Melange de Fisher-Yates : chaque permutation est equiprobable
n = len(liste)
for i in range(n - 1, 0, -1):
j = randint(0, i)
liste[i], liste[j] = liste[j], liste[i]
return liste
def parties_deux(liste):
# Genere toutes les parties a 2 elements
resultat = []
for i in range(len(liste)):
for j in range(i + 1, len(liste)):
resultat.append({liste[i], liste[j]})
return resultat
# parties_deux([1, 2, 3]) renvoie [{1, 2}, {1, 3}, {2, 3}] : C(3,2) = 3
Tirage aléatoire d'une permutation et parties à 2 éléments