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Oscillateurs mécaniques

Cours complet · mécanique (MPSI), chapitre 4 · CPGE MPSI (1re année)

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De très nombreux systèmes, écartés de leur position d'équilibre stable, y reviennent en oscillant : c'est le contenu de l'approximation du puits harmonique vue au chapitre 3. L'oscillateur harmonique est le modèle de référence de ces mouvements ; complété par l'amortissement (frottement visqueux) puis par une excitation extérieure, il décrit le régime libre, le retour à l'équilibre et le phénomène de résonance.

Ces comportements sont exactement ceux du circuit RLC électrique (livre Électricité) : c'est l'une des plus belles analogies de la physique, et on la soulignera. On introduit ici deux grandeurs centrales : la pulsation propre et le facteur de qualité .

4.1 L'oscillateur harmonique

Définition 4.1Oscillateur harmonique

On considère une masse attachée à un ressort de raideur , glissant sans frottement sur un axe horizontal ; désigne l'écart à la position d'équilibre. Le PFD donne , soit

est la pulsation propre (en ).

◆Théorème 4.2Solution harmonique

La solution générale est sinusoïdale :

où l'amplitude et la phase à l'origine sont fixées par les conditions initiales. Le mouvement est périodique de période et de fréquence . Ni ni ne dépendent de l'amplitude (isochronisme).

Proposition 4.3Bilan énergétique

L'énergie mécanique se conserve et vaut

Énergies cinétique et potentielle s'échangent en permanence, en opposition de phase ; chacune oscille à la pulsation et leurs valeurs moyennes sont égales : .

4.2 L'oscillateur amorti par frottement visqueux

On ajoute un frottement fluide (). Le PFD devient , que l'on met sous forme canonique :

Définition 4.4Facteur de qualité

Le facteur de qualité (sans dimension) mesure le faible amortissement : grand = oscillateur peu amorti (frottement petit). Il fixe la nature du régime libre.

ImportantLes trois régimes selon

L'équation caractéristique a pour discriminant , du signe de :

  • : régime apériodique (deux racines réelles négatives) ; retour à l'équilibre sans oscillation.
  • : régime critique (racine double) ; retour le plus rapide à l'équilibre.
  • : régime pseudo-périodique (racines complexes conjuguées) ; oscillations amorties de pseudo-pulsation , enveloppe en avec .
Proposition 4.5Dissipation et analogie électrique

L'énergie mécanique décroît : (le frottement dissipe). Le nombre d'oscillations visibles avant amortissement est de l'ordre de . L'équation est identique à celle du circuit RLC série , avec les correspondances

4.3 Régime sinusoïdal forcé ; résonance

On soumet maintenant l'oscillateur à une excitation sinusoïdale de pulsation , par exemple une force :

En régime permanent, : le système oscille à la pulsation imposée .

Méthode : Représentation complexe

On associe à la grandeur complexe et à l'excitation . Comme , l'équation devient algébrique :

L'amplitude réelle est et le déphasage .

ImportantRésonance d'amplitude

L'amplitude présente un maximum prononcé près de — la résonance — à condition que . Plus est grand :

  • plus la résonance est aiguë (pic étroit) ; sa largeur (bande passante) vaut ;
  • plus l'amplitude au sommet est grande : pour élevé, ( étant la réponse à fréquence nulle).

L'acuité de la résonance est donc directement reliée au facteur de qualité.

Capacité numérique : Courbes de résonance selon

On trace l'amplitude réduite en fonction de la pulsation réduite , pour plusieurs valeurs de .


import numpy as np
import matplotlib.pyplot as plt

x = np.linspace(0.0, 3.0, 600)        # pulsation reduite w/w0
for Q in (0.5, 1.0, 5.0):
    # amplitude reduite : X / X_stat d'un oscillateur force
    A = 1.0 / np.sqrt((1 - x**2)**2 + (x / Q)**2)
    plt.plot(x, A, label="Q = %.1f" % Q)
plt.xlabel("w / w0"); plt.ylabel("X / X_stat")
plt.legend(); plt.show()

On voit le pic se resserrer et grandir quand augmente : c'est la signature de la résonance, et la mesure de la largeur du pic donne accès à .

Méthode : Identifier et expérimentalement

À partir des graphes expérimentaux d'amplitude et de phase : la position du pic donne (à grand , ; le déphasage passe par exactement en ), et la largeur du pic donne .

<i class="fa-solid fa-dumbbell mr-2" style="color:#2E7559"></i>4.4 Exercices résolus

Exercice 1 : Pulsation d'une masse-ressort ()

Une masse est suspendue à un ressort de raideur . Calculer , et .

Démonstration

. Alors et .

Exercice 2 : Conditions initiales ()

L'oscillateur part de avec une vitesse nulle. Déterminer et .

Démonstration

(ou ). Alors , d'où et si . Le mouvement est .

Exercice 3 : Échange d'énergie ()

Pour , vérifier que est constante et calculer les valeurs moyennes de et sur une période.

Démonstration

et (car ). Leur somme est constante. Comme , on a .

Exercice 4 : Forme canonique ()

Mettre l'équation (SI) sous forme canonique et en déduire et .

Démonstration

On divise par : . On identifie , soit , et , d'où . Oscillateur peu amorti, régime pseudo-périodique.

Exercice 5 : Nature du régime ()

Pour chacun, indiquer le régime : (a) ; (b) ; (c) .

Démonstration

(a) : apériodique. (b) : critique. (c) : pseudo-périodique, avec environ oscillations visibles avant amortissement.

Exercice 6 : Pseudo-période ()

Un oscillateur de et est en régime pseudo-périodique. Calculer la pseudo-pulsation et la pseudo-période.

Démonstration

, très proche de (faible amortissement). La pseudo-période est .

Exercice 7 : Analogie électromécanique ()

Un circuit RLC série a , , . Donner et , et le système mécanique analogue.

Démonstration

. . L'analogue mécanique est une masse sur un ressort avec un frottement visqueux .

Exercice 8 : Résonance et surtension ()

Un oscillateur forcé a et . Estimer la pulsation de résonance, l'amplitude relative au sommet et la bande passante.

Démonstration

donc la résonance est aiguë et . L'amplitude au sommet vaut environ (forte surtension). La bande passante est : le pic est très étroit.

4.5 Synthèse du chapitre

À retenir
  • Harmonique : , , , ; conservée.
  • Amorti : , ; régimes apériodique (), critique (, retour le plus rapide), pseudo-périodique (, ).
  • Dissipation : ; oscillations avant amortissement.
  • Analogie RLC : , , , .
  • Forcé : représentation complexe ; résonance d'amplitude si , d'autant plus aiguë que est grand ().

4.6 Exercices d'entraînement

4.7 Problèmes contextualisés

Les problèmes suivants partent de situations réelles : on y retrouve les notions du chapitre à l'œuvre dans la vie courante. Chacun se résout en suivant la méthode du cours.

Exemple 4.14La suspension de ta voiture : ni trop molle, ni trop dure ()

Une roue de voiture, avec sa masse suspendue , repose sur un ressort de raideur . Un amortisseur hydraulique freine le mouvement vertical. En passant sur une bosse, la roue est écartée de sa position d'équilibre : on veut qu'elle revienne le plus vite possible à l'équilibre, sans rebondir.

  • Qualitativement, que ressentent les passagers si l'amortisseur est usé (suspension « molle ») ? Et si l'amortisseur est trop dur (presque bloqué) ?
  • L'écart vertical obéit à , avec . Calculer et la fréquence propre .
  • On règle l'amortisseur au régime critique : retour le plus rapide sans oscillation. Déterminer le coefficient défini par , puis le temps caractéristique .
  • Un constructeur règle en réalité (légèrement sous-amorti) pour un meilleur compromis confort/tenue de route. Combien d'oscillations visibles subsistent ? Commenter.
Démonstration

1. Amortisseur usé ( grand) : la voiture rebondit plusieurs fois après chaque bosse, elle « flotte » — tenue de route et confort dégradés. Amortisseur trop dur ( très petit) : chaque irrégularité de la route est transmise directement à l'habitacle — secousses sèches.

2. , d'où

3. En identifiant , le régime critique donne , soit :

Le retour à l'équilibre prend quelques , soit environ : rapide et sans rebond.

4. Pour , le régime est légèrement pseudo-périodique : . L'amplitude est divisée par en , soit six fois moins qu'une pseudo-période : on observe au plus un seul léger sursaut avant le retour à l'équilibre. Le compromis est trouvé.

Important

Ce que ça nous apprend. Régler une suspension, c'est choisir : trop grand, la voiture flotte ; trop petit, elle est dure ; le réglage critique donne le retour le plus rapide sans rebond.

Exemple 4.15La passerelle qui se balance et le pas des soldats ()

En l'an 2000, le jour de son inauguration, la passerelle du Millennium à Londres se mit à osciller latéralement sous les pas de la foule. Modélisons un piéton comme une excitation périodique à la fréquence des pas , appliquée à une passerelle assimilée à un oscillateur de fréquence propre et de facteur de qualité .

  • Qualitativement, pourquoi l'amplitude devient-elle dangereuse quand approche ?
  • À la résonance, l'amplitude est environ fois celle d'une excitation lente. De combien la marche d'un piéton à amplifie-t-elle le mouvement ?
  • Une marche normale se fait à environ pas par seconde. Pourquoi est-ce le balancement latéral (et non vertical) qui est entré en résonance ? (À chaque cycle gauche-droite, la poussée latérale se répète à quelle fréquence ?)
  • Pourquoi l'ordre « rompez le pas ! » sur un pont supprime-t-il le risque de résonance ?
Démonstration

1. Loin de , les poussées des pas sont déphasées par rapport au mouvement et se compensent en moyenne. Quand , chaque poussée arrive en phase avec le mouvement et lui ajoute de l'énergie à chaque cycle : l'amplitude croît fortement, limitée seulement par l'amortissement.

2. À la résonance, l'amplification par rapport à une sollicitation très lente est de l'ordre du facteur de qualité :

Un piéton calant ses pas sur le balancement déplace donc la passerelle environ fois plus qu'une poussée statique équivalente.

3. À pas/s, le mouvement vertical se répète à , loin de : pas de résonance verticale. Mais latéralement, le corps bascule à droite au pas droit puis à gauche au pas gauche : le cycle latéral complet ne se referme qu'après deux pas, donc à : deux fois plus proche de que le mode vertical. Sur une passerelle bondée la cadence tombe à environ un pas par seconde, et le cycle latéral se cale alors sur , exactement : c'est ce mode latéral qui est entré en résonance.

4. Une troupe au pas cadencé concentre son énergie sur une fréquence unique ; si elle coïncide avec , l'amplification peut endommager la structure. « Rompre le pas » étale les contributions sur des fréquences et des phases aléatoires : elles ne s'additionnent plus de façon cohérente, le pic de résonance n'est plus alimenté.

Important

Ce que ça nous apprend. Une excitation périodique, même faible, qui tombe sur la fréquence propre d'une structure peut produire une amplitude fois plus grande : c'est la résonance. Désynchroniser l'excitation ou augmenter l'amortissement (réduire ) suffit à l'éviter.

Exemple 4.16Le métronome qui bat la mesure ()

Un métronome mécanique est modélisé par un pendule : une tige porte une masselotte et oscille de part et d'autre de la verticale. Pour les petits angles, on l'assimile à un pendule simple de longueur (distance pivot--masselotte). Le musicien règle le tempo en déplaçant la masselotte.

  • Établir l'équation du mouvement pour les petites oscillations et en déduire la période propre .
  • La masselotte est à du pivot. Calculer puis le tempo (battements/minute), .
  • Le musicien veut un tempo deux fois plus rapide. À quelle distance placer la masselotte ?
  • Pourquoi parle-t-on d'isochronisme ? Reste-t-il exact si l'amplitude augmente ?
Démonstration

1. Le théorème du moment cinétique au pivot donne, avec l'angle à la verticale, . Pour les petites oscillations, , d'où avec , soit

2. Pour : . Une demi-période sépare deux battements, donc le tempo vaut (Allegro).

3. Comme , diviser la période par 2 (tempo ) impose de diviser par 4 :

4. L'isochronisme : ne dépend pas de l'amplitude (toutes les petites oscillations durent autant), conséquence de . Si l'amplitude croît, ce terme n'est plus linéaire et la période augmente légèrement () : l'isochronisme n'est qu'approché.

Important

Ce que ça nous apprend. La période d'un pendule ne dépend que de sa longueur et de , jamais de la masse ni (aux petits angles) de l'amplitude : c'est l'isochronisme qui en fait un bon garde-temps.

Exemple 4.17L'amortisseur de VTT : rebondir ou pas ? ()

Après une bosse, la roue d'un VTT est écartée de l'équilibre. La suspension est un système masse--ressort--amortisseur : le ressort (raideur ) rappelle, l'amortisseur (coefficient ) dissipe. Le réglage fixe le facteur de qualité . On note l'écart à l'équilibre.

  • Écrire l'équation sous la forme et exprimer et .
  • Nommer les trois régimes possibles selon et décrire .
  • Pour et , calculer le coefficient du régime critique.
  • Quel régime choisir pour un VTT de descente ? Justifier.
Démonstration

1. La RFD projetée donne , soit , d'où

2. Selon : pseudo-périodique (oscille en rebondissant) ; critique (retour le plus rapide sans dépassement) ; apériodique (retour lent, sans oscillation).

3. Régime critique : , soit . (On vérifie .)

4. En descente, on veut un retour rapide sans rebond (un rebond fait perdre l'adhérence). Le pseudo-périodique rebondit, l'apériodique est trop mou : le régime critique (ou très légèrement pseudo-périodique) est le meilleur compromis.

Important

Ce que ça nous apprend. Le facteur de qualité décide de tout : trop grand elle rebondit, trop petit elle est molle ; l'amortissement critique (, ) ramène la roue au sol le plus vite possible sans osciller.

Exemple 4.18La balançoire qu'on pousse au bon moment ()

Un enfant sur une balançoire (cordes de longueur ) oscille comme un pendule simple. Un parent veut amplifier le mouvement sans forcer : en poussant légèrement à chaque passage, l'amplitude croît énormément. C'est la résonance.

  • Calculer la période propre et la fréquence propre ().
  • À quelle fréquence le parent doit-il pousser pour amplifier au maximum ? Pourquoi pousser « au bon moment » est-il essentiel ?
  • Expliquer énergétiquement le « pompage ».
  • Si le parent poussait à , que se passerait-il en moyenne sur l'énergie ?
Démonstration

1. , d'où .

2. L'amplitude d'un oscillateur forcé est maximale quand la fréquence d'excitation égale (à peu près) la fréquence propre (résonance). Le parent doit pousser à , soit une poussée par période, quand l'enfant s'éloigne (force et vitesse de même sens).

3. Le travail élémentaire de la poussée est . Si est dans le sens de , : à chaque période le parent injecte de l'énergie, qui s'accumule cycle après cycle (le « pompage »), jusqu'à compenser les pertes par frottement.

4. À , sur une période propre la poussée est tantôt dans le sens de , tantôt opposée : change de signe et . L'énergie n'est pas transmise, l'amplitude ne croît pas.

Important

Ce que ça nous apprend. Amplifier un oscillateur ne demande pas de force, mais le bon rythme : exciter à la fréquence propre et en phase avec la vitesse fait croître l'amplitude — c'est la résonance.

Exemple 4.19Le sismographe : capter les tremblements de la Terre ()

Un sismographe est une masse suspendue à un ressort () avec un amortisseur, fixée au sol. Quand le sol vibre, la masse, par inertie, reste presque immobile : on enregistre le mouvement relatif masse/sol.

  • Calculer la pulsation propre et la fréquence propre .
  • Le coefficient d'amortissement vaut (force ). Calculer . Le régime est-il faiblement ou fortement amorti ?
  • Pourquoi amortit-on volontairement l'instrument ? Que se passerait-il si était très grand après une secousse ?
  • Quel ordre de grandeur de recherche-t-on, et pourquoi est-il un bon compromis ?
Démonstration

1. , (typique des ondes sismiques).

2. . Comme , le régime est pseudo-périodique, mais l'amortissement reste notable : à peine une ou deux oscillations visibles.

3. On amortit pour que l'instrument cesse vite d'osciller de lui-même. Si était très grand, après une secousse la masse continuerait à osciller longtemps à : ces oscillations propres parasites masqueraient les secousses suivantes. L'amortissement tue le transitoire.

4. On cherche (proche du critique) : assez amorti pour que les oscillations propres s'éteignent vite sans rebond, mais sans la lenteur de l'apériodique. La réponse en fréquence reste alors la plus plate possible autour de .

Important

Ce que ça nous apprend. Pour un capteur, une résonance trop aiguë (grand ) est un défaut : on amortit l'oscillateur () pour qu'il réponde vite et fidèlement sans « sonner » à sa propre fréquence.

Exemple 4.20Le verre brisé par la voix ()

Une chanteuse tient une note pure devant un verre en cristal. À exactement, le verre vibre de plus en plus fort jusqu'à éclater. Le verre se comporte comme un oscillateur amorti en régime forcé, d'amplitude

  • À quelle condition sur existe-t-il une résonance d'amplitude ? Pour , donner la pulsation de résonance .
  • Calculer le facteur d'amplification . Comparer un verre ordinaire () à un cristal de qualité ().
  • La largeur de résonance vaut . Calculer, pour le cristal, l'écart autour de à respecter. Pourquoi faut-il chanter très juste ?
  • Pourquoi un cristal de bonne qualité se brise-t-il plus facilement qu'un verre bon marché ?
Démonstration

1. Le dénominateur, avec , est ; donne , positif (résonance) seulement si

2. À (), le dénominateur vaut , donc . Verre ordinaire : amplification . Cristal : , soit plus de trente fois plus grand pour la même intensité sonore.

3. : il faut tenir la note à mieux que près. La résonance d'un grand est extrêmement aiguë, d'où la nécessité de chanter parfaitement juste.

4. Grand = faibles pertes : l'énergie injectée s'accumule au lieu d'être dissipée, l'amplitude atteint fois l'amplitude statique. Le cristal, peu amorti, voit ses contraintes croître jusqu'à la rupture, alors qu'un verre ordinaire (grand amortissement) dissipe l'énergie et reste loin du seuil.

Important

Ce que ça nous apprend. À la résonance, l'amplitude vaut fois la réponse statique : plus un oscillateur est peu amorti (grand ), plus sa résonance est haute et étroite. La « pureté » du cristal, qui le rend sonore, est ce qui le rend fragile à la bonne fréquence.

Exemple 4.21L'amortisseur de masse accordée du gratte-ciel ()

Au sommet de la tour Taipei 101 () est suspendue une sphère d'acier de , retenue par de longs câbles. Quand le vent fait osciller le bâtiment, ce gigantesque pendule oscille en opposition et absorbe l'énergie : c'est un amortisseur de masse accordée. La tour, modélisée par un oscillateur, a une période propre .

  • Donner la fréquence propre du bâtiment.
  • En modélisant la masse par un pendule simple de longueur , exprimer sa fréquence propre . Quelle est la condition d'accord ?
  • En déduire la longueur de câble . Compatible avec une suspension sur quelques étages ?
  • Pourquoi un pendule accordé sur la fréquence du bâtiment réduit-il l'amplitude de celui-ci ?
Démonstration

1. .

2. Pour un pendule simple, , d'où . L'accord consiste à régler pour que .

3. équivaut à , soit . Une douzaine de mètres correspond bien à une suspension sur quelques étages — c'est l'ordre de grandeur réel de la tour Taipei 101.

4. Accordé sur la fréquence du bâtiment, le pendule oscille en opposition de phase () : la force qu'il exerce sur la structure s'oppose à son mouvement et lui prélève son énergie, ensuite dissipée. L'amplitude des oscillations du bâtiment s'en trouve fortement réduite.

Important

Ce que ça nous apprend. Accorder un oscillateur secondaire sur la fréquence propre de la structure permet de lui transférer l'énergie de vibration : c'est l'amortisseur de masse accordée, qui transforme la résonance en outil de stabilisation.

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