Adloun

Dynamique du point : les lois de Newton

Cours complet · mécanique (PTSI), chapitre 2 · CPGE PTSI (1re année)

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Le chapitre précédent décrivait le mouvement ; celui-ci l'explique. La dynamique relie le mouvement d'un point à ses causes — les forces qui s'exercent sur lui — à travers les trois lois énoncées par Newton en 1687. Ces lois sont le cœur de toute la mécanique du point : une fois le bilan des forces établi, la deuxième loi fournit une équation différentielle dont la résolution donne le mouvement.

On insiste ici sur deux compétences : mettre un problème en équations (choisir le référentiel, le système, faire le bilan des forces, projeter) et exploiter qualitativement une équation différentielle (vitesse limite, ordre de grandeur d'un temps caractéristique, équation adimensionnée) même lorsqu'on ne sait pas la résoudre analytiquement.

2.1 Masse et quantité de mouvement

Définition 2.1Masse et conservation

La masse mesure l'inertie d'un système, c'est-à-dire sa résistance à toute variation de vitesse. Pour un système fermé (qui n'échange pas de matière avec l'extérieur), la masse se conserve.

Définition 2.2Quantité de mouvement

La quantité de mouvement d'un point matériel de masse et de vitesse dans un référentiel est

Pour un système de points de masses , la quantité de mouvement totale est .

Proposition 2.3Lien avec le centre de masse

Le centre de masse d'un système de masse totale est défini par . En dérivant par rapport au temps,

La quantité de mouvement d'un système est celle d'un point fictif portant toute la masse.

Démonstration (Cas de deux points)

Pour deux points, avec . En dérivant, . La quantité de mouvement totale est donc bien .

2.2 Les trois lois de Newton

2.2.1 Première loi : le principe d'inertie

Définition 2.4Référentiel galiléen

Un référentiel galiléen est un référentiel dans lequel le principe d'inertie est vérifié : tout point matériel isolé (soumis à aucune force) ou pseudo-isolé (forces se compensant) est animé d'un mouvement rectiligne uniforme, c'est-à-dire .

iRemarque

Tout référentiel en translation rectiligne uniforme par rapport à un référentiel galiléen est lui-même galiléen. Le référentiel terrestre est approximativement galiléen pour des expériences de durée modérée ; le caractère non galiléen (rotation de la Terre) se manifeste sur des phénomènes lents ou de grande extension (pendule de Foucault, déviation des masses d'air).

2.2.2 Notion de force ; troisième loi

Définition 2.5Force

Une force modélise une action mécanique exercée sur le système. C'est une grandeur vectorielle (point d'application, direction, sens, norme en newtons, ). On représente le bilan des forces sur un schéma clair.

◆Théorème 2.6Troisième loi : actions réciproques

Si un corps exerce sur un corps une force , alors exerce sur la force

de même droite d'action (celle qui joint et pour des points matériels), de sens opposé et de même norme. Action et réaction s'exercent sur des corps différents et ne se compensent donc jamais sur un même système.

2.2.3 Deuxième loi : le principe fondamental de la dynamique

◆Théorème 2.7Deuxième loi de Newton (PFD)

Dans un référentiel galiléen, la dérivée de la quantité de mouvement d'un système est égale à la somme des forces extérieures :

Pour un point matériel (ou un système fermé) de masse constante, donne la forme usuelle

Méthode : Mettre un problème de dynamique en équations

  • Choisir un référentiel galiléen et un système.
  • Choisir un système de coordonnées adapté (chapitre 1).
  • Faire le bilan des forces extérieures et le porter sur un schéma.
  • Écrire le PFD .
  • Projeter sur les axes : on obtient les équations du mouvement (équations différentielles), que l'on résout (ou exploite qualitativement).

2.3 Forces usuelles

2.3.1 Gravitation et pesanteur

Définition 2.8Force de gravitation universelle

Deux points matériels de masses et séparés de s'attirent par la force de gravitation. Sur , en notant le vecteur unitaire dirigé de vers :

Le signe traduit le caractère attractif.

Définition 2.9Champ de pesanteur uniforme ; poids

Au voisinage de la surface d'une planète, le champ de pesanteur est quasi uniforme : constant, dirigé vers le bas, sur Terre. Le poids d'un corps de masse est .

En l'absence de frottement, le PFD donne , soit : on retrouve le mouvement à accélération constante du chapitre 1 (trajectoire parabolique du projectile), désormais justifié par la dynamique.

2.3.2 Frottements fluides

Un corps en mouvement dans un fluide (air, eau) subit une force de frottement opposée à la vitesse. Deux modèles selon le régime :

Méthode : Chute verticale avec frottement linéaire

Système : un point de masse lâché sans vitesse, axe vers le bas. Bilan : poids et frottement . Le PFD projeté sur donne

Sans résoudre, on lit déjà l'essentiel :

  • la vitesse limite (régime permanent, ) : ;
  • le temps caractéristique , qui fixe la durée du régime transitoire.

Méthode : Équation adimensionnée

On pose et , puis . L'équation se réécrit

forme universelle sans aucun paramètre : tous les problèmes de ce type ont le même comportement, à un changement d'échelle près. C'est l'intérêt de l'adimensionnement.

Capacité numérique : Chute avec frottement quadratique (méthode d'Euler)

Quand l'équation n'est pas résoluble simplement (frottement quadratique), on l'intègre numériquement par la méthode d'Euler explicite : .


import numpy as np
import matplotlib.pyplot as plt

g = 9.81           # m/s^2
m = 80.0           # kg (parachutiste)
k = 0.25           # kg/m  (frottement quadratique : f = k v^2)
vlim = np.sqrt(m * g / k)     # vitesse limite

dt = 0.01
t = np.arange(0.0, 25.0, dt)
v = np.zeros_like(t)          # v[0] = 0 : lache sans vitesse
for i in range(len(t) - 1):
    a = g - (k / m) * v[i]**2         # chute : poids - frottement
    v[i+1] = v[i] + a * dt            # Euler explicite
plt.plot(t, v)
plt.axhline(vlim, linestyle="--")     # vitesse limite
plt.xlabel("t (s)"); plt.ylabel("v (m/s)"); plt.show()
print("vitesse limite :", round(vlim, 1), "m/s")

La vitesse croît puis sature à ; diminuer améliore la précision du schéma.

2.3.3 Tension d'un fil ; pendule simple

Un fil inextensible et sans masse exerce sur le corps auquel il est attaché une force dirigée le long du fil et orientée du corps vers le fil (traction). Sa norme est une inconnue du problème, déterminée par les équations.

Méthode : Équation du pendule simple

Un point de masse pend au bout d'un fil de longueur ; on note l'angle avec la verticale. On travaille en polaires (le mouvement est circulaire, ). Bilan : poids et tension . La projection du PFD sur (qui élimine la tension inconnue) donne

Proposition 2.10Approximation des petites oscillations

Pour de petits angles, et l'équation devient celle d'un oscillateur harmonique :

La période est alors indépendante de l'amplitude (isochronisme des petites oscillations) : on étudiera l'oscillateur harmonique en détail au chapitre 4 et le non-isochronisme aux grandes amplitudes au chapitre 8.

<i class="fa-solid fa-dumbbell mr-2" style="color:#2E7559"></i>2.4 Exercices résolus

Exercice 1 : Bilan des forces sur un plan incliné ()

Un bloc de masse repose, immobile, sur un plan incliné d'angle , avec frottement. Faire le bilan des forces et écrire les conditions d'équilibre.

Démonstration

Trois forces : le poids (vers le bas), la réaction normale (perpendiculaire au plan) et la force de frottement (le long du plan, vers le haut puisqu'elle s'oppose à la tendance au glissement). À l'équilibre, . En projetant sur les axes liés au plan (un le long, un perpendiculaire) : et .

Exercice 2 : Glissement sans frottement ()

Le même bloc glisse sans frottement sur le plan incliné. Déterminer son accélération.

Démonstration

Sans frottement, . La réaction étant perpendiculaire au plan, la projection le long du plan (axe descendant) donne

L'accélération est indépendante de la masse, dirigée le long de la pente. Pour on retrouve la chute libre .

Exercice 3 : Vitesse limite d'une bille ()

Une bille de masse tombe dans l'huile avec un frottement linéaire , . Donner la vitesse limite et le temps caractéristique, sans résoudre l'équation.

Démonstration

L'équation est . En régime permanent :

Le temps caractéristique vaut : la vitesse limite est atteinte en quelques centièmes de seconde.

Exercice 4 : Adimensionnement ()

Montrer que l'équation se met sous la forme universelle et interpréter.

Démonstration

On pose , , puis et . Alors et l'équation devient, après division par , . Cette forme ne contient aucun paramètre : tous les régimes de chute amortie linéairement sont identiques, à l'échelle de temps et de vitesse près.

Exercice 5 : Période du pendule simple ()

Un pendule simple de longueur oscille à petite amplitude. Calculer sa période et discuter l'effet d'un allongement du fil.

Démonstration

. La période croît comme : quadrupler la longueur double la période. Elle ne dépend ni de la masse ni (en première approximation) de l'amplitude.

Exercice 6 : Deux blocs reliés (machine d'Atwood) ()

Deux masses sont reliées par un fil inextensible passant sur une poulie idéale. Déterminer l'accélération du système et la tension du fil.

Démonstration

Le fil étant inextensible, les deux masses ont des accélérations de même norme . Pour (qui descend) : . Pour (qui monte) : . En additionnant,

Si , (équilibre) ; si , (chute libre de ).

Exercice 7 : Troisième loi sur deux solides en contact ()

Une force horizontale pousse deux blocs accolés et (sans frottement), appliquée sur . Déterminer l'accélération commune et la force de contact entre les blocs.

Démonstration

Système global : , donc . La force de contact exercée par sur se trouve en isolant : . Par la troisième loi, exerce sur la force opposée .

Exercice 8 : Parachutiste, frottement quadratique ()

Un parachutiste () chute avec un frottement quadratique , . Estimer sa vitesse limite et commenter l'ordre de grandeur. Que devient une fois le parachute ouvert, si est multiplié par ?

Démonstration

En régime permanent , d'où : ordre de grandeur réaliste en chute libre. Parachute ouvert, donne , vitesse d'atterrissage acceptable.

2.5 Synthèse du chapitre

À retenir
  • Quantité de mouvement : ; pour un système, .
  • 1re loi : dans un référentiel galiléen, un point isolé garde . 3e loi : .
  • 2e loi (PFD) : , soit à masse constante.
  • Forces usuelles : gravitation ; poids ; frottement fluide ou ; tension d'un fil (le long du fil).
  • Chute avec frottement : vitesse limite (), temps caractéristique ; on exploite l'EDO sans la résoudre et on l'adimensionne.
  • Pendule simple : ; petits angles oscillateur harmonique, .

2.6 Exercices d'entraînement

2.7 Problèmes contextualisés

Les problèmes qui suivent partent de situations réelles : on y retrouve les lois de Newton à l'œuvre dans la vie courante. Chacun se résout en suivant la méthode du cours (système, bilan des forces, PFD, projection).

Le virage relevé (pourquoi incline-t-on les routes ?)

Exemple 2.19Le virage relevé ()

Vous abordez un virage un peu vite : la voiture semble « tirer » vers l'extérieur. Pour tourner, il faut pourtant une force dirigée vers le centre du virage (l'accélération est centripète, chapitre 1). Sur une route plane, seule l'adhérence des pneus peut la fournir — d'où le danger sous la pluie. C'est pourquoi les ingénieurs relèvent les virages rapides (autoroutes, circuits, vélodromes). Modélisons une voiture de masse parcourant à vitesse constante un virage de rayon .

  • Route plane. Faire le bilan des forces et montrer que le frottement doit valoir . Sachant que l'adhérence est limitée par ( : coefficient d'adhérence), en déduire la vitesse maximale avant dérapage.
  • Application. , route sèche puis mouillée . Commenter.
  • Virage relevé d'angle . On veut que la route tienne le virage sans compter sur le frottement, à une vitesse de référence . Montrer que l'angle idéal vérifie .
  • Interprétation. Pourquoi relève-t-on les virages ? Que se passe-t-il si l'on roule plus vite, ou moins vite, que ?
Démonstration

1. Sur route plane, l'accélération est horizontale et centripète, de norme . Le poids et la réaction normale sont verticaux ; seule la composante horizontale du frottement est centripète. La projection horizontale du PFD donne , la verticale . La condition d'adhérence s'écrit donc , d'où

La masse disparaît : un camion et une moto dérapent à la même vitesse.

2. Sec : . Mouillé : . L'adhérence chutant, la vitesse de sécurité est presque divisée par deux : il faut nettement ralentir sous la pluie.

3. Sur un virage relevé sans frottement, seules (perpendiculaire à la chaussée) et agissent. En projetant le PFD : verticale ; horizontale (centripète) . Le rapport élimine :

4. Relever le virage permet à la réaction de la route de fournir elle-même la force centripète : à la vitesse , la voiture tient le virage même sans adhérence (verglas). Si , il manque de la force centripète : le frottement doit compléter vers l'intérieur (tendance à glisser vers l'extérieur) ; si , c'est l'inverse. Les autoroutes ne sont inclinées que de quelques degrés (elles comptent aussi sur l'adhérence), tandis qu'un vélodrome atteint à pour les vitesses élevées.

Important

Ce que ça nous apprend. Une formule de cours () explique un dispositif de sécurité quotidien, chiffre pourquoi on ralentit sous la pluie, et fonde le principe de conception des routes et des pistes. C'est cela, « faire de la physique » : relier un calcul au monde réel.

Exemple 2.20Plus lourd au démarrage : le pèse-personne de l'ascenseur ()

Chaque matin, Léa monte au étage de son immeuble. Par jeu, elle a posé un pèse-personne dans l'ascenseur et s'est pesée pendant le trajet. Au démarrage vers le haut, l'aiguille indique nettement plus que les habituels, puis revient à en pleine montée. Que mesure réellement le pèse-personne ?

  • Sur quoi le pèse-personne se base-t-il pour afficher un « poids » ? Quelle force mesure-t-il en réalité ?
  • En appliquant le principe fondamental de la dynamique à Léa (masse ) dans le référentiel terrestre, exprimer la force exercée par le plateau sur ses pieds en fonction de , et de l'accélération de l'ascenseur (orientée vers le haut).
  • Application : au démarrage vers le haut, . Quelle masse le pèse-personne affiche-t-il (il convertit en divisant par ) ?
  • Que se passe-t-il en phase de montée à vitesse constante, puis au freinage avant l'arrêt ? Léa peut-elle « tricher » durablement sur sa masse ?
Démonstration

1. Un pèse-personne mesure la force de contact (la réaction normale ) que le plateau exerce sur les pieds ; par le principe des actions réciproques, c'est l'opposée de la force que les pieds exercent sur lui. Il n'affiche donc pas directement le poids, mais traduit en « masse » en divisant par .

2. Léa subit son poids (vers le bas) et la réaction (vers le haut). En projetant le PFD sur un axe vertical ascendant, avec une accélération de l'ascenseur orientée vers le haut :

3. L'appareil affiche . Numériquement : Soit environ « en trop ».

4. En montée à vitesse constante, donc : l'appareil affiche les vrais . Au freinage avant l'arrêt, l'accélération est dirigée vers le bas (), donc : Léa se sent momentanément plus légère et l'aiguille descend sous . La « tricherie » ne dure que pendant les phases d'accélération : impossible de durablement gagner ou perdre du poids.

Important

Ce que ça nous apprend. Le « poids apparent » n'est pas le poids : c'est la force de contact, qui augmente quand on accélère vers le haut et diminue quand on accélère vers le bas. C'est exactement la sensation dans un ascenseur, un avion au décollage ou un grand huit, et le principe même de l'« impesanteur » ressentie en chute libre, où .

Exemple 2.21Pourquoi rouler moins vite : la distance de freinage ()

Sur l'autoroute, un panneau rappelle : « Vitesse , distance de freinage ». Un automobiliste roulant à en ville freine d'urgence, roues bloquées, devant un piéton. Le frottement solide pneu/route est le seul frein efficace une fois les roues bloquées. Voyons ce que disent les lois de Newton.

  • Une fois les roues bloquées, quelle force ralentit la voiture ? De quoi dépend-elle, et de quoi ne dépend-elle (presque) pas ?
  • Avec un coefficient de frottement , montrer que la décélération vaut , indépendante de la masse du véhicule. Pourquoi est-ce remarquable ?
  • Exprimer la distance de freinage en fonction de la vitesse initiale , de et de . Justifier la règle « vitesse distance ».
  • Application : route sèche . Calculer pour , puis pour .
  • Sous la pluie, tombe à . Que devient à ? Conclusion pour la sécurité.
Démonstration

1. Roues bloquées, c'est la force de frottement solide entre les pneus et la route qui ralentit la voiture, opposée au mouvement. Sa norme dépend du couple pneu/route (via ) et de la charge , mais pas de la surface de contact ni (à vitesse de freinage) de la vitesse.

2. Sur la verticale, la voiture ne décolle pas : . Sur l'horizontale, seule agit, le PFD donne : La masse se simplifie : un camion et une citadine, mêmes pneus et même route, ont la même décélération. La masse n'aide pas à freiner plus court.

3. Mouvement uniformément décéléré jusqu'à l'arrêt (). Avec : Comme , doubler multiplie par : c'est exactement la règle du panneau.

4. Route sèche, , . À : À : , soit bien .

5. Sous la pluie, : double (car ). À :

Important

Ce que ça nous apprend. La distance de freinage croît comme le carré de la vitesse et comme l'inverse de l'adhérence : rouler deux fois plus vite, c'est s'arrêter quatre fois plus loin, et la pluie double encore cette distance. Voilà pourquoi les limitations de vitesse baissent par temps de pluie, et pourquoi ralentir sauve des vies.

Exemple 2.22La tyrolienne du parc accrobranche ()

Dans un parc accrobranche, Léa, qui pèse avec son harnais, s'élance sur une tyrolienne de de long inclinée d'un angle par rapport à l'horizontale. Une poulie la relie au câble. On prend .

  • Sans calcul, indique quelles forces s'exercent sur Léa pendant la descente. Selon toi, arrivera-t-elle plus vite en bas si l'angle est plus grand ?
  • On néglige d'abord les frottements. Établis l'expression littérale de l'accélération de Léa le long du câble en projetant le principe fondamental de la dynamique.
  • Calcule cette accélération, puis la vitesse atteinte en bas du câble (départ sans vitesse initiale).
  • En réalité, on mesure une vitesse d'arrivée de . Que peux-tu en conclure sur les frottements de la poulie ?
Démonstration

1. Léa subit son poids (vertical, vers le bas) et la réaction du câble (perpendiculaire au câble via la poulie). Plus l'angle est grand, plus la pente est raide : on s'attend à une descente plus rapide.

2. On projette le PFD sur un axe orienté vers le bas le long du câble. La réaction étant perpendiculaire au câble, elle n'a pas de composante sur . Le poids s'y projette en . D'où : L'accélération ne dépend pas de la masse.

3. Numériquement : . Le mouvement étant uniformément accéléré sur la longueur , on utilise (départ sans vitesse) :

4. La vitesse réelle () est bien inférieure à la valeur idéale () : les frottements de la poulie et la résistance de l'air ne sont pas négligeables. Ils dissipent une partie de l'énergie et limitent la vitesse — heureusement, sinon l'arrivée serait brutale !

Important

Ce que ça nous apprend. Sur un plan incliné sans frottement, l'accélération ne dépend pas de la masse : un enfant et un adulte arriveraient à la même vitesse. Ce sont les frottements, volontairement entretenus par la poulie, qui rendent la tyrolienne sûre.

Exemple 2.23La voiture et sa caravane ()

Pour partir en vacances, une voiture de tracte une caravane de sur une route horizontale. Le moteur exerce sur la voiture une force de traction de . On néglige d'abord tous les frottements et on prend .

  • Qu'est-ce qui fait avancer la caravane, qui n'a pas de moteur ? Quelle pièce transmet le mouvement ?
  • Détermine l'accélération de l'ensemble \{voiture + caravane\} en appliquant le PFD au système global.
  • Calcule la force de tension dans l'attelage en isolant la caravane seule. Comment se compare-t-elle à la force que la caravane exerce en retour sur la voiture ?
  • Application numérique de et de . Si l'on attelait une caravane deux fois plus lourde, l'attelage serait-il davantage sollicité ?
Démonstration

1. La caravane est mise en mouvement par l'attelage, qui exerce sur elle une force de tension dirigée vers l'avant. C'est cette barre de liaison qui transmet l'effort du moteur de la voiture vers la caravane.

2. On applique le PFD au système global de masse . Sur l'axe horizontal orienté vers l'avant, les forces internes (l'attelage) s'annulent deux à deux : seule subsiste la force motrice . D'où :

3. On isole maintenant la caravane seule (masse ). La seule force horizontale est la tension de l'attelage : D'après la troisième loi de Newton (action--réaction), la caravane exerce sur la voiture, via l'attelage, une force opposée de même norme : c'est elle qui « freine » la voiture et explique pourquoi la traction ne sert pas qu'à accélérer la seule voiture.

4. Numériquement : Avec une caravane deux fois plus lourde (, ) : et . L'attelage est donc nettement plus sollicité : voilà pourquoi sa charge maximale est réglementée.

Important

Ce que ça nous apprend. La force dans l'attelage n'est pas égale à la force motrice : elle ne tracte que la caravane. Et l'action de la voiture sur la caravane a toujours une réaction égale et opposée (troisième loi de Newton) — c'est ce couple action--réaction qui assure que l'ensemble avance d'un seul bloc.

Exemple 2.24Le looping du grand huit ()

Au parc d'attractions, le grand huit lance un wagon dans une boucle verticale de rayon . À l'instant le plus impressionnant, les passagers se retrouvent la tête en bas tout en haut de la boucle. Pour ne pas décoller des rails (et garder le wagon plaqué), il faut une vitesse suffisante. On néglige les frottements et on note la masse du wagon, l'accélération de la pesanteur.

  • Qualitativement, au sommet de la boucle, quelles forces s'exercent sur le wagon ? Dans quel sens pointent-elles ?
  • Appliquer le principe fondamental de la dynamique au sommet, en projetant sur la verticale dirigée vers le centre. En déduire l'expression de la réaction des rails en fonction de , , et .
  • À quelle condition sur le wagon reste-t-il en contact avec les rails ? En déduire la vitesse minimale au sommet.
  • Calculer pour . La convertir en et commenter la sensation des passagers.
Démonstration

1. Au sommet, le wagon n'est soumis qu'à deux forces, toutes deux dirigées vers le bas (c'est-à-dire vers le centre de la boucle) : le poids et la réaction des rails (les rails poussent le wagon vers l'intérieur).

2. Le mouvement est circulaire ; au sommet l'accélération est centripète, dirigée vers le bas, de norme . On projette le PFD sur un axe vertical orienté vers le centre (vers le bas) :

3. Le contact est maintenu tant que (les rails ne peuvent que pousser, pas tirer). La condition limite de décollage est , soit :

En dessous de cette vitesse, le wagon quitte les rails et chute en chute libre.

4. Avec et :

À cette vitesse précise, : les passagers ne sentent plus le siège, c'est la sensation d'apesanteur (impression de flotter). En pratique on lance le wagon plus vite pour garder une marge de sécurité.

Important

Ce que ça nous apprend. La vitesse minimale au sommet d'un looping ne dépend pas de la masse, mais seulement du rayon : . C'est exactement le point où le poids seul fournit toute la force centripète, d'où la sensation d'apesanteur tant recherchée dans les manèges.

Exemple 2.25La luge sur la piste ()

Sur une piste enneigée inclinée d'un angle , un enfant lâche sa luge sans vitesse initiale depuis le sommet. La luge glisse sur la neige avec un frottement solide de coefficient . La piste mesure de long. On note la masse de l'ensemble (enfant + luge) et l'accélération de la pesanteur.

  • Faire le bilan des forces sur la luge et préciser leur direction. Que vaut la réaction normale ?
  • Appliquer le PFD le long de la pente et en déduire l'expression littérale de l'accélération en fonction de , et .
  • Quelle serait l'accélération sans frottement ? Calculer avec et sans frottement et comparer.
  • En partant du repos, déterminer la vitesse en bas de la piste (longueur ), puis l'application numérique en .
Démonstration

1. Trois forces agissent : le poids (vertical, vers le bas), la réaction normale (perpendiculaire à la pente) et la force de frottement solide (le long de la pente, opposée au mouvement donc dirigée vers le haut de la pente). En projetant sur l'axe perpendiculaire à la pente, où l'accélération est nulle :

2. La luge glissant, le frottement vaut . On projette le PFD sur l'axe de la pente, orienté vers le bas (sens du mouvement) :

La masse se simplifie : l'accélération n'en dépend pas.

3. Sans frottement, . Avec et (, ) :

Le frottement réduit l'accélération de près de : la luge descend nettement moins vite.

4. Mouvement uniformément accéléré sans vitesse initiale sur la distance : , donc . Avec et :

Important

Ce que ça nous apprend. Sur un plan incliné, l'accélération ne dépend pas de la masse, mais le frottement la diminue franchement. Si la luge ne démarre même pas : c'est pourquoi sur une pente trop douce ou une neige très collante, on reste bloqué.

Exemple 2.26La balle qui tourne au bout de sa corde ()

Sur le terrain de jeu, un enfant fait tourner une balle de masse attachée à une corde de longueur . La balle décrit un cercle horizontal tandis que la corde, tendue, balaie un cône en faisant un angle avec la verticale. On prend .

  • Faire le bilan des forces sur la balle et projeter le principe fondamental de la dynamique sur la verticale et sur la direction radiale horizontale.
  • En déduire une relation entre , la vitesse angulaire et la longueur .
  • L'enfant fait tourner la balle à . Calculer l'angle et le rayon du cercle décrit.
  • Que se passe-t-il qualitativement lorsque augmente ? Existe-t-il une vitesse angulaire minimale pour que le fil ne soit plus vertical ?
Démonstration

1. La balle subit deux forces : son poids (vertical, vers le bas) et la tension du fil, dirigée le long du fil vers . Le mouvement étant circulaire uniforme et horizontal, l'accélération est purement centripète, dirigée vers le centre du cercle (horizontale, vers l'axe). En projetant le PFD sur la verticale (pas d'accélération verticale) : En projetant sur la direction radiale horizontale (accélération centripète , dirigée vers l'axe) :

2. Le rayon du cercle vaut . En reportant dans la seconde équation : En divisant la projection verticale par cette dernière : Cette relation remarquable ne dépend pas de la masse.

3. Application numérique avec et : Donc . Le rayon vaut alors

4. Quand augmente, diminue, donc croît : le fil se redresse vers l'horizontale sans jamais l'atteindre (). À l'inverse, la relation n'a de solution que si , c'est-à-dire . Il existe donc une vitesse angulaire minimale En dessous de , le fil reste vertical : il n'y a pas de cône.

Important

Ce que ça nous apprend. Dans un pendule conique, l'inclinaison du fil est fixée par le seul rapport , indépendamment de la masse : tourner plus vite redresse le fil, mais il ne devient jamais horizontal car il faut toujours une composante verticale de tension pour compenser le poids.

Exemple 2.27Le lancer du marteau : tenir un câble qui veut vous échapper ()

Aux Jeux olympiques, le lanceur de marteau fait tournoyer une boule d'acier de masse au bout d'un câble de longueur . Avant le lâcher, la boule décrit (de façon idéalisée) un cercle horizontal à la vitesse . On prend et on néglige ici l'inclinaison du câble.

  • Exprimer puis calculer l'accélération centripète de la boule.
  • En déduire la tension du câble que l'athlète doit exercer. Comparer cette tension au poids de la boule : que constate-t-on ?
  • Au moment du lâcher, la trajectoire change : pourquoi ? Décrire le mouvement de la boule juste après le lâcher.
  • Qualitativement, comment la portée du lancer dépend-elle de la vitesse de lâcher ? Justifier sans calcul détaillé.
Démonstration

1. Pour un mouvement circulaire uniforme de rayon et de vitesse , l'accélération est centripète (dirigée vers le centre) et de norme Soit environ : la boule est soumise à une accélération colossale.

2. On néglige l'inclinaison du câble : la force centripète est fournie essentiellement par la tension. Le PFD projeté sur la direction radiale donne À comparer au poids . On constate que soit une tension cinquante fois supérieure au poids. C'est pourquoi l'athlète doit s'arc-bouter et faire contrepoids : ce n'est pas le poids du marteau qui est dur à tenir, mais la force centripète.

3. La tension est la seule force qui maintenait la boule sur son cercle : elle l'obligeait à courber sa trajectoire vers le centre. Si le câble est lâché, cette force disparaît. D'après le principe d'inertie, en l'absence de force horizontale, la boule conserve sa vitesse : elle part en ligne droite, tangentiellement au cercle, dans la direction qu'elle avait à l'instant du lâcher. Ensuite, soumise au seul poids, elle décrit une trajectoire parabolique de chute libre.

4. Après le lâcher, le marteau est un projectile en chute libre lancé avec la vitesse . Pour un angle de lancer donné, la portée d'un projectile varie comme : elle croît donc comme le carré de la vitesse de lâcher. Doubler quadruple la portée. Comme , l'athlète a intérêt à maximiser la vitesse angulaire de rotation avant de relâcher, ce qui exige précisément de supporter une tension d'autant plus grande () : performance et effort sont indissociables.

Important

Ce que ça nous apprend. La tension du câble n'est pas là pour soutenir le poids du marteau mais pour fournir la force centripète , qui peut valoir des dizaines de fois le poids. Dès qu'elle disparaît au lâcher, l'inertie prend le relais : le marteau file en ligne droite tangente, puis tombe en parabole — et sa portée croît comme le carré de la vitesse de lâcher.

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