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Sédimentation et roches sédimentaires

Cours complet · SVT (seconde), chapitre 7 · seconde générale, sciences de la vie et de la Terre

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7.1 Du transport au dépôt

Le chapitre précédent a montré que l'érosion produit des particules de tailles très variées (blocs, galets, sables, argiles) qui sont arrachées au relief. Ces particules ne restent pas sur place : elles sont prises en charge par les agents de transport (cours d'eau, vent, glaciers, courants marins) et voyagent parfois sur de longues distances avant de se déposer.

Définition 7.1Transport et sédimentation

Le transport est le déplacement des produits de l'érosion par un agent (eau, vent, glace) depuis leur zone de production jusqu'à leur zone de dépôt. La sédimentation est le dépôt de ces particules, appelées sédiments, lorsque l'énergie du milieu de transport diminue.

Tant que l'énergie du courant est suffisante, les particules restent en suspension ou roulent sur le fond. Dès que cette énergie diminue — ralentissement d'un cours d'eau en plaine, arrivée dans un lac ou dans la mer, atténuation de la houle — le milieu n'a plus la force de porter les particules, qui se déposent par gravité.

Propriété : Relation énergie du milieu – taille des particules

Plus l'énergie du milieu de transport est grande, plus les particules transportées peuvent être grosses et lourdes. Inversement, seules les particules les plus fines (argiles) peuvent rester en suspension dans une eau calme.

7.2 Le granoclassement

Lorsque l'énergie du milieu diminue progressivement (ralentissement d'un courant, décantation dans une eau calme), les particules ne se déposent pas toutes en même temps : elles se répartissent selon leur taille et leur masse.

Définition 7.2Granoclassement

Le granoclassement est l'organisation verticale des sédiments selon leur taille (ou leur masse) au sein d'un dépôt : les particules les plus grosses et les plus lourdes, qui sédimentent le plus vite, se déposent en premier, tandis que les particules les plus fines se déposent en dernier, plus haut dans le dépôt.

Granoclassement vertical dans un dépôt. Quand le courant ralentit, les particules les plus grosses et lourdes (galets) sédimentent d'abord au fond, puis les sables, enfin les argiles : la taille des grains diminue du bas (ancien) vers le haut (récent) du dépôt.
Exemple 7.3Lecture d'un granoclassement

Dans une carotte de sédiment, on observe, du bas vers le haut : des galets, puis des sables, puis des argiles. Cette succession traduit un ralentissement progressif du courant : l'énergie du milieu a diminué au cours du temps, permettant le dépôt successif de particules de plus en plus fines.

7.3 Les milieux de sédimentation

La nature des sédiments dépend étroitement du milieu de sédimentation, c'est-à-dire du contexte géographique et de l'énergie qui y règne.

Définition 7.4Milieu de sédimentation

Un milieu de sédimentation est un environnement géographique dans lequel s'accumulent des sédiments : on distingue les milieux continentaux et les milieux marins.

7.3.1 Les milieux continentaux

7.3.2 Les milieux marins

Propriété : Milieu et granulométrie

Plus un milieu de sédimentation est agité (forte énergie), plus les sédiments qui s'y déposent sont grossiers. Plus il est calme et éloigné des sources de sédiments terrigènes, plus les dépôts sont fins.

Ce classement se retrouve non seulement à la verticale d'un dépôt (granoclassement), mais aussi latéralement, du rivage vers le large : à mesure que l'on s'éloigne du continent, l'énergie du milieu diminue et les particules déposées deviennent de plus en plus fines.

Coupe schématique d'un milieu de sédimentation du continent vers le large. Les particules les plus grosses (galets), les plus difficiles à transporter, se déposent près du rivage où l'énergie est forte ; les plus fines (argiles, vases) atteignent le large, où le milieu est calme : c'est un granoclassement latéral.

7.4 De sédiment à roche sédimentaire : la diagenèse

Un dépôt de sédiments meubles (sable, boue) n'est pas encore une roche. Il le devient au terme d'un long processus appelé diagenèse.

Définition 7.5Diagenèse

La diagenèse est l'ensemble des transformations physiques et chimiques qui, sous l'effet de l'enfouissement, changent un sédiment meuble en roche sédimentaire consolidée. Elle combine deux mécanismes principaux : la compaction et la cimentation.

Méthode : Comprendre la diagenèse

Pour expliquer la formation d'une roche sédimentaire à partir d'un sédiment, il faut distinguer deux étapes qui agissent souvent ensemble :

  • la compaction : le poids des sédiments qui s'accumulent au-dessus tasse les couches inférieures, chasse l'eau contenue entre les grains et réduit le volume des pores ;
  • la cimentation : des minéraux dissous dans l'eau interstitielle (souvent de la calcite ou de la silice) précipitent entre les grains et les soudent solidement les uns aux autres.

Ces deux mécanismes, favorisés par l'enfouissement progressif sous de nouvelles couches de sédiments, transforment un dépôt meuble en une roche cohérente et dure.

Les deux étapes de la diagenèse. La compaction tasse le sédiment meuble et chasse l'eau des pores sous le poids des couches sus-jacentes ; la cimentation soude ensuite les grains par précipitation de minéraux entre eux, donnant une roche sédimentaire cohérente.

7.5 Les principales roches sédimentaires

7.5.1 Les roches détritiques

Définition 7.6Roche détritique

Une roche détritique est une roche sédimentaire formée par la diagenèse de fragments de roches préexistantes (débris ou « détritus ») arrachés par l'érosion, transportés puis déposés.

Exemple 7.7Trois roches détritiques classiques
  • Le conglomérat provient de la cimentation de galets.
  • Le grès provient de la cimentation de grains de sable.
  • L'argilite provient de la compaction et de la cimentation de particules d'argile, très fines.

La taille des grains d'une roche détritique renseigne donc directement sur la taille des particules du sédiment d'origine, elle-même liée à l'énergie du milieu de dépôt.

7.5.2 Les roches biochimiques et bioclastiques

Certaines roches sédimentaires ne dérivent pas de débris de roches, mais de l'activité d'êtres vivants ou de précipitations chimiques dans l'eau.

Définition 7.8Roche biochimique

Une roche biochimique (ou bioclastique) est une roche sédimentaire formée à partir de restes d'organismes vivants (coquilles, squelettes, tests) ou par précipitation chimique de minéraux dissous dans l'eau.

Exemple 7.9Le calcaire

Le calcaire est très majoritairement composé de carbonate de calcium . Il se forme le plus souvent par accumulation de débris coquilliers (bivalves, gastéropodes), de tests de foraminifères ou de fragments de coraux, cimentés lors de la diagenèse. De nombreux êtres vivants marins participent ainsi directement à la fabrication des roches sédimentaires en prélevant le calcium et le carbone dissous dans l'eau de mer pour construire leur coquille ou leur squelette.

Propriété : Le vivant, acteur de la sédimentation

Les êtres vivants jouent un rôle majeur dans certains dépôts sédimentaires : par la construction de coquilles et de squelettes carbonatés, ils participent directement à la formation de roches comme le calcaire.

7.6 Strates et principe de superposition

La sédimentation se répète au cours du temps, souvent avec des variations (crues, saisons, changements du milieu), ce qui produit un empilement de couches distinctes.

Définition 7.10Strate

Une strate est une couche de roche sédimentaire, d'épaisseur et de nature à peu près homogènes, déposée pendant un intervalle de temps limité et séparée des couches voisines par une surface de discontinuité.

Propriété : Principe de superposition

Dans une succession de strates sédimentaires non perturbée (non renversée par une déformation tectonique), les strates les plus anciennes se trouvent en bas de l'empilement et les strates les plus récentes en haut.

Empilement de strates et principe de superposition. Dans une série non perturbée, chaque strate recouvre une strate plus ancienne : la plus ancienne (strate 1) est en bas, la plus récente (strate 5) en haut. La colonne se lit donc comme une chronologie, du bas vers le haut.

Méthode : Reconstituer une histoire sédimentaire

Pour interpréter une coupe de terrain montrant un empilement de strates, on procède ainsi :

  • appliquer le principe de superposition pour ordonner les strates de la plus ancienne (en bas) à la plus récente (en haut) ;
  • identifier la nature de chaque roche (détritique ou biochimique) et sa granulométrie pour en déduire le milieu de dépôt correspondant (continental ou marin, agité ou calme) ;
  • en déduire l'évolution du milieu de sédimentation au cours du temps (par exemple : approfondissement marin si les roches passent du grès grossier au calcaire fin).

7.7 Les roches sédimentaires, archives des milieux passés

Chaque strate enregistre les conditions du milieu au moment de son dépôt : elle constitue une véritable archive géologique.

Propriété : Roche sédimentaire et fossiles

Les roches sédimentaires peuvent contenir des fossiles, restes ou traces d'êtres vivants piégés au moment du dépôt. L'étude de la nature de la roche, de sa granulométrie et des fossiles qu'elle contient permet de reconstituer le milieu de sédimentation ancien (paléoenvironnement) et son évolution au cours du temps.

Exemple 7.11Un calcaire à fossiles marins

Un calcaire contenant de nombreux fossiles de coquillages marins et déposé en couches horizontales indique qu'à l'endroit où on l'observe aujourd'hui — même loin de la mer actuelle — s'étendait autrefois une plateforme marine peu profonde, riche en vie, favorable à l'accumulation de débris coquilliers.

7.8 Ce qu'il faut retenir

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