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chimie (PCSI) · Chapitre 14 · Exercice de TD

Acétalisation de la cyclohexanone : Dean-Stark et équilibre

Activation de groupes caractéristiques · E. Activation électrophile du groupe carbonyle : acétalisation · niveau 2

Énoncé

On chauffe à reflux, dans le toluène, de cyclohexanone et d'éthane-1,2-diol , avec une quantité catalytique d'APTS (acide para-toluènesulfonique), dans un montage muni d'un appareil de Dean-Stark. Il se forme l'acétal cyclique (un cycle à cinq atomes, dioxolane, accolé au cyclohexane par le carbone de l'ancien carbonyle) et de l'eau. Données : on admet pour l'équilibre une constante , exprimée avec les quantités de matière (valeur fixée pour l'exercice, toutes les espèces étant dans la même phase) ; masse molaire de l'eau , masse volumique ; le toluène (masse volumique ) et l'eau forment un hétéroazéotrope qui bout vers , en dessous des ébullitions de l'eau () et du toluène () ; ils sont non miscibles.

  1. Expliquer qualitativement pourquoi la protonation de l'oxygène du carbonyle augmente l'électrophilie du carbone.
  2. Décrire le mécanisme limite de l'acétalisation en milieu acide, en nommant l'hémiacétal et l'ion oxocarbénium.
  3. Sans élimination de l'eau, quel serait le taux d'avancement à l'équilibre ? Commenter.
  4. Expliquer le fonctionnement de l'appareil de Dean-Stark. Quel volume d'eau doit-on recueillir pour une transformation totale ? On en recueille : quel est le taux de conversion ? Comment sait-on que la réaction est terminée ?
  5. Pourquoi choisir l'APTS plutôt que l'acide sulfurique concentré ? Pourquoi n'en faut-il qu'une quantité catalytique ?

Corrigé

La stratégie. Comprendre la catalyse (question 1-2), puis traiter l'acétalisation comme ce qu'elle est : un équilibre peu favorable, qu'on calcule (question 3) puis qu'on déplace en retirant un produit, l'eau (question 4).

1) Le carbonyle protoné. La liaison C=O est polarisée, le carbone porte une charge partielle positive : il est électrophile, mais pas assez pour un nucléophile neutre et faible comme un alcool. Une fois l'oxygène protoné, , on peut écrire une seconde forme mésomère où la charge positive est portée par le carbone : . Cette forme limite carbocation traduit un carbone beaucoup plus déficitaire en électrons : l'électrophilie augmente fortement, et l'alcool peut l'attaquer.

2) Le mécanisme limite. On le décrit pour un alcool ; le diol fournit successivement ses deux groupes hydroxyle.

  • (a) Protonation de l'oxygène du carbonyle par l'acide.
  • (b) Un doublet de l'oxygène de l'alcool attaque le carbone du carbonyle activé ; le doublet de la liaison C=O remonte sur l'oxygène, qui redevient neutre (groupe ).
  • (c) Perte du proton porté par l'oxygène de l'alcool entrant : on obtient l'hémiacétal, qui porte sur le même carbone un et un .
  • (d) Protonation du de l'hémiacétal, puis départ d'une molécule d'eau ; un doublet de l'oxygène du groupe se rabat pour former une double liaison C=O+ : c'est l'ion oxocarbénium, stabilisé par mésomérie (la forme et la forme ).
  • (e) Le second hydroxyle du diol attaque le carbone de l'oxocarbénium ; ici l'attaque est intramoléculaire et ferme le cycle à cinq.
  • (f) Déprotonation : l'acétal, et le proton est restitué.

Toutes les étapes sont des équilibres : la réaction est renversable, et l'acide catalyse aussi bien l'hydrolyse que la formation.

3) L'équilibre seul. Tableau d'avancement en quantités de matière (mmol), avancement :

cétonediolacétaleau
initial
équilibre

Développer donne , dont la racine comprise entre et est , soit un taux d'avancement de (la seconde racine, , est hors de l'intervalle permis). Avec des quantités exactement égales, on retrouverait (même calcul que l'estérification de Berthelot avec ) ; le léger excès de diol ne gagne que trois points. Cas limite : pour approcher par le seul excès de réactif, il faudrait cinq équivalents de diol (le même calcul donne alors ). Laisser l'eau dans le milieu, c'est se résigner à .

4) Le Dean-Stark. Les vapeurs de l'hétéroazéotrope eau-toluène montent, se condensent dans le réfrigérant et tombent dans le tube gradué. Les deux liquides, non miscibles, se séparent : l'eau, plus dense ( contre ), tombe au fond, où elle reste piégée ; le toluène, au-dessus, déborde et retourne dans le ballon. L'eau est ainsi retirée en continu du milieu : le quotient de réaction reste inférieur à , et l'équilibre se déplace jusqu'à consommation totale du réactif limitant, la cétone.

Volume attendu pour une transformation totale : d'eau, soit , donc . Recueilli : , soit contre sans Dean-Stark. Vérification : la conversion lue au Dean-Stark dépasse nettement la conversion d'équilibre — c'est bien l'élimination de l'eau qui a déplacé l'équilibre. La réaction est terminée quand le niveau d'eau dans le tube cesse de monter : l'appareil est aussi un instrument de suivi.

5) L'APTS. C'est un acide fort, soluble dans le toluène grâce à son cycle aromatique, alors que l'acide sulfurique concentré y serait insoluble ; et il n'est pas oxydant, alors que l'acide sulfurique concentré et chaud déshydrate et carbonise les composés organiques. Une quantité catalytique suffit : le proton consommé à l'étape (a) est restitué à l'étape (f), il n'apparaît pas dans le bilan.

Ce que l'exercice installe. Expliquer la catalyse acide par la forme limite carbocation ; dérouler le mécanisme limite de l'acétalisation ; calculer une conversion d'équilibre, puis mesurer ce que gagne l'élimination d'un produit ; lire un Dean-Stark comme un instrument de mesure.

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