électromagnétisme (PSI) · Chapitre 1 · Exercice de TD
Deux charges inégales : champ nul, équipotentielle sphérique, lecture d'une carte
Symétries et champ électrique stationnaire · D. Propriétés topographiques du champ · niveau 2
Énoncé
Une charge () est placée en , une charge en , sur l'axe , avec . On pose , et l'on prend l'origine des potentiels à l'infini. La figure donne la carte des lignes de champ dans un plan contenant — chaque ligne tracée porte le même flux, les lignes partent de — et trois équipotentielles en tirets, notées (a), (b) et (c).
1) Montrer que le champ ne s'annule qu'en un seul point de l'espace, et le situer. Pourquoi ce point est-il hors du segment , du côté de la plus petite charge ? Que vaut le potentiel en ?
2) Montrer que l'équipotentielle est une sphère ; donner son centre et son rayon. Les équipotentielles (a), (b), (c) sont, dans le désordre, , et : les identifier. Que présente de particulier celle qui passe par ?
3) Lire la carte. Toutes les lignes issues de n'aboutissent pas en . Quelle fraction du flux issu de la charge aboutit sur la charge ? On admet que le flux du champ d'une charge ponctuelle à travers une calotte sphérique centrée sur elle, de demi-angle au sommet , vaut . En raisonnant sur une petite sphère centrée en , montrer que les lignes qui aboutissent en sont celles qui quittent à moins d'un angle de la direction , et calculer . Que « voit-on » de la distribution depuis très loin ? Sous quel angle (par rapport à ) part à l'infini la ligne qui quitte perpendiculairement à l'axe ?
4) Énergie. Une charge test est placée en . Est-elle en équilibre ? Étudier le potentiel le long de l'axe au voisinage de , puis le long de la droite perpendiculaire à l'axe qui passe par . L'équilibre est-il stable si ? si ?
Corrigé
La stratégie. Superposer les deux champs ponctuels en raisonnant d'abord sur les directions, puis sur les normes ; écrire le potentiel, somme de deux termes ; lire la carte par la conservation du flux dans un tube de champ ; juger l'équilibre par l'énergie potentielle .
1) Le point de champ nul. Hors de l'axe, les champs des deux charges sont portés par les droites et , qui ne sont pas parallèles : leur somme ne peut pas être nulle. Sur l'axe, on discute le sens des deux vecteurs. Pour , le champ de pointe vers les décroissants et celui de vers , donc vers les croissants ; mais est plus près de la charge la plus forte : le premier l'emporte, pas de zéro. Pour , les deux champs pointent vers : ils s'ajoutent. Pour , ils sont opposés, et le champ s'annule si (Élever au carré introduirait la racine parasite , située dans où les champs s'ajoutent.) Le point est en : du côté de la plus petite charge, car il faut s'éloigner de la grande et se rapprocher de la petite pour que deux champs en se compensent. Le potentiel y vaut
2) L'équipotentielle sphérique. équivaut à , soit, avec , , c'est-à-dire une sphère de centre et de rayon , qui coupe l'axe en et et enferme . Identification : près de , est grand et positif ; (a), qui entoure , est . Près de , est négatif ; la petite sphère (c) autour de est . Reste (b) : , qui passe par . Celle-là se recoupe en : elle est formée d'une nappe extérieure et d'une boucle qui entoure , et ces deux morceaux se touchent au point de champ nul. C'est la règle : une équipotentielle ne peut se croiser elle-même qu'en un point où le champ, qui lui est normal, est nul.
3) Ce que dit la carte. Dans un tube de champ, hors des charges, le flux se conserve : une ligne tracée porte toujours le même flux. La charge absorbe un flux , la charge en émet : un quart des lignes issues de aboutit en , les trois quarts partent à l'infini. Sur une petite sphère centrée en , le champ de domine et les lignes partent radialement ; celles qui arrivent en forment le cône d'axe et de demi-angle , avec La ligne qui part exactement à est la séparatrice : elle aboutit en . Depuis très loin, on voit une charge ponctuelle : les lignes y redeviennent radiales. La ligne partie à délimite, côté opposé à , une calotte de flux , qu'on retrouve à l'infini dans une calotte de la charge : , soit et . La carte est symétrique par rapport à l'axe (toute rotation autour de laisse la distribution invariante), pas par rapport au plan médiateur de .
4) Un col. En , : la force est nulle, est en équilibre. Le long de l'axe, tend vers en , vers à l'infini (comme ), et vaut en avec une dérivée nulle : est un maximum de le long de l'axe. Le long de la perpendiculaire, à la distance de l'axe, avec : un minimum. est un col du potentiel. Pour , est maximale le long de l'axe : instable dans cette direction ; pour , elle est maximale transversalement : instable dans l'autre. Aucune charge test n'est en équilibre stable, quel que soit son signe. C'est un cas du théorème d'Earnshaw (cité, non exigible) : là où , , et ne peut pas avoir de minimum strict.
Ce que l'exercice installe. Chercher un champ nul par le sens des vecteurs avant d'égaler des normes ; lire une carte comme un instrument de mesure (un tube de champ conserve son flux, la charge totale se voit de loin) ; une équipotentielle ne se recoupe qu'en un point de champ nul ; un point de champ nul dans le vide est un col, jamais un puits.
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