électromagnétisme (PSI) · Chapitre 1 · Exercice de TD
Gauss pour la gravitation : le tunnel à travers la Terre et le maximum de
Symétries et champ électrique stationnaire · H. Analogie avec le champ gravitationnel · niveau 2
Énoncé
On néglige la rotation de la Terre. Dans les questions 1 et 2, la Terre est une boule homogène de rayon , où le champ de pesanteur vaut à la surface. L'analogie , donne le théorème de Gauss gravitationnel .
1) Par analogie avec la boule uniformément chargée, établir la norme du champ de pesanteur à la distance du centre, pour et pour , en fonction de , et .
2) On creuse un tunnel rectiligne selon une corde quelconque, dont la distance au centre est ; est le milieu du tunnel et l'on repère un point du tunnel par . Un objet y est lâché sans vitesse depuis une extrémité et glisse sans frottement. Montrer que son mouvement est sinusoïdal ; calculer sa période et la durée de la traversée. Quelle est la vitesse maximale pour un tunnel qui passe par le centre ? Comparer à la vitesse d'un satellite en orbite rasante.
3) La Terre n'est pas homogène. Modèle à deux couches : un noyau de rayon et de masse volumique , un manteau de masse volumique . Vérifier que ce modèle donne la bonne masse (). Calculer à la surface du noyau et à la surface de la Terre.
4) Montrer que , où est la masse volumique locale et la masse volumique moyenne de la boule de rayon . Où est-il maximal dans le modèle à deux couches ? Dans la vraie Terre, la croûte et le haut du manteau ont une masse volumique de à : augmente-t-il quand on descend dans une mine ?
Corrigé
La stratégie. Les mêmes théorèmes que pour la boule chargée — symétrie sphérique, sphère de Gauss, seule compte la masse intérieure — puis la mécanique : un champ intérieur proportionnel à la distance au centre donne un oscillateur harmonique.
1) Le champ de la boule homogène. Symétrie sphérique : . Sphère de Gauss de rayon : . Dehors, et , puisque . Dedans, et : linéaire, nul au centre, maximal en surface.
2) Le tunnel : un oscillateur. En , à la distance du centre, ; sa composante le long du tunnel vaut , puisque et que est perpendiculaire au tunnel. La réaction est normale (pas de frottement), d'où La période ne dépend pas de la corde : Paris-Londres ou Paris-Sydney, la traversée dure . Pour un diamètre, l'amplitude vaut et : exactement la vitesse de l'orbite rasante (), dont la période est la même. Le mouvement dans le tunnel est la projection du mouvement circulaire uniforme.
3) Modèle à deux couches. : le modèle est bon. La masse du noyau est , d'où et . La pesanteur est plus forte à la surface du noyau qu'à la surface de la Terre.
4) Où est-il maximal ? Avec et (on ajoute une coquille), Dans le noyau, : croît. Juste au-dessus, est inférieur à : décroît en montant. Plus haut, diminue jusqu'à la masse volumique moyenne de la Terre, , dont les deux tiers valent : recroît un peu. Il passe par un minimum ( vers du centre, calcul numérique) et son maximum est à la surface du noyau. Dans la vraie croûte, : , et augmente légèrement quand on descend dans une mine — ce que confirment les mesures.
Ce que l'exercice installe. L'analogie comme outil : mêmes surfaces de Gauss, même conclusion — seule compte la masse intérieure. Un champ intérieur proportionnel à la distance au centre fait un oscillateur dont la période ne dépend pas de la corde. Et une dérivée bien posée dit où se trouve un extremum sans tout calculer : croît en descendant là où la masse volumique locale est inférieure aux deux tiers de la moyenne intérieure.
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