électronique (PSI) · Chapitre 1 · Exercice de TD
Sonde de température d'un four de recuit : trois écritures d'un premier ordre
Stabilité des systèmes linéaires · A. Fonction de transfert et réponses temporelles · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Un four de recuit de pièces métalliques est surveillé par un thermocouple gainé. On modélise la sonde par un échange thermique entre la gaine et le gaz du four : la température lue obéit à , où est la température vraie du gaz, avec (donnée de l'énoncé).
1) Écrire la fonction de transfert opérationnelle , puis la fonction de transfert harmonique ; donner le gain statique et la pulsation de coupure. Le système est-il stable ?
2) La sonde, à , est plongée d'un coup dans le four à . Exprimer et calculer le temps de réponse à . Le cahier des charges exige que la lecture soit à moins de de l'écart final au bout de : est-il tenu ? Quelle constante de temps maximale faudrait-il ?
3) En régime établi, la régulation du four fait osciller la température du gaz autour de sa consigne avec une amplitude de et une fréquence de . Quelle amplitude la sonde lit-elle ? Avec quel retard ?
4) Pendant la montée en température, la consigne suit une rampe de : . Montrer qu'en régime établi la sonde lit la température vraie avec un retard constant égal à , et calculer l'écart de lecture. L'exigence « écart en rampe inférieur à » est-elle tenue ? Laquelle des deux exigences dimensionne la sonde ?
Corrigé
La stratégie. Transposer l'équation différentielle en par , puis en par ; résoudre l'équation pour l'échelon et pour la rampe ; lire le régime sinusoïdal sur le module et l'argument de .
1) Les trois écritures. En remplaçant la dérivée par : , donc Le gain statique est : en régime permanent, la sonde lit la bonne température. La pulsation de coupure à est , soit . Le dénominateur a ses deux coefficients et strictement positifs : le système est stable, son unique pôle est réel négatif. Physiquement, c'est un échange thermique : la gaine relaxe vers la température du gaz.
2) Échelon : la sonde est trop lente. Pour constante et , la solution est la somme du régime forcé et d'un régime libre exponentiel : L'écart à la valeur finale vaut ; il passe sous de quand , soit L'exigence « en » n'est pas tenue. Il faudrait , soit : une gaine plus fine, ou un meilleur contact thermique.
3) Régime sinusoïdal : atténuation et retard. À , , donc La sonde lit une oscillation d'amplitude au lieu de , en retard de . C'est un passe-bas : la fréquence de l'oscillation est au-dessus de la coupure (), la sonde « lisse » la régulation et sous-estime ses fluctuations.
4) Rampe : un retard constant. On cherche une solution particulière affine . En reportant : , donc . La solution générale ajoute un régime libre , qui s'éteint en quelques . En régime établi, La sonde lit la température qu'avait le gaz secondes plus tôt. Avec : écart , inférieur à : l'exigence en rampe est tenue, et le serait jusqu'à . C'est donc l'exigence en échelon () qui dimensionne la sonde.
Cas limite et homogénéité. Si , la sonde est parfaite : , pas de retard, pas d'atténuation. L'écart en rampe est bien une température (des kelvins par seconde fois des secondes).
Ce que l'exercice installe. Passer d'une écriture à l'autre est un réflexe de lecture, pas un calcul : . Un même premier ordre se juge sur trois signaux test — échelon (), sinusoïde (atténuation et déphasage), rampe (retard ) — et ce sont des exigences différentes : il faut dire laquelle dimensionne.
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