Adloun

Une inégalité qu'on ne peut pas resserrer

Exercice d'entraînement · niveau 3 (difficile) · mathématiques appliquées (ECG 2e année), chapitre 12 — Convergences, approximations et estimation · Markov et Bienaymé-Tchebychev

Énoncé

Soient et . Soit la variable qui vaut avec la probabilité , avec la probabilité , et avec la probabilité . Calculer , et , et conclure quant à l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev.

Corrigé

Ce qu'on emploie. Le calcul direct des moments d'une variable à trois valeurs, puis la comparaison avec le majorant de Bienaymé-Tchebychev.

Contrôle préalable. Les trois probabilités somment à , et sont toutes strictement positives puisque . La loi est bien définie.

L'espérance. Les deux valeurs opposées se compensent : la variable est centrée.

La variance. Comme , la formule de Koenig-Huygens se réduit à . Or vaut avec la probabilité , et sinon. Donc

La probabilité. Comme , l'événement est , c'est-à-dire la réunion des deux événements incompatibles et :

La comparaison. Le majorant fourni par Bienaymé-Tchebychev vaut Il est atteint : l'inégalité est ici une égalité.

Conclusion. Aucune constante ne peut rendre vraie l'inégalité pour toutes les variables aléatoires : la famille ci-dessus la mettrait aussitôt en défaut. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev est donc optimale dans sa généralité — ce qui n'empêche pas qu'elle soit très grossière pour une loi particulière, comme la loi normale, où elle majore par une probabilité qui vaut . C'est le prix de ne rien supposer.

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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.